Bataille d'Isly

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Bataille de l’Isly
Description de cette image, également commentée ci-après

La bataille d'Isly par Horace Vernet.

Informations générales
Date
Lieu Oued Isly, frontière algéro-marocaine
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Drapeau du Maroc pré-1915.svg Empire Chérifien
Commandants
Thomas-Robert Bugeaud Mohammed ben Abderrahmane
Forces en présence
11 000 hommes 20 000 à 25 000 cavaliers
Pertes
27 morts
99 blessés[1]
800 morts
11 pièces de canon
18 drapeaux

Conquête de l'Algérie

Coordonnées 34° 41′ 24″ nord, 1° 55′ 48″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Algérie

(Voir situation sur carte : Algérie)
Bataille de l’Isly

Géolocalisation sur la carte : Maroc

(Voir situation sur carte : Maroc)
Bataille de l’Isly

La bataille d'Isly est le dernier affrontement de l'expédition de la France contre le Maroc qui se déroula le à la frontière algéro-marocaine. Le Maroc déclara la guerre à la France pour empêcher que la France ne colonise l’Algérie . Elle se solda par une victoire française contre l'armée marocaine, qui soutenait, depuis cinq ans l'insurrection de l'Émir Abd el-Kader contre la France – en dépit du traité de la Tafna.

Contexte et prélude[modifier | modifier le code]

À la suite des débuts de la conquête d'Algérie en 1830, Abd el-Kader avait, en 1832, pris la tête des tribus de la région de Mascara pour s'opposer aux Français. Un premier traité, signé par le général Desmichels en 1834, lui fut jugé trop favorable : en 1837, le maréchal Bugeaud fut donc chargé d'en signer un nouveau, le traité de la Tafna, qui exigeait qu'Abd el-Kader reconnaisse la souveraineté de la France en Afrique du Nord, en échange de quoi la France reconnaissait l’autorité d’Abd el-Kader sur une grande partie de l’Algérie (environ les deux tiers : l'ensemble du beylik de l'ouest -à l'exception des villes d'OranArzewMostaganem et Mazagran-, le beylik du Titteri et la province d'Alger -à l'exception d'Alger et de Blida ainsi que de la plaine de la Mitidja et du Sahel algérois.).

Néanmoins, Abd el-Kader n’avait de cesse de vouloir en chasser les Français. Dans ce but, il demanda et obtint l'appui du sultan du Maroc le , ainsi que la concession du territoire situé entre Oujda et Tafna. Il avait levé une véritable armée et en novembre 1839, appuyé par le sultan du Maroc, Abd Al-Rahman, il déclarait la guerre à la France, suite au franchissement des Biban par l'armée française.

En réaction, les Français entreprirent alors véritablement la conquête systématique du pays, dont la monarchie de Juillet fit un motif de fierté nationale et d’héroïsme militaire. Cette conquête fut l’œuvre du maréchal Bugeaud de La Piconnerie, nommé gouverneur en 1840. Abd el-Kader vit sa capitale détruite à Taguin en 1843 à la suite de la bataille de la Smala et fut refoulé dans le désert. Il se réfugia alors au Maroc, mais, au même moment, l’armée du sultan Abd Al-Rahman fut vaincue à l’Isly, tandis que la flotte française bombardait les ports de Mogador et Tanger. Abd el-Kader ne pouvait plus être protégé par le sultan, qui craignait que les Français continuent leurs bombardements sur les villes marocaines. Après trois années de guérilla, Abd el-Kader se rendit enfin à Lamoricière en 1847[2].

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Forces françaises[modifier | modifier le code]

Avant-garde (colonel Cavaignac) :

Aile droite (général Bedeau):

Aile gauche (colonel Pélissier) :

Arrière-garde (colonel Cachot) :

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le , Tanger avait été bombardée par des navires français commandés par le prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe.

Dans la nuit du 15 au 16 août, le gouverneur général ayant réuni toutes ses forces ne s’élevant qu’à 11 000 hommes, se porta sur le camp marocain établi à la position de Djarf el-Akhdar, à peu de distance d’Oujda, sur la rive droite de l’oued Isly, un sous-affluent de la Tafna.

Devant avoir affaire presque exclusivement à de la cavalerie, il avait formé de son infanterie un grand losange dont les faces se composaient elles-mêmes de petits carrés. La cavalerie était dans l’intérieur de ce losange qui marchait par un de ses angles dument pourvu d’artillerie.

Au point du jour, voyant s’avancer l’armée française, le sultan lança contre elle toute la cavalerie marocaine présentant une masse de 20 000 à 25 000 chevaux. Cette charge ne parvint pas à forcer les lignes de tirailleurs, et fut bientôt séparée en deux par les carrés qui s’avançaient dans la cavalerie. Le maréchal Bugeaud fit alors sortir sa cavalerie. Celle-ci se formant par échelons, chargea la cavalerie marocaine qui était à la gauche de l'armée et la dispersa après avoir vaincu plusieurs centaines de ses cavaliers. Le premier échelon, composé de six escadrons de spahis et commandé par le colonel Yousouf, ne voyant plus devant lui que le camp marocain encore tout dressé, s’y précipita. Onze pièces de canon qui en couvraient le front de bandière firent feu une seule fois. Les artilleurs marocains n’eurent pas le temps de recharger.

L’infanterie marocaine se dispersa dans des ravins où la cavalerie française ne pouvait la poursuivre, et gagna par de longs détours, la route de Taza. Pendant que le premier échelon marchait sur le camp, le second commandé par le colonel Morris se porta sur la partie de la cavalerie marocaine qui était à droite. Ce fut une lutte acharnée. Après que tout fut terminé, l’armée française se concentra au camp des Marocains, et bientôt se mit à la poursuite des vaincus pour les empêcher de se rallier.

Bilan et conséquences[modifier | modifier le code]

Les trophées de la victoire furent onze pièces de canon, dix-huit drapeaux, toutes les tentes des Marocains, y compris celle de Sidi-Mohammed richement meublée, enfin, des approvisionnements de tous genres. Les pertes en hommes des Marocains furent de 800 morts.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le maréchal Bugeaud fut fait duc d'Isly à l'issue de cette victoire.

Plusieurs communes de France baptisent une voie publique de l’Isly en mémoire de ce conflit, comme à Grenoble, Lille, Limoges, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Toulouse ou Verdun. À Alger, il a existé une rue d’Isly, où eut lieu la fusillade de la rue d’Isly le .

La 27e promotion de Saint-Cyr (1843-1845) est baptisée « Promotion d'Isly ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Montagnon, La conquête de l'Algérie: Les germes de la discorde, 2012.
  2. « La bataille d'Isly », sur Histoire image

Sources[modifier | modifier le code]

  • Annales de l'Algérie