Augustin Édouard Michel du Faing d'Aigremont

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

 Augustin Édouard Michel du Faing d'Aigremont
Augustin Édouard Michel du Faing d'Aigremont
Le général Michel.

Nom de naissance Augustin Édouard Michel
Naissance
Charleroi (Hainaut, Belgique)
Décès (à 76 ans)
Fays-Famenne (Luxembourg, Belgique)
Origine Belge
Allégeance Drapeau de la Belgique Belgique
Arme Artillerie
Grade Lieutenant-général
Années de service 1871 – 1920
Commandement 4e Division d'armée
Position Fortifiée de Namur
Conflits Première Guerre mondiale
Faits d'armes Siège de Namur
Distinctions Grand cordon de l'ordre de Léopold
Commandeur de l'ordre de la Couronne
Grand officier de la Légion d'honneur
Grand officier de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges

Le baron Augustin Michel du Faing d'Aigremont (Charleroi, - Fays-Famenne, ), plus connu comme le « général Michel », est un officier de l'armée belge qui a participé à la Première Guerre mondiale. En récompense de ses éminents services durant la guerre 14-18, le général Michel est créé baron par le roi Albert Ier et autorisé à joindre à son nom les mots « du Faing d'Aigremont ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Augustin Michel, né à Charleroi, le , est le fils de Maximilien Michel, négociant et ingénieur des mines, et de Cécile Denys. Il est le frère de Clémence Michel, artiste peintre. Le , il épouse à Malines Désirée Ernestine Louise Deisser[1], également originaire de Charleroi, avec qui il a une fille et un fils, décédé du paludisme à Élisabethville peu avant la Première Guerre mondiale.

Il fait ses études secondaires à l'Athénée royal de Charleroi. Il est admis le à l’École Militaire[2], section de l'artillerie et est promu sous-lieutenant en 1873. En 1881, il est breveté adjoint d'état-major de l'École de guerre[2]. En 1884, il est lieutenant au 2e régiment d'artillerie en garnison à Malines. Il se spécialise sur l'étude délicate des pièces d'artillerie de gros calibre et occupe brillamment les fonctions de directeur général de l'artillerie en 1910 sous le ministère de la Guerre du général Alexandre Cousebandt d'Alkemade, puis de son homonyme le général Victor Michel. En 1912, Il prend le commandement du 3e régiment d'artillerie[2]. Le , il est nommé général-major[3]. En , il reçoit le commandement de la 4e division d'armée (en) et est désigné gouverneur militaire de la position fortifiée de Namur[4]. Le , il est nommé lieutenant-général[3].

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors du siège de Namur par le détachement d'armée allemand du général Max von Gallwitz du au , il répartit les réserves disponibles (dont un régiment français de la 5e armée) dans les secteurs menacés et organise des contre-attaques. Les Allemands, forts de leur supériorité numérique et de leur puissante artillerie, viennent à bout de la résistance des forts de Namur et entrent dans la ville. Doué d'un grand réalisme, le lieutenant-général Michel ordonne à temps la retraite et évite ainsi l'encerclement de sa division et de la garnison de Namur. Via Bioul et Sosoye, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, une grande partie de la 4e division d'armée et des troupes de forteresse réussit à échapper aux Allemands et parvient en France. Ils rejoignent Anvers par voie maritime via Le Havre et Ostende. La 4e division y reçoit l'ordre de défendre la boucle de Termonde pour protéger les lignes de retraite belges. Par la suite, le lieutenant-général Michel prend part à la bataille de l'Yser et fait occuper le front entre Tervate et Kaaskerke avec la 4e division d'armée jusqu'à son repli le derrière le talus de la ligne de chemin de fer de Nieuport à Dixmude. Le , il est blessé à Ramskapelle[5]. De à 1918, la 4e division d'armée combat à Merckem, Woumen, Clercken, Handzame, Kortemark et Zarren.

Lors de la deuxième bataille de Belgique, la 4e division se porte d'abord à l'attaque dans le secteur de Dixmude, en . Puis, lors de la bataille de Thourout-Tielt en , il commande le groupement nord[réf. nécessaire] de l'attaque composé des 1re (en), 4e et 10e (en) divisions d'armée belge ainsi que la division de cavalerie belge (en). Cette bataille amène les Allemands à lâcher prise à partir du entre la mer et la Lys[6]. Leur retraite leur fera traverser l'Escaut le et atteindre la ville de Gand.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

De au [7], il commande les troupes belges d'occupation de la Rhénanie dans la zone belge (4e zone) et établit son quartier général à Aix-la-Chapelle puis à Mönchengladbach.

Atteint par la limite d'âge, il laisse le commandement en Allemagne au lieutenant-général Ruquoy le . Il est admis à la retraite le . En 1923, il est président-fondateur du cercle « La Fourragère » qui regroupe tous les amis s'intéressant à la valorisation des précieuses collections du musée royal de l'armée[2] .

Il décède le dans sa maison de campagne à Fays-Famenne. À la suite de son décès, il reçoit des funérailles nationales le à Bruxelles. Il a été inhumé au cimetière d'Ixelles.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il a reçu huit décorations belges et neuf étrangères[8] dont[9]:

Il est anobli, et reçoit, le , le titre de baron transmissible par primogéniture masculine, par le roi Albert Ier pour son brillant comportement lors du conflit mondial. Le , il reçoit l'autorisation d'adjoindre à son nom celui de : du Faing d'Aigremont, nom de sa bisaïeule maternelle, dernière de son nom.

Armes :

  • Écartelé : aux 1 et 4 d'azur à la forteresse d'argent maçonnée de sable, accompagnée en chef de deux lionceaux d'or rangés; aux 2 et 3 d'or à l'aigle de sable, languée et membrée de gueules, qui est du Faing d'Aigremont.
  • L'écu sommé, pour le titulaire, d'une couronne de Baron, et tenu par deux sauvages de carnation, ceints et couronnés de lierre, tenant leur massue sur l'épaule; pour les autres descendants, d'un heaume d'argent, couronné, grillé, colleté et liseré d'or, doublé et attaché de gueules aux lambrequins d'or et d'azur.
  • Cimier : Un lion d'or tenant une épée d'argent garnie d'or.
  • Devise : « Ténacité », d'or sur un listel d'azur.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le monument à Namur, œuvre de Victor Demanet.

La caserne Baron Michel à Malines tient de lui son nom. Après la Seconde Guerre mondiale, elle formait les opérateurs (radio, radiotélégraphiste, etc.) de Transmission (militaire) (TTR). Abandonnée en 1975, elle a été démolie en 1992-1993 [10],[11].

Deux rues portent son nom à Neder-Over-Heembeek, Namur et une avenue à Charleroi[12].

Deux plaques commémoratives en bronze, représentant le général Michel, ont été apposées sur la Grand-Place de Furnes, l'une du sculpteur Honoré Ruyssen (nl) en 1915 et l'autre de Louis Dupont en 1961. Furnes qui était à la portée de l'artillerie lourde allemande a, en effet, échappé à la destruction, grâce à la décision du général Michel de neutraliser le centre ville en y interdisant le passage de troupes alliées[13].

Il a été fait citoyen d'honneur de Namur. En 1933, un monument commémoratif en pierre, orné d'un médaillon du défenseur de Namur, œuvre du sculpteur Victor Demanet, a également été érigé dans un square en bord de Meuse (en bas de la Citadelle de Namur) avec l'inscription : « Au lieutenant-général Baron Michel du Faing d'Aigremont, né à Charleroi, défenseur de Namur, Commandant de la 4e division d'armée ».


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de mariage, Les archives de l'État belge
  2. a b c et d Journal La dernière heure du 16 juin 1931
  3. a et b Journal La dernière heure du 21 juin 1931
  4. Clayton Donnell, Breaking the Fortress Line 1914, Pen & Sword Books Ltd, Barnsley, 2013
  5. Jan Van Acker et Luc Vandamme, nogmaals uit Veurne, .... medaillons en plaketten, 2009
  6. La Gazette de Charleroi du 5 novembre 1919
  7. La Meuse du 3 juin 1920
  8. Jan Van Acker et Luc Vandamme, Nogmaals in Deurne...medaillons en plaketten, 2009
  9. « La Mort du général Michel », L'Indépendance belge,‎ , p. 3
  10. (nl) admin, « Kazerne 2A Lt-Gen Baron Michel Mechelen », sur 2A, (consulté le )
  11. Laurent, « Malines – Baron Michel – Armée Belge Belgisch Leger », sur Armée Belge Belgisch Leger, (consulté le )
  12. Par décision du Collège échevinal de Charleroi du 7 juillet 1931
  13. Jan van Acker et Luc Vandamme, Nogmaals uit Veurne...medaillons en plaketten, 2009