Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

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Page d'aide sur l'homonymie Cette cathédrale n’est pas la seule cathédrale Notre-Dame.
Cathédrale Notre-Dame
de Strasbourg
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Strasbourg
Début de la construction 1176
Fin des travaux 1439
Style dominant Gothique avec reliquats romans
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, cathédrale)[1]
Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1988)
Site web www.cathedrale-strasbourg.frVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Bas-Rhin
Commune Strasbourg
Coordonnées 48° 34′ 54″ nord, 7° 45′ 02″ est

La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est une église fondée en 1015 sur les vestiges d'une précédente cathédrale et élevée à partir de 1220 par la ville libre de Strasbourg, riche république marchande et financière, dans le style gothique.

Siège disputé durant la Réforme d'évêques qui ont été suffragants de la province de Mayence jusqu'au concordat de 1801, elle est désormais exclusivement affectée au culte catholique romain et abrite depuis 1988 un archidiocèse propre. C'est aujourd'hui la deuxième cathédrale la plus visitée de France après Notre-Dame de Paris[2], soit huit millions et demi de touristes par an.

Haute de 142,15 mètres, elle a été jusqu'en 1647 un des édifices les plus élevés du monde puis jusqu'en 1874 le plus élevé. Pratiquement achevée en 1365, elle a la particularité d'avoir vu l'espace entre ses deux tours comblé en 1388 et se reconnait à son unique clocher surmonté d'une flèche qui lui a été ajouté en 1439.

Ce « prodige du gigantesque et du délicat » admiré de Victor Hugo[3] et célébré par Goethe[4] qui a connu là ses premières amours, est visible de très loin dans la plaine alsacienne, jusque depuis les Vosges ou la Forêt-Noire. Côtoyée par la maison Notre Dame et le palais Rohan, elle se dresse place de la cathédrale dans le quartier de la Grande Île, au cœur du vieux Strasbourg qu'entoure la rivière Ill.

La cathédrale vue depuis le sud en 2008.

Contents

Un musée de chefs-d'œuvre[edit | edit source]

Neuf œuvres classées[edit | edit source]

Autres œuvres remarquables[edit | edit source]

  • Pilier du début du XIIIe siècle dit des Anges.
  • Portails de la façade occidentale, qui datent de la même époque.
  • Frontispice innovant qui dédouble et masque le massif de cette façade et qu'a construit moins d'un siècle plus tard Erwin de Steinbach.
  • Rose de ce frontispice dessinée par le même.
  • Flèche de la tour de façade, chef d'œuvre d'audace technique réalisé en 1439 par Jean Hültz (de).
  • Plusieurs vitraux datant du XIIe siècle au XVe siècle, dont la série des Vitraux des Empereurs.

Histoire d'une construction gothique[edit | edit source]

Les pieux des fondations de la cathédrale datant de l’an 1015, et retrouvés en 1905, dans le sous-sol de la crypte.

Les édifices antérieurs[edit | edit source]

Le site de la cathédrale est utilisé par plusieurs édifices religieux successifs, à partir de l'occupation romaine. Selon la tradition, un sanctuaire romain dédié au dieu Mars occupe alors l'emplacement jusqu'à une date inconnue. Une cathédrale est élevée par l'évêque Arbogast, à la fin du VIIe siècle[° 1], sur la base d'un temple dédié à la Sainte Vierge, mais aucun vestige n'a été conservé jusqu'à aujourd'hui[5].

La première cathédrale est remplacée durant le VIIIe siècle par un édifice plus important, terminé sous le règne de Charlemagne. Selon certaines sources[6], le testament de l'évêque Remigius[° 2], daté de 778, atteste de sa volonté d'être inhumé dans la crypte. Mais il est plus probable qu'il soit enterré en réalité à l'église Saint-Trophime d'Eschau[7]. C'est certainement dans l'édifice que sont prononcés les serments de Strasbourg. Les fouilles menées récemment révèlent que cette cathédrale carolingienne possédait trois nefs et trois absides. Un poème décrit cette cathédrale, ornée d'or et de pierreries par l'évêque Ratald[° 3]. La cathédrale est la proie des flammes à de multiples reprises, en 873, 1002 et 1007.

En 1015, l'évêque de Strasbourg Werner de Habsbourg, et l'empereur Henri II posent ensemble la première pierre d'une nouvelle cathédrale sur les ruines de l'édifice carolingien. Werner construit une cathédrale de style ottonien, mais celle-ci brûle en 1176, car les nefs sont, à l'époque, couvertes d'une charpente en bois.

La reprise des fondations en l’an 1015[edit | edit source]

Les fondations de la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, sous la chapelle Saint-Laurent.
Présentation de la maquette de la cathédrale othonienne (1015) à Mgr Jean-Pierre Grallet et Roland Ries.

Sur l’insistance de l’évêque Werner qui voulait que la cathédrale soit construite à l’endroit précis où les premiers chrétiens avaient prié, elle a effectivement été édifiée sur des pieux enfoncés dans la nappe phréatique et remblayés, car le terrain glaiseux et mouvant était peu propice à la construction.

Commencées en 1015, ces fondations uniques au monde[réf. nécessaire] ne furent achevées qu'en 1028, année de la mort de l'évêque, treize ans après le début des travaux. Il s’agit d’un socle de limon et d’argile renforcé par des pieux en bois. C’est une technique antique qui permet de créer une sorte de semelle stable sur laquelle élever la maçonnerie des fondations

Lors des travaux de régularisation du Rhin par l’ingénieur badois Tula au XIXe siècle, le niveau de la nappe phréatique baissa. Les pieux se mirent à pourrir et la tour Nord commença à s'affaisser. En 1906, il fallut la soulever pour injecter du béton sous ses fondations.

Lors des sondages effectués à partir de 1905 par l’architecte Johann Knauth et les services de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, on a retrouvé les fondations de 1015, elles-mêmes réutilisées à partir de 1277, lorsque l’évêque Conrad de Lichtenberg entame la construction de l’actuel massif occidental.

La reconstruction secundum francigenum opus (1176-1439)[edit | edit source]

Après l'incendie de 1176 qui détruit les parties orientales de la cathédrale, Henri d'Asuel dit Hasenbourg, nouvel évêque de Strasbourg de 1180 à 1190, décide la construction d'une quatrième cathédrale, devant être plus belle que celle de Bâle, qui vient d'être achevée. Le portail dans le mur est du transept nord, aujourd'hui dénommé niche des fonts baptismaux, date de son épiscopat. Il ouvrait jadis sur un petit cimetière, le "Leichhöfel". Le chantier de la nouvelle cathédrale commence sur les fondations de la construction précédente et ne s'achève que plusieurs siècles plus tard, en 1439. La construction débute par le chœur et le transept Nord, dans un style roman[8].

Vers 1220, un architecte français ayant participé à de grands chantiers gothiques en Île-de-France comme Chartres et Reims arrive à Strasbourg avec ses artisans et initie le changement de style de l'édifice avec notamment le rehaussement de l'ancienne nef romane en un ensemble gothique et l'élargissement des voûtes et des ouvertures dans les murs. Ce chantier dure une quarantaine d'années et les noms des architectes successifs sont inconnus.

En fin d'année 1276, l'évêque Conrad de Lichtenberg, ordonne la construction du massif occidental qui sera achevé en 1439. Le nom du maître d'œuvre n'est pas connu non plus.

Le premier maître d'œuvre attesté du chantier de la cathédrale est Erwin de Steinbach. Sa fonction de responsable du chantier de la cathédrale a été officialisée le 16 octobre 1284 dans un contrat avec la chancellerie de la ville[9]. Il dresse la nouvelle façade gothique et la rosace au-dessus du portail d'entrée. Le maître s'est appuyé sur un plan conservé aujourd'hui à l'œuvre Notre-Dame de Strasbourg dont Erwin de Steinbach serait l'auteur.

Afin de trouver de l'argent pour terminer la nef, le diocèse recourt aux indulgences en 1253. Témoignage de la double influence française et allemande, l'utilisation pour les vitraux des couleurs rouge et bleu (typique d'une équipe française) et la présence marquée de vert (style allemand).

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Façade avant 1388. Stade intermédiaire publié tardivement en 1493. Façade après 1439[10].

Les maîtres d'œuvre successifs[edit | edit source]

Du fait de la longue durée de la construction, de nombreux maîtres d'œuvre se sont succédé. Seuls sont connus ceux qui ont œuvré à partir de la fin du treizième siècle.

Les différents maîtres d'œuvre sont :

  • Rodolphe le vieux (achèvement de la nef)[11] ;
  • Erwin de Steinbach (1244-1318) (façade : portails et grande rose) ;
  • Gerlach qui pourrait être un petit-fils d'Erwin[12] (chapelle sainte Catherine et façade : deuxième et troisième niveaux des tours) ;
  • Michel Parler, dit de Fribourg (façade : galerie des apôtres au-dessus de la rose) ;
  • Klaus de Lohr (façade : beffroi au-dessus de la galerie des apôtres entre les tours) ;
  • Ulrich d'Ensingen (de) (1399-1419, tour octogonale), maître d'œuvre de la tour de la cathédrale d'Ulm ;
  • Jean Hültz (de) (flèche achevée en 1439) ;
  • Jodoque Dotzinger (fonts baptismaux) ;
  • Hans Hammer (chaire) ;
  • Jacques de Landshut (sacristie Saint-Laurent) ;
  • Bernard de Heidelberg (chapelle Saint-Laurent et renouvellement des voûtes de la chapelle Sainte-Catherine) ;
  • Joseph Massol (sacristie du Grand Chapitre) ;
  • Jean-Laurent Götz (murs à l'extérieur le long des bas-côtés et façade : maison des gardiens sur la plate-forme) ;
  • Gustave Klotz (chœur : dorures et mosaïques, et croisée : tour néo-romane) ;

Le devenir de la cathédrale gothique[edit | edit source]

L'édifice réformé au XVIe siècle[edit | edit source]

La cathédrale au plan de la ville de 1617 de A. Hogenberg.

L'Humanisme et la Réforme gagnent Strasbourg au XVIe siècle et vont largement marquer la ville. Strasbourg est une des premières villes qui appelèrent au changement. Les thèses de Luther sont affichées dès 1518 aux portes de la cathédrale et les écrits luthériens se propagèrent rapidement grâce aux imprimeurs. La ville adopte la Réforme.

La cathédrale est soumise au culte protestant à partir de 1521. Il s'ensuit une querelle entre les évêques protestants et catholiques, prélude à la guerre de Trente Ans. Ceux-ci réintègrent la cathédrale en 1548 mais en sont de nouveau expulsés dix ans plus tard, 1558.

L'introduction de la Réforme met fin à la production artistique qui se trouva privée d'un de ses principaux mécènes habituels : l'Église catholique. Une quarantaine d'autels ont ainsi disparu de la cathédrale durant cette période.

La cathédrale de la Contre réforme[edit | edit source]

Gravure réalisée par Wenceslas Hollar vers 1650.

Au siècle suivant, en 1679, la ville de Strasbourg, coupée du Saint-Empire romain germanique, est investie par les troupes de Louis XIV et rattachée au Royaume de France. En septembre 1681, la ville restitue la cathédrale Notre-Dame aux catholiques[13], ainsi que quarante autres églises. En 1682, le jubé, qui datait du XIIIe siècle, est détruit.

Le puits à margelle de la cathédrale, appelé Kindelsbrunnen en alsacien, ce qui signifie « le puits aux enfants », ou Taufbrunnen, fontaine baptismale, ne fut fermé avec une dalle qu'en 1766, car il gênait les processions. Il est à l'origine de nombreuses légendes.[Lesquelles ?]

Les arcades ou galeries latérales destinées à cacher les boutiques des marchands ont été construites de 1772 à 1779 par l'architecte Jean-Laurent Goetz. Elles sont l'une des dernières manifestations du style gothique en France.

Sous la Révolution[edit | edit source]

En 1792, à la suite de la Révolution française, 235 statues sont détruites par les iconoclastes. Certaines cloches sont descendues et fondues pour en faire des canons. Jean Hermann (1738-1800), alors directeur du Jardin botanique, sauve de la destruction une partie des statues de la cathédrale de Strasbourg en les enterrant dans le Jardin botanique (situé à la place occupée actuellement par l'École des Arts Décoratifs). La cathédrale devient le temple du Culte de la Raison et de l'Être suprême.

Jean Hermann nous décrit ainsi, dans ses Mémoires, les dégâts révolutionnaires :

« Au grand portail, on démonta quinze grandes statues sur piédestaux; on abattit un grand nombre de figures représentant soixante et dix faits historiques de la Bible, taillées dans des cannelures en bosse ou bas-reliefs. On détruisit encore le grand bas-relief placé au-dessus de la porte et représentant un grand nombre de faits historiques ; vingt-quatre statues placées entre des colonnes de très petit module, très artistement travaillées ; de même douze statues appelées les musiciens. Aux deux portails latéraux, on démonta vingt-quatre statues sur piédestaux ; toutes les figures en bosse placées dans les cannelures des cintres des deux portails ; les deux bas-reliefs au-dessus des deux portails ; les trois grandes statues équestres représentant les rois Clovis et Dagobert et l'empereur Rodolphe d'Habsbourg ; treize statues au-dessus de la rosace avec des figures en bas-relief, travaillées en bosse… Quatre pommes de pin, servant d'ornement aux tourelles, furent abattues ; les ignorants vandales les prenaient pour des fleurs de lis. Au portail connu sous le nom de Saint-Laurent furent abattues dix statues sur des piédestaux ; sous un baldaquin, saint Laurent couché sur un gril, au-dessus du portail ; trois autres statues dans l'intérieur du baldaquin. À la façade vis-à-vis du château royal, ci-devant palais épiscopal : quinze statues sur piédestaux ; deux bas-reliefs en bosse au-dessus des deux portes. À la prétendue croix, au sommet de la flèche, on a abattu les ornements arabesques et les extrémités regardées à tort comme des fleurs de lis. Dans la chapelle de la Croix ou de Sainte-Catherine, cinq statues… »

Le , on installe le télégraphe optique à bras conçu par Claude Chappe sur la plate-forme de la toiture de la cathédrale. Il sera enlevé en 1852.

En 1793, les révolutionnaires, par la bouche d'un aventurier originaire de Lyon, séminariste défroqué, jacobin et membre de la Convention nationale nommé Antoine Téterel, exigent qu’on démolisse la flèche de la cathédrale de Strasbourg jusqu'à la hauteur de la plate-forme. La flèche, du fait de sa hauteur exceptionnelle de 142 mètres (la plus haute de toute la chrétienté à cette époque, battant le record de la tour de la cathédrale de Vienne dont la flèche achevée en 1433 culminait à 136,4 mètres de haut) ferait injure au sentiment d'égalité. Antoine Téterel animé par un excès de zèle révolutionnaire, fait par ailleurs démolir de nombreuses statues de la façade. La flèche ne doit son salut qu’à un ferronnier plein de bon sens, le citoyen Jean-Michel Sultzer, ami d'Euloge Schneider, vicaire général et accusateur public du tribunal révolutionnaire de Strasbourg. Il propose de coiffer la flèche de la cathédrale d’un immense bonnet phrygien, symbole des jacobins. Il insiste sur l’intérêt qu’il y avait à se servir de cet immense symbole pour manifester au-delà du Rhin les vertus de la liberté et de la Révolution française. Il hisse sur la flèche cet énorme bonnet phrygien en tôle rouge qui y demeura jusqu’en 1802 et que les strasbourgeois appelèrent en dialecte alsacien, le « kàffeewärmer » (la chaufferette à café). Ce bonnet phrygien est réclamé après la Terreur par le bibliothécaire de la ville de Strasbourg, Jean-Jacques Oberlin, et conservé parmi les curiosités historiques de la cité. Au numéro 24 place de la cathédrale, sur le pignon saillant de la maison face à la cathédrale, il y a le buste de Jean-Michel Sultzer regardant la flèche qu'il vient de sauver. Il est placé au-dessus d'une enseigne en fer forgé représentant la cathédrale dont la flèche est coiffée d'un bonnet phrygien rouge.

Aménagements du XIXe siècle (1800-1869)[edit | edit source]

Sculpture de Louis XIV à cheval par Jean Vallastre (1823) sur la façade principale.

Le , la cathédrale est rendue aux catholiques et à partir de 1813 débutent les grands travaux de restauration. Les façades et la statuaire sont restituées par les sculpteurs Jean Vallastre (1765-1833), Étienne Malade et Philippe Grass (1801-1876).

En 1823, sous la Restauration on place une statue équestre de Louis XIV sculptée par Jean Vallastre dans la niche vide du quatrième contrefort de la façade. En 1835 on installa un paratonnerre sur l'édifice (dès 1780, Barbier de Tinant, commissaire des guerres, avait proposé dans un mémoire à l'Académie des sciences l'établissement d'un paratonnerre sur la flèche de la cathédrale ; et Benjamin Franklin, rapporteur lui-même du projet avait conclu favorablement) et l'on abaissa le parvis d'environ un mètre pour mettre en valeur la façade principale.

En 1836, l'intérieur de la cathédrale est badigeonné à la chaux. En 1848 l'on supprime les petites boutiques sur le côté nord, en ne laissant subsister et après de vives polémiques, que les arcades qui leur servaient de façade mais on ne vida point le côté sud, où les tailleurs de pierre continuèrent de s'abriter.

Destructions et réparations (1870-1899)[edit | edit source]

Photographiée en 1870 par Paul Sinner (de).

La toiture de la cathédrale est atteinte lors des bombardements de la ville de Strasbourg, pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, les projectiles mirent le feu aux toitures de la nef et du chœur (les charpentes de bois recouvertes de cuivre avaient été reconstruites à la suite de l'incendie de 1759). Le feu s'étendit sur 60 mètres de longueur et 15 mètres de largeur, dévorant 600 stères de bois et 12 tonnes de cuivre, mais il n'entama pas les voûtes. L'incendie maîtrisé, les obus continuèrent à pleuvoir pendant tout un mois. La flèche elle-même fut endommagée : elle reçut en tout treize projectiles.

Dégâts à la cathédrale après les bombardements de 1870, photographie de Charles David Winter.

Clochetons et balustrades, escaliers et gargouilles, couronnements des niches, statues et piliers : il y eut des dégâts partout, dans toutes les parties et à toutes les hauteurs, sur tous les côtés, particulièrement au nord, les tirs provenant des batteries allemandes situées à Schiltigheim. C'est le jour même de la capitulation, le 27 septembre 1870, que la cathédrale reçut son dernier projectile : il pénétra, à une heure et demie de l'après-midi, dans l'intérieur de l'église par la septième fenêtre du côté nord de la nef. Quelques heures plus tard, le drapeau blanc était hissé sur une des quatre tourelles, celle du nord-est.

La cathédrale en 1877.

L'architecte Gustave Klotz (1810-1880) restitue, à la suite des dégâts causés par les bombardements de la guerre de 1870, une tour de croisée néo-romane pendant la période d'annexion à l'Empire allemand. Les travaux débutent en 1878 et prennent fin en 1879. Gustave Klotz restitue également les portes de façade en bronze de la cathédrale, privée de ses ornements depuis la Révolution française.

À travers deux guerres (1900-1999)[edit | edit source]

L'architecte Johann Knauth (1864-1924) est l'auteur en 1904 du vestibule néo-gothique, avec ses voûtes ajourées, sur le flanc gauche de la cathédrale (côté nord). Il renferme au niveau des voûtes des symboles maçonniques et de curieux personnages sculptés. Johann Knauth sauve également la flèche de la cathédrale menacée d'écroulement par suite d'un enfoncement de l'édifice et de la baisse de la nappe phréatique. Les travaux complexes de consolidation durent de 1906 à 1926. Pour les financer, il met en place la "Strassburger Münster-Verein" (qui deviendra après 1918 la Société des amis de la cathédrale de Strasbourg) qui organise des levées de fonds auprès de donateurs privés. Johann Knauth commence la reprise des fondations de la tour portant la flèche en sous-œuvre et injecte 2 000 litres de béton. L'opération s'achève une vingtaine d'années plus tard avec la participation de l'architecte Robert Danis (1926).

Pendant l'annexion de l'Alsace-Moselle au Troisième Reich, le culte catholique est provisoirement interdit dans la cathédrale par un décret de Hitler[14]. Son secrétaire particulier Bormann aurait confié[15] que le Führer comptait « transformer la cathédrale de Strasbourg en monument national puisqu'elle était revendiquée à la fois par les catholiques et les protestants ». La cérémonie en l'honneur de la victoire, mêlée à un semblant de religion et organisée par la Wehrmacht au début de , corrobore ces projets. En 1944, un bombardement américain endommage la tour de croisée (la tour de l'architecte Gustave Klotz) et le bas-côté Nord.

Dans la ville de Strasbourg enfin libérée, le , Maurice Lebrun, spahi du 1er RMSM de la 2e division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, déploie le drapeau français au sommet de la cathédrale, faisant suite au serment de Koufra (28 février 1941) où le futur Maréchal Leclerc fait le serment avec ses soldats de ne pas déposer les armes avant d'avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg.

La tour de croisée (la tour de Gustave Klotz) se voit recouverte d'une charpente provisoire et d'un carton bitumé en 1945. Elle sera restaurée et rénovée de 1988 à 1992. En 1945, également a lieu la remise des vitraux par les Américains qui les ont retrouvés dans une mine de sel à Heilbronn en Allemagne. Ils avaient été volés par l'occupant.

La cathédrale au XXIe siècle[edit | edit source]

Son et lumière en 2012.

En 2009, l'on déposa deux ensembles de vitraux très abîmés du bas-côté sud (XIIIe et XIVe siècles) pour être restaurés dans des ateliers de maîtres-verriers à Aiserey et à Troyes. Ils ont été remis en place en 2010. En 2011 ont débuté les travaux de restauration de la chapelle Sainte-Catherine sous la direction de l'architecte Christiane Schmucklé-Mollard.

En 2015, la cathédrale fête son millénaire. À cette occasion, nombre d'événements sont organisés par le diocèse et la ville de Strasbourg[16].


Caractéristiques du bâtiment[edit | edit source]

Dimensions et proportions[edit | edit source]

La nef, une des plus longues qui soit.

La cathédrale est relativement courte[° 4] par rapport à d'autres grandes cathédrales de France.

Le parvis est très étroit par rapport aux habituels parvis des grandes cathédrales de France.

  • Longueur : 111 m
  • Largeur : 51,5 m
  • Hauteur : 142,15 m
  • Hauteur du sol à la plate-forme : 66 m (330 marches)
  • Hauteur du sol au sommet du clocher : 100 m (500 marches)
  • Hauteur du sol au sommet de la flèche : 132 m (646 marches)
  • Hauteur du sol au sommet de la pointe : 142,11 m
    • Hauteur du clocher : 34 m (170 marches)
    • Hauteur de la flèche : 32 m (146 marches)
    • Hauteur de la pointe : 10 m
  • Hauteur maximale de la nef : 31 m
    • Longueur de la nef : 62,50 m
    • Largeur de la nef : 16,60 m
    • Largeur nef + bas-côtés : 44,50 m
  • Hauteur des bas-côtés : 15 m
  • Largeur des bas-côtés : 9,70 m
  • Hauteur du narthex : 38 m
  • Superficie : 6,044 m2

La tour semble plus grande que la flèche car la base de cette dernière est entourée - et donc cachée - par les quatre colonnes débutant au sommet de la tour, situées aux angles de celle-ci. Les colonnes dépassant la tour peuvent ainsi donner une impression de continuité.

Pour se donner une idée de la hauteur de l'édifice, les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris atteignent 69 m et la flèche, située au centre du toit de la nef, atteint les 96 m.

On peut aussi comparer la hauteur de la cathédrale à celle de la pyramide de Kheops qui, à son achèvement, culminait à plus de 146 m de hauteur (137 m aujourd'hui) : le sommet de la flèche est inférieur de 5 m au sommet actuel de la pyramide et le sommet de la pointe supérieur de 5 m.

Si l'on ne compte pas les quelques marches extérieures séparant le parvis du premier escalier (celui de 330 marches, le seul ouvert au grand public actuellement), on peut dire que les 500 marches du sol au sommet du clocher mesurent 20 cm (les 330 comme les 170 marches). Les 146 marches de la flèche mesurent environ 22 cm. Quelques marches extérieures séparent le parvis du premier escalier de la cathédrale. Une autre petite plate-forme entoure la base de la pointe.

Un des plus hauts édifices de son temps[edit | edit source]

À son achèvement, en 1439, la cathédrale de Strasbourg, avec ses cent quarante deux mètres dépassant la hauteur des pyramides de Khéphren et de Khéops érodées, est le troisième plus haut bâtiment au monde après Saint Paul à Londres et la cathédrale de Lincoln. Celle-ci, achevée en 1310, s'élève alors à cent soixante mètre au-dessus du sol et celle-là, en 1315, à cent soixante-quatre mètres. En 1478, la basilique de Stralsund, en Poméranie, avec ses cent cinquante et un mètre relègue Notre Dame de Strasbourg au quatrième rang, puis en 1519 la flèche de l'église Saint Olaf de Tallinn, en Livonie, avec ses cent cinquante-neuf mètres au cinquième.

En 1549, une tempête détruit la flèche de la cathédrale de Lincoln et replace la cathédrale de Strasbourg en quatrième position. En 1561, c'est au tour de la cathédrale de Londres d'être frappée et celle de Strasbourg prend la troisième position. En 1569, la cathédrale de Beauvais la dépasse à son tour en atteignant les cent cinquante-trois mètres mais une tempête rabat cet orgueil presque aussitôt, en 1573.

L'église Saint Olaf de Tallinn est elle aussi détruite par la foudre en 1625[17] et sa hauteur ne sera ramenée qu'à cent vingt trois mètres lors de travaux de reconstruction de la tour qui n'interviendront qu'en 1820. Un autre accident météorologique frappe en 1647 la basilique de Stralsund.

La cathédrale de Strasbourg restera le plus haut monument du monde jusqu'à la construction en 1874 de l'église principale Saint Nicolas à Hambourg, cent quarante sept mètres, puis l'élévation en 1876 de la flèche en fonte de la cathédrale de Rouen, cent cinquante et un mètres, et enfin en 1889, l'achèvement de la cathédrale de Cologne, cent cinquante sept mètres. Il aura fallu des techniques plus modernes de quatre siècles pour ces exploits.

Notre Dame de Strasbourg comparée aux bâtiments modernes.

L'un des plus hauts édifices en maçonnerie d'Europe est aujourd'hui la Mole Antonelliana de Turin, en Italie. Aussi appelé le môle d'Antonelli, c'est une structure en maçonnerie en forme de dôme de 167,50 mètres de haut, dont la construction a commencé en 1863 et qui, destinée à l'origine à être une synagogue, est actuellement un musée. L'édifice maçonné le plus haut du monde est le Washington Monument et situé à Washington, capitale des États-Unis. Débuté en 1848 et terminé en 1888, il mesure un peu plus de 169 mètres de hauteur.

Notre Dame de Strasbourg reste la deuxième plus haute cathédrale de France après celle de Rouen.

Copies et originaux des statues[edit | edit source]

Original du Tentateur, beau jeune homme tendant le fruit défendu aux Vierges folles, déposé du portail principal et exposé au musée de l'Œuvre.

Les statues qui ornent actuellement la cathédrale sont quasiment toutes des copies. La plupart des originales sont préservées dans le musée de l'Œuvre Notre-Dame, qui se trouve sur le parvis. D'autres sont conservées à l'intérieur du barrage Vauban, derrière des grilles.

Les statues les plus célèbres sont les Vierges Folles — tentées par le diable prenant forme de beau jeune homme : on voit derrière lui sa vraie apparence (il est dévoré par des crapauds et des serpents) — et le Jugement Dernier. À noter également l'Église et la Synagogue (voir chapitre Les portails latéraux).

Matériau[edit | edit source]

Colonnes montrant l'alternance des grès.

Les murs, faits de grès des Vosges, sont roses ou bruns (grès à Voltzia). Mais la pollution est aussi une cause de sa couleur actuelle. Le grès (appelé en allemand Sandstein, qui signifie pierre de sable) n'est pas lavable de façon non destructive.

Descriptif de la façade occidentale[edit | edit source]

Le frontispice à trois étages au dessus des portails surmonté de sa flèche.

Frontispice[edit | edit source]

Statue de la cigogne, oiseau emblématique de l'Alsace.
Chimère de la guerre.
Vue montante de la partie centrale du frontispice au dessus du tympan du portail principal.

Le frontispice de la cathédrale est richement orné. Les tympans de ses trois portails, surmontés d'un double gable, sont consacrés à la vie du Christ. Puis, au-dessus, la rosace, œuvre d'Erwin de Steinbach en constitue le point central. La particularité de cette rosace, unique en son genre, est d'être composée d'épis de blé, et non de saints, comme c'est la coutume. Ils sont le symbole de la puissance commerciale de la ville.

La façade se caractérise par son grand nombre de sculptures. La plus belle manifestation de cet ensemble architectural est la galerie des apôtres, située au-dessus de la rosace.

La galerie des apôtres, chef d'œuvre du gothique tardif où Michel Parler, le concepteur, use pour rendre le mouvement, les gestes et le expressions d'une technique qui annonce déjà le baroque.

Le portail principal[edit | edit source]

Le tympan du portail principal, à l'Ouest, est entouré de statues de prophètes et de martyrs, et a pour thème la Passion du Christ. Des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament sont représentées sur les voussures.

Au milieu du tympan, une statue de la Vierge à l'Enfant rappelle la dédicace de la cathédrale à Notre-Dame. Une autre statue de la Vierge est située au-dessus du tympan. Elle est surmontée d'une statue du Christ, Roi et Juge, dont le trône est entouré de lions musiciens.

Le portail de gauche[edit | edit source]

Mascaron à droite de l'entrée gauche.

Le portail Nord est décoré de statues représentant les vertus, terrassant les vices. Le tympan a pour sujet l'enfance du Christ et les voussures sont décorées d'anges et de personnages.

Le tympan du portail de gauche.

Le portail de droite[edit | edit source]

Le tympan du portail de droite.
Le Tentateur et les vierges folles.
Les vierges sages qui ont veillé à préparer de l'huile pour les lampes et le mari idéal.

Le portail sud illustre la parabole des dix vierges. A droite, les vierges sages tiennent une lampe et les tables de la Loi ouvertes. Elles accueillent le mari idéal. A gauche, les vierges folles tiennent les lampes retournées et serrent fermées les tables de la loi. A leur côté, le Tentateur leur tend un aimable visage et la pomme de la tentation. Son dos s'ouvre et montre les serpents et crapauds qui l'habite. Sur les socles des statues, on peut observer d'un côté les signes du zodiaque, et de l'autre les principaux travaux des champs — notamment le passage au fouloir.

Le tympan, quant à lui, représente le Jugement dernier.

Le beffroi[edit | edit source]

Le beffroi, ajouté en 1388, comble l'espace, jusqu'alors vide, entre les deux tours.

Le beffroi qui abrite dix cloches sur seize, est situé au-dessus de la galerie des apôtres, entre les deux tours de la façade. Il ne figurait pas sur le plan original. Il a été conçu par les maîtres d'œuvre Michel de Fribourg et Claus de Lohr entre 1365 (date de l'achèvement des deux tours jusqu'à la hauteur de la plate-forme) et 1383. Sa réalisation n'est entreprise qu'entre 1384 et 1388, car le grave incendie survenu le 16 mars 1384 n'a laissé de traces visibles que sur les clochers[18].

Seule la face Ouest du beffroi est décorée ; le thème de l'iconographie est le Jugement Dernier. Entre les gâbles des ouvertures, le Christ est représenté assis, une épée pointant vers sa bouche. En dessous de lui deux personnages (peut-être les prophètes Ézéchiel et Isaïe). Encadrant les ouvertures, quatre statues avec une tête d'homme, d'aigle, de taureau et de lion (Les Zoomorphes) représentent selon les uns, les évangélistes, selon d'autres, les Vivants décrits par Ézéchiel et Isaïe dans l'Ancien Testament et par Saint Jean dans L'Apocalypse.

Dans les gâbles, la Vierge Marie et Saint Jean intercèdent pour les ressuscités que l'on voit sortir des cercueils le long des gâbles. À la droite du Christ, les élus, à sa gauche, les réprouvés. Deux anges portent les symboles de la Passion ; la croix, la couronne d'épines, la lance et les trois clous. Quatre anges réveillent les morts en soufflant dans des trompettes. Au sommet du gâble, à la gauche du Christ, un démon emporte en enfer un réprouvé, à sa droite, un personnage emmène un élu au Paradis.

Tours de façade[edit | edit source]

Le plan original de la façade, dessiné par Erwin de Steinbach, comportait deux étages seulement et deux tours. C'est à sa mort, en 1318, que les plans furent changés.

À l'origine, les deux tours avaient la même taille (66 m) et dépassaient la façade comprise entre elles, comme celles de la cathédrale Notre-Dame de Paris[19] (à ce moment, la façade de la cathédrale de Strasbourg avait une silhouette identique à celle de Paris et était même plus petite de trois mètres), avant que l'espace compris entre ces tours ne soit comblé par la mise en place du beffroi[20]. Ce n'est qu'après ce comblement que l'on construisit le clocher sur la tour nord (34 m + 66 m = 100 m), et la flèche sur ce dernier (42 m + 34 m + 66 m = 142 m[21]).

Le projet de la seconde tour à flèche revint plusieurs fois. Vers 1490, l'architecte de l'Œuvre Notre-Dame, Hans Hammer, dessine le plan d'une deuxième flèche. Ce projet sera abandonné. Diverses thèses sont avancées pour expliquer l'absence d'une seconde flèche à la Cathédrale de Strasbourg. Le manque de moyens financiers est souvent évoqué. L'explication la plus plausible réside dans le fait que le style gothique, mais aussi les hautes tours et flèches étaient passés de mode au XVe siècle. La thèse affirmant que le sol n'aurait pas résisté à un tel poids est également avancée sans qu'il existe de preuves que cette hypothèse aurait mené à l'abandon des divers projets. La rénovation culturelle fit place au style Renaissance. L'architecture gothique sera redécouverte à la fin du XVIIIe siècle et célébrée au XIXe siècle par les artistes romantiques. Des projets d'une deuxième flèche, conçus par les architectes allemands Karl Schinkel (première moitié du XIXe siècle) et Karl Winkler (1880), sont restés sans suite.

Flèche[edit | edit source]

La flèche construite par Jean Hültz (de).
La tour nord supportant la flèche.

Terminée en 1439, la flèche de la tour nord culmine à 142,11 mètres au-dessus du sol, et c'est la plus haute flèche construite au Moyen Âge qui ait subsisté jusqu'à nos jours. Jacques Wimpfeling qualifie cette tour de style gothique tardif de « huitième merveille du monde »[22]. La cathédrale de Strasbourg est une des seules grandes cathédrales de France dont la tour est dotée d'une flèche, typique de l'architecture germanique.

Pour préserver la flèche de la foudre, Théodose Le Barbier de Tinan étudie et préconise en 1780 l'établissement d'un paratonnerre sur la flèche de la cathédrale[23] ; Benjamin Franklin appuie cette étude dans son rapport à l'Académie des sciences sur le sujet, mais ce paratonnerre ne sera installé qu'en 1835.

Grâce à sa flèche, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est resté l'édifice le plus haut du monde jusqu’en 1874, date de l'achèvement de la flèche de l'église Saint-Nicolas de Hambourg, mesurant 147 mètres[17]. Depuis le XIXe siècle, les flèches des cathédrales allemandes d'Ulm et de Cologne la dépassent, avec les hauteurs respectives de 161,53 mètres et 157,38 mètres. La flèche de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, terminée en 1876, atteignit les 151 mètres.

La tour octogonale est conçue par le maître d'œuvre Ulrich d'Ensingen (de), qui conçut également celle de la cathédrale d'Ulm, si bien que ces deux édifices se ressemblent énormément. Jean Hültz (de) de Cologne prend la direction du chantier en 1419. Il change complètement le projet de la flèche et, au lieu de construire la flèche assez simple prévue par Ulrich d'Ensingen (de), il construit une flèche très complexe, où chacune des huit arêtes porte une succession de six petits escaliers à vis hexagonaux, suivis par quatre autres escaliers, enfin par la corbeille et la croix.

Rappelons qu'en 1262, la ville de Strasbourg se révolte contre son prince-évêque et s'érige en république. La direction des travaux passe donc de l'évêque à la municipalité. C'est elle qui ordonne la construction du massif occidental. Et ainsi, contrairement à d'autres flèches ou tours d'églises qui manifestent la puissance de l'Église locale, la flèche de Strasbourg a toujours manifesté la puissance de la république de Strasbourg.

Entre 1794 et 1802 la flèche de la cathédrale, alors temple de la raison, fut ornée d'un bonnet phrygien qui symbolisait la liberté[24]. Ce bonnet phrygien de tôle fut ensuite démonté et conservé à la bibliothèque de la ville où un incendie le détruisit en 1870.

Tour du bâtiment[edit | edit source]

La façade sud de la cathédrale.

Les arcs boutants[edit | edit source]

Les arcs-boutants.

Les arcs-boutants sont en nombre limité (il n'y en a qu'à l'avant) et sont tous isolés par des murs, du moins par rapport et contrairement à celles de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Portail de Saint Laurent[edit | edit source]

Portail Saint-Laurent, l’adoration des mages.
Le portail Saint-Laurent au nord.

Du côté Nord, le portail Saint-Laurent, de style gothique tardif, œuvre de l’architecte Jacques de Landshut en 1495, est orné d’un groupe de statues du martyre du saint, mort sur un gril et de différentes statues représentant l'Adoration des mages remontées de part et d'autre du portail. Ce portail est plus récent que la construction principale, datant de l’époque française. Il a été restauré au XIXe siècle par le sculpteur statuaire Jean Vallastre qui est à l'origine du groupe statuaire figurant le martyre de Saint Laurent.

Gargouille du portail Saint Laurent.

Chevet[edit | edit source]

Le chevet, vestige de la précédente cathédrale, témoigne du caractère grandiose de son architecture ottonienne.

Portail du Jour du jugement[edit | edit source]

La Synagogue sur le portail sud, XIIIe siècle.
L’Église sur le portail sud, XIIIe siècle.

Du côté Sud, le portail le plus ancien, de conception romane, est décoré de plusieurs statues.

Le groupe central du portail Sud, appelé aussi portail du Jugement dernier ou du Jour du jugement met en scène différents passages bibliques et comporte quatre figures principales : Salomon roi d'Israël surmonté du Christ en gloire entourés de deux statues plus anciennes (1225-1235). Celle de gauche représente l’Église, droite, couronnée et qui tient un étendard en forme de la croix et le calice. Elle est complémentaire de la statue de droite qui représente la Synagogue, avec les yeux bandés. Elle baisse le visage et sa lance est brisée, en signes de défaite, et son bras pendant laisse tomber les Tables de la Loi. Le sculpteur semble s’être inspiré du texte biblique : « Les lances seront brisées et l’épée tombera de la main. On en forgera des socs » (Isaïe 2,4). Ses yeux sont bandés parce qu'elle est aveugle aux vérités de la Nouvelle Loi[25]. Le destin de la Synagogue n'est nullement d’être condamnée à jamais, car elle sera sauvée à la fin des temps quand elle rejoindra Dieu par des noces mystiques : « Je te fiancerai à moi pour toujours » (Osée : 2,22).

Le portail latéral sud.

Les deux sculptures symbolisent les deux voies de l’existence humaine : la Foi et la Loi. La voie profane et conquérante et la voie intérieure et mystique, faisant écho aux doubles portes du portail. D’aucuns ont voulu y voir un symbolisme de la réalisation du Grand œuvre alchimique : la Voie Courte dite du Pauvre ou Voie Sèche et la Voie Longue, dite Voie Riche ou Voie Humide ou encore les deux phases principales du Grand œuvre alchimique « il siégera comme fondeur… il les affinera comme or et argent » (Malachie : 3,3) : l’œuvre au rouge et l'œuvre au noir. Ce dédoublement des voies s’observe à travers toutes les figures du portail également dédoublé par deux entrées : deux tympans, deux mères, deux enfants. En fait le dédoublement symbolique des figures contraires n’est qu’apparent. Le juste appelé à être soumis au Jour du jugement est au-delà des oppositions et des contraires. Il réalise en lui une unité ignorant le morcellement du temps à travers son appartenance à l’Éternité, une et totale.

Le Jugement de Salomon par Jean Vallastre (1828).

Au centre, la statue sculptée par Jean Vallastre en 1828 représente le roi Salomon, surmontant deux petites statues rappelant son fameux jugement préfigurant le Jour du jugement. Cette sculpture du roi Salomon remplace la figure gothique détruite pendant la Révolution française. Au-dessus du roi Salomon, règne la figure du Christ en gloire de l’Apocalypse ou du Jugement dernier, tenant dans sa main gauche le globe terrestre et surmonté d’un dais figurant la future Jérusalem céleste, le seul « Juste » étant le Seigneur (Ecclésiastique : 18,2) qui apparaît au somment du portail en tant que juge. Le portail représente la Parousie de Yahweh par l’Apocalypse et la gloire de Yahweh est sculptée sous la forme symbolique d’un dais (la Jérusalem céleste) qui sera le refuge du Juste (Isaïe : 4,5-6). « Le Juste est le fondement du monde » (Proverbes : 10,25). Les deux tympans romans, représentent les deux phases finales de la vie de Marie : la Dormition et le Couronnement de la Sainte Vierge.

Selon certains spécialistes[Lesquels ?], des sculpteurs partis de Sens auraient gagné Chartres, puis la Bourgogne avant de rejoindre Strasbourg, alors que d'autres études concluent plutôt à la simultanéité de ces chantiers. On a également souligné l'expressivité dramatique des deux sculptures représentant l’Église et la Synagogue, véritables chef-d'œuvre qui relèveraient à la fois des grands courants français et germaniques. Ces deux statues ont été déposées au musée au début du XXe siècle pour les protéger de la pollution et des intempéries et ont été remplacées de part et d'autre du portail par des copies. Le 20 mars 2007 la copie de la statue de la Synagogue avait été vandalisée, une partie de sa lance brisée et sa main arrachée. Elle a été depuis restaurée.

Horloge au dessus de la statue de la Vierge qui domine le portail du transept sud.

Deux autres portails sont sur les côtés de l’édifice, au niveau des transepts. Par ailleurs, deux statues ont été ajoutées au XIXe siècle : à droite, la figure d’un des architectes de la cathédrale maître Erwin de Steinbach et à gauche, une statue de jeune femme dotée des attributs classiques du sculpteur sur pierre. La légende raconte que cette jeune femme serait Sabina, l’une des filles d’Erwin de Steinbach, jeune sœur de Jean, et tailleuse de pierre. Malheureusement, aucun document officiel ne permet d’attester cette histoire.

On nomme ce portail le portail du Jugement, non seulement en souvenir de Salomon, mais aussi parce que c’est à cet endroit que l’évêque de Strasbourg tenait son tribunal. En hiver avait également lieu à cet endroit et durant tout le Moyen Âge une foire, prémisse de l’actuel marché de Noël.

La nef et ses éléments remarquables[edit | edit source]

Le narthex[edit | edit source]

Vue plongeante depuis le triforium sur le narthex.

Le vaisseau et ses collatéraux[edit | edit source]

Contrairement à une idée communément répandue, la nef de la cathédrale compte avec ses 63 mètres de longueur parmi les plus longues nefs de France, mais les dimensions très réduites du chœur conduisent à un manque de proportionnalité de l'ensemble[° 4].

La nef s'élève sur trois étages et contient une riche collection de vitraux. Dans le collatéral Nord, ils représentent les différents Empereurs du Saint-Empire et sont datés du XIIIe siècle. Dans celui côté Sud, les vitraux du XIVe siècle permettent d'admirer des scènes de la vie de la Sainte Vierge et du Christ. Les vitraux du triforium représentent les ancêtres du Christ suivant la généalogie que donne Luc dans son évangile. Au sud, le deuxième personnage de la première fenêtre de la quatrième travée est Juda. La grande rosace est quant à elle purement ornementale !

À remarquer : « l'homme le plus fort de la cathédrale ». Il s'agit d'une petite statue, placée à la base d'un des piliers de la nef (rangée de gauche en entrant par la porte principale), représentant un homme en train de supporter le pilier. Cet homme soutient donc la cathédrale, ce qui en fait le plus costaud.

La chaire de Hammer[edit | edit source]

Vue d’ensemble de la chaire.

La chaire est un exemple de gothique flamboyant poussé à l’extrême. Une cinquantaine de statues la décorent, abordant de nombreux thèmes tels que les évangélistes, un cortège de huit figures d'apôtres, la Crucifixion de Jésus-Christ entouré de sa mère Marie et de l'apôtre Jean ou encore sainte Barbe, saint Laurent et les anges portant les instruments de la Passion.

Cette chaire a été réalisée entre 1485 et 1487 pour Jean Geiler de Kaysersberg par le sculpteur et maître d'œuvre Hans Hammer et porte la date de 1485. Il signe son œuvre par un « H » qui se retrouve sur la rampe et sur la clef sous la corbeille. Des statuettes du XVIIIe siècle remplacent certaines qui ont été subtilisées. Le grand doyen de la cathédrale exigea à la même époque, la destruction de la frise jugée indécente qui courait à la base de la rampe. La chaire était recouverte jusqu'au début du XXe siècle par un grand rabat-voix qui fut déposé.

La petite sculpture d'un chien est à remarquer sur la rampe des escaliers, qui rappellerait selon une légende, l'habitude du prêcheur Jean Geiler de Kaysersberg de venir accompagné de son chien. La réalité est que la sculpture du « petit chien de Geiler » est un clin d'œil au prédicateur dominicain (domini canis = le chien du Seigneur) venu de Bâle puis de Wurzbourg, Jean Geiler de Kaysersberg, institué prédicateur de la cathédrale de Strasbourg en 1478 et qui se distingua par une truculence quasi-rabelaisienne. Le petit chien triste est également l'emblème de Saint Alexis car il était le seul à avoir reconnu son maître[26].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le transept et ses chapelles[edit | edit source]

Le bras nord du transept[edit | edit source]

Le bras nord du transept, tout comme le bras sud, est divisé en quatre travées carrées par un pilier central. Le pilier central du bras Nord est cylindrique. Les voûtes d'ogives, les plus anciennes de la cathédrale, sont très bombées, faisant ressembler chacune des quatre travées à des coupoles. La hauteur atteint vingt-six mètres.

Les fonts baptismaux, 1453.

On peut voir dans la partie gauche du côté est l'ancienne niche romane, assez majestueuse, de l'autel Saint-Laurent. Cet ancien portail ouvrait sur un petit cimetière. Il est décoré de deux frises romanes évoquant l'enfer (frise sud) et le paradis (frise nord) avec en tête du cortège de six senmurv d'inspiration sassanide, l'une des cinq sirènes allaitantes sculptées aux alentours des années 1170-1180 dans les cathédrales de Bâle, de Strasbourg, de Fribourg en Brisgau (Forêt Noire), de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), et sur le portail roman de la collégiale de Saint-Ursanne (Jura en Suisse). Elles jalonnent l'espace rhénan de Bâle à Strasbourg, flanqué à l'est et à l'ouest, des deux massifs jumeaux de la Forêt Noire et des Vosges, et au sud, du massif du Jura. Cet espace rhénan évoque une "Petite Égypte" : le Rhin y coule du sud au nord, comme le Nil, et se jette dans la mer en delta tout comme le Nil. De Bâle à Strasbourg, le Rhin est flanqué de deux massifs jumeaux, à ligne de crête quasi horizontale et rectiligne, comme de part et d'autre du Nil, d'Assouan à Thèbes-Luxor. Ces deux massifs sont composés majoritairement de granit et de grès, les principaux composants des monuments de l'Égypte ancienne. Cette niche abrite aujourd'hui les fonts baptismaux, exécutés en 1453 par le maître d'œuvre de la cathédrale de l'époque, Jodoque Dotzinger. Ils sont sculptés d'une manière très fouillée et constituent un chef-d'œuvre de l'art flamboyant. Pour une raison inconnue, ils ne sont pas octogonaux comme partout ailleurs, mais heptagonaux.

En face, du côté ouest, c'est-à-dire contre le mur de l'abside de l'actuelle chapelle Saint-Laurent, se trouve une monumentale sculpture du mont des Oliviers. Celle-ci est commandée en 1498 par Nicolas Roeder pour le cimetière de l'église Saint-Thomas, avant d'être transférée dans la cathédrale en 1667.

La chapelle Saint-Laurent du transept nord[edit | edit source]

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Le maître-autel de la chapelle Saint-Laurent.

La chapelle Saint-Laurent (1495-1505) est due à Jacques de Landshut. Elle donne sur le portail nord. Elle est réservée à la prière et à l’adoration du Saint-Sacrement. On y célèbre aussi les mariages et les messes de funérailles des paroissiens de la cathédrale.

La chapelle Saint Jean-Baptiste du transept nord[edit | edit source]

Épitaphe du Chanoine Von Busnang.

Dans la chapelle Saint Jean-Baptiste où se trouve le gisant de Conrad de Lichtenberg[27], évêque de Strasbourg de 1273 à 1299, ainsi que le caveau funéraire des évêques de Strasbourg.

La première des trois messes de la journée y a lieu à 7h30 avant l’ouverture de la cathédrale aux touristes.

Le bras sud du transept[edit | edit source]

Le pilier des Anges.
L'homme de la balustrade.

Deux éléments particulièrement remarquables sont situés dans le bras Sud du transept. Le pilier des Anges, construit vers 1230, est le pilier central de la salle et porte douze sculptures de toute beauté : la première rangée représente les quatre évangélistes, surmontés d'anges jouant de la trompe. Le groupe supérieur comprend le Christ, assis, entouré d'anges portant les instruments de la Passion.

Dans cette même salle, il faut remarquer la statue d'un homme, accoudé à une balustrade. La légende raconte qu'il s'agit d'un architecte concurrent de celui ayant construit le pilier des Anges, prouesse architecturale de l'époque. Il aurait prétendu que jamais un seul pilier ne pourrait soutenir une si grande voûte et attendrait pour voir le tout s'effondrer.

La chapelle Sainte Catherine du transept sud[edit | edit source]

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La chapelle Sainte-Catherine (1332-1349) a été créée par l'évêque Berthold II de Bucheck pour lui servir de sépulture.

La chapelle Sainte Catherine[28] est située dans le bas-côté sud à proximité immédiate du transept. Les vitraux extérieurs (1348) sont l'œuvre de Johannes de Kirchheim. Ils représentent les douze apôtres, Sainte Madeleine et Sainte Marthe.

Le mur séparant la chapelle de la nef a été abattu, mais les 5 piliers de soutènement ont été bien sûr conservés. Des statues ont été placées contre chaque pilier, certaines d'entre elles étant attribuées à Woelflin de Rouffach. De l'est vers l'ouest (du chœur vers la façade) on trouve[29] :

La voûte en arêtes curvilignes (1542-1547) est due à Bernard Nonnenmacher. Elle remplace une voûte en étoile du XIVe siècle.

Les parties du sanctuaire[edit | edit source]

La crypte[edit | edit source]

La crypte permet de découvrir la partie la plus ancienne de la cathédrale, bâtie au XIe siècle dans un très beau style roman. Réalisée quelques années avant celle de l’abbatiale Notre-Dame de Jumièges (1040-1066), elle présente déjà un plan très ambitieux et original, par l'ampleur et la forme données aux chapelles rayonnantes. À la mort de Robert, en 1037, les parties orientales sont probablement achevées. Cette crypte offrait un ample déambulatoire de 4,6 mètres de large et, de plus, le confessio de type crypte-halle n'existait pas encore et n'a été créé que plus tard, sans communication avec le déambulatoire.

La crypte est composée de trois nefs, séparées par des piliers cruciformes et des colonnes alternés (les deux premières travées orientales seules présentent cette alternance). Là également, la voûte est en berceau et les colonnes sont couronnées par des chapiteaux assez archaïques : deux chapiteaux présentent, aux quatre angles de la corbeille, des bêtes difformes (lions ou démons), les deux autres sont composés de tiges enlacées formant des boucles et spirales symétriques. Elle se termine à l'est par un mur en hémicycle, qui comporte le petit sanctuaire : quatre niches et deux ouvertures murées aujourd'hui.

Sous une Frise composée de feuilles de vigne stylisées et de grappes de raisin, l'appareillage des murs est couvert d'une taille décorative - arêtes de poisson et losanges - qui apporte la preuve que cette partie orientale remonte bien au XIe siècle, car elle se retrouve dans les plus anciennes églises d'Alsace, à Altenstadt et Surbourg. Puis au XIIe siècle, on construit deux files de colonnes dont les formes décoratives sont d'une extrême sobriété, avec des chapiteaux cubiques qui mènent la crypte jusqu'à la nef.

La voûte d'arêtes se termine à l'ouest par un pontil à l'italienne. Les deux escaliers latéraux sont modernes. Entre eux se trouve le caveau - moderne - des évêques de Strasbourg. Déjà après l'incendie de 1150, les parois orientales du transept avaient été refaites.

Le chœur[edit | edit source]

Le chœur en 2012.

Le chœur roman, dans lequel se trouve l'autel, est surélevé, car situé au-dessus de la crypte. Il est orné de fresques, datant du XIXe siècle. Tout comme la voûte du trône du château de Neuschwanstein[30], celui du chœur rappelle l'art byzantin. Il est orné en son centre d'un vitrail moderne, représentant la Sainte Vierge, à qui est dédiée la cathédrale. On retrouve dans ce vitrail, don du Conseil de l'Europe, les douze étoiles du drapeau européen sur fond bleu, couleur de la Sainte Vierge. Dans le croisillon Nord, un très bel ensemble sculpté et polychrome, datant du début du XVIe siècle et méritant une sérieuse restauration, représente le mont des Oliviers.

Le chœur est meublé de quinze stalles en chêne, datant de 1692. Œuvres des menuisiers Claude Bourdy et Claude Bergerat, ainsi que du sculpteur Peter Petri, elles sont classées monument historique depuis le 13 février 2004, à titre d'objet.

Depuis le dernier trimestre 2004, le chœur est réaménagé sur décision de Mgr Joseph Doré, archevêque, afin de le rendre conforme aux aspirations liturgiques du concile Vatican II. Les rambardes de pierre du grand escalier sont supprimées, afin de permettre une meilleure communion visuelle entre le clergé et les fidèles. Pour améliorer la visibilité, une déclivité en pente douce, de trois pour cent, est réalisée depuis le fond du chœur en partant de l'autel du XVIIIe siècle, jusqu'au haut des marches. Un nouveau mobilier liturgique, en marbre de Carcassonne, est installé, dont la cathèdre et un nouvel autel majeur. Le nouveau chœur est solennellement inauguré le 21 novembre 2004 par Mgr Doré, entouré du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris et du cardinal Karl Lehmann, évêque de Mayence, en présence du premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

L'abside[edit | edit source]

Vitrail de la Vierge de Strasbourg, offert par le Conseil de l'Europe.

Plates-formes et points de vue[edit | edit source]

Vue du parvis de la cathédrale depuis la première plate-forme.

Plate-forme principale[edit | edit source]

Sur la première plate-forme, située à (66 mètres) de haut, se trouve un refuge abritant notamment un mécanisme d'horloge et quelques pièces de la cathédrale exposées. L'Œuvre Notre-Dame projette de réaménager la plate-forme vers 2017.

Depuis la plate-forme, si l'on est patient, on peut distinguer l'Aubette, le Musée d'art moderne, le Barrage Vauban, le Palais des Rohan, l'Église Saint-Paul, la place Broglie, la Place de la République, le Parc de l'Orangerie, le Parc de la Citadelle, la gare de Strasbourg et les bâtiments du Conseil de l'Europe (le Palais de l'Europe, la Cour européenne des droits de l'homme et le Siège du Parlement, reconnaissable à son hémicycle). Par beau temps, il est possible de voir au-delà de la ville. Pour les bâtiments, il est plus facile de les repérer le soir grâce aux illuminations.

Plate-forme de la grande tour[edit | edit source]

La deuxième plate-forme, à (100 mètres) de haut, marque la fin de la tour et le début de la flèche. Sa forme carrée est encadrée par quatre piliers.

Plate-forme de la flèche[edit | edit source]

Cette très petite plate-forme carrée (douze personnes s'y sentiraient serrées) marque à une altitude de (132 mètres) la fin de la flèche et le début de la pointe.

Plate-forme de la pointe[edit | edit source]

Environ plus haute de quatre mètres que la plate-forme précédente, soit (136 mètres), cette minuscule plate-forme hexagonale (huit personnes s'y sentiraient serrées) donne une impression de couronne entourant la pointe (la flèche est en fait constituée de couronnes carrées se chevauchant).

Actuellement, il n'est possible de visiter que la plate-forme à 66 mètres.

Fenêtres[edit | edit source]

La rose d'Erwin[edit | edit source]

Schéma de la rose.
Le chef d'œuvre d'Erwin.

L'intérieur de la cathédrale, typiquement gothique, possède un décor riche et varié mais est sombre comparé à la majorité des cathédrales françaises, telles que Reims ou Chartres. Une seule rose en effet, l'éclaire depuis le mur intérieur de la façade du parvis.

Celle-ci, de taille non négligeable, a été dessinée par Erwin de Steinbach en seize pétales. La lisibilité de son dessin en fait un chef d'œuvre du genre.

Les vitraux des Empereurs[edit | edit source]

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Les autres vitraux gothiques[edit | edit source]

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Les vitraux renaissants[edit | edit source]

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Mobilier[edit | edit source]

Retables[edit | edit source]

Retable de saint Pancrace[edit | edit source]

Saint Pancrace, saint Nicolas et sainte Catherine dans le retable ouvert.
Saint Corneille, Saint Pancrace, Saint Nicolas et Sainte Catherine sur le retable fermé.

Retable de Saint Roch[edit | edit source]

Saint Matthieu, Saint Maurice entouré de Saint Roch et Saint Nicolas, Saint Florian dans le retable ouvert.
Saint Sébastien et Saint Roch sur le retable fermé.

Tapisseries des scènes de la vie de la Vierge[edit | edit source]

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Statues[edit | edit source]

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Les orgues et leurs organistes[edit | edit source]

Grand orgue[edit | edit source]

Le grand orgue en nid d'hirondelle.

Le grand orgue de la cathédrale[31], bien que très orné, est de taille modeste. Contrairement à la majorité des orgues en tribune, au fond des cathédrales[° 5], il se situe dans la nef, en nid d'hirondelle, accroché à un mur intérieur, tout comme dans les cathédrales de Chartres et de Metz.

En 1716, André Silbermann, alors au sommet de son art[réf. nécessaire], place l'un de ses plus beaux instruments dans la cathédrale, possédant trois claviers, trente-neuf registres et environ 2 200 tuyaux. Après quelques modifications au cours du XIXe siècle et à la suite des dommages de guerre subis par la cathédrale en 1870, l'orgue est reconstruit par l'Allemand Heinrich Koulen, en 1897. Cette restauration est qualifiée de « massacre » par les experts de l'époque[réf. nécessaire]. L'orgue Silbermann est totalement perdu à cette occasion et la réputation de Koulen totalement ruinée[réf. nécessaire]. En 1935, le facteur Strasbourgeois Edmond Alexandre Roethinger reconstruit l'orgue dans un style plus français[réf. nécessaire].

L'orgue de profil.

Cet orgue reste jusqu'en 1981, date où il est reconstruit par Alfred Kern, à partir de travaux de Michel Chapuis. Il s'agit de son dernier travail et également d'un de ses plus grands chefs-d'œuvre. L'orgue actuel compte trois claviers pour quarante-sept jeux et est reconnu comme un très bon instrument. Le pendentif du buffet de 1385 est remployé, ainsi que près de 250 tuyaux de l'orgue Silbermann de 1716 et le buffet de Frédéric Krebs, datant de 1491.

Au bas de l'orgue, Samson est accompagné d'un lion. Non loin, un personnage articulé, curiosité de l'orgue Silbermann, les Rohraff, étaient manipulés par l'organiste, afin de maintenir la foule éveillée lors des longs sermons, et notamment en injuriant le prêcheur[réf. nécessaire]. On raconte que le prestigieux prêcheur de la cathédrale, Jean Geiler de Kaysersberg — dont les os reposèrent un temps sous la chaire — en perdit son sang-froid, jaloux de l'attention que recevaient les grossiers pantins[réf. nécessaire].

La composition actuelle de l'orgue est la suivante :

I Positif de dos C–g3
Montre 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Flûtes 4′
Nazard 22/3
Doublette 2′
Tierce 13/5
Larigot 11/3
Cymbales III 2/3
Fourniture III 1/3
Trompette 8′
Cromorne 8′
Clairon 4′
Tremblant
II Grand Orgue C–g3
Bourdon 16′
Montre 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Nazard 22/3
Doublette 2′
Tierce 13/5
Cornet V 8′
Cymbales III 1/2
Grande Fourniture II 2′
Petite Fourniture IV 11/3
1re Trompette 8′
2e Trompette 8′
Clairon 4′
Voix Humaine 8′
Tremblant
III Récit C–g3
Bourdon 8′
Salicional 8′
Prestant 4′
Doublette 2′
Sifflet 1′
Cornet III 22/3
Cymbales III 1′
Trompette 8′
Voix Humaine 8′
Hautbois 4′
Tremblant
Pédale C–f1
Montre 16′
Soubasse 16′
Quinte 102/3
Flûte 8′
Flûte 4′
Contre-basson 32′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′

L'instrument possède les accessoires suivants : Tirasse Grand Orgue, Tirasse Positif de Dos, Tirasse Récit, Accouplement Récit/Grand Orgue et Positif/Grand Orgue. Il est muni d'une traction mécanique suspendue. Diapason La 440 Hz, tempérament égal.

Orgue de chœur[edit | edit source]

L'orgue de chœur[32] date quant à lui de 1878 et est l'œuvre de Joseph Merklin, facteur d'orgue à Paris, alors concurrent de Cavaillé-Coll. Il s'agit d'un instrument à trois claviers[° 6], construit pour suppléer le grand orgue Silbermann, alors mourant. Il est logé dans un buffet de la maison Klem, à deux façades.

Orgue de la crypte[edit | edit source]

L'orgue de la crypte[33], œuvre de Gaston Kern, est inauguré le 5 avril 1998. Le buffet, en chêne, présente trois plates-faces en arc en plein-cintre, afin de s'accorder avec le style roman de la crypte. Il n'y a pas de claire-voies et le sommet des tuyaux de Montre est apparent, présentant à chaque fois un dessin pyramidal.

Orgue de la chapelle Saint-Laurent[edit | edit source]

L’orgue de la chapelle Saint-Laurent.

Les organistes[edit | edit source]

Actuellement, les orgues de la cathédrale sont tenues par les organistes co-titulaires suivants :

  • Grand-Orgue : Pascal Reber, Damien Simon et Marc Baumann
  • Orgue de chœur : Dominique Debès (également maître de chapelle de la cathédrale), Thomas Kientz, qui tient également la tribune de Saint-Guillaume et Guillaume Nussbaum, qui tient aussi la tribune du Temple-Neuf[34].

L'horloge astronomique[edit | edit source]

Article détaillé : Horloge astronomique de Strasbourg.
L'horloge en 2016.

Construite durant le XVIe siècle, l'horloge astronomique, chef-d'œuvre de la Renaissance, est considérée à l'époque comme faisant partie des sept merveilles de l'Allemagne[35]. La légende prétend que le Magistrat[° 7], inquiet que le constructeur puisse construire ailleurs un ouvrage semblable, lui aurait crevé les yeux[36]. Des automates s'activent tous les jours à 12h30. Tous les quarts d'heures, il y a quatre âges de vie : le premier quart d'heure, c'est l'enfant qui fait le tour de l'horloge ; le deuxième quart d'heure, c'est l'homme jeune qui fait le tour ; le troisième quart d'heure, c'est l'homme mûr qui fait son tour et, au dernier quart d'heure, c'est le vieillard qui annonce sa mort et l'arrivée de l'enfant.

Les cloches de la cathédrale[edit | edit source]

« Sonnerie pour la France », de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg dans l’ordonnancement du chanoine Jean Ringue. 9 juillet 2000.
Cloches du beffroi.

Un des trésors de la cathédrale est inaccessible au public. Il s’agit de la somptueuse sonnerie de cloches, la plus étoffée de France, considérée par de nombreux experts campanologues comme l’une des plus parfaites en Europe.

État de la sonnerie avant la Révolution française[edit | edit source]

Avant 1793, la cathédrale possédait treize cloches, dont huit dans le beffroi de façade et cinq dans l'octogone de la tour. La plus grande cloche, la Totenglocke ou cloche des morts fut coulée en 1316, refondue en 1407 puis une dernière fois en 1427 par maître Hans Gremp, fondeur à Strasbourg. Sonnant en la bémol 2, pesant près de 180 quintaux germaniques (soit environ 8 800 kilogrammes) et d’un diamètre de 2,20 m, cette cloche sonnait originellement le glas pour les citoyens de la ville ainsi que le sermon dominical.

Le beffroi, qui abrite les cloches.

Lors de la Réforme, le premier usage fut aboli et la cloche servira dès lors de cloche festive. On notera que le bourdon perdra temporairement son rang de plus grosse cloche de la cathédrale, lorsqu'en 1519, les chanoines font couler une énorme cloche, dédiée à la Vierge Marie. Pesant 21 tonnes, la cloche sera installée en septembre 1521 mais se fêlera dès le mois de décembre. Le bourdon de 1427 est aujourd'hui toujours en place, ce qui lui valut d'être classé monument historique depuis le 30 décembre 1982, à titre d’objet.

Le beffroi contenait également la Mordglocke ou cloche de la mort, la Mittagsglocke ou cloche de midi, la Betglocke ou cloche de la prière, la Feierabendglocke ou cloche de retraite, la Rathsglocke ou cloche du Conseil, ainsi que deux petites cloches pour les messes basses. L'octogone de la tour abritait quatre cloches d'horloge, ainsi que la Torglocke ou cloches des portes. À l'exclusion du grand bourdon, toutes les cloches du beffroi seront réquisitionnées et détruites en 1793[37].

Numéro selon emplacement
 
Nom
 
Année
 
Fondeur, lieu
 
Diamètre
(mm)
Masse
(kg)
Année de fin de service Beffroi
 
1 Cloche dite « du Saint-Esprit », ou « des Morts » ; Totenglocke (le Grand Bourdon) 1427 Hans Gremp, Strasbourg 2.220 ≈8.500 Préservée Beffroi central (au-dessus de la verrière Ouest)
2 Cloche en l'honneur de la Sainte-Vierge 1519 Maître Georges Spire 20,533 1521 Beffroi central
3 Cloche d'Argent ou Mordglocke 1643 Jean Chrétien Quingelberger, Ammeister Tobias Städel 1.4478 2.249 1793 Beffroi central
4 Cloche de l'Angélus ou Betglocke 1687 - - 1793 Beffroi central
5 Cloche de Midi ou Mittagsglocke 1461 - - - 1793 Beffroi central
6 Cloche de la Retraite ou Feierabendglocke 1692 Jean Rosier et César Bonbon - - 1793 Beffroi central
7 Cloche du Magistrat ou Rathsglocke 1473 Thomas Jost - - 1793 Beffroi central
8 Petite Cloche 1 1692 Jean Rosier et César Bonbon - - 1793 Beffroi central
9 Petite Cloche 2 1692 Jean Rosier et César Bonbon - - 1793 Beffroi central
Cloche de répétition des Heures 1595 Johann Jakob Miller, Strasbourg 5.285 Préservée Flèche Nord
Cloche des Heures 1691 Jean Rosier et César Bonbon 2.100 Préservée Flèche Nord
Grosse cloche des Quarts 1787 Matthieu Ⅲ. Edel, Strasbourg 778 Préservée Flèche Nord
Petite cloche des Quarts 1787 Matthieu Ⅲ. Edel, Strasbourg 423 Préservée Flèche Nord
V Cloche de dix heures dite « Zehnerglock » (Cloche du couvre-feu) 1786 Matthieu Ⅲ. Edel, Strasbourg 1.580 ≈2.450 Préservée Octogone

État de la sonnerie après la Révolution française[edit | edit source]

Le beffroi va être doté dès le début du XIXème siècle de deux nouvelles cloches en ré dièse 3 coulée en 1806 et fa dièse 3 coulée en 1814 [38]. Elles accompagneront les solennités religieuses, offices et messes jusque dans les années 1970 où sera installé un nouvel ensemble campanaire. N'étant pas en accord avec ces nouvelles cloches, ces dernières sont déposées et transférées à l'église de Dompeter dans le village d'Avolsheim en Alsace où elles sont aujourd'hui toujours en activité [39].

La nouvelle sonnerie[edit | edit source]

Installation de nouvelles cloches par la maison André Voegelé de Kœnigshoffen en 1978.

Entre 1975 et 1978, sept nouvelles cloches sont coulées à Heidelberg sur les indications du chanoine Jean Ringue, l’expert campanologue du diocèse de Strasbourg, dans des profils ultra lourds correspondant au profil du grand bourdon[40].

Accordées, tant entre elles qu’avec le grand bourdon, les nouvelles cloches sonnent en si bémol 2, ré bémol 3, mi bémol 3, fa 3, la bémol 3, si bémol 3 et do 4. En 1987, une nouvelle cloche, coulée à Karlsruhe, est installée au beffroi, sonnant en sol bémol 3.

La tour de croisée, dite tour de Klotz.

En 1993, une petite cloche la bémol 4, également coulée à Karlsruhe, est montée dans la tour de croisée dite tour de Gustave Klotz après la fin de sa restauration l'année précédente, bientôt rejointe par une cloche mi bémol 4, coulée à Karlsruhe en 2004.

La cloche mi bémol 3 du Beffroi s’est fêlée au printemps 2006 et a été refondue à Strasbourg par le fondeur André Voegele de Strasbourg-Kœnigshoffen la même année et pèse 1 550 kg.

En 2014, à l'occasion du millénaire de la cathédrale, quatre cloches supplémentaires sont coulées à Strasbourg. Elles sonnent en si bémol 4, do 5, ré bémol 5 et mi bémol 5. Elles viennent non seulement compléter les deux cloches de la tour de croisée mais contribuent aussi à donner à la cathédrale la plus grande sonnerie de France, soit seize cloches de volée couvrant deux octaves et demie.

Les cloches du millénaire avant leur installation dans la tour de Klotz.

Le beffroi abrite encore une autre cloche de volée, la Torglocke, aujourd’hui appelée Zehnerglock (cloche de dix heures) et qui se trouvait à l'origine dans l'octogone de la flèche. Coulée en 1786 par Matthieu Edel, pesant 2 450 kilogrammes pour un diamètre de 1,58 m, elle sonnait matin et soir l’ouverture et la fermeture des portes de la ville et le couvre-feu. De nos jours, cette tradition est perpétuée quotidiennement à vingt-deux heures. Elle ne doit en aucun cas être confondue avec l’usage du Grüselhorn, corne (instrument de musique) sonnée tous les soirs du haut de la cathédrale jusqu’en 1790, pour inviter les Juifs à quitter la cité, dans laquelle il leur était interdit de demeurer après la fermeture des portes[41]. La cloche sonne en Si 2 et ne sonne avec d'autres cloches de la cathédrale que pour la messe du soir du mercredi des cendres, le 2 novembre (commémoration des fidèles défunts) et lors des grands deuils. Pour des raisons d'harmonie, et comme la cloche sol bémol 3, elle n'est jamais intégrée au plénum des quatorze autres cloches.

À côté de cet extraordinaire ensemble de cloches de volée, la cathédrale a conservé quatre cloches à usage d’horloge placées dans l'octogone de la tour, coulées en 1595, 1692 et 1787 et visibles depuis le parvis de la cathédrale.

Tableau des cloches de la Cathédrale, numérotés d'après l'ordre de sonneries officiel de la Cathédrale.
Numéro
 
Nom
 
Année
 
Fondeur, lieu
 
Diamètre
(mm)
Masse
(kg)
Note au coup[° 8]
(1/16 de demi-ton)
Beffroi
 
1 Cloche dite « du Saint-Esprit », ou « des Morts » ; Totenglocke (le Grand Bourdon) 1427 Hans Gremp, Strasbourg 2.220 ≈8.500 'La bémol2 +6 Beffroi central (au-dessus de la verrière Ouest)
2 Cloche des Saints Jean Baptiste et Jean l'Evangéliste (le Petit Bourdon) 1976 fonderie de cloches de Heidelberg 1.749 3.896 Si bémol2' +4 Beffroi central
3 Cloche de la Vierge Marie 1975 Fonderie de cloches de Heidelberg 1.456 2.307 Ré bémol 3' +6 Beffroi central
4 Cloche des Apôtres Pierre, Paul et Thomas et Evangéliste Marc 2006 André Voegelé, Strasbourg et Frère Michael, Maria Laach 1.305 1.605 Mi bémol3' +8 Beffroi central
5 Cloche des Martyrs Laurent, Étienne, Modeste Andlauer et André Bauer 1976 fonderie de cloches de Heidelberg 1.205 1.278 "Fa3 +6 Beffroi central
6 Cloche du Pape Léon IX, des Saints évêques Amand, Arbogast, Martin et Boniface 1976 fonderie de cloches de Heidelberg 1.123 1.122 La bémol3' +8 Beffroi central
7 Cloche des Saints moines Benoît, Colomban, Pirmin et Bernard 1976 Fonderie de cloches de Heidelberg 1.006 795 Si bémol3' +7 Beffroi central
8 Cloche des Saintes Odiles, Attale, Elisabeth de Hongrie et Marie-Madeleine 1976 fonderie de cloches de Heidelberg 898 571 Do4' +6 Beffroi central
9 Cloche de dix heures dite « Zehnerglock » (Cloche du couvre-feu) 1786 Matthieu Ⅲ. Edel, Strasbourg 1.580 ≈2.450 Do bémol3' +3 Beffroi central
10 Cloche de la Sainte-Croix 1987 fonderie de cloches & d'art de Karlsruhe 1.137 1.052 Sol bémol3' +6 Beffroi central
11 Cloche de la Paix 2004 fonderie de cloches Bachert de Karlsruhe 727 304 Mi bémol4'+9 Tour de croisée, dite « Tour de Klotz »
12 Cloche des Saints anges et archanges 1993 fonderie de cloches & d'art de Karlsruhe 558 153 La bémol4' +8 Tour de croisée
13 Cloche des Saints Materne, Fridolin, Morand et Déodat 2014 André Voegelé, Strasbourg et Frère Michael, Maria Laach 104 Si bémol4' Tour de croisée
14 Cloche des Saintes Eugénie, Aurélie, Brigide et Walburge 2014 André Voegelé, Strasbourg et Frère Michael, Maria Laach 84 Do5' Tour de croisée
15 Cloche des Saints Florent, Ludan, Amarin et Landolin 2014 André Voegelé, Strasbourg et Frère Michael, Maria Laach 73 Ré bémol5' Tour de croisée
16 Cloche des Saintes Adelaïde, Richarde, Ermengarde et Cunégonde 2014 André Voegelé, Strasbourg et Frère Michael, Maria Laach 55 Mi bémol5' Tour de croisée
Cloche de répétition des Heures 1595 Johann Jakob Miller, Strasbourg 5.285 Si2 Flèche Nord
Cloche des Heures 1691 Jean Rosier et César Bonbon 2.100 Do3' Flèche Nord
Grosse cloche des Quarts 1787 Matthieu Ⅲ. Edel, Strasbourg 778 Sol bémol3' Flèche Nord
Petite cloche des Quarts 1787 Matthieu Ⅲ. Edel, Strasbourg 423 Si bémol3' Flèche Nord

Les cloches 1 à 16 sonnent à la volée les offices, angélus, glas… Le plénum exclut les cloches 9 & 10.

Les cloches I à IV (cloches d'horloges) sonnent par tintements via marteaux à frappe lâchée, les heures. Elles sont fixes.

La cloche I, avant d'avoir pour rôle la répétition des heures juste après la cloche II, était la cloche du Tocsin. Elle était alors placée sur la plateforme de la Cathédrale.

Célébrités[edit | edit source]

Prédicateurs catholiques[edit | edit source]

Prédicateurs luthériens[edit | edit source]

Maîtres de chapelle[edit | edit source]

Gestion[edit | edit source]

L'Œuvre Notre-Dame[edit | edit source]

La Fondation de l'Œuvre Notre-Dame, Œuvre à Sainte Marie en 1224, Loge Suprême du Saint Empire en 1459, continue sa vocation initiale de collecter des fonds pour la cathédrale mais a perdu celle de maître d'ouvrage. Ses collections sont exposées dans le musée de l'Œuvre Notre-Dame, qui a été aménagé en 1931 dans le bâtiment qui lui sert de siège.

Monuments historiques[edit | edit source]

Depuis 1862, et son classement parmi les Monuments historiques, toute intervention sur le bâtiment, propriété de l'état depuis le 2 novembre 1789 à travers le traité de Francfort du 10 mai 1871 transférant l'administration du Territoire d'Alsace Lorraine aux vingt cinq états fédérés de l'Empire allemand, est sujette à l'approbation de l'architecte des bâtiments de France.

La Fabrique[edit | edit source]

Mgr Jean-Pierre Grallet, archevêque de Strasbourg.
Le chanoine Michel Wackenheim, archiprêtre de la Cathédrale.

Les fabriques d’église, institutions remontant au Bas Moyen Âge, sont régies par le décret du 30 décembre 1809, complété et modifié à diverses reprises et, en dernier lieu, par le décret du 18 mars 1992[42].

Elles sont des établissements publics du culte, c'est-à-dire des établissements publics, dotés de la personnalité juridique de droit public, chargés de veiller à l’entretien des édifices cultuels et d’administrer les biens et revenus affectés à l’exercice du culte, en réglant les dépenses et en assurant les moyens d’y pourvoir[42].

La fabrique est gérée par un Conseil de fabrique dont la composition est publique, celui de la cathédrale de Strasbourg étant le suivant (octobre 2012) :

Les ressources de la fabrique sont le produit des quêtes, celui des lumignons, la location des salles du Munsterhof et la taxe sur l'accès à l'horloge astronomique à midi.

Les dépenses de la fabrique sont notamment les salaires de l'intendant, des gardiens, etc., le chauffage en hiver, l'éclairage, le dispositif de sécurité sous alarme, l'entretien des cloches, des orgues et de l'horloge astronomique.

Légendes et symboles[edit | edit source]

Le lac du Hol mich[edit | edit source]

Une légende raconte que l’édifice repose sur d’immenses pilotis de chêne qui s’enfonceraient dans les eaux d’un lac souterrain sur lequel rôderait une barque apparemment sans passeur, mais dont on entendrait néanmoins le bruit des rames. Le passeur n'est invisible qu'aux vivants mais c'est un vieillard à cape rouge et à barbe blanche qui porte dans sa barque les âmes des enfants Alsaciens devant naître. Pour avoir la chance de naître, l'âme demande au passeur de l'embarquer d'un « Hol mich ! », c'est à dire « Emmènes moi ! », et c'est ainsi que les enfants appelaient cet anti Charon rhénan hantant les antres de la cathédrale.

L’entrée du souterrain se situerait, toujours selon la légende, au fonds du puits qui se trouverait dans la cave d’une maison située juste en face de la cathédrale rue des Grandes Arcades, l'ancien magasin de jouets Wéry. Elle aurait été murée il y a plusieurs siècles.

Le vent du Diable[edit | edit source]

La statue du Tentateur.

Une autre légende explique l'origine du vent soufflant autour de la cathédrale. Autrefois, le Diable survolait la terre, en chevauchant le vent. Il aperçut ainsi son portrait sculpté sur la cathédrale, sous l'apparence du Tentateur, courtisant les Vierges folles (Matthieu 25, 1-13). Il est représenté sous les traits d'un jeune homme séduisant dont le dos s'ouvre : on en voit sortir des crapauds et des serpents, mais aucune des jeunes filles naïves auxquelles il s'adresse ne le remarque. Très flatté et curieux, il entra dans la cathédrale pour voir si d'autres sculptures le représentaient à l'intérieur.

Retenu prisonnier dans le lieu saint, le Diable ne put en ressortir. Le vent l'attend toujours sur le parvis et hurle aujourd'hui encore d'impatience sur la place de la cathédrale. Le Diable, furieux, fait le courant d'air, au fond de l'église, à la hauteur du pilier des Anges.

Sabine de Steinbach[edit | edit source]

Sabina de Steinbach sculptant « La Synagogue ».

Une mauvaise lecture du nom d'une donatrice, Savina, et un jeu de mot entre pierres dures et Steinbach a fait naître au XIXe siècle, à la suite de la biographie d'Erwin de Seteinbach romancée par Goethe, la légende que l'architecte aurait eu une fille, Sabine de Steinbach, et qu'à sa mort celle-ci aurait dû achever son travail.

La première loge maçonnique[edit | edit source]

Une tradition, voulant rattacher aux compagnies de tailleurs de pierre du Bas Moyen Âge la franc-maçonnerie, prétend que celle-ci est née en 1275 du chantier de la cathédrale de Strasbourg[44]. Elle s'appuie sur un document[45] daté de 1459, qui donne les règles de la corporation, certainement beaucoup plus ancienne, des tailleurs de pierre de Strasbourg. Il s'y trouvent en effet des items organisant le secret professionnel et la hiérarchie qui se retrouvent dans les loges maçonniques[46]. Ce texte, intitulé Règlement des tailleurs de pierre de Strasbourg, a été amendé en 1464 et 1469, homologué en 1498 par l'Empereur Maximilien, et révisé en 1563. Il était encore en vigueur au début du XVIIe siècle.

Les fantômes de la Saint Jean[edit | edit source]

En 1870, l'écrivain anglais Edward Legge s'est fait l'écho d'une prétendue légende locale et en a fait un poème néogothique évoquant la procession des fantômes de moines et de nones, de croisés et de francs maçons avec leurs accessoires renouvelant perpétuellement sous la conduite de Sabine de Steinbach l'inauguration de la cathédrale quand minuit sonne les nuits de la Saint Jean sans lune[47].

« [...]

Le premier coup de minuit sonne aux oreilles de l'homme qui veille.
Pas à pas, il se hâte, en proie aux doutes et aux craintes,
Car il a entendu au genou de sa mère l'histoire ancienne,
Dont vous aurez peut être la vision une veille de la Saint Jean.

Là où la cathédrale se soutient au plus faible, les ombres tremblantes tombent,
Et celui qui se tient au milieu du pilier, aussi noir qu'un funèbre poteau,
Peut voir ces apparences fantomatiques et entendre ces sons et soupirs de fantômes
Au moment où, dans l'obscurité de la nuit, hors du coprs flotte l'âme.

[...]

Une compagnie de manouvriers experts, une compagnie maçonnique sans pareille,
Les maîtres tenant compas et règles de leurs mains effilées.
Les artisans avec leurs plombs et leurs carrés et leurs niveaux, tous décorés,
Les Apprentis compagnons portent leurs marteaux parmi les piliers blancs.

[...]

C'est l'histoire qu'on raconte dans la ville de Strasbourg,
Les nuits d'été, quand, lune et étoiles éteintes,
Le vin rhénan est bu, et que les fées fument des couronnes en boucles
[...] »

Le rayon vert[edit | edit source]

Rayon vert sur le dais qui surplombe le Christ de la chaire.

En période d'équinoxe, lorsque le soleil brille, un rayon vert pénètre dans la nef et vient illuminer le Christ qui est sculpté sur le devant de la chaire. Au solstice d'hiver, un rayon blanc produit sur ce Christ un effet identique. Ces rayons ont été commentés et étudiés par Maurice Rosart[48], qui pense que le phénomène a été voulu, le dessin du vitrail se focalisant selon lui sur le pied gauche du personnage représenté, alors que l'astronome André Heck rapporte, lui, dans une de ses publications « une haute probabilité qu'il s'agisse d'un hasard » sur la base d'une étude de Louis Tschaen[49] qui évoque un phénomène ayant « beaucoup de chances d'avoir un caractère purement accidentel » et un « concours de circonstances » à « l'effet particulièrement heureux[° 9] ». On peut observer ce phénomène à 11h38 à l'équinoxe de printemps et à 12h24 à l’équinoxe d'automne.

Une tradition plus ancienne rapporte que le rayon vert symbolise le fait que Jésus est le messie annoncé par Isaïe et issu de la tribu de Juda : Isaïe, chapitre 11, versets 1 à 2 : « Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines. Et sur lui reposera l'esprit du Seigneur ». La couleur verte représente le rameau qui jaillit de la souche de Jessé (le pied de Juda). De la tribu de Juda sont issus les rois d'Israël, David et Jessé, ainsi que Jésus. La couleur verte est associée au monde végétal. C'est la couleur du cœur et de l'amour universel. Elle domine à l'équinoxe du printemps. La couleur blanche est l'antithèse du noir et la synthèse de toutes les couleurs. Elle symbolise la pureté, l'innocence, la perfection et le divin. Elle est la lumière au cœur de l'hiver.

Le verre qui teinte le rayon vert est une pièce d'un vitrail réalisé en 1875 par le peintre sur verre Pierre Petit-Gérard, le vitrail représentant Juda fils de Jacob au triforium méridional. Le rayon lui-même n'a été observé que plus récemment[° 10]. Louis Tschaen suppose que le phénomène « tel qu'il existe de nos jours » remonte à une réfection ayant eu lieu entre 1950 et 1971[° 11].

Le serment de Koufra[edit | edit source]

Le Serment de Koufra du colonel Leclerc et de ses hommes en décembre 1940 était « de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

Strasbourg étant considérée comme une ville allemande par les pangermanistes, sa libération ne pouvait se faire que lorsque les nazis auraient été suffisamment affaiblis pour que toute la France fût libérée. Le 23 novembre 1944, Maurice Lebrun, spahi du 1er régiment de spahis de la 2e division blindée du général Leclerc, alla donc hisser le drapeau français au sommet de la cathédrale sitôt que la libération de Strasbourg en fut au point où l'avant-garde française put accéder à la cathédrale.

Cible d'attentat[edit | edit source]

En décembre 2000, un groupe terroriste, soupçonné d'appartenir au GSPC, a tenté d'organiser un attentat contre la cathédrale[50]. Ce groupe avait prévu de fabriquer une bombe avec du TATP et de la déposer sur le parvis au milieu du Marché de Noël qui se déroulait alors. Cet attentat fut déjoué par l'arrestation de ce groupe à Francfort à quelques jours du Nouvel An.

Les plumes Cathédrale de Strasbourg[edit | edit source]

L'image de la cathédrale de Strasbourg a été utilisée aussi comme symbole pour des objets d'usage quotidien. Vers la fin du XIXe siècle, un papetier de Strasbourg nommé I.Rikier se fit produire une plume avec comme symbole la façade de la cathédrale. D'après les recherches[réf. nécessaire], cette plume aurait été fabriquée par la maison Heintze & Blanckertz de Berlin ou Soennecken de Bonn.

Annexes[edit | edit source]

Bibliographie[edit | edit source]

  • (fr) Joseph Schweigheüser, Description nouvelle de la cathédrale de Strasbourg et de sa fameuse tour, Strasbourg, Simon Kürsner, (lire en ligne)
  • (fr) Description de la cathédrale de Strasbourg, Strasbourg, Paris et Londres, (lire en ligne)
  • (fr)C.F.Schmidt et J.C.Grucker, Notice sur la cathédrale de Strasbourg, Strasbourg, (lire en ligne)
  • (fr) Frédéric Piton, La cathédrale de Strasbourg, Strasbourg, Salomon, (lire en ligne)
  • (fr) Dictionnaire des églises de France, Belgique, Luxembourg, Suisse (Tome V-A), Robert Laffont, Paris (France), 1969; p. 163, 166.
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Sources bibliographiques[edit | edit source]

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Remarques[edit | edit source]

  1. Une tuile romaine trouvée dans le sous-sol porte l'inscription latine ARBOASTIS EPS FECIT.
  2. L'évêque est aussi appelé Rémy ou Rémi.
  3. Il est aussi appelé Rathold.
  4. a et b La longueur de la cathédrale est de 111 m ; or ; celle d'Amiens, 145 ; Reims, 138 ; Rouen, 137 ; Paris et Chartres, 130 ; Soissons, 116.
  5. La très grande majorité des orgues se situent en tribune, de l'autre côté de la façade du parvis.
  6. Après les modifications de Jean-Georges Kœnig en 1976 et de Daniel Kern en 1989.
  7. Sous l'Ancien Régime, la ville de Strasbourg est gouvernée par trois conseils et un ammestre. L'ensemble est appelé le Magistrat, avec une majuscule, pour le différencier d'un magistrat.
  8. Il s'agit d'une traduction libre de l'allemand Schlagton et de l'anglais Strike tone. C'est la note que l'oreille perçoit immédiatement après la frappe. Cette perception est subjective, dans le sens où elle n'est pas totalement liée à la cloche, mais aussi aux organes sensoriels.
  9. « Si effectivement le phénomène de la lumière verte équinoxiale n'était dû qu'à un concours de circonstances, le hasard aurait vraiment bien fait les choses et serait à l'origine d'un effet particulièrement heureux et merveilleux » p. 7 La lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg, Louis Tschaen, Bulletin de la Cathédrale de Strasbourg, XVII, 1986
  10. Pour André Heck, ancien directeur de l'Observatoire astronomique de Strasbourg, le "rayon vert" n'a pas de signification particulière : le rayon lui-même n'est apparu que récemment, sans doute accidentellement à la suite d'une réparation. Voir aussi A. Heck, « Strasbourg green rays » dans The Multinational History of Strasbourg Astronomical Observatory, 2005, p. 256
  11. « Conclusion: c'est donc entre 1950 et 1971 que le verre d'origine en question a été enlevé et remplacé par un verre transparent. En conséquence, ce n'est que de cette période que peut dater le phénomène lumineux équinoxial tel qu'il existe de nos jours. » L. Tschaen, « Rétrospective de la lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg (1984-2009) », Revue XYZ, 124, 2010, p. 54

Articles connexes[edit | edit source]

Liens externes[edit | edit source]

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