Yvette Cauchois

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Yvette Cauchois

Naissance 19 décembre 1908
Paris (France)
Décès 19 novembre 1999 (à 90 ans)
Nationalité Drapeau : France française
Champs Chimie
Physique
Institutions Caisse nationale des sciences
Caisse nationale de la recherche scientifique
CNRS
Faculté des sciences de l'Université de Paris
Université Paris VI
Diplôme Faculté des sciences de l'Université de Paris
Renommé pour Contribution majeure au développement de la spectroscopie des rayons X et de l'optique des rayons X
Distinctions Prix Ancel, 1933

Yvette Cauchois (19 décembre 190819 novembre 1999) est une physicienne française connue pour ses travaux en spectroscopie et en optique.

Biographie[modifier | modifier le code]

La carrière d'Yvette Cauchois débute vers 1928 et s'achève en 1978. Au cours de ses 50 années, Yvette Cauchois influence profondément le développement de la spectroscopie des rayons X ainsi que de l'optique des rayons X.

Formation[modifier | modifier le code]

Yvette Cauchois fait ses études secondaires à Paris, puis des études supérieures à la faculté des sciences de l'université de Paris. Elle y obtient en juillet 1928 la licence ès sciences physiques.

Carrière académique[modifier | modifier le code]

Jeune licenciée, elle rejoint alors le laboratoire de chimie-physique de Jean Perrin. Elle y prépare un diplôme d'études supérieures sur la fluorescence des solutions. Diplôme qu'elle obtient en 1930. Elle se consacre ensuite à la spectroscopie des rayons X sous la direction de Jean Perrin[1],[2],[3]. Stagiaire de recherche de la Caisse nationale des sciences de 1932 à 1933, elle obtient en juillet 1933 à 24 ans le doctorat ès sciences physiques devant la faculté des sciences de l'université de Paris. Sa thèse s'intitule « Extension de la spectroscopie des rayons X. Spectrographe à focalisation par cristal courbé ; spectre d’émission X des gaz »

Elle devient ensuite chargée de recherche de la Caisse nationale des sciences[4] puis, en 1935, de la Caisse nationale de la recherche scientifique, et est promue maître de recherche en 1937 (de la Caisse nationale de la recherche scientifique puis du Centre national de la recherche scientifique en 1939). Elle débute parallèlement une carrière à la faculté des sciences de Paris en étant nommée chef de travaux au laboratoire de chimie-physique le 1er janvier 1938, puis chargée d'un cours complémentaire sur les rayons X en chimie physique en 1942. Elle quitte le Centre national de la recherche scientifique pour être nommée le 1er octobre 1945 maître de conférences de chimie-physique, Edmond Bauer étant nommé simultanément titulaire de la chaire de chimie-physique laissée vacante par la destitution de Louis Dunoyer à la Libération. Yvette Cauchois obtient le titre de professeur sans chaire le 1er janvier 1948, puis est nommée professeur titulaire à titre personnel en 1951, et enfin professeur titulaire de la chaire de chimie-physique à la retraite d'Edmond Bauer en 1954, prenant ainsi la direction du laboratoire de chimie-physique. Après la disparition de la faculté des sciences de Paris elle rejoint l'université Paris VI. Elle est mise à le retraite en 1978 et est professeur émérite jusqu'en 1983.

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1934 et 1935, elle réalise des observations concernant le spectre L d'émission du platine[1],[2], du mercure[2] et du tungstène[2] et le spectre K du cuivre[3]. Elle met aussi au point un nouveau type de spectrographe permettant de renouveler la technique scientifique appliquée en spectroscopie et optique des rayons X. À cette occasion, une communication de la Fondation Henri Becquerel propose Yvette Cauchois pour un prix scientifique[4].

En octobre 1936, Yvette Cauchois reçoit le prix Girbal-Baral de la Fondation du même nom d'une valeur de 10 000 francs[5].

En 1938, l'appareil de spectrographie inventé par Yvette Cauchois permet à Horia Hulubei (en) de découvrir l'élément 93[6]. Cette même année, Yvette Cauchois est récompensée du prix Henry de Jouvenel fondée par sa veuve. Ce prix est destiné à honorer des collaborateurs scientifiques pour leur activité désintéressée. Il est d'une valeur de 10 000 francs et cette année-là il est aussi décerné à M. Champetier, Jean Painlevé, Jean Rostand et M. Simonet[7]. Yvette Cauchois reçoit son prix au Palais de la Découverte en janvier 1939 en présence de Mme de Jouvenel et de Jean Perrin ainsi que d'Anatole de Monzie, ministre des Travaux Publics, et de Jean Zay, ministre de l'Éducation Nationale[8].

Yvette Cauchois réalise aussi des recherches concernant le Polonium en collaboration avec Horia Hulubei (en) et Sonia Cotelle[9].

Dans les années 1970, elle travaille avec Francis Perrin[10],[11], le fils de Jean Perrin. Elle collabore avec Michel Boivin[10], Yvonne Heno[10], Clary Schloesing-Möller[10],[11] et Vasco Zecevic[10]

Yvette Cauchois décède en 1999 d'une bronchite contractée lors d'un voyage en Roumanie au monastère de Bârsana[12]

Prix[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa carrière, Yvette Cauchois reçoit de nombreux prix scientifiques :

Décorations[modifier | modifier le code]

La carrière d'Yvette Cauchois est aussi couronnée par un certain nombre de décorations françaises et étrangères :

  • Médaille de la Société Tchécoslovaque de Spectroscopie, 1974
  • Commandeur de l'Ordre du Ministère de l'Éducation
  • Officier de la Légion d'Honneur
  • Officier de l'Ordre National du Mérite

Liens Externes[modifier | modifier le code]

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Nouvelles mesures et observations relatives au spectre L d'émission du platine », Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences, tome 201, Académie des Sciences,‎ 15 juillet 1935 (consulté le 19 mars 2013), p. 598-599
  2. a, b, c et d « Nouvelles mesures et observations relatives aux émissions Lα hors diagramme du mercure, du platine et du tungstène », Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences, tome 201, Académie des Sciences,‎ 21 octobre 1935 (consulté le 19 mars 2013), p. 721-722
  3. a et b « Nouvelles données sur le spectre K du cuivre », Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences, tome 201, Académie des Sciences,‎ 23 décembre 1935 (consulté le 19 mars 2013), p. 1359-1360
  4. a et b « Fondation Henri Becquerel », Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences, tome 201, Académie des Sciences,‎ 1935 (consulté le 19 mars 2013), p. 1290
  5. « Prix Girbal-Baral », Le Temps,‎ 31 octobre 1936 (consulté le 19 mars 2013), p. 3
  6. « Découverte de l'élément 93 », Le Figaro,‎ 2 août 1938 (consulté le 19 mars 2013), p. 7
  7. « Prix Henry de Jouvenel », Journal des Débats Politiques et Littéraires,‎ 3 décembre 1938 (consulté le 19 mars 2013), p. 4
  8. « Remise du Prix Henry de Jouvenel », Journal des Débats Politiques et Littéraires,‎ 11 janvier 1939 (consulté le 19 mars 2013), p. 6
  9. « Détermination spectroscopique du numéro atomique du polonium », Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences, tome 207, Académie des Sciences,‎ 28 novembre 1938 (consulté le 26 mars 2013), p. 1204
  10. a, b, c, d et e « Etude par résonance de fluorescence, de niveaux nucléaires et de spectres X de freinage », Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences, tome 281, Académie des Sciences,‎ 22 septembre 1975 (consulté le 19 mars 2013), p. Série B 201
  11. a et b « Etude de niveaux nucléaire de l'antimoine naturel par résonance ou fluorescence avec rayonnement de freinage », Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des Sciences, tome 287, Académie des Sciences,‎ 2 octobre 1978 (consulté le 19 mars 2013), p. Série B 167
  12. (en) Christiane Bonnelle, « Obituary: Yvette Cauchois », Physics Today, Volume 54, Issue 4., American Institute of Physics,‎ avril 2001 (consulté le 5 novembre 2009), p. 88–89