Zanele Muholi

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Zanele Muholi
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Zanele Muholi, au premier plan, lors d'un festival en 2011.
Biographie
Naissance
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Formation
Activités
Photographe, militant socialVoir et modifier les données sur Wikidata
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Domaine
Visual activism (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Liste détaillée
Prix du Prince Claus
Index Award ()
OkayAfrica 100 Women (d) ( et )Voir et modifier les données sur Wikidata

Zanele Muholi est une photographe et artiste visuelle sud-africaine non-binaire[1] née le à Umlazi (Durban).

Son art se place sur le terrain militant de la condition lesbienne en Afrique du Sud[2],[3],[4].

Elle est une militante active de la cause LGBT en Afrique du Sud et plus particulièrement de la condition et identité lesbienne dans ce pays.

Biographie[modifier | modifier le code]

Zanele Muholi est la dernière des cinq enfants d'Ashwell Tanji Banda et Bester Muholi. Elle est d'abord coiffeuse, rêvant de venir photographe, et activiste LGBTQI[5].

Elle suit en 2002-2003 une formation avancée en photographie à Newtown, Johannesbourg (à l'école Market Photo Workshop[4]) et expose pour la première fois à titre personnel en 2004 à la Johannesburg Art Gallery.

En 2009, elle obtient un Master of Fine Arts spécialisé dans le documentaire à l'université Ryerson de Toronto. Son mémoire étudie les représentations visuelles du lesbianisme noir dans l'Afrique du Sud d'après l'apartheid.

Photographe et journaliste[modifier | modifier le code]

Zanele Muholi commence à travailler comme photographe et journaliste pour Behind the Mask, un fanzine en ligne traitant des questions LGBT en Afrique.

En 2002, elle co-fonde le Forum pour l'autonomisation des femmes (en anglais : for the Empowerment of Women), une organisation lesbienne noire qui propose un espace sûr aux femmes. Par la suite, elle documente des crimes commis contre la communauté gay notamment sur le viol correctif[6].

Sa première exposition personnelle Visual Sexuality: Only Half the Picture exposée à la Johannesburg Art Gallery en 2004 est le reflet de son engagement. Elle enchaîne par plusieurs expositions à travers le monde : au CCA de Lagos, au Kunsthalle Wien Project Space à Vienne, chez Michael Stevenson au Cap[7], à la Case d’Arte de Milan, chez Fred Mann à Londres et durant l'Afrovibes Festival à Amsterdam.

En 2009, Zanele Muholi fonde Inkanyiso, une association d'activisme visuel mise au service de la communauté LGBT[8] ; la devise de Inkanyiso est « Produire - Éduquer - Diffuser ».

En 2010, elle co-réalise son second documentaire : Difficult Love[9] présenté dans divers festivals à travers le monde. Il fait suite au court-métrage Enraged by a Picture réalisé en 2006[10].

Le , elle est nommée professeure honoraire de vidéo et de photographie à l'université des arts de Brême (en) en Allemagne[11].

En 2016, elle participe aux Rencontres d'Arles[12],[13] et à l'exposition L'autre continent au muséum du Havre[14].

Après une première exposition à Paris en 2012, elle est une des figures majeures de l'exposition Art/Afrique ici en 2017 à la Fondation Louis Vuitton[15].

Publication[modifier | modifier le code]

  • Somnyama Ngonyama – Salut à toi lionne noire !, Éditions Delpire & Co,Paris, 2021, 212 p.[16],[17]

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Controverses diverses[modifier | modifier le code]

En août 2009, la ministre de la culture Lulama Xingwana considère en sortant d'une de ses expositions que celle-ci est « immorale et contraire à l'esprit de la nation »[20]. Zanele Muholi dans sa réponse se montre interloquée et réitère l'idée qu'elle veut avant tout « créer un dialogue »[21].

Le son appartement est cambriolé : des disques durs contenant cinq années de photos et de vidéos ainsi que son ordinateur portable sont dérobés. Parmi les travaux dérobés, il y avait un reportage sur les funérailles de trois lesbiennes sud-africaines assassinées à la suite d'une agression homophobe. Des soupçons pèsent sur la volonté des voleurs de dérober uniquement des travaux relatifs à la condition lesbienne en Afrique du Sud. Zanele Muholi était alors à l'étranger[22],[23].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael Stevenson, Zanele Muholi: Only Half The Picture, Le Cap, 2006, (ISBN 0-620361468)
  • (en) Michael Stevenson et Federica Angelucci, Faces and Phases, 2010, (ISBN 978-3-7913-4495-9)
  • (en) Zanele Muholi. African Women Photographers #1, Ed. Casa África/La Fábrica, Grenade, Espagne, 2011 (ISBN 978-8-4150-3466-7)
  • Florent Manelli, 40 LGBT+ qui ont changé le monde. 1, Éditions lapin, p. 58-63, 2019 (ISBN 978-2-37754-036-5)

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Zanele Muholi » (voir la liste des auteurs).
  1. Oasis RDCongo, « L'Afrique du Sud queer de Zanele Muholi: «Je n'ose pas tirer de nuit. Ce n'est pas sûr 'Par Sean O’Haga - », (consulté le 1er mai 2021)
  2. Stéphanie Binet (Johannesburg), « Zanele Muholi, la photo est son arme », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 17 janvier 2016).
  3. Roxana Azimi, « La photographie africaine séduit les collectionneurs », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 17 janvier 2016).
  4. a et b « 8 mars : neuf femmes africaines du « Monde » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 17 janvier 2016).
  5. « Zanele Muholi, une « militante visuelle » en Afrique du Sud », sur Le Monde.fr (consulté le 25 janvier 2018)
  6. Nathalie Rosa Bucher, « SOUTH AFRICA: Law Failing Lesbians on “Corrective Rape” », sur www.ipsnews.net, (consulté le 30 janvier 2016).
  7. « Zanele Muholi », sur www.stevenson.info (consulté le 30 janvier 2016).
  8. (en-US) « About », sur inkanyiso.org (consulté le 30 janvier 2016).
  9. « Full Movie (Difficult Love) », sur IMDb (consulté le 30 janvier 2016).
  10. Zanele Muholi, Enraged by a Picture, (lire en ligne).
  11. « Zanele Muholi - Visual Activism », sur www.hfk-bremen.de (consulté le 30 janvier 2016).
  12. « Arles 2016 : « SYSTEMATICALLY OPEN? » », L’œil de la photographie,‎ (lire en ligne)
  13. Nicolas Michel, « Photographie : les Rencontres d’Arles mettent l’Afrique à l’honneur », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  14. « Le muséum du Havre consacre une exposition aux femmes artistes de l’Afrique », Paris-Normandie,‎ (lire en ligne)
  15. Siegfried Forster, « «Art/Afrique»: la Sud-Africaine Zanele Muholi à la Fondation Louis Vuitton », rfi.fr, (consulté le 20 août 2017)
  16. Eric Karsenty, « Somnyama Ngonyama – Salut à toi lionne noire ! | Zanele Muholi », sur Fisheye Magazine, (consulté le 15 avril 2021)
  17. « Artiste, noire, femme, queer… Les multiples visages de la photographe Zanele Muholi », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 13 mai 2021)
  18. « Afrique du Sud: Profil - Zanele Muholi », sur allAfrica.fr (consulté le 19 janvier 2016).
  19. « Prince Claus Fund - Activities », sur www.princeclausfund.org (consulté le 19 janvier 2016).
  20. (en-GB) David Smith, « South African minister describes lesbian photos as immoral », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 19 janvier 2016).
  21. « Xingwana: Homophobic claims 'baseless, insulting' », sur The M&G Online (consulté le 19 janvier 2016).
  22. « Burglar loots city photographer’s work », sur IOL (consulté le 19 janvier 2016).
  23. « Media ignore theft of photographer’s work documenting black lesbian l… », sur archive.is (consulté le 19 janvier 2016).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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