Art rupestre de Chongoni

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Art rupestre de Chongoni *
Image illustrative de l’article Art rupestre de Chongoni
Coordonnées 14° 17′ 36″ sud, 34° 16′ 45″ est
Pays Drapeau du Malawi Malawi
Type Culturel
Critères (iii) (vi)
Superficie 12 640 ha
Numéro
d’identification
476rev
Zone géographique Afrique **
Année d’inscription 2006 (30e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le site archéologique d'Art rupestre de Chongoni est situé dans la réserve de Chongoni du Malawi. Il a été inscrit en 2006 sur la liste du patrimoine mondial[1].

C'est une concentration de 127 sites d'art rupestre, « la plus riche concentration d’art rupestre d’Afrique centrale », comprenant des peintures des chasseurs-cueilleurs Batwa[1], datant du Later Stone Age, et celles des agriculteurs Chewas, datant de l'âge du fer, réalisées sur des parois en granite.

Emplacement[modifier | modifier le code]

Les sites se situent dans la région montagneuse de Dedza, la plus haute ville du Malawi (1 600 m), à environ 80 km au sud-est de Lilongwe[2], peuplée dès les temps préhistoriques. C'est « la plus riche concentration d’art rupestre d’Afrique centrale[1],[3] ». Les 127 sites sont répartis sur une zone de 126,4 km2[4]. Situées sur les pentes de collines boisées, les roches en surplomb protègent les parois des sites, dont 5 sont situés en dehors des limites de la réserve forestière de Chongoni[1].

Statut[modifier | modifier le code]

Les peintures et les sites sont protégés au titre de la loi sur les monuments et reliques de 1990, à l'intérieur de la réserve de Chongoni, instituée en 1997, au titre de la loi sur les forêts[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Des traces archéologiques datant du Paléolithique inférieur et allant jusqu'au Pléistocène supérieur ont été trouvées. Des artefacts datant de 2 500 ans montrent que l'endroit a été habité par des chasseurs-cueilleurs de la fin de l'âge de la pierre, auxquels on doit les premières création picturales[1].

Un peuplement datant de l'âge du fer est attesté au Ier millénaire, lorsqu'on voit apparaître des peintures « naturalistes », réalisées avec de l'argile blanche par des agriculteurs sédentaires. Les chasseurs-cueilleurs et les agriculteurs sédentaires coexistent jusqu'au XIXe siècle, jusqu'à la sédentarisation des premiers. Au XVe siècle les Chewas arrivent du nord, depuis ce qui est de nos jours la République démocratique du Congo, pour établir l'empire Maravi lequel donna son nom au pays. Ils sont suivis, au XIXe siècle, par les Ngoni qui, fuyant les territoires de l'actuelle Afrique du Sud, s'établissent dans la région de Chongoni. Les Chewas, organisés en société secrète, le Nyau, préservent les traditions culturelles contre les envahisseurs ngoni, puis, plus tard, les colonisateurs européens ; ils continuent jusqu'à nos jours à utiliser les sites comme lieux rituels[1],[5].

La zone est déclarée réserve forestière en 1924 et les premières peintures rupestres sont découvertes dans les années 1930 ; durant les années 1950, les sites commencent à être décrits dans le détail. Cinq sites, situés hors de la réserve, sont protégés avec le statut de monument national ; ils sont également ouverts à la visite du public[1].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

À la suite de la migration des Chewas, l'argile blanche est utilisée pour les peintures alors que leurs prédécesseurs Batwa utilisaient des pigments rouges. Cette tradition perdure au moins jusqu'au XXe siècle[6], en lien avec les rituels d'initiation des femmes, les invocations de la pluie et les rituels funéraires. Les rochers servent aussi de lieux rituels à la société secrète des Nyau[2].

« L’art rupestre des sites de Chongoni témoigne de l’histoire et des traditions culturelles des peuples du plateau du Malawi : passage d’un style de vie de recherche de subsistance à la production de nourriture, invasion Ngoni au sein de la communauté Chewa, et arrivée de l’homme blanc[1] »[7],[8].

Le site de Chentcherere, dans les collines du même nom, forme le cœur de la zone, avec six abris sous roche représentatifs d'un style « schématique et naturaliste ». Le site de Namzeze recèle des peintures géométriques rouges et plusieurs de couleur blanche. Le site de Mphunzi montre des peintures zoomorphes[7].

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traduction[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i « Art rupestre de Chongoni », UNESCO.
  2. a et b (en) « Chongoni Rock-Art Area – Malawi », African World Heritage Sites Organization (consulté le 27 octobre 2017)
  3. De Capua 2009, p. 72.
  4. (en) « Chongoni Rock-Art Area (Malawi) », Trust for African Rock Art (consulté le 27 octobre 2017)
  5. Philippe L'Hoiry, Le Malawi, Kathala, , p. 58
  6. Frankel, Lawrence et Webb 2013, p. 2.
  7. a et b (en) « Chongoni Rock Art World Heritage Site » [PDF], Department of Antiquities, Ministry of Tourism, Wildlife & Culture (consulté le 27 octobre 2017)
  8. Bolger 2012, p. 332.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]