Siku

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Siku (malta siku)

Les siku, taika, sanga, bordon, toyo, malta, liku, chulli, connus aussi sous le nom espagnol de zampoña, sont des instrument à vent polycalame andins connus depuis le XVIe siècle. C'est une flûte de pan répandue dans nombre de populations notamment l'ethnie Aimara, les Quechuas, les Chipayas et les Chiriguanos vivant au Chili, au Pérou, en Bolivie, en Argentine et au Paraguay. Mais ils sont avérés du sud du Chili et de l'Argentine au Mexique et plus rarement chez certaines tribus indiennes des USA voire du Canada, et ce depuis parfois 4200 av JC[1].

Facture[modifier | modifier le code]

Il est composé de deux rangées interdépendantes de tuyaux de roseaux aux notes diatoniques alternantes en sol (ira celle qui mène, de caractère mâle, et arka celle qui suit, de caractère femelle). Les segments de roseau viennent d'une graminée appelée arundo sp., chusquea sp. ou phragmites sp. voire totora (Schoenoplectus californicus ssp. tatora) le plus fin, graminées dont le nœud naturel est utilisé pour obtenir des tubes bouchés à une extrémité. Les tubes sont solidarisés entre eux par un long éclat de roseau attaché avec du fil de coton. Il existe diverses tailles de siku:

  • taika (« mère »), sanga (« bâton »), bordon (« basse »), qui est le plus grand (120 cm), ou toyo (140 voire 200 cm), plus rare,
  • malta, de taille moyenne,
  • liku, plus petit,
  • chulli, le plus petit.

Pour les notes altérées, on peut soit avoir plusieurs sikus dans différentes tonalités, soit disposer une troisième couche de tubes avec les dièses, soit ajouter ponctuellement un ou plusieurs tubes adaptés au morceau.

Le rondador alterne des tubes longs et courts de façon à pouvoir jouer deux notes à la fois. Il est typique de l'Équateur pour l’exécution de san-juanito (musiques des processions de la Saint-Jean)

Jeu[modifier | modifier le code]

Zampoña

Le siku peut être joué de deux façons, toujours par des hommes, avec la technique du hoquet :

  • la façon citadine par un seul musicien autonome qui se déplace en zigzag, alternativement sur la rangée du haut et du bas. Cette technique nécessite plus de souffle.
  • la façon campagnarde avec deux musiciens interdépendants n'ayant chacun que la moitié des notes et qui se répondent. Cette technique demande moins de souffle (très utile en haute altitude), plus de synchronisation entre les deux interprètes et provoque un effet stéréophonique. Ces paires (sanja sikus ou taipi sikus) portent divers noms : ira (masculin, à 7 trous de jeu) et arca (féminin, à 6 ou 8 trous de jeu) ou lutaqa et mataqa.

Accompagnés de tambours (bombos), ces instruments sont joués la plupart du temps en groupes de 50 à 100 musiciens, des tropas, jouant une musique amérindienne appelée sikuriada, sikutsaty ou zampoñada dont les différents rythmes sont les k'anthus, les haillis, les huaynos, les harawis et les carchapayas. Les sikuris, musiciens jouant du siku, s'encouragent la plupart du temps aux cris de fuerza sikuris !. Certaines tropas, appelées pandillo marimacho, ont leurs rangées doublées à l'octave qui servent de caisse de résonance supplémentaire. Les tropas défilent souvent lors des fêtes votives ou profanes.

Autour du lac Titicaca, le tabla-siku n'a pas la forme scalaire (en escalier) usuelle aux autres flûtes de pan, il est de forme rectangulaire : après le nœud naturel du végétal pour obtenir les différentes notes, la suite du roseau a été gardée pour que les tubes soient tous à la même longueur.

Fabrication[modifier | modifier le code]

On peut fabriquer facilement un siku d'étude à partir de roseau adaptés ou de tube pvc, diamètre 1cm environ pour les longueurs suivantes (en cm)

Ré Fa# La Do Mi Sol Si Ira

29 24 20 17 13.5 11.5 9

et

Mi Sol Si Ré Fa# La Arka

26.5 22 17.5 15 12 10

Ces dimensions permettent l'accord du tube en faisant coulisser une rondelle de plastique qui ferme le fond. Le tube peut être soit du tube de tunnel de forçage en jardinerie, soit de la gaine électrique rigide.

Le diamètre du tube varie normalement proportionnellement à la longueur, pour faciliter le jeu mais pour des raisons pratiques sur tuyau pvc, on peut tolérer un diametre unique.

Les épaisseurs vont de e= 4/10mm pour les chullies à 4 mm pour les toyos, mais des sikus exceptionnels ont été vu avec des diamètres de tube de 5cm de diametre[1]

On remarque sur les deux photos que les graves sont à gauche et les aigus à droite : c'est la disposition originale en Amérique Latine. Les Sikus importés en France voient souvent leurs deux parties Ira et arka démontées et réassemblées à l'envers pour avoir les aigus à gauche comme sur un clavier.

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Les notes du siku (IRA et ARKA).

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