Zulfikar Alî Bhutto

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Zulfikar Alî Bhutto
ذوالفقار علی بھٹو
ذوالفقار علي ڀُٽو
Illustration.
Zulfikar Alî Bhutto en 1973.
Fonctions
Premier ministre du Pakistan

(3 ans, 10 mois et 22 jours)
Président Fazal Elahi Chaudhry
Prédécesseur Nurul Amin (indirectement)
Successeur Muhammad Khan Junejo (indirectement)
Président de la République islamique du Pakistan

(1 an, 7 mois et 24 jours)
Vice-président Nurul Amin
Prédécesseur Muhammad Yahya Khan (loi martiale)
Successeur Fazal Elahi Chaudhry
Président de l'Assemblée nationale du Pakistan

(11 mois et 29 jours)
Prédécesseur Abdul Jabbar Khan (en)
Successeur Fazal Elahi Chaudhry
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Larkana (Pakistan)
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Rawalpindi (Pakistan)
Nature du décès Pendaison
Nationalité Pakistanaise
Parti politique Parti du peuple pakistanais
Père Shah Nawaz Bhutto
Conjoint Nusrat Bhutto
Enfants Benazir Bhutto
Murtaza Bhutto
Sanam Bhutto
Shahnawaz Bhutto
Diplômé de Université de Californie à Berkeley
Lincoln's Inn
Religion Islam chiite

Zulfikar Alî Bhutto
Présidents de la République islamique du Pakistan
Premiers ministres pakistanais

Zulfikar Alî Bhutto, plus souvent appelé simplement Alî Bhutto, né le à Larkana, dans la province du Sind, et exécuté par pendaison le à Rawalpindi, est un homme d'État pakistanais.

Il a été à la tête du Pakistan de 1971 à 1977, d'abord comme président de la République entre 1971 et 1973, puis comme Premier ministre de 1973 à 1977 après qu'il eut fait adopter en 1973 une nouvelle Constitution qui confère au Premier ministre la réalité du pouvoir exécutif.

Auparavant, en 1967, il avait fondé le Parti du peuple pakistanais, l'un des plus influents partis politiques au Pakistan. Après sa mort en 1979, sa fille Benazir Bhutto devient chef du parti en 1984 et sera deux fois Premier ministre.

Jeunesse et éducation[modifier | modifier le code]

Zulfikar Alî Bhutto est le troisième fils de Sir Shah Nawaz Bhutto et de son épouse Khursheed Begum, née Lakhi Bai. Sir Shah Nawaz Bhutto était l'ex-Premier ministre de l'ancien État princier de Junagadh, situé dans le Gujarat en Inde. Zulfikar Alî Bhutto commence ses études à Bombay, puis les poursuit à l'université de Californie à Berkeley en Californie, et enfin à Oxford. En 1953, année de la naissance de sa fille Benazir Bhutto, il intègre le barreau de Londres.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Gouvernement Mirza[modifier | modifier le code]

Il retourne ensuite au Pakistan où il exerce son métier d'avocat avant de rejoindre, en 1958, le cabinet du président Iskander Mirza en tant que ministre de Commerce, et de succèder, en 1963, à Muhammad Alî Bogra au poste de ministre des Affaires étrangères. La même année, le 2 mars, il signe le traité sino-pakistanais.

Fondation du PPP[modifier | modifier le code]

En juin 1966, à la suite de différends au sujet de l'accord de Tachkent, Bhutto démissionne de son poste et fonde le Parti du peuple pakistanais (PPP), ce qui lui vaut — à la suite de troubles — d'être emprisonné, de novembre 1968 à février 1969. Lors des élections législatives de décembre 1970, le PPP gagne une large majorité au Pakistan occidental, mais échoue à conclure un accord avec le cheikh Mujib-ur-Rahman qui a obtenu la majorité au Pakistan oriental, le futur Bangladesh.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Après la guerre civile de 1971 et la séparation du Bangladesh, le président Yahya Khân démissionne et Bhutto lui succède au poste de président de la République, le .

Début 1972, Bhutto nationalise des industries majeures du pays, amorce une réforme agraire et retire le Pakistan du Commonwealth et de l'Otase lorsque le Royaume-Uni et d'autres pays occidentaux reconnaissent le nouvel État bangladais. Il signe l'accord de Simla avec l'Inde qui permet la libération de près de 93 000 prisonniers pakistanais capturés durant la guerre de 1971.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Après le vote par le Parlement de la Constitution de 1973 qui transfère l'essentiel du pouvoir exécutif du président au Premier ministre, Bhutto est élu à ce poste par l'Assemblée nationale. Ainsi, il continue à détenir la réalité du pouvoir.

Durant son mandat, le , le Parlement du Pakistan donne satisfaction aux fondamentalistes musulmans en ajoutant un amendement à la Constitution, déclarant officiellement que les Ahmadis ne sont pas des musulmans[1],[2].

Le , Buhtto est conforté par la victoire du Parti du peuple pakistanais aux élections législatives. Le PPP remporte 58,1 % des voix face à une alliance de neuf partis politiques religieux qui obtient 35,1 % des suffrages.

Coup d'État du 5 juillet 1977 et exécution[modifier | modifier le code]

Pourtant, à l'issue d'une crise politique, Zulfikar Alî Bhutto est renversé et emprisonné par le général Muhammad Zia-ul-Haq, qui impose la loi martiale, le . Le général Zia promet alors une transition militaire temporaire, et il annonce le retour à un pouvoir civil à la suite d'élections prévues en octobre. Zulfikar Alî Bhutto est ainsi rapidement libéré, Zia estimant qu'il sera discrédité lors des élections. Toutefois, Bhutto se lance immédiatement dans une campagne électorale, et est bien accueilli par nombre de partisans dans les provinces du Sind et du Pendjab. L'ancien Premier ministre critique l'opposition et le pouvoir militaire, promettant « justice » pour Zia-ul-Haq. Le 3 septembre, il est alors à nouveau arrêté par les militaires, sous le coup de l'accusation d'un meurtre remontant à 1974 et d'une enquête sur les fraudes électorales de 1977[3]. Zia déclare de plus qu'un nouveau scrutin ne pourra être tenu avant que la justice ne se soit prononcée sur les charges contre Bhutto et ses anciens lieutenants, mettant ainsi un terme à la transition politique promise[4].

Condamné à mort officiellement pour « conspiration de meurtre », il est pendu le [5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Martin E. Marty, R. Scott Appleby, Fundamentalisms and the state : remaking polities, economies, and militance, p. 125, University of Chicago Press, 1996.
  2. (en) Texte de l'amendement constitutionnel du 21 septembre 1974.
  3. Christophe Jaffrelot, Le syndrome pakistanais, Hachette, , 657 p. (ISBN 978-2-213-66170-4).
  4. « 5 juillet 1977 : Renversement du gouvernement de Zulfikar Alî Bhutto au Pakistan », sur Perspective Monde (consulté le 16 novembre 2017).
  5. « La dynastie Bhutto », Le Nouvel Observateur.

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

Denis Hocquet, Zulfikar Ali le premier des Bhutto, Paris, l'Harmattan, 2009 (ISBN 9782296096288).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]