Chambre d'agriculture

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Chambre d'agriculture
Logo de l'organisation
Situation
Création 3 janvier 1924
Siège Drapeau de la France France

Site web http://www.chambres-agriculture.fr

Les Chambres d'agriculture sont des organismes consulaires (chambre consulaire). Elles ont été fondées en France par la Loi du 3 janvier 1924.
Elles sont chargées de :

Elles peuvent également être saisies par les collectivités territoriales sur une problématique d'aménagement du territoire.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1840, le maréchal Bugeaud, alors député de la Dordogne, propose une loi tendant à créer des chambres d'agriculture. Elle ne sera pas adoptée. De nombreux essais, plus ou moins confirmés, se succéderont. Ils aboutiront enfin le 3 janvier 1924 à la promulgation de la Loi sur les chambres d'agriculture, puis en 1927 à l'adoption de la première loi créant des ressources pour les chambres d'agriculture.

En France, les chambres d'agriculture sont des organismes consulaires chargés de gérer des missions d'intérêt général.

« L'État leur a confié le rôle non seulement de représenter l'ensemble des différents agents économiques de l'agriculture, mais aussi d'appliquer sur le territoire français les politiques de développement agricole et rural ».

Les chambres départementales d'agriculture[modifier | modifier le code]

Compétences traditionnelles[modifier | modifier le code]

Au niveau départemental, les chambres d'agriculture ont des rôles de service public obligatoire :

Elles ont également un rôle essentiel d'information et d'aide aux agriculteurs. Elles disposent de SUAD (Services d'utilité agricole et de développement) et d'organes de formation dont les salariés renseignent et forment les agriculteurs. Cette action pédagogique de diffusion de la connaissance technique des chambres d'agriculture a joué un rôle fondamental dans la France de l'après-guerre, dans un contexte où le pays n'était pas auto-suffisant dans certains domaines et importait du blé, de la viande, des matières grasses, alors qu'elle manquait de devises. Aujourd'hui, elles continuent à accompagner l'évolution de l'agriculture et des filières et ont vu leurs compétences élargies aux questions d'environnement, de développement territorial et rural, de développement de la filière forêt-bois.

Compétences nouvelles (2010)[modifier | modifier le code]

La chambre départementale d'agriculture est l'organe consultatif, représentatif et professionnel des intérêts agricoles auprès des instances publiques (art. L. 511-1 et suiv. du code rural). Ces compétences sont donc fondamentalement agricoles.

La loi n° 2010-874 du 27 juillet 2010 de modernisation de l'agriculture introduit dans le code forestier une disposition qui précise la compétence des chambres d’agriculture en matière forestière (Le code forestier existe notamment depuis 1827, et au XXe siècle il a été élaboré un code rural, très nettement distinct. C’est donc la première fois que l’on introduit une telle division dans le code forestier).

Les chambres départementales et régionales d'agriculture ont ainsi compétence pour contribuer à la mise en valeur des bois et forêts et promouvoir les activités agricoles en lien avec la forêt. Elles mènent des actions concernant : - la mise en valeur des bois et des forêts appartenant à des personnes privées ; - le développement des activités associant agriculture et forêt, notamment l'agroforesterie ; - la promotion de l'emploi du bois d'œuvre et de l'utilisation énergétique du bois ; - l'assistance juridique et comptable dans le domaine de l'emploi en forêt ; - la formation et la vulgarisation des techniques nécessaires à la mise en œuvre de ces objectifs. « Ces actions sont mises en œuvre par les chambres d'agriculture en liaison avec les centres régionaux de la propriété forestière, les organisations représentatives de communes forestières et l'Office national des forêts. Elles excluent tout acte relevant du secteur marchand de gestion directe, de maîtrise d'œuvre de travaux ou de commercialisation. » (Art. L. 221-11 du code rural, partie).

Organisation[modifier | modifier le code]

Existent 94 chambres au total avec les départements d'outre-mer[1]. En règle générale, chaque département a sa chambre d'agriculture. Cependant certaines chambres peuvent couvrir plusieurs départements. Récemment, une chambre d'agriculture, membre du réseau national, a été créée à Mayotte. Des chambres disposant de statuts particuliers existent également en Nouvelle-Calédonie ou à Tahiti.
Les chambres disposent de moyens importants : environ 8 000 salariés, dont 6 000 ingénieurs et techniciens et 702 millions d'euros de budget total consolidé[2].

Les chambres régionales d'agriculture[modifier | modifier le code]

Chaque région française est dotée d'une chambre régionale d'agriculture dont les élus sont issus des chambres départementales.
Ces chambres régionales ont un rôle de coordination et de planification du développement agricole au niveau régional, de coordination et de bon fonctionnement des chambres départementales entre elles, et de représentation et de dialogue avec le Conseil régional et les services régionaux de l'État, notamment la préfecture et la DRAAF. Ce dernier rôle a d'ailleurs gagné en importance depuis la décentralisation.

L'Assemblée permanente des chambres d'agriculture -APCA-[modifier | modifier le code]

L'APCA est l'échelon national du réseau des chambres d'agriculture. Elle est membre associé du Conseil de l'agriculture française.
Depuis décembre 2016, Claude Cochonneau est président de l'APCA, après avoir succédé à Guy Vasseur et Luc Guyau.

Activité de lobbying auprès de l'Assemblée nationale[modifier | modifier le code]

L'APCA est inscrite comme représentant d'intérêts auprès de l'Assemblée nationale. Elle déclare à ce titre en 2012 un budget global visiblement erroné de 27 euros, et indique que les coûts annuels liés aux activités directes de représentation d'intérêts auprès du Parlement sont compris entre 50 000 et 100 000 euros[3].

L'APCA contribue au financement du club parlementaire « Club de la table française » via le cabinet de lobbying Com' Publics[4] .

Élections[modifier | modifier le code]

Représentation du monde agricole et rural[modifier | modifier le code]

Les élus, au nombre de 45 à 48 par chambre, sont désignés tous les six ans au suffrage universel direct et représentent les exploitants (21), les anciens exploitants (2), les propriétaires (2), les salariés de la production (4), les salariés d'organismes (4), les groupements professionnels (11) et le CRPF[5] (1 à 4).

Le corps électoral représente 3 000 000 de personnes et 50 000 groupements professionnels. Le taux de participation (61 % dans le collège exploitants) et la représentativité du collège électoral assurent une vraie légitimité aux élus qui pilotent les chambres et se font porteurs des attentes et projets du monde agricole et rural.

La chambre d'agriculture est la seule chambre consulaire dans laquelle les salariés sont représentés.

Tendances des dernières élections[modifier | modifier le code]

Résultats des dernières élections[6]
Organisation Résultat 2001 Résultat 2007 Résultat 2013
FNSEA/JA 52,8 % 54,9 % 53,39 %
Confédération paysanne 26,8 % 19,6 % 18,54 %
Coordination rurale 12,2 % 18,7 % 20,49 %
MODEF 2,9 % 2,6 % 1,47 %
Apparentés FNSEA 1,4 % 1,9 % 1,35 %
Divers 2,4 % 4,1 % 1,53 %
Union FNSEA / Autres - 0,1 %

Les syndicats majoritaires JA- FNSEA confortent leur majorité lors des élections de 2013, qui voient également la forte progression de la Coordination rurale qui détient trois chambres d'agriculture (Calvados, Charente, Lot-et-Garonne) et la nette baisse de la Confédération paysanne qui maintient toutefois une majorité dans le Puy-de-Dôme grâce à une union avec la Coordination rurale et à la chambre d'agriculture de La Réunion.

Les élections 2013 des Chambres d'agriculture se sont tenues du 21 au 31 janvier[7],[8].

Financement et budget[modifier | modifier le code]

En 2005, les recettes des Chambres d'agriculture provenaient pour moitié environ de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti (TATFNB), le reste correspondant à des subventions et des services payants qu'elles fournissent[9].

Leur budget s'élève en 2016 à 720 millions d’euros, les frais de personnel en représentent quasiment les deux tiers[10]. Entre 1995 et 2015, la masse salariale est passée de 6000 à 7600 alors que le nombre d'exploitations agricoles a été divisé par deux (de 800 000 à 410 000)[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site internet des chambres d'agriculture [1]
  2. Chambres d'agriculture France, « Dates et chiffres clés du réseau », Chambres d'agriculture,‎ (lire en ligne)
  3. « Tableau des représentants d'intérêts », sur Assemblée nationale (consulté le 11 décembre 2016), onglet : Données financières
  4. Haute autorité pour la transparence de la vie publique, Les clubs parlementaires, Paris, HATVP, , 85 p., p. 64-77
  5. http://www.crpf.fr/ Centre Régional de la Propriété Forestière
  6. Ministère de l'Agriculture ; ces chiffres comprennent également les résultats en outre-mer.
  7. Élections aux Chambres d'agriculture 2013 sur le site national des Chambres d'agriculture.
  8. Dossier spécial élections chambres d'agriculture 2013 sur Terre-net.fr.
  9. Réponse du Ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et de la ruralité, « Situation des chambres d'agriculture, 12e législature (JO Sénat page 1054) », sur senat.fr, (consulté le 4 avril 2018).
  10. a et b « Les chambres d’agriculture françaises en quête d’économies », sur ouest-france.fr, (consulté le 4 avril 2018).

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]