Zeta Ursae Majoris

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Zeta Ursae Majoris
(ζ UMa / ζ Ursae Majoris)
Description de l'image Ursa major star name.png.
Données d'observation
(époque J2000.0)
Ascension droite 13h 23m 55,5s
Déclinaison +54° 55′ 31″
Constellation Grande Ourse
Magnitude apparente +2,23

Localisation dans la constellation : Grande Ourse

(Voir situation dans la constellation : Grande Ourse)
Caractéristiques
Type spectral A2V / A2V / A1V
Indice U-B 0,09
Indice B-V 0,13
Astrométrie
Vitesse radiale −9 km/s
Mouvement propre μα = 121,23 mas/a
μδ = −22,01 mas/a
Parallaxe 41,73 ± 0,61 mas
Distance 78 ± 1 al
(24 ± 0,4 pc)
Magnitude absolue 0,33

Désignations

Mizat, Mirza, Mitsar, 79 UMa (Flamsteed), BD+55°1598, HIP 65378, CCDM J13240 +5456, WDS J13239 +5456, ADS 8891[1]

ζ1 UMa : HR 5054, HD 116656, GJ 3783, FK5 497, SAO 28737[2]

ζ2 UMa : HR 5055, HD 116657, GJ 3784, SAO 28738[3]

Zeta Ursae Majoris (en abrégé ζ UMa ; en français Zêta de la Grande Ourse) est une étoile multiple de la constellation de la Grande Ourse et est la seconde étoile à partir de la fin du Chariot.

Nomenclature, histoire et mythologie[modifier | modifier le code]

Mizar est le nom à présent approuvé par l’Union astronomique internationale (UAI)[4]. Le nom provient de l’arabe مراقّ الدبّ الأكبر Marāqq al-Dubb al-Akbar (« le Bas-ventre du Grand Ours »), qui s’inscrit dans le cadre de la représentation grecque reprise par astronomes arabes au IXe siècle pour l’étoile β UMa[5]. Arriver de ce nom à Mizar résulte de la combinaison de deux phénomènes. Le premier est une explication erronée du philologue Joseph Juste Scaliger (1579) qui voit de façon curieuse dans le terme mirac utilisé par Gérard de Crémone pour décrire la situation de cette étoile[6], l’arabe مئزار mi’zar, « vêtement »[7], ce qui est repris comme autre nom de ε UMa , à côté Mirach dans l’Uranometria de Johann Bayer (1603) [8]. Le second est le déplacement injustifié de ce nom vers ζ UMa par Johann Elert Bode dans son Uranographia (1801)[9]. C’est après lui pour ζ UMa que ce nom qui passe dans les catalogues du XIXe siècle et, relevé par Richard Hinckley Allen[10], il finit par s’imposer au détriment des autres formes[11],[12].

Dans le ciel mésopotamien, cette étoile était appelée zarû (« le timon »), comme des nombreux emblèmes de Marduk[13],[14]. Cette étoile fait partie de la la figure de MAR.GÍD.DA, avec le nom de Ṣumbu(« le Chariot »), reprise par les Grecs sous le nom dἍμαξα, « le Chariot ».

Description et caractéristiques visuelles[modifier | modifier le code]

Mizar (A / B) en bas et Alcor en haut.

Zeta Ursae Majoris possède une magnitude apparente de +2,27 et est de type A1 V.

Avec une bonne vue, on peut apercevoir un faible compagnon juste à l'est, appelé Alcor ou 80 Ursae Majoris. Alcor a une magnitude de +3,99 et un type spectral A5 V. Les deux sont souvent appelées le cheval et le cavalier, et la capacité de voir la seconde est un test traditionnel d'acuité visuelle. Les deux étoiles sont distantes de plus d'un quart d'année-lumière et bien que leurs mouvements propres montrent qu'elles se déplacent ensemble, on ne sait toujours pas si elles forment un vrai système binaire, et non une binaire optique comme on le pense actuellement.

D'autres composantes furent découvertes avec l'apparition du télescope et de la spectroscopie ; étant une belle cible visuelle facilement séparable, Mizar fut la première binaire télescopique découverte - très probablement par Benedetto Castelli qui demanda à Galilée en 1617 de l'observer. Galilée produisit alors un rapport détaillé sur l'étoile double. Plus tard, vers 1650, Riccioli écrivit que Mizar paraissait double. L'étoile secondaire, Mizar B, possède une magnitude de +4,0 et un type spectral A7, et est située à 380 AU de la primaire ; elles mettent des milliers d'années pour orbiter l'une autour de l'autre. Mizar A fut ensuite la première binaire spectroscopique découverte, par Pickering en 1889. Les deux composantes sont toutes deux environ 35 fois plus brillantes que le Soleil, et tournent l'une autour de l'autre en environ 20 jours. On découvrit plus tard que Mizar B était également une binaire spectroscopique. En 1996 les composantes du système binaire Mizar A furent visualisées en très haute résolution au Navy Precision Optical Interferometer[15] par synthèse d'ouverture.

Localisation[modifier | modifier le code]

L'ensemble du système de cinq étoiles est situé à environ 78 années-lumière de la Terre. Les composantes sont toutes membres du courant d'étoiles de la Grande Ourse, un groupe d'étoiles fortement dispersées partageant une origine commune, comme le montre leur mouvement propre. Les autres étoiles du Chariot, excepté Dubhé et Alkaïd, appartiennent également à ce groupe.

Images et représentations[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) * zet UMa -- Double or multiple star sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  2. (en) * zet01 UMa -- Spectroscopic binary sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  3. (en) * zet02 UMa -- Spectroscopic binary sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg.
  4. (en) IAU, « Star Names », 2021. »
  5. Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, p. 180.
  6. Gérard de Crémone, Almagestum Cl. Ptolemei Pheludiensis Alexandrini astronomorum principis…, Venise : ex. Officina Petri Liechtenstein, 1515, fol. 78r.
  7. Joseph-Juste Scaliger, Marci Minilii Astronomicon libri quinque, Lugduni Batavorum : s.Éd, Scaliger1600 (2nd éd.), p. 473.
  8. (la)Johann Bayer, Uranometria, omnium asterismorum continens schemata, nova methodo delineata…, Augusta Vindelicorum : C. Mangus, 1603, fol. 12r.
  9. (la) Johann Elert Bode, Uranographia, sive astrorum descriptio viginti tabulis aeneis incisa ex recentissimis et absolutissimis astronomorum observationibus, Berlin : apud autorem, 1801, pl. VI.
  10. Richard Hinckley Allen, Star-names and their meaning, New York & al., G. E. Stechert, 1899, réed. st. Star Names, Their Lore an Meaning, New-York: Dover Publications, 1963, pp. 440-441.
  11. Paul Kunitzsch, Arabische Sternnamen in Europa, Wiesbaden : Otto Harrassowitz, 1959, pp. 186-187.
  12. Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 439.
  13. (fr) Roland Laffitte, « Série MUL.APIN (BM 86378) », Tab. I,i, 15-18, sur URANOS, le site astronomique de la Selefa, le 12 oct. 2009. »
  14. (en) Hermann Hunger & David Pingree, MUL.APIN, An Astronomical Compendium in Cuneiform [Archiv für Orientforschung (AfO), Beiheft n° 24, 1989].
  15. (en) J. A. Benson, D. J. Hutter, N. M. Elias II, P. F. Bowers, K. J. Johnston, A. R. Hajian, J. T. Armstrong, D. Mozurkewich, T. A. Pauls, L. J. Rickard, C. A. Hummel, N. M. White, D. Black, C. S. Denison, « Multichannel optical aperture synthesis imaging of zeta1 URSAE majoris with the Navy prototype optical interferometer », Astronomical Journal, American Astronomical Society, vol. 114,‎ , p. 1221-1226 (ISSN 1538-3881, DOI 10.1086/118554, résumé)