Zouc

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Isabelle von Allmen[1], dite Zouc, est une humoriste suisse née le (66 ans) à Saint-Imier, dans le canton de Berne.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1966, Zouc entre au Conservatoire de Neuchâtel, puis de Lausanne. Elle fait durant cette période un séjour de 18 mois dans un hôpital psychiatrique où elle observe attentivement le milieu et en tire nombre de personnages futurs : malades, personnes âgées, médecins, infirmières, visiteurs, etc. En 1968-1969, elle présente ses premiers numéros dans les cabarets d’été du Centre culturel de Neuchâtel. Un an plus tard, elle s’inscrit à Paris au cours de Tania Balachova, qui formera plus tard, entre autres, Sylvie Joly, Josiane Balasko et Jean-Claude Dreyfus[2].

En , elle joue plusieurs rôles dans Jeux de massacre d’Eugène Ionesco, dans une mise en scène de Jorge Lavelli au théâtre Montparnasse[3]. Engagée par Maurice Alezra au café-théâtre de la Vieille-Grille, elle y donne la première version de ce qui deviendra son spectacle L’Alboum de Zouc. Cette suite de sketches mis en scène par Marika Hodjis, la révéleront au grand public. Elle y interprète une série de personnages, en partie issus de ses observations en hôpital psychiatrique[3]. Roger Montandon, peintre suisse ami de Giacometti, qu’elle avait rencontré en Suisse au cours de son adolescence et qui apprécie ses spectacles, deviendra par la suite son metteur en scène[4].

En 1971, Zouc rejoint l’Opéra de Lyon pour y interpréter la Huppe dans L’Opéra des oiseaux, création collective inspirée très librement des Oiseaux d’Aristophane[3].

En 1972, elle présente son Alboum au théâtre de l'Atelier et l’année suivante au Vieux-Colombier. En 1974, elle adapte son spectacle pour la télévision. Entre 1976 et 1979, Zouc présente son nouveau spectacle R’alboum joué au théâtre de la Ville à Paris, puis en tournée à travers la France, la Belgique, la Suisse, le Maroc et le Canada. La même année paraît un recueil d’entretiens avec le romancier Hervé Guibert. En 1981, elle enregistre à Bobino pour le cinéma le spectacle Le Dernier Râle du r'alboum, réalisé par le cinéaste suisse Yves Yersin.

En 1984, elle tourne aux côtés de Pierre Dux, dans Monsieur Abel de Jacques Doillon, un de ses rôles marquants à la télévision[3]. Elle joue ensuite Zouc à l’école des femmes au théâtre de Paris, plus de deux cents fois entre 1984 et 1985 ; puis de 1987 à 1989 Zouc au Bataclan, série de sketchs qui font la part belle au « mime avec paroles »[5]. La même année, elle tient le rôle de la Magicienne dans le clip vidéo de Mylène Farmer Sans contrefaçon, réalisé par Laurent Boutonnat.

Sa carrière au cinéma est marquée par des rôles dans des films de Michel Drach (Parlez-moi d’amour, 1975), William Klein (Le Couple témoin, 1975) et Fabrice Cazeneuve (Trois années, 1990). Sa dernière apparition cinématographique, en 1993, sera pour le film Roi blanc, dame rouge, de Sergueï Bodrov.

Des problèmes de santé la contraignent à interrompre ses créations. Opérée en 1997 d’un cancer du sternum à l’hôpital Marie-Lannelongue du Plessis-Robinson, elle contracte au bloc opératoire une infection nosocomiale (staphylocoques dorés multirésistants). Neuf interventions sont nécessaires, la dernière réalisée à l’hôpital de la Croix Saint-Simon de Paris la sauvant, mais la laissant handicapée à vie. La nuit sous assistance respiratoire, le jour sous morphine, physiquement très diminuée, elle réapprend à vivre lentement[6],[7].

Le 1er septembre 2015, elle fait néanmoins une apparition remarquée au Noirmont pour recevoir le prix des Arts, des Lettres et des Sciences décerné par la République et Canton du Jura, en reconnaissance de « la marque indélébile que son œuvre a laissée sur le monde de la scène francophone »[8],[9],[5],[10]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • « Dès 1970, Zouc […] a inventé une nouvelle façon de faire rire, aux antipodes de la blague et de la vanne. » Jean-Michel Ribes[11].
  • « Cette grande dame possède une force inouïe. Elle a un sens de l’humanité indépassable. » François Morel
  • « Elle était celle qui accouche chaque soir sur scène d’une humanité. » Michel Thentz (président du gouvernement jurassien).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Reprises[modifier | modifier le code]

D’octobre à décembre 2006, Nathalie Baye a interprété à Lausanne et à Paris Zouc par Zouc, un monologue basé sur les entretiens de Zouc avec Hervé Guibert en 1974. Le spectacle, qui devait se poursuivre en tournée en 2008, est finalement annulé.

Rufus a également repris une partie de ses textes en spectacle et CD.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Von Allmen » signifie « pâturages alpestres » en suisse allemand. Les premiers von Allmen dans le canton de Berne semblent en effet avoir habité les montagnes au-dessus de Lauterbrunnen (Arbre généalogique des Von Allmen).
  2. Chiflet 2012, p. 292-293.
  3. a, b, c et d Villien et al. 2013, p. 4721.
  4. « Zouc explose à la Vieille Grille », sur Centre Culturel Suisse à Paris
  5. a, b et c David Moginier, Zouc quitte sa retraite pour recevoir le Prix des Arts », Tribune de Genève, 2 septembre 2015.
  6. L'humoriste Zouc réclame justice, L’Express no 3003, 22 janvier 2009, p. 77.
  7. « Très chère Zouc »,Le Nouvel Observateur, 13 octobre 2010.
  8. a et b « Zouc reçoit le Prix des Arts, des Lettres et des Sciences 2015 » sur le site de la République et Canton du Jura, 1er septembre 2015.
  9. Serge Jubin, « Le Jura honore Zouc, retrouvée vingt ans après », Le Temps, 1er septembre 2015.
  10. Olivier Perrin, « Et soudain Zouc est réapparue », Le Temps, 2 septembre 2015.
  11. « Paris », Le Rire de résistance, Beaux-Arts, 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par date de parution.

Sur la base d’un entretien de 1974.

Liens externes[modifier | modifier le code]