Congrès pour la République

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Congrès pour la République
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Logotype officiel.
Nom arabe المؤتمر من أجل الجمهورية (El Mottamar Min Ajl Al Jomhouriya)
Présentation
Fondation
Président du comité politique Samir Ben Amor
Légalisation
Journal Tunisie Avenir
Slogan Souveraineté du peuple,
Dignité du citoyen,
Légitimité de l'État
Symbole
CPR symbole électoral.png

Représentation
Députés (2019)
0 / 217
Orientations
Positionnement Centre gauche[1]
Idéologie Socialisme démocratique[2]
Laïcité[3],[4]
Nationalisme de gauche[5]
Populisme de gauche[6]
Informations
Siège 9, rue El Qods
1002 Tunis
Site web almottamar.com

Le Congrès pour la République (arabe : المؤتمر من أجل الجمهورية transcrit en el-Moʾtamar min ājl el-Jomhūriya) ou CPR, aussi connu sous le nom d'El Mottamar, est un parti politique tunisien fondé en 2001[7] par Moncef Marzouki, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme de 1989 à 1994 puis président de la République de 2011 à 2014.

En 2016, il est annoncé que le parti intègrerait le Mouvement Tunisie Volonté lancé par Marzouki, ce qu'une faction du parti conteste avant que la justice n'annule la décision dans la foulée. En 2017, le parti annonce que la justice confirme la décision de fusion, ce qui met fin à l'existence légale du parti, mais Ben Amor et ses partisans continuent à s'en réclamer et présentent une liste lors de la législative partielle dans la circonscription d'Allemagne portant le nom du parti. Le parti présente des listes dans 18 circonscriptions sur 33 lors des élections législatives de 2019.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La fondation du CPR est déclarée le [8] par 31 personnes dont Moncef Marzouki (président), Naziha Réjiba alias Oum Zied (secrétaire générale), Abderraouf Ayadi (vice-président), Samir Ben Amor (trésorier), Mohamed Chakroun (président d'honneur), les avocats Mohamed Abbou et Salim Ben Hamidane, ainsi que l'universitaire Fethi Jerbi[9].

Dans sa déclaration constitutive, le CPR se donne pour but l'instauration « pour la première fois en Tunisie » d'un régime républicain garantissant la liberté d'expression, d'association et de manifestation ainsi que la tenue d'élections libres, honnêtes et garanties par des observateurs nationaux et internationaux[8]. Le CPR appelle aussi à la promulgation d'une nouvelle Constitution instaurant la stricte séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, le respect des droits de l'homme et l'égalité des genres[8]. De plus, le CPR appelle à la « renégociation » des engagements tunisiens envers l'Union européenne et au soutien des droits des peuples à l'autodétermination, plus particulièrement au soutien du peuple palestinien[8].

Années 2000[modifier | modifier le code]

En 2002, sous le régime du président Zine el-Abidine Ben Ali, le CPR est interdit et ses cadres sont contraints à l'exil. Cependant, le parti continue à exister en France jusqu'en 2011[10].

En 2005, le CPR participe à une grève de la faim et rejoint, en signe de contestation du pouvoir, le Mouvement du 18-Octobre pour les libertés, aux côtés entre autres du parti Ennahdha, du Parti démocrate progressiste et du Parti communiste des ouvriers de Tunisie[7],[11].

Après la révolution[modifier | modifier le code]

À la suite de la fuite du président Ben Ali et de la chute de son régime durant la révolution tunisienne, les cadres exilés du CPR rentrent en Tunisie le [7] et Moncef Marzouki annonce sa candidature aux prochaines élections présidentielles[10]. La légalisation du parti est finalement annoncée le [12].

Tahar Hmila, premier président du groupe parlementaire

Lors de l'élection de l'Assemblée constituante, le , le CPR s'impose comme la deuxième force politique du pays avec 29 sièges sur 217. Le groupe parlementaire du Congrès pour la République à l'Assemblée constituante est formé le 22 novembre, date de la première réunion de l'Assemblée. Il se compose de tous les élus appartenant au parti, soit 29 membres, dirigés par un président, Tahar Hmila, et un vice-président.

Le président du parti, Moncef Marzouki, est élu le 12 décembre comme président de la République par l'Assemblée[13]. Contraint par la loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics à démissionner de son parti, les médias annoncent qu'il laisse la présidence à son numéro deux, Abderraouf Ayadi[14]. Cependant, le 15 décembre, il est annoncé que Hmila devient secrétaire général par intérim[15]. Finalement, le 21 décembre, le parti confirme la nomination d'Ayadi en tant que secrétaire général par intérim[16]. À la suite des propos du président du groupe parlementaire, Tahar Hmila, celui-ci est révoqué le 23 décembre et remplacé par Hasna Marsit, vice-présidente. Le , Samir Ben Amor la remplace[17] jusqu'à sa démission le 6 mars, date à laquelle il est remplacé par Haythem Belgacem[18].

Le , Abderraouf Ayadi est démis de ses fonctions « suite à ses prises de position contraires aux principes du parti et aux décisions prises, sans consultation du bureau politique » ; Belgacem le remplace comme secrétaire général à titre intérimaire[19]. Le 9 mai, un groupe de dissidents dont il fait partie quitte le CPR et annonce la formation d'un nouveau parti dénommé Wafa et un nouveau groupe à l'Assemblée constituante[20],[21] : douze constituants quittent le groupe parlementaire du Congrès pour la République pour former le nouveau groupe du mouvement Wafa[22].

Le 13 mai, Mohamed Abbou est élu nouveau secrétaire général[23]. Au terme du deuxième congrès national du parti, tenu du 24 au 26 août, Abbou est confirmé comme secrétaire général alors que nombre de conseillers de Moncef Marzouki ne parviennent pas à être élus dans les diverses instances[24]. Abbou présente sa démission de son parti le avec l'intention de créer un nouveau parti social-démocrate[25], avant de se raviser le 22 février[26] puis de démissionner à nouveau le 14 mars[27]. Il est remplacé par Imed Daïmi désigné le 31 mars[28].

Lors des élections législatives du 26 octobre 2014, destinées à élire la première Assemblée des représentants du peuple (ARP), le CPR se place en sixième position en ne totalisant que 72 942 voix, soit 2,14 % du total des suffrages exprimés, et ne décroche que quatre sièges sur les 217 que compte l'ARP.

Le , le parti annonce sa fusion avec le Mouvement Tunisie Volonté[29]. Cependant, des dirigeants du CPR, dont Samir Ben Amor[30] et Abdelwahab Maatar[31], refusent la fusion[32]. Le 22 février, Ben Amor annonce la mise en place d'une direction provisoire, dont il se dit à la tête, et d'un dépôt de plainte contre Daïmi et ceux souhaitant une fusion avec le MTV, avec qui il dit n'avoir « aucun lien »[33]. Après une procédure en référé le [34], le procès est initialement fixé au 23 mars[35]. Cependant, le , le tribunal de première instance de Tunis invalide le congrès extraordinaire ayant conduit à la fusion[36]. Dans la foulée, la faction opposée à la fusion retire la confiance au secrétaire général Daïmi et désigne Ben Amor à sa place[37]. Le 3 mai, les dissidents annoncent un congrès pour le 25 juillet[38]. Le , Ben Amor porte plainte contre Daïmi pour avoir transféré les biens du CPR au MTV[39].

Le refus de la fusion est confirmé en appel le 21 juin[40].

Le , le Congrès pour la République annonce que la justice confirme la décision de la fusion avec le Mouvement Tunisie Volonté, ce qui met fin à l'existence légale du parti[41]. Le , malgré la disparition du parti, la faction de Ben Amor signe un communiqué au nom du parti, s'inquiétant des retards à la mise en place des dispositions constitutionnelles liées aux élections locales et à la Cour constitutionnelle[42].

Malgré cette décision judiciaire, le parti participe aux élections législatives partielles pour la circonscription d'Allemagne en décembre 2017[43] et Samir Ben Amor continue à se considérer comme étant toujours à la tête du parti[44].

Pour les élections législatives de 2019, le parti présente des listes dans 18 circonscriptions sur 33 et ne recueille que 0,31 % des voix, sans donc obtenir de sièges à l'ARP.

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Leaders[modifier | modifier le code]

Dirigeants du Congrès pour la République
Période Nom Titre
- Moncef Marzouki Président
Naziha Réjiba Secrétaire générale
- Tahar Hmila Secrétaire général par intérim
- Abderraouf Ayadi Secrétaire général par intérim
- Haythem Belgacem Secrétaire général par intérim
- Mohamed Abbou Secrétaire général
- Imed Daïmi Secrétaire général (disputé à partir du 27 mars 2016)
- Samir Ben Amor Secrétaire général (disputé)

Dernier bureau politique[modifier | modifier le code]

Hédi Ben Abbès remet sa démission pour cause de divergences profondes dans la vision politique du parti le [45]. Aziz Krichen fait de même le 19 décembre[46].

Figures[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Année Voix % Rang Sièges Gouvernements
2011 AC 353 041 8,71 % 2e
29  /  217
Troïka : Jebali (2011-2013) et Larayedh (2013-2014)
2014 72 942 2,14 % 6e
4  /  217
Opposition
2019 8 869 0,31 % 29e
0  /  217
Extra-parlementaire

Élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Année Candidat 1er tour 2d tour
Voix % Rang Voix % Rang
2011 (indirecte) Moncef Marzouki
153  /  217
75,74 % 1er - - Élu
2014 Moncef Marzouki 1 092 418 33,43 % 2e 1 378 513 44,32 % Battu

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hakim Fekih, « Tunisie. Une gauche en perdition », sur orientxxi.info, (consulté le ).
  2. (en) Jonathan Mitchell et Richard Spencer, « Tunisia's victorious Islamist party in coalition talks », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph, (consulté le ).
  3. (en) « Tunisia: Key players », sur bbc.co.uk, BBC News Online, (consulté le ).
  4. (en) « Tunisia: who are the opposition leaders? », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph, (consulté le ).
  5. « Tunisie : l'ancien opposant Moncef Marzouki a prêté serment », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le ).
  6. Mohamed Kerrou, « Tunisie : la victoire de Kaïs Saïed, une percée électorale des populistes ? », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  7. a b et c « Les grandes dates du CPR », Tunisie Avenir, no 1,‎ , p. 2 (lire en ligne).
  8. a b c et d Moncef Marzouki, « Déclaration constitutive », sur cprtunisie.net, Congrès pour la République, (consulté le ).
  9. « Première liste des membres fondateurs du CPR », sur cprtunisie.net, Congrès pour la République, (consulté le ).
  10. a et b (en) Sonia Farid, « Tunisian exiled reformist to head back home », sur alarabiya.net, Al-Arabiya News, (consulté le ).
  11. Nadia Omrane, « La grève de la faim ressource l'opposition tunisienne, ses méthodes et ses enjeux. Néjib Chebbi sera-t-il le leader de l'alternance ? », sur alternatives-citoyennes.sgdg.org, Alternatives citoyennes, (consulté le ).
  12. Noureddine Hlaoui, Tunis Afrique Presse, « Tunisie - 31 partis politiques autorisés », sur businessnews.com.tn, Business News, (consulté le ).
  13. Hamida Ben Salah et Kaouther Larbi, « Tunisie : Moncef Marzouki succède à Ben Ali comme président « de la 1re république arabe libre » », sur google.com, Agence France-Presse, (consulté le ).
  14. « Abberraouf Ayadi succède à Moncef Marzouki à la tête du CPR », sur leaders.com.tn, Leaders, (consulté le ).
  15. « Tunisie : Tahar Hmila coopté à la tête du CPR à la place de Abderraouf Ayedi », sur espacemanager.com, Espace Manager (consulté le ).
  16. « Tunisie – Abderraouf Ayadi reprend sa place à la tête du CPR au détriment de Tahar Hmila », sur businessnews.com.tn, Business News, (consulté le ).
  17. « ANC : constitution de sept groupes parlementaires », sur leaders.com.tn, Leaders, (consulté le ).
  18. « Tunisie - Haythem Belgacem nouveau président du groupe parlementaire du CPR », sur businessnews.com.tn, Business News, (consulté le ).
  19. « Tunisie/CPR : Le bureau politique limoge Abderraouf Ayadi », sur gnet.tn, GlobalNet, (consulté le ).
  20. Nizar Hajbi, « Fatale scission ! », sur lapresse.tn, La Presse de Tunisie, (consulté le ).
  21. « Le parti Wafa décline l'invitation de Moncef Marzouki pour son manque de prérogatives », sur mosaiquefm.net, Mosaïque FM, (consulté le ).
  22. Wafa Sdiri, « 11 députés du groupe parlementaire du CPR soutiennent Abderraouf Ayadi », sur tunisienumerique.com, Tunisie numérique, (consulté le ).
  23. (en) Sana Ajmi, « CPR Elects New Secretary General », sur tunisia-live.net, Tunisia Live, (consulté le ).
  24. a et b « CPR : Abbou, secrétaire général du CPR, exit Samir Ben Amor », sur businessnews.com.tn, Business News, (consulté le ).
  25. « Tunisie, Abbou démissionne du CPR et compte créer un nouveau parti », sur gnet.tn, GlobalNet, (consulté le ).
  26. « Tunisie - Abbou confirme qu'il est toujours le SG du CPR et approuve le choix de Laârayedh », sur businessnews.com.tn, Business News, (consulté le ).
  27. « Tunisie - Mohamed Abbou démissionne à cause de dysfonctionnements au sein du CPR », sur businessnews.com.tn, Business News, (consulté le ).
  28. « Imed Daïmi coopté nouveau secrétaire général », sur lapresse.tn, La Presse de Tunisie, (consulté le ).
  29. « Tunisie : le CPR fusionne avec le Mouvement « Tunisie Volonté » », sur leconomistemaghrebin.com, (consulté le ).
  30. « Samir Ben Amor : la fusion du CPR au sein du Mouvement Tunisie Volonté n'est pas encore décidée », sur shemsfm.net, (consulté le ).
  31. Raouf Ben Hédi, « Nouveau putsch au CPR, Moncef Marzouki poursuit sa supercherie », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
  32. « Le torchon brûle déjà entre le CPR et le Harak », sur kapitalis.com, (consulté le ).
  33. « Samir Ben Amor : "Certaines pratiques de l'ancienne direction du CPR ne faisaient pas l'unanimité" », sur webdo.tn, (consulté le ).
  34. « Pas d'accalmie à l'horizon entre le C.P.R. et le mouvement Irada », sur espacemanager.com, (consulté le ).
  35. « Procès du CPR contre Al Irada », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
  36. « La justice désavoue Marzouki et annonce que la dissolution du CPR est illégale », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
  37. « Tunisie : deux camps se disputent le CPR menés par Daïmi et Ben Amor », sur gnet.tn, (consulté le ).
  38. « Le CPR retire sa confiance d'Imed Daïmi et appelle les élus qui ont rejoint Al Irada à démissionner », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
  39. « Le CPR porte plainte contre Imed Daïmi », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
  40. « Refus de la dissolution du CPR et sa fusion avec Al Irada », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
  41. « Imed Daimi : aucun obstacle juridique ne s'oppose désormais à la fusion entre le CPR et Al Irada », sur tap.info.tn, (consulté le ).
  42. « Tunisie : déclaration finale du conseil national du CPR », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le ).
  43. « L'ISIE : liste définitive des candidats aux élections législatives partielles pour la circonscription d'Allemagne », sur radioexpressfm.com, Express FM, (consulté le ).
  44. « Pour Samir Ben Amor, des partis politiques sont derrière les actes de vandalisme et de pillage », sur shemsfm.net, Shems FM, (consulté le ).
  45. « Exclusif : lettre de démission de Hédi Ben Abbes », sur mosaiquefm.net, (consulté le ).
  46. « Aziz Krichen démissionne du CPR », sur businessnews.com.tn, Business News, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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