Congrès pour la République

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Congrès pour la République
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Nom arabe المؤتمر من أجل الجمهورية (El Mottamar Min Ajl Al Jomhouriya)
Présentation
Fondation
Légalisation
Journal Tunisie Avenir
Slogan Souveraineté du peuple,
Dignité du citoyen,
Légitimité de l'État
Symbole
CPR symbole électoral.png


Représentation
Orientations
Idéologie Socialisme démocratique[1]
Laïcité[2],[3]
Nationalisme de gauche[4]
Informations
Siège 41, rue Hédi-Chaker
1002 Tunis
Site web www.mottamar.tn

Le Congrès pour la République (arabe : المؤتمر من أجل الجمهورية transcrit en el-Moʾtamar min ājl el-Jomhūriya) ou CPR, aussi connu sous le nom d'El Mottamar, est un parti politique tunisien fondé en 2001[5] par Moncef Marzouki, président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme de 1989 à 1994 puis président de la République de 2011 à 2014. En 2016, il est annoncé que le parti intègrerait le Mouvement Tunisie Volonté lancé par Marzouki, ce qu'une faction du parti conteste avant que la justice n'annule la décision dans la foulée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La fondation du CPR est déclarée le [6] par 31 personnes dont Moncef Marzouki (président), Naziha Réjiba alias Oum Zied (secrétaire général), Abderraouf Ayadi (vice-président), Samir Ben Amor (trésorier), Mohamed Chakroun (président d'honneur), les avocats Mohamed Abbou et Salim Ben Hamidane, ainsi que l'universitaire Fethi Jerbi[7].

Dans sa déclaration constitutive, le CPR se donne pour but l'instauration « pour la première fois en Tunisie » d'un régime républicain garantissant la liberté d'expression, d'association et de manifestation ainsi que la tenue d'élections libres, honnêtes et garanties par des observateurs nationaux et internationaux[6]. Le CPR appelle aussi à la promulgation d'une nouvelle Constitution instaurant la stricte séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, le respect des droits de l'homme et l'égalité des genres[6]. De plus, le CPR appelle à la « renégociation » des engagements tunisiens envers l'Union européenne et au soutien des droits des peuples à l'autodétermination, plus particulièrement au soutien du peuple palestinien[6].

Années 2000[modifier | modifier le code]

En 2002, sous le régime du président Zine el-Abidine Ben Ali, le CPR est interdit et ses cadres sont contraints à l'exil. Cependant, le parti continue à exister en France jusqu'en 2011[8].

En 2005, le CPR participe à une grève de la faim et rejoint, en signe de contestation du pouvoir, le Mouvement du 18-Octobre pour les libertés, aux côtés entre autres du parti Ennahdha, du Parti démocrate progressiste et du Parti communiste des ouvriers de Tunisie[5],[9].

Après la révolution[modifier | modifier le code]

À la suite de la fuite du président Ben Ali et de la chute de son régime durant la révolution tunisienne, les cadres exilés du CPR rentrent en Tunisie le [5] et Moncef Marzouki annonce sa candidature aux prochaines élections présidentielles[8]. La légalisation du parti est finalement annoncée le [10].

Tahar Hmila, premier président du groupe parlementaire

Lors de l'élection de l'Assemblée constituante, le , le CPR s'impose comme la deuxième force politique du pays avec 29 sièges sur 217. Le groupe parlementaire du Congrès pour la République à l'Assemblée constituante est formé le 22 novembre, date de la première réunion de l'Assemblée. Il se compose de tous les élus appartenant au parti, soit 29 membres, dirigés par un président, Tahar Hmila, et un vice-président.

Le président du parti, Moncef Marzouki, est élu le 12 décembre comme président de la République par l'Assemblée [11]. Contraint par la loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics à démissionner de son parti, les médias annoncent qu'il laisse la présidence à son numéro deux, Abderraouf Ayadi[12]. Cependant, le 15 décembre, il est annoncé que Hmila devient secrétaire général par intérim[13]. Finalement, le 21 décembre, le parti confirme la nomination d'Ayadi en tant que secrétaire général par intérim[14]. À la suite des propos du président du groupe parlementaire, Tahar Hmila, celui-ci est révoqué le 23 décembre et remplacé par Hasna Marsit, vice-présidente. Le , Samir Ben Amor la remplace[15] jusqu'à sa démission le 6 mars, date à laquelle il est remplacé par Haythem Belgacem[16].

Le , Abderraouf Ayadi est démis de ses fonctions « suite à ses prises de position contraires aux principes du parti et aux décisions prises, sans consultation du bureau politique » ; Belgacem le remplace comme secrétaire général à titre intérimaire[17]. Le 9 mai, un groupe de dissidents dont il fait partie quitte le CPR et annonce la formation d'un nouveau parti dénommé Wafa et un nouveau groupe à l'Assemblée constituante[18],[19] : douze constituants quittent le groupe parlementaire du Congrès pour la République pour former le nouveau groupe du mouvement Wafa[20].

Le 13 mai, Mohamed Abbou est élu nouveau secrétaire général[21]. Au terme du deuxième congrès national du parti, tenu du 24 au 26 août, Abbou est confirmé comme secrétaire général alors que nombre de conseillers de Moncef Marzouki ne parviennent pas à être élus dans les diverses instances[22]. Abbou présente sa démission de son parti le avec l'intention de créer un nouveau parti social-démocrate[23], avant de se raviser le 22 février[24] puis de démissionner à nouveau le 14 mars[25]. Il est remplacé par Imed Daïmi désigné le 31 mars[26].

Lors des élections législatives du 26 octobre 2014, destinées à élire la première Assemblée des représentants du peuple, le CPR se place en sixième position en ne totalisant que 72 942 voix, soit 2,14 % du total des suffrages exprimés, et ne décroche que quatre sièges sur les 217 que compte l'Assemblée.

Le , le parti annonce sa fusion avec le Mouvement Tunisie Volonté[27]. Cependant, des dirigeants du CPR, dont Samir Ben Amor[28] et Abdelwahab Maatar[29], refusent la fusion[30]. Le 22 février, Ben Amor annonce la mise en place d'une direction provisoire, dont il est à la tête, et d'un dépôt de plainte contre Daïmi et ceux souhaitant une fusion avec le MTV, avec qui il dit n'avoir « aucun lien »[31]. Après une procédure en référé le [32], le procès est initialement fixé au 23 mars[33]. Cependant, le , le tribunal de première instance de Tunis invalide le congrès extraordinaire ayant conduit à la fusion[34]. Dans la foulée, la faction opposée à la fusion retire la confiance au secrétaire général Daïmi et désigne Ben Amor à sa place[35]. Le 3 mai, les dissidents annoncent un congrès pour le 25 juillet[36]. Le , Ben Amor porte plainte contre Daïmi pour avoir transféré les biens du CPR au MTV[37].

Le refus de la fusion est confirmé en appel le 21 juin[38].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Leader[modifier | modifier le code]

Dirigeants du Congrès pour la République
Période Nom Titre
24 juillet 2001-13 décembre 2011 Moncef Marzouki Président
13 décembre 2011-19 avril 2012 Abderraouf Ayadi Secrétaire général par intérim
19 avril-13 mai 2012 Haythem Belgacem Secrétaire général par intérim
13 mai 2012-14 mars 2013 Mohamed Abbou Secrétaire général
31 mars 2013- Imed Daïmi Secrétaire général

Bureau politique[modifier | modifier le code]

Hédi Ben Abbès remet sa démission pour cause de divergences profondes dans la vision politique du parti le 26 juillet 2013[39]. Aziz Krichen fait de même le 19 décembre[40].

Figures[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux du Congrès pour la République
Date Scrutin Résultats Sièges
Élections à l'Assemblée constituante 353 041 voix (8,71 %) 29 sur 217
Élections législatives 72 942 voix (2,14 %) 4 sur 217

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jonathan Mitchell et Richard Spencer, « Tunisia's victorious Islamist party in coalition talks », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ (consulté le 19 novembre 2013)
  2. (en) « Tunisia: Key players », sur bbc.co.uk, BBC News Online,‎ (consulté le 19 novembre 2013)
  3. (en) « Tunisia: who are the opposition leaders? », sur telegraph.co.uk, The Daily Telegraph,‎ (consulté le 19 novembre 2013)
  4. « Tunisie : l'ancien opposant Moncef Marzouki a prêté serment », sur lemonde.fr, Le Monde,‎ (consulté le 23 décembre 2015)
  5. a, b et c « Les grandes dates du CPR », Tunisie Avenir, no 1,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  6. a, b, c et d Moncef Marzouki, « Déclaration constitutive », sur cprtunisie.net, Congrès pour la République,‎ (consulté le 17 janvier 2011)
  7. « Première liste des membres fondateurs du CPR », sur cprtunisie.net, Congrès pour la République,‎ (consulté le 17 janvier 2011)
  8. a et b (en) Sonia Farid, « Tunisian exiled reformist to head back home », sur alarabiya.net, Al-Arabiya News,‎ (consulté le 17 janvier 2011)
  9. Nadia Omrane, « La grève de la faim ressource l'opposition tunisienne, ses méthodes et ses enjeux. Néjib Chebbi sera-t-il le leader de l'alternance ? », sur alternatives-citoyennes.sgdg.org, Alternatives citoyennes,‎ (consulté le 17 mai 2011)
  10. Noureddine Hlaoui, Tunis Afrique Presse, « Tunisie - 31 partis politiques autorisés », sur businessnews.com.tn, Business News,‎ (consulté le 8 mars 2011)
  11. Hamida Ben Salah et Kaouther Larbi, « Tunisie : Moncef Marzouki succède à Ben Ali comme président « de la 1re république arabe libre » », sur google.com, Agence France-Presse,‎ (consulté le 13 décembre 2011)
  12. « Abberraouf Ayadi succède à Moncef Marzouki à la tête du CPR », sur leaders.com.tn, Leaders,‎ (consulté le 13 décembre 2011)
  13. « Tunisie : Tahar Hmila coopté à la tête du CPR à la place de Abderraouf Ayedi », sur espacemanager.com, Espace Manager (consulté le 16 décembre 2011)
  14. « Tunisie – Abderraouf Ayadi reprend sa place à la tête du CPR au détriment de Tahar Hmila », sur businessnews.com.tn, Business News,‎ (consulté le 21 décembre 2011)
  15. « ANC : constitution de sept groupes parlementaires », sur leaders.com.tn, Leaders,‎ (consulté le 10 mai 2012)
  16. « Tunisie - Haythem Belgacem nouveau président du groupe parlementaire du CPR », sur businessnews.com.tn, Business News,‎ (consulté le 10 mai 2012)
  17. « Tunisie/CPR : Le bureau politique limoge Abderraouf Ayadi », sur gnet.tn, GlobalNet,‎ (consulté le 10 mai 2012)
  18. Nizar Hajbi, « Fatale scission ! », sur lapresse.tn, La Presse de Tunisie,‎ (consulté le 10 mai 2012)
  19. « Le parti Wafa décline l'invitation de Moncef Marzouki pour son manque de prérogatives », sur mosaiquefm.net, Mosaïque FM,‎ (consulté le 2 juillet 2012)
  20. Wafa Sdiri, « 11 députés du groupe parlementaire du CPR soutiennent Abderraouf Ayadi », sur tunisienumerique.com, Tunisie numérique,‎ (consulté le 21 juillet 2012)
  21. (en) Sana Ajmi, « CPR Elects New Secretary General », sur tunisia-live.net, Tunisia Live,‎ (consulté le 13 mai 2012)
  22. a et b « CPR : Abbou, secrétaire général du CPR, exit Samir Ben Amor », sur businessnews.com.tn, Business News,‎ (consulté le 27 août 2012)
  23. « Tunisie, Abbou démissionne du CPR et compte créer un nouveau parti », sur gnet.tn, GlobalNet,‎ (consulté le 18 février 2013)
  24. « Tunisie - Abbou confirme qu’il est toujours le SG du CPR et approuve le choix de Laârayedh », sur businessnews.com.tn, Business News,‎ (consulté le 22 février 2013)
  25. « Tunisie - Mohamed Abbou démissionne à cause de dysfonctionnements au sein du CPR », sur businessnews.com.tn, Business News,‎ (consulté le 14 mars 2013)
  26. « Imed Daïmi coopté nouveau secrétaire général », sur lapresse.tn, La Presse de Tunisie,‎ (consulté le 1er avril 2013)
  27. « Tunisie : le CPR fusionne avec le Mouvement « Tunisie Volonté » », sur leconomistemaghrebin.com,‎ (consulté le 16 février 2016)
  28. « Samir Ben Amor : la fusion du CPR au sein du Mouvement Tunisie Volonté n'est pas encore décidée », sur shemsfm.net,‎ (consulté le 20 février 2016)
  29. Raouf Ben Hédi, « Nouveau putsch au CPR, Moncef Marzouki poursuit sa supercherie », sur businessnews.com.tn,‎ (consulté le 20 février 2016)
  30. « Le torchon brûle déjà entre le CPR et le Harak », sur kapitalis.com,‎ (consulté le 20 février 2016)
  31. « Samir Ben Amor : "Certaines pratiques de l’ancienne direction du CPR ne faisaient pas l’unanimité" », sur webdo.tn,‎ (consulté le 23 février 2016)
  32. « Pas d’accalmie à l’horizon entre le C.P.R. et le mouvement Irada », sur espacemanager.com,‎ (consulté le 27 février 2016)
  33. « Procès du CPR contre Al Irada », sur businessnews.com.tn,‎ (consulté le 27 février 2016)
  34. « La justice désavoue Marzouki et annonce que la dissolution du CPR est illégale », sur businessnews.com.tn,‎ (consulté le 4 mars 2016)
  35. « Tunisie : deux camps se disputent le CPR menés par Daïmi et Ben Amor », sur gnet.tn,‎ (consulté le 9 avril 2016)
  36. « Le CPR retire sa confiance d’Imed Daïmi et appelle les élus qui ont rejoint Al Irada à démissionner », sur businessnews.com.tn,‎ (consulté le 9 mai 2016)
  37. « Le CPR porte plainte contre Imed Daïmi », sur businessnews.com.tn,‎ (consulté le 19 juin 2016)
  38. « Refus de la dissolution du CPR et sa fusion avec Al Irada », sur businessnews.com.tn,‎ (consulté le 21 juin 2016)
  39. « Exclusif : Lettre de démission de Hédi Ben Abbes », sur mosaiquefm.net,‎ (consulté le 30 juillet 2013)
  40. « Aziz Krichen démissionne du CPR », sur businessnews.com.tn, Business News,‎ (consulté le 21 mars 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]