CarbFix

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Le projet CarbFix implanté en Islande est destiné à séquestrer du dioxyde de carbone par réaction avec des roches basaltiques. Le travail sur le projet a commencé en 2007. L'équipe CarbFix comprend des chercheurs islandais, français et américains et a reçu une partie de son financement de l'Union Européenne. Reykjavik Energy, la compagnie d'électricité islandaise a fourni près de la moitié des 10 millions de dollars dépensés à ce jour sur CarbFix. En plus d'expérimenter une nouvelle méthode de séquestration géologique du dioxyde carbone, CarFix a pour autre objectif de former des scientifiques à cette technique[1].

Théorie[modifier | modifier le code]

De l'eau gazeuse contenant du CO2 est injecté dans une couche géologique basaltique pour faire réagir le gaz avec le calcium (Ca) et le magnésium (Mg) présents dans la roche. Ceci est appelé altération forcée du calcium et du magnésium du basalte.

Dans le cas où ces éléments sont sous la forme d'oxydes les équations chimiques mises en jeux sont simples :

  • CaO + CO2 → CaCO3
  • MgO + CO2 → MgCO3

Dans le cas de silicates de ces éléments présents dans de basalte, On a des réactions de type :

  • Mg2SiO4 + 2CO2 → 2MgCO3 + SiO2

Comme résultat le CO2 est fixé sans production de sous-produits dangereux.

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

Le forage de puits l'injection de l'eau gazeuse à haute pression dans les roches basaltiques à Hellisheidi [2] est onéreux.

Le financement a été fourni par l' Université de l'Islande, de l'Université de Columbia, France Centre National de la Recherche Scientifique, le Ministère américain de l'Énergie, de l' UE, Scandinaves fonds et Reykjavik Énergie[3].

Difficultés[modifier | modifier le code]

Ces réactions sont exothermiques et réversible si la roche est ensuite chauffée.

Le volcan Hengill proche du lieu d'expérimentation, a provoqué de très nombreux tremblements de terre de faible magnitude sous l'effet du simple pompe d'eau, même sans CO2. Ainsi 250 tremblements ont été rapportés le 13 septembre 2011[4],[5],[6]. Les comptes rendus de la conférence : " 2010 World Geothermal Congress" a signalé que la réinjection d'eau à Hellisheidi avait induit une activité sismique[7].

Statut actuel[modifier | modifier le code]

Le CarbFix projet a montré en 2016 que 95 % de l'injection de 250 tonnes de CO2 ont été fixées dans de la calcite en seulement deux ans, à l'aide de 25 tonnes d'eau par tonne de CO2[8],[9],[10].

Une autre usine pilote (CarbFix2 ) fonctionnant à l'énergie géothermique a démarré en octobre 2017 au Hellisheidi. CarbFix2 a été conçu pour capturer jusqu'à 50 tonnes de CO2 de l'air, les dissoudre dans de l'eau injectée à plus de 700 mètres de profondeur dans des roches basaltiques. Le CO2 réagit avec le basalte en formant des carbonates[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « That CO2 warming the world: Lock it in a rock », CTV News,‎ (lire en ligne).
  2. « CarbFix: About the Project » (consulté le 15 septembre 2011).
  3. « Iceland’s Hellisheidi prepares to start injection at carbon storage project », ifandp.com,‎ (lire en ligne).
  4. (is) « Water pumping causes tremor », ruv.is,‎ (lire en ligne).
  5. (is) « Orkuveitan framkallar jarðskjálfta í Henglinum », visir,‎ (lire en ligne).
  6. « Human made earthquakes in Hengill volcano », .
  7. « Geothermal Reinjection at the Hengill Triple Junction, SW Iceland »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 27 septembre 2011).
  8. Juerg M. Matter, Martin Stute, Sandra O. Snæbjörnsdottir et Eric H. Oelkers, « Rapid carbon mineralization for permanent disposal of anthropogenic carbon dioxide emissions », Science, vol. 352, no 6291,‎ , p. 1312–1314 (PMID 27284192, DOI 10.1126/science.aad8132, Bibcode 2016Sci...352.1312M, lire en ligne, consulté le 10 juin 2016).
  9. « Scientists turn carbon dioxide into stone to combat global warming », The Verge, sur The Verge, Vox Media, (consulté le 11 juin 2016).
  10. (en-US) Michael Le Page, « CO2 injected deep underground turns to rock – and stays there », New Scientist,‎ (lire en ligne).
  11. (en-US) Darrell Proctor, « Test of Carbon Capture Technology Underway at Iceland Geothermal Plant », POWER Magazine,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]