Le Canard enchaîné

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Le Canard enchaîné
Image illustrative de l'article Le Canard enchaîné
La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas (devise actuelle)

Pays France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Format Quotidien (560 × 360 mm)
Genre Presse satirique
Prix au numéro 1,20
Diffusion 358 347[1] ex. (2016)
Fondateur Maurice Maréchal
Jeanne Maréchal
Henri-Paul Deyvaux-Gassier
Date de fondation , refondation le
Ville d’édition Paris

Propriétaire SAS Les Éditions Maréchal - Le Canard enchaîné
Directeur de publication Michel Gaillard
Directeur de la rédaction Michel Gaillard
Rédacteur en chef Érik Emptaz
Louis-Marie Horeau[2]
ISSN 0008-5405
OCLC 436628226
Site web www.lecanardenchaine.fr

Le Canard enchaîné est un hebdomadaire satirique français, paraissant le mercredi. Fondé le [n 1],[3] par Jeanne Maréchal et Maurice Maréchal, aidés par Henri-Paul Deyvaux-Gassier[4], c’est l’un des plus anciens titres de la presse française actuelle, notamment le plus ancien titre de presse satirique encore actif. Depuis les années 1960, c'est aussi un journal d'investigation qui révèle nombre d'affaires scandaleuses[3].

Pour l’historien Laurent Martin, ce journal, très attaché à la protection des sources d'information des journalistes, représente « une forme alternative de presse qui n’a guère d’équivalents en France et dans le monde »[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Canard enchaîné.

Origine[modifier | modifier le code]

Son nom fait malicieusement allusion au quotidien L'Homme libre édité par Georges Clemenceau, qui critiquait ouvertement le gouvernement de l’époque. Ce journal (en français familier, ce « canard ») doit alors subir la censure de la guerre[6], et son nom est changé en L’Homme enchaîné. S’inspirant de ce titre, les deux journalistes Maurice et Jeanne Maréchal aidés par le dessinateur H.-P. Gassier décident d’appeler leur propre journal Le Canard enchaîné, dont le premier numéro paraît le 10 septembre 1915[7].

La première série, faite avec des moyens limités, se termine au cinquième numéro. Le journal renaît cependant le 5 juillet 1916, point de départ de la série actuelle[8]. Le titre du journal a connu une variante : Le Canard déchaîné, du au .

Les deux canards de la manchette du journal (chacun dans une des oreilles du titre du journal) et les canetons qui s'ébattent dans les pages sont l'œuvre du dessinateur Henri Guilac, un des premiers collaborateurs du journal[9].

Format de journal et prix[modifier | modifier le code]

Le Canard enchaîné est au format « quotidien »[10], composé de pages de 360 mm par 560 mm. Deux feuilles libres forment les huit pages de chaque numéro. L'impression est en bichromie, en noir et rouge écarlate, sur la première et la dernière page ; en monochrome noir sinon. À titre exceptionnel le 18 septembre 2013, la première page du numéro 4847 a été en trichromie (noir, rouge et jaune)[n 2].

Grâce à des frais de gestion limités et stables, et étant indépendant de revenus publicitaires, ce journal est un des rares en France dont le prix n'a pas augmenté depuis 1991[11],[12] (et même diminué : il était à 8 francs avant le passage à la monnaie européenne, soit 1,22 €).

En Suisse, le journal est vendu en 2017 au prix de 2,60 francs (suisses). 3 500 exemplaires sont écoulés chaque semaine en Suisse romande sans compter les lecteurs romands achetant l'hebdomadaire en France voisine. Ces derniers sont estimés à 2 000[13].

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Le Canard enchaîné a pour sous-titre Journal satirique paraissant le mercredi[14] (parfois modifié, par exemple en Journal satirique paraissant exceptionnellement le mardi lorsque la publication est avancée d'un jour si le mercredi est férié), et pour slogan « La liberté de la presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas », allusion à l’inusable slogan de la pile Wonder : « La pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert. »[15], qui résume assez bien la ligne éditoriale de l’hebdomadaire : dénoncer tous les scandales publics (politiques, économiques, judiciaires, etc.) survenant en France mais aussi dans les autres pays. Sa devise, inventée par H.-P. Gassier en 1915, est : « Tu auras mes plumes, tu n’auras pas ma peau ». Le Canard enchaîné n'accepte pas de publicité, cherchant à éviter l'influence des annonceurs sur le contenu de ses informations[n 3] dans ses colonnes. De plus, il ne cache pas l'état des finances du journal ainsi que leurs provenances, et publie son bilan financier dans le journal chaque année[16].

La stabilité du cadre rédactionnel du journal est l’une de ses caractéristiques.

L’hebdomadaire adhère à la charte de Munich[17], qui assure la protection des sources d'information des journalistes.

Les journalistes du Canard tirent leurs informations de plusieurs sources[18][réf. insuffisante] :

  • les sources institutionnelles (communiqués, conférences de presse…) ;
  • leurs collègues d’autres journaux, qui, quand ils ne peuvent publier leurs informations dans leur propre journal, peuvent les transmettre au Canard ;
  • leur carnet d’adresses ;
  • le courrier des lecteurs.

D’après la rédaction, les informations sont vérifiées et recoupées. Parmi les informateurs, seuls ceux qui sont journalistes sont rémunérés.

Du fait de ses investigations régulières touchant aux domaines politique et économique, le Canard est l'objet de nombreuses attaques en justice. Cependant, fort de ses dossiers solidement montés, vérifiés juridiquement, et de témoins, il perd rarement les procès qui lui sont intentés[19].

Né à gauche[modifier | modifier le code]

Antimilitariste, on y voit communément une nette sensibilité de gauche. Certains voient en lui, dès ses origines, une gauche anarchiste, voire une droite anarchisante[20]. Il refusera aussi le titre de journal communiste[21] sans renoncer pour autant ni à son indépendance ni à son esprit critique[n 4]. Il professe un anticléricalisme de bon aloi[n 5]. Il applaudit quand la gauche arrive au pouvoir (Cartel des gauches en 1924[n 6], Front populaire en 1936, Pierre Mendès France, François Mitterrand en 1981) mais avec méfiance et circonspection. Les partis de gauche se sont toujours méfiés de lui. Maurice Thorez, dans un comité central du PCF, fustige « l’esprit blagueur du Canard qui conduit à douter de tout » ; Guy Mollet à la SFIO le poursuit lui aussi de sa vindicte.

Ni plus à gauche, ni plus à droite[modifier | modifier le code]

Depuis toujours, Le Canard enchaîné est considéré comme un journal politiquement indépendant. Ses partisans disent que, même s’il garde une sensibilité de gauche, il n’hésite pas à dénoncer toutes les dérives des politiques quel que soit leur bord politique. Farouchement attaché à son indépendance éditoriale et à son aspect critique, le journal refuse les annonceurs. Il reste l’un des derniers journaux d’investigation en France. Ne se référant pas à l’AFP, contrairement à la majorité des quotidiens, Le Canard est connu pour renifler les scoops et n'hésite pas, d'après ses partisans, à publier les scandales quelles que soient leur nature et l'orientation politique des personnes impliquées. Ses partisans disent qu'à ce titre, il est craint, lu et informé par l’ensemble de l’échiquier politique, et n’éprouve pas plus de compassion envers une défaite d’un parti de gauche ou de droite, qui plus est si c’est un extrême. André Escaro, dessinateur du Canard enchaîné, a déclaré à cet égard : « la tendance actuelle du Canard, c’est l’objectivité. Ni gauche, ni droite »[20].

Indépendance financière[modifier | modifier le code]

Sans recette publicitaire ni subvention publique ou privée, Le Canard ne vit que de ses ventes et affiche pourtant une belle santé financière : en 2016, il a réalisé 24 millions de chiffre d'affaires et deux millions d’euros de bénéfices après impôt[22]. Il refuse d’accueillir dans ses huit pages la moindre publicité[n 7], ce qui en fait un cas rare dans la presse hebdomadaire française[n 8],[n 9]. En refusant la « manne publicitaire », il est « le seul journal qui renseigne le public sur l’influence nocive de la publicité dans les médias », selon le Groupe Marcuse (Mouvement Autonome de Réflexion Critique à l’Usage des Survivants de l'Économie)[23]. Ses statuts (SA Les Éditions Maréchal) le préservent de toute intervention extérieure (cela depuis une tentative de prise en main par le groupe Hachette, en 1953), puisque seuls sont actionnaires ceux qui y travaillent, ainsi que les fondateurs[3] (les 1 000 titres du journal sont incessibles et sans valeur).

Depuis 1974, Le Canard enchaîné est propriétaire de ses murs au 173 rue Saint-Honoré.

Sa « bonne santé financière » lui a permis de passer à la photocomposition en 1982, puis en publication assistée par ordinateur en 1996. Chaque année les bénéfices sont mis « en réserve » pour assurer l’indépendance financière. Ces réserves, trois fois plus importantes que le chiffre d’affaires annuel[3], sont placées sur un compte non rémunéré ; la réserve totale est estimée en 2016 à une centaine de millions d'euros[n 10],[24]. Les 65 salariés du journal (chiffre en 2014)[25] sont parmi les mieux payés de toute la presse française[26]. En contrepartie, les rédacteurs ne peuvent ni jouer en bourse, ni faire des piges ailleurs, ni accepter de cadeau ou d'honneur, notamment les décorations officielles.

Le Canard enchaîné emploie une trentaine de journalistes régulièrement. L'écart des salaires est d'un rapport de 1 à 4. L'un d'eux estime qu'il gagne 4 500 € net par mois, primes comprises[27].

L’hebdomadaire est imprimé le mardi en début d’après-midi[n 11].

Bon enfant[modifier | modifier le code]

Il est souvent sévère, parfois cruel, y compris avec ses amis. Il n’est cependant pas vindicatif. Ainsi, le capitaine Nusillard, chef de la censure de 1916 à 1918, est devenu par la suite un fidèle abonné du journal, jusqu’à sa mort à 95 ans, en 1955.

De même, le général de Gaulle une fois devenu président de la République avait pour habitude de demander ce que le « volatile » disait de lui[28].

Jean Egen, dans Messieurs du Canard, puis Vincent Nouzille, dans un article du Nouvel Économiste en 1993, distingueront « deux clans de journalistes historiquement opposés, les dionysiaques ou buveurs de vin (tradition du juliénas[n 12]), rois de la satire, et les apolliniens ou buveurs d’eau, preux chevaliers de l’information ». Yvan Audouard dira les choses plus simplement pour employer le vocabulaire de la profession en séparant « chroniqueurs » et journalistes d’information[n 13].

L'équipe actuelle[modifier | modifier le code]

Direction[modifier | modifier le code]

Ancien directeur :

Ancien rédacteur en chef :

Entré au Canard enchaîné en 1971, Claude Angeli devient successivement chef des informations, rédacteur en chef adjoint et enfin, rédacteur en chef (en 1991[29]). Il laisse sa place à Louis-Marie Horeau en mars 2012, mais continue de participer à la rédaction du journal[30].

Rédacteurs[modifier | modifier le code]

Il arrive que le Canard publie anonymement un article rédigé par un ou plusieurs journalistes ou une personne extérieure au journal. L'article paraît alors sous le nom de Jérôme Canard. S'il s'agit d'articles à sujet scientifique ou environnemental, ils sont attribués au professeur Canardeau[31],[32].

Anciens rédacteurs :

Dessinateurs[modifier | modifier le code]

Les dessinateurs du Canard :

Anciens dessinateurs :

Diffusion[modifier | modifier le code]

Les comptes financiers du Canard sont publiés chaque année[16] à partir du dernier mercredi du mois d'août dans l'hebdomadaire, avec le détail de la diffusion du journal.

Le Canard enchaîné a été vendu à 600 000 exemplaire lors de la Libération en 1944, mais tombe à 103 000 en 1953[27].

Après avoir augmenté fortement en 2007 et 2008, les ventes ont baissé (de 5,7 % en 2012, de 16 % en 2013, de 2,5 % en 2014), l'hebdomadaire résistant un peu mieux que le reste de la presse française malgré son absence assumée d'internet (son petit site qui met uniquement en ligne ses unes, permet de réserver le nom de domaine, plusieurs fois usurpé, et un compte Twitter poste les gros titres le mardi, veille de parution)[25]. Les recettes ont ainsi baissé à 24,4 millions d'euros en 2014, mais les bénéfices du journal ont augmenté de 20 %, à 2,4 millions[35]. Pour l'année 2016, le journal se vend en moyenne à 358 347 exemplaires (72 338 par abonnement), ce qui constitue une baisse de 8,6 %[36].

Diffusion payée annuelle totale (France et étranger) du Canard enchaîné :

Année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Nb. d'exemplaires
(moyenne par semaine)
420 276[37] 406 488 503 125 536 874 477 002 492 408 504 748[38] 475 859[39] 399 567 389 567[40] 392 214 358 347[36]

Les révélations du Canard enchaîné[modifier | modifier le code]

Le journal a plusieurs fois révélé des affaires politiques et/ou financières. Elles lui permettent de faire des ventes exceptionnelles, jusqu'à 1 million d'exemplaires pour l'affaire Maurice Papon en 1981[41].

À la suite de l'attentat du 7 janvier 2015 contre le journal Charlie Hebdo, la rédaction du Canard enchaîné indique dans son édition du 14 janvier avoir reçu des menaces le lendemain de l'attaque[42]. À cette occasion, le journal rend hommage à Cabu, dessinateur aux deux journaux.

Langage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langage du Canard enchaîné.
Un lecteur du Canard enchaîné. On aperçoit les gros titres sur la première page.

Le ton employé, humoristique, est celui de la satire et de l’ironie, d’où les nombreuses antiphrases dans les pages du journal (Le Canard enchaîné reprend les termes et les arguments de son adversaire, semble le défendre, mais c'est pour mieux en montrer les limites ou l'absurdité de la position). Les jeux de mots sont réservés aux titres des articles. Le Canard cherche à être de connivence avec le lecteur « moyen », ce qui explique, malgré un style assez soutenu, l’emploi de formules issues de la langue du peuple et l’usage de surnoms moqueurs envers des personnalités qu’il critique. C’est ainsi qu’au cours de son existence, on lui doit non seulement des diminutifs de politiciens (« Chichi », « L'Ex »), mais aussi certaines expressions entrées dans le langage populaire, comme « minute Papillon », les « étranges lucarnes » ou enfin « Bla bla bla » ; onomatopée lancée par le Canard sous la plume de Pierre Bénard le 27 février 1946 (Mon ami Paul Gordeaux, lorsque on lui présente un reportage où il y a plus de mauvaise littérature que d'informations, dit en repoussant le papier : « Tout ça, c'est du bla bla bla ! »)

Les rubriques[modifier | modifier le code]

Rubriques actuelles[modifier | modifier le code]

Nom de la rubrique Sous-rubrique Description
Les interviews (presque) imaginaires du Canard Article apparaissant sporadiquement, qui retranscrit une interview d’une grande personnalité (par exemple : Sœur Emmanuelle). Cette interview, réalisée par des journalistes du Canard enchaîné, mêle de vraies déclarations de cette personnalité (sorties de leur contexte) avec des déclarations imaginées.
Le journal de Penelope F. Apparu début février 2017, ce faux billet de journal intime de Penelope Fillon raconte ses pseudos faits et remarques concernant la semaine écoulée. C'est l'occasion pour le Canard de brocarder l'épouse de François Fillon ainsi que les personnalités en rapport avec l'affaire des emplois présumés fictifs. Cette rubrique fait suite à plusieurs autres tout à fait similaires : Xaviere, Carla B et « Valérie T. si je mens ».
La Mare aux canards Rubrique apparue en 1916, puis tenue régulièrement à partir de 1918 et figurant en pages 2 et 3 de l’hebdomadaire. En page 2, il est brièvement fait relation de quelques actions ou paroles (imprudentes ou indiscrètes) recueillies de façon officieuse (off) et rarement relayées par la presse, qu’elles soient de droite ou de gauche (dans le même esprit figurent, sur la même page, les « Minimares »). Cette « page 2 » du Canard enchaîné intéresse les personnalités qui savent que ce qui y est écrit n’est pas destiné à embellir leur dossier de presse. En page 3, figurent des articles plus fournis sur l’actualité politique intérieure ainsi qu'en général, un article (souvent dû à Claude Angeli) traitant de la politique étrangère française et des problèmes extérieurs.
Minimares Sous-rubrique de La Mare aux canards constituée de brèves tirées d’autres journaux que Le Canard enchaîné, relatant les propos de telle ou telle personnalité et accompagnées d’un bref commentaire sarcastique.
Ma binette partout Ce « concours » apparaît occasionnellement en bas des Minimares. Il distingue la plupart du temps des élu(e)s de collectivités locales assurant leur propre promotion de façon disproportionnée. À savoir par une démultiplication importante de leurs photos dans les magazines ou autres supports diffusés par les collectivités. Sont également traités dans cette rubrique les journaux spécifiques diffusés par les élu(e)s pour relater leur mandat.
Pan sur le bec Démentis, reconnaissance des erreurs qui se sont glissées dans un précédent numéro du Canard enchaîné. Il est très souvent indiqué en fin d’article que le journaliste responsable de l’erreur ou de la coquille devra payer son dû pour se faire pardonner.
La noix d’honneur La « noix d’honneur » est une sorte de distinction ou de récompense attribuée chaque semaine (ou peu s’en faut) par le Canard enchaîné. Aisément repérable en page une ou en page huit par son cadre grisé, cette rubrique stigmatise un propos tenu par une personnalité et se distinguant par sa platitude, son ineptie, sa fausseté, etc. La première « noix » date du et est attribuée à Louis Latzarus, rédacteur en chef du Figaro, pour l’attribution à la ville de Cannes (Alpes-Maritimes) de la bataille de Cannes, qui se livra en Apulie, dans le sud-est de l’Italie[43].
Le mur du çon Cette rubrique ressemble à « la noix d’honneur » mais à un degré « supérieur ». Le jeu de mots est clair : il s’agit là d’épingler une « connerie » prononcée par une personnalité.
La brosse à reluire Cette rubrique (non systématique) raille celles et ceux qui ont fait preuve de flagornerie à l’encontre de telle ou telle personnalité.
Le melon d'or Proche des rubriques précédentes, celle-ci met en avant une personnalité qui, à travers ses déclarations, se donne le beau rôle ou est particulièrement prétentieux.
Couac Récits de péripéties survenues à des lecteurs.
Canardages Zig Zag Sous-rubrique de Canardages composée de brèves tirées de la presse dotées d’un titre et d’un commentaire humoristique.
Drôles de Zigs Sous-rubrique de Canardages composée de brèves centrées chacune sur l’actualité d’une personnalité.
Coup de barre Chronique judiciaire de Dominique Simonnot. En bannissant toute emphase narrative et en citant abondamment les protagonistes des procès, la journaliste livre une relation abrupte voire crue du quotidien des tribunaux correctionnels. La journaliste relate assez souvent des audiences publiques de comparutions immédiates. En relayant les propos parfois vifs et sans nuances des uns et des autres (accusé, avocat commis d'office ou choisi, procureur de la République ou substitut...), elle parvient à faire toucher de près le quotidien d'une justice correctionnelle parfois qualifiée d'expéditive. À l’occasion, la journaliste relate aussi, de la même manière, un procès en assises ou dans un tribunal administratif.
Conflit de canard Articles touchant à la nourriture en général, les groupes agro-alimentaires en particulier.
Plouf ! Chronique altermondialiste de Jean-Luc Porquet.
Lettres ou pas Lettres Critiques de livres.
Feuilleté de Canard Autre rubrique de critiques de livres.
La Voie aux Chapitres Chronique littéraire.
Docs en stock Critique d’un livre documentaire.
Plume de Canard Critique d'un livre ou d'un document écrit par un journaliste ou un dessinateur du Canard.
Vite dit ! Brèves humoristiques d’actualités basées sur des extraits de la presse.
À travers la presse déchaînée

Rue des petites perles

Comme son nom l’indique

Il s’agit de trois rubriques similaires qui permettent au journal de recueillir les perles et les coquilles de ses confrères, en y ajoutant des commentaires à sa façon. Il peut arriver que le Canard lui-même fasse partie des « épinglés », auquel cas le journaliste fautif est prié de payer une tournée...
Le Cinéma Cette rubrique rassemble quelques brèves critiques cinématographiques. On y trouve ainsi « Les films qu’on peut voir cette semaine », « Les films qu’on peut voir à la rigueur » et « Les films qu’on peut ne pas voir ». Il arrive que Le Canard enchaîné attire l’attention de ses lecteurs sur un film plus ancien mais à nouveau projeté : l’intertitre est alors « Les films qu’on peut voir ou revoir ».
Mots croisés Créés par Alain Dag'Naud. Les définitions prennent presque toujours la forme de jeux de mots, parfois grivois, de calembours approximatifs. Certaines sont proposées par des lecteurs, qui sont cités par l'auteur, avec la mention « Définition transmise par... »
Prise de bec Portrait au vitriol d’une personnalité placée sous les feux de l’actualité, mais pas forcément une personnalité de premier plan. Si les « Prises de bec » épinglent volontiers tel chef d'État ou tel ministre, elles épinglent également des personnalités davantage dans l’ombre mais non moins influentes. L'article apparaît en haut de l'avant-dernière page. Il est illustré de la caricature de la personnalité, plus rarement d'un portrait photographique en noir et blanc.
Canard Plus Brèves d’actualités sur le monde des médias et de l’audiovisuel.
La Boîte aux Images Article sur le monde de l’audiovisuel.
Coin-coin des variétés Critique d'un spectacle de variété.
Sur l'Album de la Comtesse Chronique de contrepèteries.

Anciennes rubriques[modifier | modifier le code]

Rubrique Sous-rubrique Description
Feuillets de route de l’ami Bidasse Pendant la drôle de guerre, le journal publia les feuillets envoyés par André Guérin, mobilisé. Lors de la guerre d'Algérie, l’ami Bidasse reparaîtra sous la plume de Jean Clémentin.
Contes du Canard enchaîné Dès son premier numéro en 1915, le Canard enchaîné a publié des contes signés par des écrivains comme Jean Cocteau ou Tristan Bernard ou des journalistes comme Victor Snell. Ces contes semblent être aujourd’hui abandonnés par le Canard.
La Cour Une chronique/critique du pouvoir gaullien due à la plume de Roger Fressoz et au crayon du dessinateur Roland Moisan. Cette rubrique fut inaugurée en 1960 et, après le départ de Charles de Gaulle en 1969, prit le nom de « La Régence ». Aujourd’hui disparue, La Cour reste une des chroniques les plus célèbres du Canard enchaîné. Dans le même ordre d'idées, du temps de sa présidence à l’Élysée, de Gaulle avait pour coutume de demander chaque mercredi à l'huissier qui lui apportait le Canard : « Que dit le volatile ? ».
Les insolents de la semaine Cette rubrique, inaugurée dans le numéro du 25 juillet 2007, s’inscrit dans le contexte particulier des mois qui suivent l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République (mai 2007). Le Canard enchaîné décide alors de relever les critiques envers la politique menée par ce dernier, mais issues d’organes de presse dont la ligne éditoriale lui est très favorable. En réalité, ces « insolents » ne le sont guère, et cette antiphrase permet à l’hebdomadaire de stigmatiser une presse suspectée de complaisance ou, à tout le moins, de manque de distance critique. La rubrique a duré quelques mois puis a été supprimée (ou mise en sommeil).
(Journaux intimes fictifs) Le Journal de Xavière T. Alors que les époux Jean Tiberi et Xavière Tiberi défraient la chronique avec des affaires de faux électeurs et d'un rapport supposé fictif, Le Canard enchaîné a l'idée de publier les minutes d'un faux journal intime des réflexions de Xavière Tiberi sur ces affaires et sur son entourage politique. Fort de l'intérêt des lecteurs, Le Canard republiera par la suite l'ensemble sous la forme d'un petit livre en hors-série.
Le Journal de Carla B. Cette rubrique consacrée à l’épouse du président français Nicolas Sarkozy rapporte les paroles fictives et humoristiques de Carla Bruni-Sarkozy chaque jour de la semaine (du mercredi au mardi), l’humour provenant surtout du décalage d’un personnage insouciant et bobo auprès des membres du gouvernement. La rubrique fait son apparition peu avant le mariage du président avec l’ex-mannequin et durera, comme annoncé dès sa première parution, jusqu’à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. Elle paraît à la une, ou à la fin de chaque numéro dans un cadre rose. Elle succède au Journal de Cécilia S., qui succédait lui-même au Journal de Xavière T.. Elle est écrite par le journaliste Frédéric Pagès[44]. Dans leur livre d'enquête Le Vrai Canard, les journalistes Karl Laske et Laurent Valdiguié ont affirmé que la chronique était notamment alimentée par Pierre Charon, un proche conseiller de Nicolas Sarkozy. L'allégation s'est attirée un vigoureux démenti de Michel Gaillard, directeur de la publication du Canard enchaîné[44]. La rubrique disparaît fin [n 14].
Valérie T. si je mens « Valérie T. si je mens » est une rubrique créée le 20 juin 2012 (no  4782), reprenant le principe du Journal de Carla B, où c'est cette fois-ci une fausse Valérie Trierweiler, nouvelle stagiaire au Canard enchaîné, qui raconte son expérience. Il y a eu trois « variations » au cours

de la publication : « Valérie T. comme Tweet » (le 13 juin), « La carte postale de Valérie T. » (le 14 août), et « Le courrier de Ségolène R. » (31 octobre) où Ségolène Royal la remplace le temps d'un numéro. La rubrique dure assez peu longtemps et devient au fil du temps moins régulière. Elle disparaît après le no  4808 du 19 décembre 2012.

L’actualité métaphysique Cette rubrique écrite par Frédéric Pagès, sous couvert de chronique philosophique, se moque des prétentions métaphysiques (concepts abscons, idées absurdes, etc.) de divers « penseurs » ou politiques.
Écrits et Chochottements Brèves sur l’actualité du monde littéraire. Cette section est apparue dans le Canard en 1978. Son titre est un rapprochement drolatique de deux faits de cette année-là, apparemment sans apport entre eux : d’une part la sortie du film Cris et chuchotements de Bergman, d’autre part l’affirmation inattendue de certaines ambitions littéraires par le président de la République française d’alors, Valéry Giscard d’Estaing... dont par ailleurs tout le monde connaît la diction un peu particulière. La rubrique a disparu depuis 2010.
Les nouveaux beaufs BD en une bande, de Cabu. Elle racontait les mœurs et les vicissitudes des beaufs nouvelle(s) génération(s) à partir d'un personnage central agissant dans le contexte de l'actualité. Cette BD occupait généralement le bas de la page 7. Sa parution cesse avec le décès de Cabu le 7 janvier 2015, mais le bas de la page 7 est remplacé par des extraits de ses illustrations passées sous le nom de rubrique : « Cabu ça commence comme “Canard” ».
Cabu ça commence comme “Canard” Rétrospective de dessins de Cabu parus dans le journal. Rubrique créée après l'assassinat de Cabu lors de l'attentat contre Charlie Hebdo. Cette rubrique était placée en bas de la page 7.
Les rubriques temporaires Certaines rubriques, crées sous le coup d'un événement, ont une durée de vie parfois très brève : moins d'une dizaine de numéros du Canard. Une des dernières en date sur la page une, créée début février 2017, s'intitule Sarthe à la crème et parle des réactions de diverses personnalités après les révélations du journal à propos du « Penelopegate ».

Les manchettes[modifier | modifier le code]

Le Canard enchaîné titre - logiquement - sur un fait d’actualité (national ou international) et ses manchettes comportent toujours un jeu de mot. Exemples :

  • Juste après l’armistice de 1918, le journal titra : « OUF ! »[45].
  • Après les accords de Munich, le journal paraphrasa le coup de la victoire aux échecs et titra : « TCHÈQUES… ET MAT ! »
  • Lors des élections présidentielles de 1965, le général de Gaulle, convaincu d’être réélu dès le premier tour, ne fait pratiquement pas campagne. Or, le 5 décembre, le premier tour le met en ballotage face à François Mitterrand et un second tour va être nécessaire pour départager les deux hommes. Le Canard titre alors : « De l’appel du 18 juin… à la pelle du 5 décembre ».
  •  : « Grève des pilotes et inquiétudes sur le Mondial - La France un peu faible sur ses ailes ». Ici, le jeu de mot permet au Canard de lier deux événements : d’une part, la grève des pilotes d’Air France ; d’autre part, la Coupe du monde de football de 1998 (on est une semaine avant son coup d’envoi) et surtout les sévères critiques dont fait à ce moment l’objet Aimé Jacquet, le sélectionneur de l’équipe française.
  • Lors des grèves du secteur public, face aux revendications salariales et aux refus du Premier ministre Édith Cresson d’augmenter les salaires, le journal titra : « Cresson : pas un radis ! ».
  • À la suite de l'accident nucléaire de Fukushima en 2011, le volatile a titré « Au Japon, la réalité dépasse la fission »[46].
  • Concernant la crise de la dette publique grecque, il titre par « La Crise grecque ? Pas de quoi en faire un dra(ch)me ! ».
  • À propos de l'abandon des poursuites contre Dominique Strauss-Kahn aux États-Unis et de la plainte de Tristane Banon, Le Canard titre « Les ennuis sont finis pour DSK ? Banon ! »[47].
  • À propos du naufrage du Costa Concordia et de l'attitude du commandant, le volatile titre : « Le commandant du Costa Concordia se défend : “Pendant le sauvetage, j'ai toujours gardé les pieds sur terre” ».
  • Le 14 janvier 2015, dans un numéro en partie hommage à Cabu tué lors de l'attentat contre Charlie Hebdo, le journal titre : « Le message de Cabu : “Allez les gars, ne vous laissez pas abattre !” »[48]. La tête de Cabu dessinée par lui-même remplace pour l'occasion l'image traditionnelle du canard en haut de la première page[49].

Critiques[modifier | modifier le code]

En , Karl Laske avec le journaliste Laurent Valdiguié publient un essai contre Le Canard enchaîné intitulé Le vrai Canard, qui entend dénoncer le travail, les liens avec des personnalités politiques et l’opacité des finances de cet hebdomadaire. Pascale Santi du quotidien Le Monde parle de « livre à charge »[50]. Pour L'Express, il s'agit d'un travail « copieux et minutieux »[51].

En 2013, Jean-Yves Viollier, longtemps collaborateur du journal, publie Un délicieux canard laquais, « roman satirique » qui, de manière à peine voilée, dénonce le manque d'indépendance du Canard enchaîné vis-à-vis des partis politiques au pouvoir. Il lui reproche également des pratiques salariales et des pratiques sociales peu exemplaires en dépit de bénéfices importants et « un décalage entre les idées professées et les pratiques à l’intérieur du journal [...] vertigineux »[52],[53].

Diversification[modifier | modifier le code]

Tentatives de diversification : elles ont été rares et ont presque toujours concerné l’édition de presse.

Dans la Presse :

Internet :

  • Le 11 juillet 2012, le Canard enchaîné s'invite sur la toile et ouvre un compte Twitter[56], d'abord pour éviter les usurpations d'identité du journal, comme cela s'est déjà passé[57]. Le journal déclare, dans son édition du 19 décembre de la même année[58], son intention de se servir de ce compte dans le but d'« annoncer, dès le mardi soir, quelques-uns des sujets abordés » dans l'édition de la semaine. La une du journal est diffusée la veille directement sur le site.
  • En mars 2014, le site web du Canard enchaîné publie son premier article, et diffuse les enregistrements pirates de Patrick Buisson lorsqu'il était conseiller de Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, ce qui déclenche une polémique[59].

Numéros spéciaux[modifier | modifier le code]

  • Le Canard imprime un numéro spécial en juin 1968 : Le Canard de Mai, qui reprend les numéros du 22 et du 29 mai, et du 6 juin, numéros qui ont souffert des grèves.
  • La petite série L'Assiette au Canard, parue du 31 janvier 1968 au 28 novembre 1973.
  • A la suite de l'attentat du 7 janvier 2015 où Cabu, dessinateur historique du Canard est assassiné, un numéro spécial est publié le 14 janvier pour lui rendre hommage. Pendant un an à la suite de ce numéro, une rubrique intitulée Cabu ça commence comme Canard fait le lien entre des dessins de Cabu et l'actualité.
  • Le 6 juillet 2016, le Canard célèbre son centenaire par un numéro spécial contenant quatre pages supplémentaires. On trouve dans ces pages un fac-similé de la première une du Canard, un retour sur les révélations historiques du journal, ainsi que des anecdotes sur l'histoire du titre. À cette occasion, le Canard enchainé donne rendez-vous à ses lecteurs pour le numéro du bicentenaire[60].

Couacs du Canard[modifier | modifier le code]

  • Dans la numérotation :
  • Dans l’âge du journal :
    • En janvier 1948, il passa de sa 32e année à sa 34e (erreur rectifiée l'année suivante).
    • En janvier 1951, il rajeunit de 3 ans (33e année au lieu de la 36e).
    • En 1956, il oublie d'ajouter un an, et de 1962 à 1964, on laissa 43e année.

Publications inspirées par le Canard enchaîné[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Éditorial du numéro 1 du Canard enchaîné le . En second lieu, Le Canard enchaîné prend l’engagement d’honneur de ne céder, en aucun cas, à la déplorable manie du jour. C'est-à-dire qu’il s’engage à ne publier, sous aucun prétexte, un article stratégique, diplomatique ou économique, quel qu’il soit. Son petit format lui interdit, d’ailleurs, formellement, ce genre de plaisanterie. Enfin, Le Canard enchaîné prend la grande liberté de n’insérer, après minutieuse vérification, que des nouvelles rigoureusement inexactes. Chacun sait, en effet, que la presse française, sans exception, ne communique à ses lecteurs, depuis le début de la guerre, que des nouvelles implacablement vraies. Eh bien, le public en a assez ! Le public veut des nouvelles fausses… pour changer. Il en aura. Pour obtenir ce joli résultat, la Direction du Canard enchaîné, ne reculant devant aucun sacrifice, n’a pas hésité à passer un contrat d’un an avec la très célèbre Agence Wolff qui lui transmettra chaque semaine, de Berlin, par fil spécial barbelé, toutes les fausses nouvelles du monde entier. Dans ces conditions, nous ne doutons pas un seul instant que le grand public voudra bien nous réserver bon accueil et, dans cet espoir, nous lui présentons par avance et respectueusement, nos plus sincères condoléances.
  2. À la suite de l'affaire de deux caricatures du journal ironisant sur l'attribution des Jeux olympiques de 2020 au Japon en y mêlant la catastrophe de Fukushima, caricatures qui avaient déclenché une protestation officielle du gouvernement japonais, Cabu a illustré la manchette avec la mascotte du journal coloré en jaune se faisant hara-kiri, et dessiné en bas de la page le même canard écrasé sous le poids d'un sumo.
  3. « De fait, indépendant des puissances économiques, puisque le journal n'accepte pas de publicité, Le Canard enchaîné est une institution prospère »Philippe Reinhard, Presse et pouvoir : chronique d'un divorce, (ISBN 978-2-7540-1048-1, lire en ligne)
  4. « Pour les gens de droite et, en cela ils montrent une bêtise qui donne raison à Guy Mollet, Le Canard enchaîné n’est qu’une amusette, un divertissement pas toujours très drôle dont les calembours et les rabâchages ne tirent pas à conséquence. En réalité, Le Canard enchaîné est le journal français qui depuis l’autre guerre, a exercé sur la politique de ce pays l’influence la plus profonde et la plus durable, qui a fait ou défait le plus de réputations. C’est que la formule du Canard est remarquablement adaptée au tempérament français, c’est qu’elle correspond à un besoin, à une tournure d’esprit, à un état d’âme qui sont sans équivalent au-delà de nos frontières ». Pierre-Antoine Cousteau dans l’Écho de la presse et de la publicité, .
  5. La création par le journal en 1956 du prix Chevalier de La Barre marque l’engagement du journal. Ce prix était destiné à récompenser annuellement une œuvre cinématographique qui « exaltait l’esprit de tolérance et de fraternité humaine ou dénonçait l’intolérance et l’injustice de quelque origine qu’elles soient », dans L’Action laïque (revue mensuelle de la Ligue française de l'enseignement), no 220, mars 1961, page 9. Il est décerné lors du festival de Cannes. Le premier film récompensé fut Storm Center (Au cœur de la tempête) de Daniel Tadarash, qui stigmatisait le maccarthysme. En 1966, c’est La Religieuse de Jacques Rivette qui est primée.
  6. « On nous avait dit : Herriot à la présidence du conseil, et Painlevé, chef de l’État. Notre indéfectible républicanisme y trouvait son compte, évidemment : mais qu’allait devenir le Canard ? Un organe non seulement ministériel mais encore présidentiel ? Et cela par conviction ? Sans être, comme on dit, « payé pour » ? L’hypothèse était tragique... Heureusement, ils ont élu Doumergue. Ils ont pensé au Canard ! » .
  7. « Notre seul argument contre la publicité radiophonique est qu’elle gênerait la presse, mais je ne suis pas sûr qu’elle la gênerait beaucoup. La publicité, je vous l’accorde, n’est pas chose bien morale, mais elle ne l’est pas plus dans la presse qu’elle ne pourrait l’être à la radio. Et, à cet égard, Le Canard enchaîné, le seul des journaux français qui ne publie aucune publicité, me semble le plus moral de tous ». Robert Buron à l’Assemblée nationale, .
  8. D’autres titres de la presse française n’acceptent pas de publicité dans leurs pages : CQFD, La Décroissance, Le Plan B, S!lence, Psikopat, Fluide glacial, Minute, Prescrire, Charlie Hebdo, Fakir, XXI et quelques journaux régionaux comme Le Ravi. Mais ces titres sont nettement moins diffusés que le Canard.
  9. Une exception à la publicité se produit en mars 1923, où l’on trouve une publicité pour les établissements Félix Potin, et quelques encarts en faveur de livres en 1924. L’expérience publicitaire du Canard fut de courte durée.
  10. « [...] compte riche d'une centaine de millions d'euros. » François Hauter, Le bonheur d'être Français, éd. Fayard, , 251 p. (ISBN 978-2-213-66908-3), p. 75.
  11. Il « loupa » ainsi :
  12. Yvan Audouard trace un fil conducteur assez sûr en suivant la trace de la rédaction du journal de troquet en troquet dans l'un des Dossiers du Canard intitulé L’Archipel du Goulot, publié en 1991. Il parle de plusieurs périodes :
    • La période d’avant-guerre, où le fondateur Maurice Maréchal, traitait ses collaborateurs au champagne une fois le journal paru
    • L’époque juliénas, où l’on pouvait trouver la rédaction du journal au bistro Le Vieux Saumur
    • Puis l’époque du « Vieux Gaulois » où le pastis, sous l’impulsion de Gabriel Macé, fit une irruption intermittente.
  13. « Le journaliste d’opinion a pour fonction essentielle de rédiger des articles où il exprime les idées de son rédacteur en chef. Cela ne signifie en aucune manière que son rédacteur en chef ait des idées. Il les tient de son directeur, lequel les tient lui-même du gouvernement en exercice, lorsqu’il y en a un, et, en toutes circonstances des chefs de ses services des ventes et de publicité. » Yvan Audouard, Le Canard enchaîné, .
  14. Dans le numéro 4779 daté du 30 mai 2012, page 8, « Carla B. » indique en effet, en préambule : « Du Maroc, où je suis, je rends ma plume et mon encrier. Adieu mon Canard ! Ce journal est le dernier de la série commencée le 19 décembre 2007 ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les comptes du “Canard” en 2016 », Le Canard enchaîné, mercredi 6 septembre 2017, page 4.
  2. Nomination annoncée en page 8 du Canard enchaîné en date du (n°4769).
  3. a, b, c et d Gilles Labarthe, « 1915-2005 : le Canard enchaîné fête ses 90 ans », sur Datas, (consulté le 3 novembre 2007)
  4. Informations légales - Le Canard enchaîné.
  5. Laurent Martin, « Pourquoi lit-on Le Canard enchaîné », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, volume 68 (2000), page 52. [lire en ligne]
  6. Clemenceau jugeait cependant la censure nécessaire en temps de guerre pour les affaires diplomatiques et militaires. Il a cependant censuré le Canard enchaîné après la guerre.
  7. Louis Guéry, Visages de la presse : histoire de la présentation de la presse française du XVIIe au XXe siècle, Victoires, , p. 57
  8. Naissance et renaissance, article du supplément 14-18, Le Canard part en guerre des dossiers du Canard enchaîné numéro 132, page 93, juillet 2014.
  9. Jean Egen, Le Canard enchaîné, Seghers, , p. 20
  10. Formats des journaux Les formats de certains journaux cités sur le site d'imprimeurs
  11. Chute des ventes du Canard enchaîné en 2012, article du site du journal L'Express, 28 août 2013.
  12. Le canard enchaîné, le journal qui boude la toile (et qui a raison), article de Erwann Gaucher, 17 juillet 2012, sur le site http://www.erwanngaucher.com.
  13. Magazine Bilan du 10 mai au 23 mai 2017.
  14. Il date de 1925, il fut auparavant de 1915 à 1917 un Journal humoristique, puis Journal hebdomadaire jusqu’en 1925.
  15. Claude Maggiori, Sandrine Dyckmans, La France qui disparait, p. 74, Éditions Glénat, p. 2014.
  16. a et b Le Canard enchaîné, l’exception française déchaînée, article de Clara D. sur le site jolpress.com, publié le 20 juin 2011.
  17. « Éthique du magistrat, éthique du journaliste », dossier de l'École nationale de la magistrature (2010)
  18. Entretien avec Jean-François Julliard.
  19. Il lui arrive cependant de se faire « épingler ». Ainsi, dans le no  5018 du 28 décembre 2016, Le Canard enchaîné a dû publier à la page 4 un encart imposé par le tribunal de la cour d'appel de Paris qui condamne le directeur de la publication pour diffamation envers Yann Harleaux et l'association Euromusique dans un article précédent intitulé Des notes très salées dans les concerts classiques. Le journal apporte des précisions éclairantes à la suite de l'encart.
  20. a et b Laurent Martin, « Le Canard enchaîné, un « objet politique mal identifié » », Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 50, no 2,‎ , p. 73-91 (ISSN 0048-8003, lire en ligne)
  21. Les Mémoires du général de Gaulle, tome 3 : un passage inclut Le Canard enchaîné parmi les journaux communistes. À la demande de l’hebdomadaire satirique, l’erreur sera corrigée.
  22. « Dopé par « le Penelopegate », Le Canard enchaîné redore son blason », Le Monde,
  23. Groupe Marcuse, De la misère humaine en milieu publicitaire, La Découverte, 2004, page 98.
  24. Le Canard enchaîné a repris des forces lors de son centenaire, article sur le site « msn actualité » (Microsoft), 6 septembre 2016.
  25. a et b Isabelle Hanne, « «Le Canard enchaîné», bon gré, magret », sur liberation.fr, .
  26. Portrait radiophonique du Canard enchaîné.
  27. a et b « Le Canard enchaîné, proche mais assez éloigné du pouvoir », article par Bastien Collins, Le Monde des Médias no  32, février 2017, page 2.
  28. Laurent Martin, « De Gaulle et Le Canard enchaîné : je t'admire, moi non plus », Sociétés & Représentations, no 36,‎ , p. 109–123 (ISSN 1262-2966, lire en ligne)
  29. Claude Angeli, présentation et œuvres de Claude Angeli, sur le site http://www.librairiedialogues.fr.
  30. Nouveau rédacteur en chef pour le Canard enchaîné, article du journal L'Express sur http://www.lexpress.fr, 21/03/2012.
  31. Canardeau&FOCUS=AUTEUR Liste des articles du professeur Canardeau, base de données de la Cité des sciences vertes, Toulouse-Auzeville, site citesciencesvertes.fr.
  32. Le professeur Canardeau dénonce le tri mécano-biologique (TMB), rédaction présentant le fac-similé de l'article du professeur Canardeau : « Avis de déchets », Canard enchaîné du 16 février 2011.
  33. L’Histoire de France racontée par une plume du Canard Enchaîné, Chrystel Chabert, site culturebox francetvinfo.fr, 22 janvier 2015.
  34. a et b Le “Canard” se remplume, article de François Forcadell, site Iconovox, 30 octobre 2013.
  35. « Institution unique en son genre, le Canard Enchaîné fête ses 100 ans », sur leparisien.fr, .
  36. a et b Florian Guadalupe, « Comptes du "Canard enchaîné" : Une année 2016 "médiocre" en chute » sur PureMédias, 6 septembre 2017
  37. (en)The press in France, site BBC News sur internet, 11 novembre 2006.
  38. « Le Canard enchaîné » s’enrichit, article de Libération traitant du bilan du Canard, 28 août 2012, sur le site http://www.liberation.fr.
  39. Canard enchaîné : repli des ventes et plongeon du bénéfice en 2012, article de http://www.visamedias.info, 27 août 2013.
  40. Dont près de 70 000 abonnés. Cf. Le Canard enchaîné résiste en 2014, article de http://www.lesnewseco.fr, 3 septembre 2015.
  41. « Dopé par « le Penelopegate », « Le Canard enchaîné » redore son blason », sur lemonde.fr, (consulté le 3 février 2017).
  42. Le canard enchainé menace au lendemain de l'attaque de charlie hebdo, lemonde.fr, consulté le 13 janvier 2015
  43. Une époque à la noix, article dans Le Canard enchaîné, 100 ans, à la page 70, éditions du Seuil, octobre 2016, éditeur Bernard Comment, (ISBN 978-2-02-128314-3).
  44. a et b « Le « Canard Enchaîné » répond au livre et les auteurs du livre répondent au Canard Enchaîné », 20 minutes, 26 novembre 2008.
  45. Une du canard enchainé du 13 novembre 1918
  46. « Revue de Presse : Au Japon la réalité dépasse la fission »,
  47. « Ce que vous avez raté (revue de presse) »,
  48. Stéphane Baillargeon, « Le Canard enchaîné rend hommage à Charlie Hebdo », Le Devoir, (consulté le 16 janvier 2015)
  49. « La Une du 14 janvier 2015 »,
  50. "Le Vrai Canard", de Karl Laske et Laurent Valdiguié : pan sur le bec du "Canard enchaîné", Pascale Santi, Le Monde, 4 décembre 2008
  51. La face cachée du Canard, Christophe Barbier et Jérôme Dupuis, lexpress.fr,
  52. L’impertinent déchaîné, Muriel Bonneville, sudouest.fr, 25 octobre 2013
  53. Romancer pour dénoncer, acrimed.org, 18 décembre 2013
  54. Le « Canard » : 100 ans de pavés dans la mare, article du site TéléObs, 30 octobre 2016.
  55. Le Canard Enchaîné : 100 ans, article du site BDnet.
  56. compte Twitter du Canard enchaîné
  57. Geoffroy Clavel, « Le Canard enchaîné débarque sur Twitter », sur Le Huffington Post, (consulté le 25 juillet 2012)
  58. « Tweet de Canard ! », à la première page.
  59. Sarko enregistré à son insu : un micro était caché dans le Buisson Le Canard enchaîné, 5 mars 2014
  60. Le Canard enchaîné (re)fête le centenaire de son envol avec un numéro spécial, article de CultureBox avec AFP, du site Francetvinfo.fr, 12 juillet 2016.
  61. Le directeur du « Canard déchaîné » condamné à six mois de prison, article de http://www.afrique-express.com, 31 octobre 2001.
  62. Le Canard déchaîné no 569 (21 janvier 2013), sur le site nigerdiaspora.info

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Filmographie[modifier | modifier le code]

À l'occasion d'une série de projections à Bruxelles, en 1989, une affiche réalisée par Alternative libertaire.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]