Aire protégée

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Une aire protégée (AP) (de l'anglais protected area, PA) est, selon la définition de l'UICN, « un espace géographique clairement défini, reconnu, dédié et géré, par des moyens légaux ou autres, afin de favoriser la conservation à long-terme de la nature et des services écosystémiques et des valeurs culturelles qui y sont liés »[1].

Terminologie[modifier | modifier le code]

En français, le terme "d'espace protégé"[2] ou "d'espace naturel protégé"[3] remplace parfois dans le langage le terme officiel "d'aire protégée".

On parle d'aire marine protégée (AMP) quand l'espace géographique bénéficiant d'un statut de protection comprend en majorité ou en totalité une zone marine. En 2000, 4 600 aires marines protégées dans le monde couvraient 0,6 % de la surface des océans, contre 9 % des surfaces terrestres[4]. Selon Daniel Pauly, en 2009, cette surface a augmenté, mais ne couvrirait qu'environ 0,8 % de l'océan. Et seul 1/10e environ de ces 0,8 % environ est réellement et efficacement protégé. La croissance de la superficie classée en AMP n'est que de 5 % par an, il faudra donc attendre à ce rythme 15 ans pour espérer un doublement de la surface théoriquement protégée.

On parle d'aire protégée transfrontalière lorsque l'espace géographique protégé agrège et assure un continuum d'aires protégées de part et d'autre des frontières de plusieurs pays (en général cet espace existe formellement au travers d'un accord international qui définit des règles coordonnées de gestion entre les aires protégées nationales agrégées).

Histoire et vue globale[modifier | modifier le code]

La toute première aire protégée du monde daterait de l'an 200, au Sri Lanka, le roi Devanampiya Tissa ayant établi un sanctuaire de la vie sauvage[5]. À l'ère moderne, l'un des premiers parcs nationaux est celui du Yellowstone créé en 1872 aux États-Unis, bien qu'un décret de 1864 conférait aussi une protection au parc national de Yosemite (premier parc régional).

Une aire protégée est un outil essentiel au maintien des espaces naturels et donc à la conservation de la biodiversité qu’ils abritent. Des études montrent néanmoins que différents critères de taille, nombre et bonne gouvernance doivent être réunis pour que la protection soit effective. Selon une étude publiée en 2015[6] : à contexte socio-économique comparable, l'accent mis par un pays sur la mise en œuvre de réserves en visant un haut degré de protection sera prédicteur de moindres risques de déclin de la biodiversité dans ces zones protégées si la proportion d'aires protégées de Catégorie I-IV de l'UICN est élevée dans les réseaux d'aires protégées du pays. Cette étude suggère que les politiques de niveau national peuvent considérablement influer sur le sort de la biodiversité en zone tropicale[6].

En 1992, plusieurs États ont adopté la Convention sur la diversité biologique lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro. L’article 8 de cette convention encourage les États parties à la convention à développer un réseau d’aires protégées dans les espaces sous leur juridiction (Plusieurs pays n’ont cependant jamais signé ou ratifié la convention sur la diversité biologique, comme les États-Unis ou le Vatican par exemple). La dixième conférence des États parties à la convention qui s’est tenue à Nagoya au Japon en octobre 2010, a adopté un Plan stratégique révisé et actualisé pour la diversité biologique pour la période 2011-2020, incluant les Objectifs d'Aichi pour la biodiversité.

L’objectif 11 d’Aïchi a fixé un but chiffré de création d’aires protégées qui guide l’action des institutions chargées de la création et de la gestion d’aires protégées dans tous les États parties. C’est également cet objectif qui guide les appuis aux pays en développement pour le renforcement de leur réseau d’aires protégées. L’objectif mondial actuel est donc d’atteindre au moins 17 % des zones terrestres et d’eaux intérieures (Hors Antarctique) et 10 % des zones marines et côtières sous statut d’aire protégée à l’horizon 2020. Cela représente respectivement 22 755 906 km2 d’espaces terrestres et d’eaux intérieures et 37 500 000 km2 d’espaces marins et côtiers.

Aujourd'hui, « un peu plus de 100 000 sites terrestres et marins sont concernés couvrant à peu près 19 millions de km², soit l’équivalent de la surface combinée des États-Unis continentaux et du Canada[7]. ». Depuis 1973, leur superficie a été multipliée par quatre[7].

Une cartographie mondiale des aires protégées peut être consultée sur le site anglophone "Planète protégée" [8] de l'UICN et du PNUE.

Aires protégées dans le monde[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de classification international d'une aire protégée, et une même dénomination peut recouvrir des critères de protection (réglementation, degré de protection, objectif, surface, gestionnaire...) différents selon les pays. Certains sites sont cependant communs à plusieurs pays, parce qu'ils sont issues de conventions internationales (comme la Convention de Ramsar), ou de directives européennes ou internationales (comme la directive habitats). L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a défini des catégories numérotées de 1 à 6, qui peuvent caractériser chaque aire protégée suivant l'intensité de la protection (de 1 : protection totale à 6 : gestion des activités humaines dans un objectif de gestion, restauration et protection).

Catégorie UICN Caractéristiques et objectifs de gestion Exemple d'aire protégée
Ia Réserve Naturelle Intégrale : aire protégée gérée principalement à des fins scientifiques ou de protection des ressources sauvages Le parc national suisse, les réserves écologiques du Québec, le Lauvitel (au sein du parc national des Écrins) en France
Ib Zone de Nature sauvage : aire protégée gérée principalement à des fins de protection des ressources sauvages ...
II Parc national : aire protégée gérée principalement dans le but de protéger les écosystèmes et à des fins récréatives Les cœurs de 9 des 10 parcs nationaux français
III Monument naturel : aire protégée gérée principalement dans le but de préserver des éléments naturels spécifiques La zone naturelle unique de Los Estoraques en Colombie ou la réserve naturelle géologique du Luberon (au sein du parc naturel régional du Luberon) en France
IV Aire de gestion des habitats ou des espèces : aire protégée gérée principalement à des fins de conservation, avec intervention au niveau de la gestion La réserve naturelle de Popenguine au Sénégal, les dunes du Cap Ferret ou la forêt de Chambord en France
V Paysage terrestre ou marin protégé : aire protégée gérée principalement dans le but d'assurer la conservation de paysages terrestres ou marins et à des fins récréatives La chaîne de montagne Wuyi Shan en Chine, les parcs naturels régionaux de France, le parc national des Cévennes et les aires optimales d'adhésion des parcs nationaux français.
VI Aire Protégée de ressources naturelles gérée : aire protégée gérée principalement à des fins d'utilisation durable des écosystèmes naturels Le parc national marin d'Alonissos en Grèce

Le concept a été généralisé par la Convention sur la diversité biologique (CDB), qui recommande de protéger par des mesures spécifiques les zones marines et côtières particulièrement menacées, mais la plupart des conventions régionales pour la protection de l'environnement marin (OSPAR, Convention de Barcelone, etc.) préconisent la création de telles zones de protection.

En Europe[modifier | modifier le code]

En Europe, les directives Oiseaux et Habitats sont à l'origine de la constitution d'un réseau d'aires protégées désignées par les états membres et formant le Réseau Natura 2000.

Drapeau de la Belgique Belgique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées en Belgique.

En Belgique, outre la conservation de la nature est une matière traitée par les régions. Outre les sites créés pour répondre aux directives Natura 2000, chacune des trois régions a créé diverses catégories d'aires protégées sur son territoire respectif: réserve naturelle, réserve forestière, parc naturel, paysages régionaux...

Drapeau de la Bulgarie Bulgarie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées de Bulgarie.

Les aires protégées de Bulgarie sont au nombre de 69. Ainsi, on dénombre 3 parcs nationaux, 11 parcs naturels et 55 réserves naturelles.

Drapeau de l'Espagne Espagne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées en Espagne.

L'Espagne compte 4 types d'aires protégées différentes reconnues nationalement : parcs (nationaux), réserves naturelles, monuments naturels et paysages protégées. Il existe par ailleurs des sites dépendant des autorités régionales, comme aires naturelles d'intérêt spécial (es) reconnues par le gouvernement des Îles Baléares.

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire protégée de France.

En dehors des statuts internationaux, la création d’une aire protégée en France peut relever de trois échelons administratifs différents, du plus global au plus local et revêt une vaste variété de dénomination (parfois critiqué sous le nom de "Mille-feuille administratif" [9]). Les aires protégées profitant de l'une ou l'autre de ces réglementation peuvent se chevaucher pour tout ou partie.

Au niveau national, la désignation des sites se fait au niveau ministériel (ou par délégation, par les entités déconcentrées), pour les Parcs Nationaux, Parcs Naturels marins, Réserves nationales de chasse et de faune sauvage, Réserves Naturelles Nationales, sites classés ou inscrits... ou par un organisme public dédié comme le Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres. La gestion de ces sites se fait de manière très variable, que ce soit "en propre" pour les Parcs (nationaux ou marins), par un organisme public (l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ou autres établissements publics comme des syndicats mixtes), ou par une association de protection de l'environnement.

À l'échelle régionale, les collectivités peuvent mettre en place des Parc naturels régionaux, ayant essentiellement un objectif de développement durable et de maintient de la "ruralité", et s'appuient aussi sur les Réserve naturelle régionales et Corse, souvent mise en place et gérées par des associations (anciennes "réserves naturelles volontaires"), et sur les Conservatoire d'espaces naturels, responsables de sites naturels privés et publics.

Le Département peut appuyer sa politique d'aires protégées sur la participation à la trame verte et bleue au travers des Espaces naturels sensibles.

Drapeau de la Hongrie Hongrie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées de Hongrie.

La Hongrie compte 10 parcs nationaux, 145 réserves naturelles et 35 aires protégées.

Drapeau de la Moldavie Moldavie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées de Moldavie.

Les aires naturelles protégées de la République de Moldavie couvrent une superficie de 1 650 km2, soit 5% du territoire du pays en 2013.

Drapeau de la Serbie Serbie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées de Serbie.

Les aires naturelles protégées de Serbie couvrent une superficie de 5 443 km2, soit environ 6 % du territoire du pays.

Drapeau de la Suisse Suisse[modifier | modifier le code]

Parc d'importance nationale (Parc national et Parc naturel régional), Réserve naturelle.

En Amérique[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Argentine Argentine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées en Argentine.

L'Argentine compte plusieurs catégories d'aires protégées définies nationalement (parcs, réserves, monuments naturels...), directement gérées par une administration nationale, et de nombreuses aires protégées dépendant des provinces, municipalités, associations de protection de l'environnement, voire entreprises privées.

Drapeau du Brésil Brésil[modifier | modifier le code]

Selon la définition utilisée, il peut s'agir de : "Unidades de conservação da natueza" (loi 9985/2000, qui régit l'art. 9, VI de la loi 6938/81), "sítios de remanescentes de quilombos" et "territórios indigenas", "áreas de preservação permanentes" (loi 4771/65, Code Forestier brésilien) et "áreas tombadas" pour sa valeur écologique.

Drapeau du Canada Canada[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire protégée du Canada.
Drapeau : Québec Québec[modifier | modifier le code]
Article connexe : Parcs nationaux du Québec.

Drapeau de la Colombie Colombie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées en Colombie.

Les aires protégées de Colombie sont gérées par le Sistema Nacional de Áreas Protegidas ou SINAP (en français Système National de Zones Protégées).

Drapeau du Pérou Pérou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées du Pérou.

Au Pérou, le Servicio Nacional de Áreas Naturales Protegidas por el Estado (SERNANP)[10] gère 63 aires protégées (soit 14 % environ)[11], dont 8 parcs nationaux, 11 sanctuaires nationaux et historiques, et 8 réserves nationales. En parallèle, certaines aires protégées sont gérées directement par des administrations locales (Áreas de Conservation Regional) ou par des associations de protection de la nature (Áreas de Conservación Privada). La loi péruvienne prévoit également des "zones de réserves", possédant un statut temporairement jusqu'à leur classement officiel dans l'une ou l'autre des catégories.

En Asie[modifier | modifier le code]

Drapeau de la République populaire de Chine Chine[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Inde Inde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées d'Inde.

Drapeau de l'Indonésie Indonésie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Parcs nationaux d'Indonésie.

Drapeau du Japon Japon[modifier | modifier le code]

Article connexe : Parcs nationaux du Japon.

Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Mongolie Mongolie[modifier | modifier le code]

Drapeau du Népal Népal[modifier | modifier le code]

Drapeau du Pakistan Pakistan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées du Pakistan.

Il y a actuellement 157 aires protégées au Pakistan qui sont reconnues par l'UICN.

Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées du Sri Lanka.

Au Sri Lanka, le Département de la conservation des forêts gère les aires protégées définies dans le « National Heritage Wilderness Area Act » de 1988, à savoir les réserves forestières et les forêts gérées durablement[12] et le Département de la conservation de la vie sauvage s'occupe des réserves naturelles, parc nationaux, corridors forestiers et sanctuaires définis par le « Flora and Fauna Protection Ordinance ». Le pays compte 501 aires protégées en 2009[13].

Drapeau du Yémen Yémen[modifier | modifier le code]

En Afrique[modifier | modifier le code]

Drapeau du Botswana Botswana[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées du Botswana.

Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso[modifier | modifier le code]

Drapeau du Burundi Burundi[modifier | modifier le code]

Drapeau du Cameroun Cameroun[modifier | modifier le code]

Au Cameroun, la première aire protégée est créée en 1932, sous l'administration française. La création d'aires protégée est en augmentation depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992[14]. Elles sont réparties en 3 catégories: réserves naturelles, parcs nationaux (parfois d'anciennes réserves dont la dénomination a changé), et sanctuaires.

Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

En Côte d'Ivoire, les aires protégées sont définies nationalement par le ministère de l'environnement et du cadre de vie, responsable des parcs nationaux et des réserves naturelle, et le ministère de l'environnement et des forêts, responsable des forêts classées.

Drapeau du Kenya Kenya[modifier | modifier le code]

Drapeau du Mali Mali[modifier | modifier le code]

Drapeau de la Mauritanie Mauritanie[modifier | modifier le code]

La Mauritanie compte uniquement deux parcs nationaux: le Parc national du Diawling et le Parc national du Banc d'Arguin

Drapeau de la Namibie Namibie[modifier | modifier le code]

Drapeau du Niger Niger[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aires protégées du Niger.

Le gouvernement nigérien désigne les aires protégées de son pays, gérées ensuite par la "Direction de l'Environnement", bureau du Ministère de l'Hydrologie et de l'Environnement[15]. En parallèle certains sites sont reconnus par des programmes ou des conventions internationales.

Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine[modifier | modifier le code]

Drapeau du Sénégal Sénégal[modifier | modifier le code]

Le Sénégal compte 6 Parc nationaux, de réserves naturelles ou de faune sauvages, et a la particularité de désigner des aires marines protégées comme une désignation à part entière. Plusieurs forêts sont également classées.

Drapeau des Seychelles Seychelles[modifier | modifier le code]

Les Seychelles ont désigné des réserves naturelles, des parcs nationaux terrestres et des parcs nationaux marins. 4 sites sont considérés par ailleurs comme des "réserves spéciales", typologie associée aux parcs nationaux[16].

Drapeau de la Tanzanie Tanzanie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aire protégée de Tanzanie.

Typologie des aires protégées[modifier | modifier le code]

Comme écrit plus haut, bien qu'un même type d'aires protégé puisse recouvrir des réalités différentes selon les pays, la même terminologie est souvent utilisée.

Intérêts et limites[modifier | modifier le code]

Intérêts : À condition qu'elles soient suffisamment grandes et judicieusement placées[17], et qu'on lutte aussi contre la dégradation générale de l'océan, les réserves sous marines et aires marines protégées présentent plusieurs intérêts :

  • intérêt écologique (protection et restauration du patrimoine naturel), et gestion restauratoire le cas échéant ;
  • intérêt touristique ;
  • intérêt culturel et pédagogique (via la plongée sous-marine, les études, films et images diffusés par les médias, les bateaux avec chambre de vision sous-marine...).
  • intérêt culturel ;
  • intérêt agricole et industriel (réserve de gènes potentiellement utiles) ;
  • intérêt économique des aménités et services écosystèmiques rendus par les zones protégés ; en 2008, le CREDOC a fait en France, sur demande de l’établissement public Parcs nationaux de France (PNF), une revue documentaire de 100 travaux scientifiques avec mise en perspective critique des différentes méthodologies existantes pour appréhender la valeur économique et sociale des espaces naturels protégés[18].

Limites : Il ne suffit pas de protéger certains territoires pour restaurer ou même maintenir la biodiversité ; Ainsi :

  • aux États-Unis le système des aires protégées est l’un des plus anciens et parmi les plus sophistiqués au monde[19], mais au vu des données disponibles sur la biodiversité potentielle et actuelle du pays, si ces aires protègent indéniablement des paysages exceptionnellement sauvages (Wilderness)[20], elles sont géographiquement mal situées et ne couvrent pas assez les espèces endémiques (les aires protégées de ce pays couvrent de vastes surfaces, mais leur configuration géographique est presque à l'opposé des modèles d'endémisme du pays[19] ; « la plupart des aires protégées sont dans l'Ouest, alors que les espèces vulnérables sont en grande partie dans le Sud-Est »). Une carte des nouvelles priorités a été dressée pour plusieurs taxons menacés (vertébrés terrestres, poissons d'eau douce, et arbres) ; elle désigne aussi des zones méritant une attention immédiate de conservation (dont la propriété foncière est publique ou privée)[19],[21].
  • en Europe, le réseau Natura 2000, construit par les États à la demande de l'Europe est dans certains pays très incomplet ; les États ayant souvent classé des espaces quand cela était socioéconomiquement le plus acceptable plutôt que selon des priorités environnementales. Certains auteurs insistent sur le besoin de s'appuyer sur des données socio-économiques pour faire de la prospective en matière de conservation de la nature[22]
  • il faut aussi que les espèces qui devraient naturellement le faire puissent aussi se déplacer d'une aire à l'autre, ce pourquoi un nombre croissant de pays ont développé un réseau écologique souvent dénommé trame verte.
  • l'achat de terrain à fin de protection de la biodiversité est souvent insuffisant et a parfois des effets pervers[23]

On cherche donc aussi à redessiner les périmètres d'aires protégées pour assurer la restauration puis la continuité des services écosystémiques les plus importants pour l'humanité et la biodiversité[24], mais ceci demande qu'ils soient mieux connus et évalués.

Réglementations[modifier | modifier le code]

Elles varient selon les zones concernées et les États, de même que les moyens et autorités de surveillance. Elles sont établies par les autorités compétentes, nationales, régionales ou locales selon les cas. Elles peuvent évoluer pour s'adapter à de nouveaux problèmes (dont les quads et engins nautiques). Par exemple les scooters des mers ont récemment été interdits par décret[25].

Accessibilité au public[modifier | modifier le code]

L'essentiel des aires protégées est accessible au public, parfois au prix de leur dégradation.

En 2014 les aires naturelles protégées du monde ont reçu plus de 8 milliards de visiteurs dans l'année, soit environ 600 milliards $ de dépenses touristiques dans la période ; un gain économique qui dépasse de loin les moins de 10 milliards $ consacrés à la sauvegarde de ces sites chaque année dans le monde[26].
Ce calcul est une extrapolation à 140 000 aires protégées (en tenant compte de leur taille, leur éloignement, du PIB national, etc.) de données évaluées pour 550 sites ; Le modèle créé par cette étude peut aussi faire des prédictions sur les taux de visite (qui devraient encore augmenter… alors que déjà des problèmes critiques de surfréquentation existent pour de divers sites)[26]. Les taux de visite sont les plus élevés (>trois milliards de visites/an) en Amérique du Nord où les aires protégées le sont souvent depuis plus d’un siècle[26]. Ils sont les plus bas en Afrique, où de nombreux pays sont à moins de 100 000 visites/an[26].

Les auteurs estiment que les dépenses mondiales pour les aires protégées sont « manifestement insuffisantes » (il leur faudrait 4 fois plus de budget selon le Dr Robin Naidoo du World Wildlife Fund), notamment pour limiter et compenser les effets du dérangement sur la dégradation des services écosystémiques (dont la valeur est incalculable) dans ces régions[26].

Selon un modèle proche de celui de la tragédie des communs, plus on aménage une aire protégée par le public, plus le public peut y affluer, au détriment de la naturalité du site et parfois de la possibilité d'y protéger les espèces qui constituent l'écosystème que ce public veut venir découvrir[26] ; Il faudrait aussi protéger les réserves naturelles de leurs visiteurs suggère un commentateur de l'étude qui rappele que « les aires protégées sont protégées en raison de leurs capacités limitées à résister, absorber ou soutenir l'activité économique sans subir un changement qualitatif fondamental. des caractéristiques semi-quantifiables comme la naturalité, l'éloignement, l'intégrité et l'authenticité sont difficiles à maintenir et impossible à remplacer. Cette inélasticité doit être pris en compte dans toute évaluation de leur valeur économique »[26].

Surveillance[modifier | modifier le code]

Les aires protégées nécessitent des dispositifs de surveillance du respect des lois et règlements, et de monitoring de l'environnement.
Ils s'appuient de plus en plus sur l'imagerie satellitale et aérienne, associée à l'utilisation de SIG et d'analyse de la structure écopaysagère, notamment dans les zones difficilement accessibles, notamment pour l'étude et le suivi de la fragmentation, des incendies, de l'orpaillage, etc.[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition de l'UICN
  2. https://inpn.mnhn.fr/programme/espaces-proteges/presentation
  3. http://enplr.org/spip.php?rubrique2
  4. Jean-Michel Cousteau et Philippe Vallette, Atlas de l'océan mondial, éd. Autrement, , p. 50
  5. (en) site de la Sri Lanka Wildlife Conservation Society
  6. a et b Bradshaw, Corey J.A., Ian Craigie, and William F. Laurance. 2015. "National emphasis on high-level protection reduces risk of biodiversity decline in tropical forest reserves." Biological Conservation 190, 115-122. Academic Search Complete, EBSCOhost (accessed November 21, 2015)
  7. a et b Philippe Descola, A qui appartient la nature ?, La Vie des idées, 21 janvier 2008
  8. (en) [http:// http://www.protectedplanet.net/# Protected planet]
  9. http://www.supagro.fr/ress-tice/aten_uved/module_theorique/co/categories_enp.html
  10. (es) « Quiénes somos », sur Servicio Nacional de Áreas Naturales Protegidas por el Estado (consulté le 21 avril 2016)
  11. Iperú, information et assistance au touriste, Zones Naturelles Protégées
  12. P. M. Senarathna, Sri Lankawe Wananthara, Sarasavi Publishers, (ISBN 9789555734011), p. 13–17
  13. (en) « Biodiversity and Protected Areas - Sri Lanka », biodiversityhotspots.org, EarthTrends (consulté le 21 avril 2009)
  14. http://www.cartesia.org/geodoc/icc2005/pdf/oral/TEMA10/Session%206/TCHINDJANG%20MESMIN%202.pdf
  15. Niger Conservation, African Bird Club, African Birding Resources (2005-2008).
  16. http://faolex.fao.org/docs/pdf/sey67928.pdf
  17. Stephen R. Palumbi ; Marine reserves and ocean neighborhoods: The Spatial Scale of Marine Populations and Their Management; Annu. Rev. Environ. Resour. 2004. 29:31–68 ; doi: 10.1146/annurev.energy.29.062403.102254
  18. Maresca B., Poquet G., Picard R., Dujin A., Fournier E., Mordret X., 2008, Les retombées économiques et les aménités des espaces naturels protégés, étude conduite par le CREDOC à la demande de Parcs nationaux de France.
  19. a, b et c Jenkins, C. N., Van Houtan, K. S., Pimm, S. L., & Sexton, J. O. (2015). « US protected lands mismatch biodiversity priorities ». Proceedings of the National Academy of Sciences, 201418034 content/early/2015/04/01/1418034112.full.pdf
  20. Mittermeier, R. A., Mittermeier, C. G., Brooks, T. M., Pilgrim, J. D., Konstant, W. R., Da Fonseca, G. A., & Kormos, C. (2003). Wilderness and biodiversity conservation. Proceedings of the National Academy of Sciences, 100(18), 10309-10313.
  21. PNAS (2015) Priorities for biodiversity protection in the United States ; Designated protected land areas within the United States currently fail to adequately protect the natural ranges of species vulnerable to development and habitat loss, according to a study.
  22. Polasky, S. (2008). Why conservation planning needs socioeconomic data. Proceedings of the National Academy of Sciences, 105(18), 6505-6506.
  23. Armsworth, P. R., Daily, G. C., Kareiva, P., & Sanchirico, J. N. (2006) Land market feedbacks can undermine biodiversity conservation. Proceedings of the National Academy of Sciences, 103(14), 5403-5408. (http://www.pnas.org/content/103/14/5403.short résumé])
  24. Naidoo, R., Balmford, A., Costanza, R., Fisher, B., Green, R. E., Lehner, B.... & Ricketts, T. H. (2008). Global mapping of ecosystem services and conservation priorities. Proceedings of the National Academy of Sciences, 105(28), 9495-9500.
  25. Le Journal de la Réserve naturelle nationale de Saint-Martin, avril 08
  26. a, b, c, d, e, f et g Andrew Balmford, Jonathan M. H. Green, Michael Anderson, James Beresford, Charles Huang, Robin Naidoo, Matt Walpole and Andrea Manica (2015) ; Walk on the Wild Side: Estimating the Global Magnitude of Visits to Protected Areas; PLOS Biology, 2015; 13 (2): e1002074 DOI: 10.1371/journal.pbio.1002074.
  27. Darla K. Munroe, Harini Nagendra, Jane Southworth, Monitoring landscape fragmentation in an inaccessible mountain area: Celaque National Park, Western Honduras ; Landscape and Urban Planning, Volume 83, Issues 2–3, 19 November 2007, Pages 154-167 (Résumé)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Sébastien Mabile(2004) « Les aires marines protégées en Méditerranée ; Outils d’un développement durable » ; Thèse de doctorat en droit Soutenue le 22 juin 2004 (Université Aix Marseille III – Paul Cézanne ; Faculté de droit et de science politique)
  • (en) Robert I. McDonald, Timothy M. Boucher, Global development and the future of the protected area strategy ; Biological Conservation, Volume 144, Issue 1, January 2011, Pages 383-392
  • (en) Clinton N. Jenkins, Lucas Joppa, Expansion of the global terrestrial protected area system, Biological Conservation, Volume 142, Issue 10, October 2009, Pages 2166-2174
  • (en) Ruth DeFries, Krithi K. Karanth, Sajid Pareeth, Interactions between protected areas and their surroundings in human-dominated tropical landscapes ; Biological Conservation, Volume 143, Issue 12, December 2010, Pages 2870-2880
  • (en) O'Riordan, Tim (2008) Learning from Success and Failure in the Management of Protected Areas ; GAIA - Ecological Perspectives for Science and Society, Volume 17, Supplément 1, March 2008, pp.; Ed : oekom verlag, p. 81-81(1)
  • (en) Gabriel, Sigmar, Protected Areas, Biodiversity, and Sustainable Development p. 84-85(2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]