Affaire Gokana

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L'affaire Gokana est une affaire politico-financière qui qui touche en 2005 le gouvernement de la République du Congo (Congo-Brazzaville) et dans laquelle 300 millions de $ US auraient été détournés en 2004. Elle constitue un exemple de l'utilisation pervertie du système du préfinancement pétrolier.

L'affaire[modifier | modifier le code]

Le , un jugement d'un tribunal britannique a révélé que des officiels congolais avaient participé à la vente du pétrole de l'État congolais, à travers un réseau de sociétés offshore, destiné à tenir les revenus pétroliers hors de portée des créanciers qui tentent de saisir les actifs de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC).

Le tribunal britannique a identifié un trafic d'au moins 472 millions de dollars US, qui ont transité à travers deux sociétés, Sphynx Bermuda et Africa Oil and Gas Corporation. Africa Oil and Gas Corporation a récupéré la majeure partie des bénéfices dégagés par les ventes[1].

Le système de sociétés écran est entièrement contrôlé par Denis Gokana, conseiller spécial du Président Denis Sassou-Nguesso et dirigeant de la SNPC. Alors que le Premier ministre congolais Isidore Mvouba a expliqué que le but de ces pratiques était uniquement d'échapper aux créanciers, Global Witness a estimé les sociétés écran appartenant aux proches de Sassou Ngesso, parmi lesquels Denis Gokana ont ainsi dégagé des profits considérables.

Selon les ONG de la campagne « Publiez ce que vous payez », lancée en 2002, l'écart entre la somme perçue en 2004 par la SNPC et les revenus pétroliers reçus par le Trésor était de 300 millions de dollars, soit un tiers des revenus pétroliers congolais.

Une action en justice intentée aux États-Unis, contre la SNPC, a ainsi identifié sur la période 1999-2003 des prêts d'une valeur de 650 millions de dollars remboursés avec 1,4 milliard de dollars de pétrole.

Cet écart est en partie dû à la pratique des préfinancements pétroliers. Le gouvernement congolais a promis en 2001, 2002 puis 2003, au titre du programme du FMI, de stopper cette pratique mais n'a pas respecté son engagement.

Références[modifier | modifier le code]

  • Congo : A Corrupt French Connection, Washington Post,
  • Comment le Congo cache l'argent du pétrole à ses créanciers… Et à ses citoyens, afrika.com,