Zincographie

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Une vue de Kiev imprimée en zincographie (1870-1880).

La zincographie est un procédé d'impression fondé sur les mêmes principes que la lithographie. La « lithographie sur zinc » est utilisée comme expression synonyme.

La zincogravure est une série de techniques d'impression à usage industriel qui découle de ce procédé : d'abord employée comme synonyme de « gillotage » (1850-1851), puis, lorsque la similigravure s'est étendue, le terme s'est appliqué à tous les procédés faisant appel au zinc pour produire un cliché à surface lisse.

Principe[modifier | modifier le code]

L'intérêt d'utiliser du zinc est triple : la forme est moins couteuse, moins volumineuse et permet d'accroître la surface gravée. Un quatrième bénéfice apparut au tournant des années 1870 : ductile, le zinc permit de concevoir des plaques cintrées destinées à l'impression sur rotative.

L'invention de la technique est attribuée à Aloys Senefelder, l'inventeur de la lithographie qui aurait remplacé la pierre calcaire bavaroise à grain très fin par, entre autres, une plaque de zinc dans les années 1813-1818[1]. Le procédé est identique et fondé sur l'incompatibilité entre l'encre grasse et l'eau. La plaque neuve ne se mouille pas, si on répand de l'eau dessus, elle forme des gouttes ; mais on peut y reporter le dessin au crayon gras ou à l'encre grasse. On traite la plaque pour qu'elle mouille, c'est-à-dire que l'eau forme à sa surface un film uniforme. Les parties que protége le dessin ne vont pas recevoir ce traitement. Pour imprimer, on passe un rouleau humide sur la plaque ; l'eau n'adhère pas à ces parties. On passe ensuite le rouleau d'encre grasse : elle n'adhère pas où le support est mouillé. Quand on presse fortement la plaque sur le papier, celui-ci absorbe l'encre, qui y reporte le dessin.

Toutefois, les premiers essais concluant d'impression dateraient des années 1820. Un certain Claude-Joseph Breugnot[2] (1782-?), militaire et ingénieur géographe, le développa dès 1819 après une formation reçue à Strasbourg chez Senefelder, et l'appliqua à Paris, passage Colbert, d'abord à l'impression des grandes cartes géographiques, pour lesquelles les pierres lithographiques étaient de surface insuffisante. Alfred Lemercier indique qu'il déposa le brevet en 1834 d'une technique d'impression de cartes géographiques à partir de large plaque en zinc, procédé qu'il appelle « géorama ». À partir de 1837, Breugnot revend son procédé à Eugène-Florent Kaeppelin (1805-?) qui développe son activité sur Paris en produisant pour le ministère de la Guerre des cartes topographiques, et par ailleurs des planches d'histoire naturelle et des dessins. Le graveur Karl Girardet officia sur zinc. Dans les années 1860-1890, l'atelier des frères Monrocq est, sur Paris, particulièrement reconnu (affiches, estampes, cartes, étiquettes, vignettes pour la presse) : Léon Monrocq produit un traité qui fut réédité jusque dans les années 1920. Pour les affiches, grâce à ce procédé, les formats sont multipliés par deux à quatre.

La photozincographie se développe sur le plan industriel à partir des années 1850. Ce procédé permet de reporter une image photographique sur une plaque en zinc. Il entra en concurrence avec la photoglyptie (ou woodburytypie) et permet la similigravure.

En 1879, grâce au constructeur Henri Voirin (1827-1887) qui est l'un des premiers à utiliser le caoutchouc sur un cylindre encreur, l'imprimeur et homme de presse Hippolyte Marinoni a l'idée d'installer sur l'une de ses presses à rotative un cylindre recevant une plaque de zinc cintrée, innovation qui annonce les futurs évolutions devant conduire à l'offset, qui n'est autre que la zincographie rotative augmentée d'un blanchet en caoutchouc qui reporte l'image de la plaque encrée sur le papier.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tels sont les propos du neveu de Senefelder, Edouard Knecht, dans son Nouveau manuel complet du dessinateur et de l'imprimeur lithographe, traduit en français en 1867 à la Librairie encyclopédique de Roret - Chapitre « Zincographie », p. 270 et suiv.
  2. On trouve parfois écrit improprement « Brugnot » et « Brugnet ».