Yvon Robert (homme politique)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Yvon Robert.

Yvon Robert
Illustration.
Yvon Robert en 2013.
Fonctions
Maire de Rouen
En fonction depuis le [N 1]
(7 ans, 1 mois et 16 jours)
Réélection
Prédécesseur Valérie Fourneyron

(5 ans, 9 mois et 1 jour)
Élection
Prédécesseur François Gautier
Successeur Pierre Albertini
Premier adjoint au maire de Rouen

(4 ans, 3 mois et 21 jours)
Maire Valérie Fourneyron
Prédécesseur Élisabeth Boudier
Successeur Christine Rambaud
Conseiller général de Seine-Maritime

(6 ans, 11 mois et 26 jours)
Élection
Circonscription Canton de Rouen-4
Groupe politique Socialiste
Prédécesseur Bertrand Bellanger
Successeur Caroline Dutarte
Biographie
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Fort-de-France (Martinique)
Nationalité française
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de ÉNA
Profession Professeur
Haut fonctionnaire
Religion Catholicisme

Yvon Robert (homme politique)
Maires de Rouen

Yvon Robert, né le à Fort-de-France (Martinique), est un homme politique français, membre du Parti socialiste et maire de Rouen à deux reprises, entre 1995 et 2001 et depuis 2012.

Formé à l'École nationale d'administration, il travaille au sein de plusieurs cabinets ministériels durant la présidence de François Mitterrand, avant d'entamer une carrière politique locale dans le sillage du socialiste Laurent Fabius, dont il est l'un des proches.

Élu maire de Rouen en 1995, il met un terme à la longue gestion centriste de la ville et mène à bien plusieurs projets initiés par ses prédécesseurs mais, six ans plus tard, est battu par Pierre Albertini, candidat de l'UDF. Il est, entre 2004 et 2011, conseiller général de la Seine-Maritime.

Devenu premier adjoint au maire de Rouen après la large victoire de la gauche aux élections municipales de 2008, il remplace Valérie Fourneyron, nommée au gouvernement, comme maire de la capitale régionale en 2012. Deux ans plus tard, il conserve sa fonction à l'issue du scrutin municipal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après l'obtention de son baccalauréat en 1966, Yvon Robert suit des études de lettres classiques : il est licencié en 1970. Élevé dans une famille MRP, il milite à la CIR de François Mitterrand, et adhère avec lui au Parti socialiste en 1971. Il commence à enseigner comme maître auxiliaire de lettres en 1968, puis comme professeur certifié de lettres classiques après l'obtention du CAPES en 1972.

En 1978, il quitte l'enseignement pour entrer, par le concours interne, à l'ENA (promotion Voltaire), promotion de François Hollande. En sortant, en 1980, il devient chef de bureau à la direction des affaires financières du ministère de l'Éducation nationale, puis, à la victoire de François Mitterrand à la présidentielle de 1981, est appelé par le ministre de l'Éducation nationale, Alain Savary, comme conseiller, avant d'être nommé en 1983 directeur des personnels enseignants lycées et collèges au sein du même ministère[1].

En 1987, il est nommé inspecteur général de l'administration de l'Éducation nationale, jusqu'à la fin de la première cohabitation[2].

À la suite de la seconde victoire de François Mitterrand, il devient conseiller du Premier ministre Michel Rocard (1988-1989), d'abord chargé des questions d'éducation, puis chargé de la modernisation du service public. En tant que membre fondateur et participant actif de l'association Services Publics, il dispose de toute la légitimité pour mener à bien ce dossier. Il est de fait l'initiateur et le rédacteur de la circulaire du 23 février 1989 sur le Renouveau du Service Public[3].

Tout au long de sa carrière, Yvon Robert a gardé une activité d'enseignement. Chargé de cours à l'université du Mans de 1978 à 1980, puis maître de conférences à l'ENA de 1987 à 1989, il est professeur associé en droit public à l'IPAG de Rouen de 1992 à 2008[2]. Il prend sa retraite professionnelle au mois de pour se consacrer, dit-il, entièrement à son mandat de maire[4].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts en Seine-Maritime[modifier | modifier le code]

Il rejoint ensuite le président de l'Assemblée nationale Laurent Fabius (1989-1992), qui lui demande de participer à l'équipe municipale sortante au Grand-Quevilly pour l'élection de 1989, après quoi il devient premier vice-président au SIVOM de l'agglomération de Rouen, chargé en particulier de la mise en œuvre du métro de Rouen[5].

Membre du cabinet du Premier ministre Pierre Bérégovoy de 1992 à 1993[2], il retrouve l'inspection générale de l'administration de l'Éducation nationale lors de la deuxième cohabitation.

Premier mandat de maire de Rouen[modifier | modifier le code]

Aux élections municipales de 1995, il est le candidat socialiste à Rouen et, malgré une triangulaire au second tour, il emporte à la majorité absolue (50,96 %) la mairie sur le dauphin de Jean Lecanuet, François Gautier.

En 1995, il transforme le SIVOM de l'Agglomération de Rouen en District, dont il est premier vice-président, puis le District en communauté d'agglomération fin 1999. En janvier 2000, il devient président de la Communauté d'agglomération de Rouen, à la suite de la démission de Laurent Fabius lorsque ce dernier devient ministre de l'économie et des finances dans le gouvernement de Lionel Jospin.

De 1998 à 2001, il est conseiller sur la politique de la Ville auprès du ministre Claude Bartolone[6], puis de 2001 à 2004 il retourne au ministère de l'Éducation nationale en tant que chef de l'Inspection générale de l'Administration de l'Éducation Nationale et de la Recherche (IGAENR).

Aux municipales de 2001, il est battu par Pierre Albertini avec un score de 48,75 % au second tour[réf. nécessaire].

Au second plan de la vie politique locale[modifier | modifier le code]

Lors des cantonales de 2004, il bat le conseiller général UMP sortant du canton de Rouen-4, avec 56,6 % des suffrages, et devient premier vice-président du conseil général de la Seine-Maritime, chargé des solidarités. À ces mêmes élections cantonales, Valérie Fourneyron, son ancienne première adjointe à la mairie de Rouen, remporte elle aussi la victoire dans le canton de Rouen-5 face à un adjoint au maire de Rouen UMP. Yvon Robert ne se représente pas aux cantonales de 2011, pour laisser son siège à une femme, Caroline Dutarte, qui est élue et devient à son tour vice-présidente du conseil général de la Seine-Maritime.

Lors des élections législatives de 2007, il est suppléant de Valérie Fourneyron dans la première circonscription de la Seine-Maritime, qui remporte la victoire au second tour avec 55,16 % face à Bruno Devaux (UMP, 44,84 %)[7], adjoint au maire de Rouen. Il fut député de Seine-Maritime durant la 13e législature du 17/06/2012 au 19/06/2012 (Fin de législature).

Aux municipales de 2008 à Rouen, il est 6e de la liste d'union de la gauche conduite par Valérie Fourneyron. Il devient premier adjoint au maire à la victoire de celle-ci, obtenue dès le premier tour avec 55,79%[8] face à la liste conduite par le maire sortant, Pierre Albertini, qui recueille 38,10 %. Il est chargé de l’urbanisme, de la politique de la ville et du logement.

Second mandat de maire de Rouen[modifier | modifier le code]

Désignée ministre de la Jeunesse et des Sports dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault après la victoire du socialiste François Hollande à l'issue du second tour de l'élection présidentielle, le , Valérie Fourneyron se démet de ses fonctions municipales le 27 juin suivant, laissant son premier adjoint Yvon Robert assurer l'intérim à la mairie de Rouen. Neuf jours plus tard, celui-ci est formellement élu maire de Rouen lors d'un conseil municipal extraordinaire ; seul candidat, il recueille 40 voix sur 55 contre deux votes nuls et deux votes blancs lors d'un scrutin marqué par l'abstention des conseillers municipaux de l'opposition de centre-droit[9].

En redevenant maire de Rouen une deuxième fois non-consécutive, il est le premier édile rouennais à retrouver la fonction municipale la plus éminente de la sorte depuis Georges Métayer, sous la IIIe République.

Frédéric Sanchez, président de la Métropole Rouen-Normandie, et Yvon Robert, le 5 octobre 2018.

Le , investi par le Parti socialiste, il annonce sa candidature à un second mandat municipal en prenant la tête d'une liste de gauche, sans bénéficier du soutien immédiat des écologistes, qui constituent leur propre liste. Valérie Fourneyron demeurant ministre, celle-ci figure toutefois sur la liste en position éligible, en laissant toutefois la tête à celui dont elle compte parmi les plus proches depuis 1995[10]. Il reçoit immédiatement le soutien du sportif Kader Chékhémani, figurant en troisième position sur la liste socialiste[11]. Plusieurs mois avant un scrutin municipal jugé périlleux pour le pouvoir national d'obédience socialiste, l'avance d'Yvon Robert et de sa liste sur ses concurrents est toutefois confortée par plusieurs sondages, malgré une campagne marquée par les critiques sévères de la droite quant à la gestion financière de la ville par l'équipe socialiste depuis 2008[12],[13].

La liste socialiste arrivant en tête du premier tour, le , avec 30, 24 % des voix devant la liste UMP de Jean-François Bures[14], Yvon Robert et Jean-Michel Bérégovoy, pour les écologistes, s'associent immédiatement pour le second tour, que la coalition de gauche remporte avec 46, 8 % des voix contre la droite et le Front national, dans le cadre d'une triangulaire. Le , Yvon Robert est officiellement reconduit dans ses fonctions par le nouveau conseil municipal.

Après la mort de treize jeunes personnes dans l'incendie du bar « Au Cuba Libre », survenu dans la nuit du , le contrôle de la sécurité des établissements de ce type par la mairie est critiqué et le maire est mis en cause par des familles de victimes[15],[16].

D'abord candidat possible à sa succession pour les élections municipales de 2020[17], Yvon Robert annonce renoncer à briguer un nouveau mandat[18].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Legion Honneur Chevalier ribbon.svg

Chevalier de la Légion d'honneur (1999)

Palmes academiques Commandeur ribbon.svg

Commandeur des Palmes académiques

Legion Honneur Officier ribbon.svg

Officier de la Légion d'honneur (janvier 2013)[19]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Chargé de l'intérim après la démission de Valérie Fourneyron du 27 juin au 6 juillet 2012, il exerce pleinement les fonctions de maire de Rouen à partir de cette dernière date, après avoir été élu par les membres du conseil municipal.
Références
  1. Yvon Robert, présentation sur le site de la CREA.
  2. a b et c Yvon Robert, présentation sur le site de la CREA.
  3. Chaty Lionel, L'administration face au management, L'Harmattan, 1997
  4. « Yvon Robert : “J'ai choisi les Rouennais” », Paris-Normandie, .
  5. « Yvon Robert (Rouen): la victoire d'un "techno" du PS »
  6. http://i.ville.gouv.fr/sfPropelFileAssoc/download/file_id/178
  7. http://www.lexpress.fr/resultats-elections/legislatives-2012-rouen-1ere-circonscription-76000_270274.html
  8. http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__municipales_2008/%28path%29/municipales_2008/076/076540.html
  9. « Rouen: le socialiste Yvon Robert élu maire en remplacement de Valérie Fourneyron », Le Point, .
  10. « Yvon Robert se présente à Rouen aux élections municipales de 2014 », France 3 Normandie, .
  11. « Municipales 2014 : Yvon Robert présente sa liste pour Rouen », France Bleu Normandie, .
  12. « Municipales à Rouen: la gauche dans un fauteuil? », dossier consacré aux élections municipales de 2014 à Rouen, L'Express.
  13. « Municipales à Rouen : le maire PS Yvon Robert réélu selon un sondage », Le Parisien - Aujourd'hui en France, .
  14. « Municipales à Rouen : Yvon Robert en bonne position, la droite et le centre sont distancés », L'Express, .
  15. « Un an après l’incendie mortel dans un bar de Rouen, le maire pris à partie », Le Monde, .
  16. « Drame du Cuba Libre : le maire de Rouen balaye toute responsabilité », Tendance Ouest, .
  17. « A mi-mandat, le maire de Rouen Yvon Robert fait le point », Paris Normandie, .
  18. « A Rouen, un futur maire recomposé », Paris Normandie, .
  19. [1], Paris Normandie, 5 janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Bio express : Yvon Robert », Le Point, no1185, 17 janvier 2007
  • Aides aux Profs, décembre 2011, Interview d'Yvon Robert
  • cafepedagogique.net, "Seconde Carrière", Yvon Robert, janvier 2012
  • « Yvon Robert : vie privée, vie pudique », Tendance Ouest, 4 avril 2014