Zulfikar Ali Bhutto

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Zulfikar Ali Bhutto
ذوالفقار علی بھٹو
Illustration.
Portrait de Zulfikar Ali Bhutto.
Fonctions
Premier ministre du Pakistan

(3 ans, 10 mois et 22 jours)
Président Fazal Elahi Chaudhry
Prédécesseur Nurul Amin (indirectement)
Successeur Muhammad Khan Junejo (indirectement)
Président de la République islamique du Pakistan

(1 an, 7 mois et 24 jours)
Vice-président Nurul Amin
Prédécesseur Muhammad Yahya Khan (loi martiale)
Successeur Fazal Elahi Chaudhry
Président de l'Assemblée nationale du Pakistan

(11 mois et 29 jours)
Prédécesseur Abdul Jabbar Khan (en)
Successeur Fazal Elahi Chaudhry
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Larkana (Pakistan)
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Rawalpindi (Pakistan)
Nature du décès Pendaison
Nationalité Pakistanaise
Parti politique Parti du peuple pakistanais
Père Shah Nawaz Bhutto
Conjoint Nusrat Bhutto
Enfants Benazir Bhutto
Murtaza Bhutto
Shahnawaz Bhutto
Diplômé de Université de Californie à Berkeley
Lincoln's Inn
Religion Islam chiite

Zulfikar Ali Bhutto
Présidents de la République islamique du Pakistan
Premiers ministres du Pakistan

Zulfikar Ali Bhutto, plus souvent appelé simplement Ali Bhutto (en ourdou : ذوالفقار علی بھٹو), né le à Larkana, dans la province du Sind, et exécuté par pendaison le à Rawalpindi, est un homme d'État pakistanais et l'une des figures majeures du pays.

Il a été à la tête du Pakistan de 1971 à 1977, d'abord comme président de la République entre 1971 et 1973, puis comme Premier ministre de 1973 à 1977 après qu'il eut fait adopter en 1973 une nouvelle Constitution qui confère au Premier ministre la réalité du pouvoir exécutif.

Auparavant, en 1967, il avait fondé le Parti du peuple pakistanais, l'un des plus influents partis politiques au Pakistan. Après sa mort en 1979, sa fille Benazir Bhutto devient chef du parti en 1984 et sera deux fois Premier ministre.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Zulfikar Ali Bhutto est né le 5 janvier 1928 dans le tehsil de Ratodero Taluka, sur les terres de sa famille situées dans le district de Larkana et la région du Sind, alors sous domination du Raj britannique[1]. Il est le troisième fils de Shahnawaz Khan Bhutto et de son épouse Khursheed Begum, née Lakhi Bai. Son père était un grand propriétaire terrien et homme politique sous la domination britannique. Il est notamment Premier ministre dans l'ancien État princier de Junagadh, situé dans le Gujarat. La famille perd ses propriétés dans cette dernière région lors de la partition des Indes en 1947, mais reste l'une des familles les plus riches du Pakistan à sa création grâce à ses possessions dans le Sind[2],[3].

Ali Bhutto termine ses études secondaires à Bombay, puis entame son cursus universitaire l'université de Californie à Berkeley en 1947 et obtient un bachelor en science politique trois ans plus tard. Il travaille en 1950 dans l'équipe de campagne d'une politicienne américaine, Helen Gahagan Douglas. Il poursuit ses études à l'Université d'Oxford en intégrant la faculté Christ Church. Il en sort diplômé en droit en 1953 et pratique brièvement à Londres. Il rejoint la même année le Pakistan et exerce en droit privé à Karachi en enseigne le droit constitutionnel dans une faculté de la ville[2].

En 1943, âgé de seulement quatorze an, il se marie avec sa cousine Shireen Amir sur décision de sa famille. À sa majorité, il divorce et se remarie en 1951 avec Nusrat Ispahani (1929-2011), fille d'un homme d'affaires iranien. Le couple aura quatre enfants : Benazir (1953-2007), Murtaza (1954-1996), Sanam née en 1957 et Shahnawaz (1958-1985). À l'exception de Sanam, tous joueront un rôle politique[4].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Il retourne ensuite au Pakistan où il exerce son métier d'avocat avant de rejoindre, en 1958, le cabinet du président Iskander Mirza en tant que ministre de Commerce, et de succéder, en 1963, à Muhammad Alî Bogra au poste de ministre des Affaires étrangères. La même année, le 2 mars, il signe le traité sino-pakistanais.

Ministre des Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Opposition et fondation du Parti du peuple pakistanais[modifier | modifier le code]

En juin 1966, à la suite de différends au sujet de l'accord de Tachkent, Bhutto démissionne de son poste et fonde le Parti du peuple pakistanais (PPP), ce qui lui vaut — à la suite de troubles — d'être emprisonné, de novembre 1968 à février 1969. Lors des élections législatives de décembre 1970, le PPP gagne une large majorité au Pakistan occidental, mais échoue à conclure un accord avec Sheikh Mujibur Rahman qui a obtenu la majorité au Pakistan oriental, le futur Bangladesh.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Après la guerre civile de 1971 et la séparation du Bangladesh, le président Yahya Khân démissionne et Bhutto lui succède au poste de président de la République, le .

Début 1972, Bhutto nationalise des industries majeures du pays, amorce une réforme agraire et retire le Pakistan du Commonwealth et de l'Otase lorsque le Royaume-Uni et d'autres pays occidentaux reconnaissent le nouvel État bangladais. Il signe l'accord de Simla avec l'Inde qui permet la libération de près de 93 000 prisonniers pakistanais capturés durant la guerre de 1971.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Après le vote par le Parlement de la Constitution de 1973 qui transfère l'essentiel du pouvoir exécutif du président au Premier ministre, Bhutto est élu à ce poste par l'Assemblée nationale. Ainsi, il continue à détenir la réalité du pouvoir.

Durant son mandat, le , le Parlement du Pakistan donne satisfaction aux fondamentalistes musulmans en ajoutant un amendement à la Constitution, déclarant officiellement que les Ahmadis ne sont pas des musulmans[5],[6].

Le , Buhtto est conforté par la victoire du Parti du peuple pakistanais aux élections législatives. Le PPP remporte 58,1 % des voix face à une alliance de neuf partis politiques religieux qui obtient 35,1 % des suffrages.

Mesures économiques et sociales[modifier | modifier le code]

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Politique militaire et relations avec l'armée[modifier | modifier le code]

Chute[modifier | modifier le code]

Coup d'État du 5 juillet 1977 et exécution[modifier | modifier le code]

Pourtant, à l'issue d'une crise politique, Ali Bhutto est renversé et emprisonné par le général Muhammad Zia-ul-Haq, qui impose la loi martiale, le . Le général Zia promet alors une transition militaire temporaire, et il annonce le retour à un pouvoir civil à la suite d'élections prévues en octobre. Ali Bhutto est ainsi rapidement libéré, Zia estimant qu'il sera discrédité lors des élections. Toutefois, Bhutto se lance immédiatement dans une campagne électorale, et il est bien accueilli par nombre de partisans dans les provinces du Sind et du Pendjab. L'ancien Premier ministre critique l'opposition et le pouvoir militaire, promettant « justice » pour Zia-ul-Haq. Le 3 septembre, il est alors à nouveau arrêté par les militaires, sous le coup de l'accusation d'un meurtre remontant à 1974 et d'une enquête sur les fraudes électorales de 1977[7]. Zia déclare de plus qu'un nouveau scrutin ne pourra être tenu avant que la justice ne se soit prononcée sur les charges contre Bhutto et ses anciens lieutenants, mettant ainsi un terme à la transition politique promise[8].

Condamné à mort officiellement pour « conspiration de meurtre », il est pendu le [9].

Héritage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Don’t claim to be Bhutto, but share his spirit: Zardari », sur geo.tv, (consulté le 13 novembre 2018)
  2. a et b (en) « Zulfikar Ali Bhutto: A Dominant Force in Pakistan for Two Decades », sur The New York Times, (consulté le 13 novembre 2018)
  3. (en) Husain Bukhari, « The Bhutto family’s Junagadh connection », sur The Indian Express, (consulté le 13 novembre 2018)
  4. (en) Ali Warsi, « How it culminated into the April 4 tragedy », sur dailytimes.com.pk, (consulté le 13 novembre 2018)
  5. (en) Martin E. Marty, R. Scott Appleby, Fundamentalisms and the state : remaking polities, economies, and militance, p. 125, University of Chicago Press, 1996.
  6. (en) Texte de l'amendement constitutionnel du 21 septembre 1974.
  7. Christophe Jaffrelot, Le syndrome pakistanais, Hachette, , 657 p. (ISBN 978-2-213-66170-4).
  8. « 5 juillet 1977 : Renversement du gouvernement de Zulfikar Alî Bhutto au Pakistan », sur Perspective Monde (consulté le 16 novembre 2017).
  9. « La dynastie Bhutto », Le Nouvel Observateur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis Hocquet, Zulfikar Ali le premier des Bhutto, Paris, l'Harmattan, 2009 (ISBN 9782296096288).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]