Bataille de La Croix-Avranchin

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Bataille de La Croix-Avranchin
Stèle des Républicains et des chouans
Stèle des Républicains et des chouans
Informations générales
Date 30 décembre 1795
Lieu Près de La Croix-Avranchin
Issue Victoire des Chouans
Belligérants
Flag of France.svg Républicains Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
• Adjudant-général Richon Aimé Picquet du Boisguy
Auguste Hay de Bonteville
Forces en présence
800 hommes[1] 2 700 hommes[2]
Pertes
50 à 150 morts[1],[3] 35 morts
80 blessés[2]
Chouannerie
Batailles
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Coordonnées 48° 32′ 48″ N 1° 22′ 56″ O / 48.546666666667, -1.382222222222248° 32′ 48″ Nord 1° 22′ 56″ Ouest / 48.546666666667, -1.3822222222222

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La bataille de La Croix-Avranchin (ou deuxième combat de La Croix-Avranchin) a lieu lors de la Chouannerie. Le , les chouans tendent une embuscade à une colonne républicaine qui tente de ravitailler le bourg de Saint-Georges-de-Reintembault, assiégé par les royalistes.

Prélude[modifier | modifier le code]

Dans les derniers jours de décembre 1795, la commune patriote de Saint-Georges-de-Reintembault, demeure encerclée par des paroisses acquises aux chouans. Elle a déjà résisté à plusieurs attaques, cependant le blocus des chouans commence à la réduire aux abois, aussi le général Delaunay, commandant à Avranches, décide d'envoyer une colonne pour la ravitailler. Le général chouan Aimé Picquet du Boisguy est bientôt informé de ce mouvement et se porte sur sa route, mais n'ayant alors avec lui qu'environ 1 500 hommes il envoie l'ordre à Bonteville de le rejoindre avec sa colonne. Cependant ce dernier, ralenti par la pluie, ne peut arriver à temps et Boisguy décide de laisser passer le convoi républicain qui peut se rendre à Saint-Georges-de-Reintembault. Un seul petit accrochage a lieu lorsqu'une compagnie républicaine surprend quelques chouans à Saint-James, ces derniers prennent la fuite en laissant un mort[3],[1].

La bataille[modifier | modifier le code]

Selon le rapport du général républicain Delaunay, la colonne républicaine envoyée à Saint-Georges est commandée par l'adjudant-général Richon et est forte de 800 hommes, tandis que les chouans sont « plus du quadruple ». D'après les mémoires de l'officier chouan Toussaint du Breil de Pontbriand, les républicains ont 2 000 hommes, il ne fixe pas précisément les forces de du Boisguy, cependant il chiffre la colonne de Bonteville à 1 200 hommes[2], quant à la colonne du Centre elle est généralement estimée à environ 1 500 soldats.

Du Boisguy décide de tendre une embuscade au retour de la colonne entre Saint-James et Pontorson. Le combat se serait engagé dans un champ situé au peu au-delà du village de Saint-Benoît, au nord de Saint-James, à l'angle de la route de Saint-James à Avranches et de celle de Saint-Benoît à La Croix-Avranchin par les villages de l'Épine et du Bois[3]. Le mauvais temps persiste et lorsque Boisguy arrive au lieu choisi pour l'embuscade, il apprend que des troupes républicaines sont déjà passées. Les chouans se lancent alors à leur poursuite et chargent ce qu'ils croient être l'arrière-garde de la colonne. Mais les renseignement donné au général des royalistes n'avèrent être erronés, les chouans s'en prennent en réalité à un détachement envoyé en éclaireur. Celui-ci, totalement dépassé par le nombre, prend la fuite vers Pontaubault sans opposer presque aucune résistance. Les chouans le poursuivent mais se dispersent. De son côté, du Boisguy constate le faible nombre de ses adversaires et commence à douter de ses renseignements, aussi donne-t-il l'ordre de rappeller ses troupes. C'est à ce moment que le gros des forces républicaines, commandé par l'adjudant-général Richon, apparait en bon ordre[2].

Les chouans encore présents avec Boisguy ne sont alors plus que 600, espérant l'arrivée de la colonne de Bonteville en renfort, ils tentent néanmoins de résister. Richon fait donner la charge et en un quart d'heure, les républicains enfoncent la ligne des royalistes qui prennent la fuite, poursuivis par les républicains[2].

Cependant les républicains se dispersent à leur tour dans la poursuite, et le colonel Auguste Hay de Bonteville arrive sur le champ de bataille avec 1 200 hommes. Les chouans se divisent en trois colonnes et attaquent les républicains de flanc. Boisguy, lui-même, rallie ses hommes à La Croix-Avranchin et contre-attaque. Les républicains résistent de tous les côtés, mais l'arrivée de Dauguet à la tête de la colonne normande décide de la victoire en faveur des chouans. Les républicains sont mis en déroute et prennent la fuite vers Pontorson[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Dans la soirée, à Avranches, le général Delaunay apprend la défaite de Richon. Ayant promis un rapport, il écrit :

« L'alarme donnée hier à Avranches, citoyens, était d'autant plus outrée que notre colonne, composée de huit cents hommes et attaquée par un nombre plus que quadruple d'ennemis a soutenu un combat de plus de deux heures et ne s'est retirée qu'après avoir tué plus de deux cents hommes à l'ennemi, tandis que nous n'avons pas plus de trois quarts moins de républicains à regretter, sans la bouillante ardeur de l'avant-garde, les brigands n'en seraient pas quittes à si bon marché. PS: Deux charretiers, dont un conseil militaire fera justice, ont apporté un grand obstacle à la réussite totale de cette affaire[1]. »

Le livre paroissial de Saint-Benoît-de-Beuvron, en Saint-James, contient également quelques lignes, qui selon Félix Jourdan semblent se rapporter à cette bataille :

« Les villages de Touchegate en Saint-Benoit, et de la Croisette, furent, au fort de la Révolution, le théâtre d'un combat acharné entre 1 500 Chouans, commandés par Boisguy, Breton, et 800 républicains ; les pertes furent considérables de part et d'autre. Le champ de bataille resta aux Chouans[1]. »

Les pertes[modifier | modifier le code]

Il semble que les rapports des deux camps aient eu tendance à grossir les pertes de leurs adversaires ; pour le général Delauney les chouans ont 200 morts et les républicains environ 50[1]. Selon Pontbriand, 1 200 républicains ont été tués contre 35 royalistes morts et environ 80 blessés[2]. D'après l'historien Félix Jourdan, 60 Républicains ont péri[1]. Enfin selon des témoignages de l'époque, les corps des soldats républicains, estimés au nombre de 100 à 150 auraient été enterrés dans le champ les Douaires, sur le bord de la route à la hauteur du village du Bois[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoire du colonel de Pontbriand sur les guerres de la Chouannerie, édition Plon, Paris,‎ (réimpr. Y. Salmon, 1988), p. 314-317.
  • Christian Le Boutellier, La Révolution dans le Pays de Fougères, Société archéologique et historique de l'arrondissement de Fougères,‎ , p. 530-533.
  • Marie-Paul du Breil de Pontbriand, Un chouan, le général du Boisguy, édition Honoré Champion, Paris,‎ (réimpr. La Découvrance, 1994), p.254-261.
  • Félix Jourdan, La chouannerie dans l'Avranchin, 2e partie,‎ , p.49-51. texte en ligne p.130-131.
  • Léon de La Sicotière, Louis de Frotté et les insurrections normandes, 1793-1832, t. I, Plon,‎ , p. 484-485. gallica

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Félix Jourdan, La chouannerie dans l'Avranchin, p. 49-51.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoires du colonel de Pontbriand sur les guerres de la Chouannerie, p. 314-317.
  3. a, b, c et d Marie-Paul du Breil de Pontbriand, Un chouan, le général du Boisguy, p. 254-261.