Yves d'Anglefort

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Yves d'Anglefort
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Yves D'Anglefort est le pseudonyme d'Yves Ferradou, artiste peintre français classé dans l'art brut, né à Lyon le . Il vit et travaille à Meylan, dans l'Isère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Yves D'Anglefort est né à Lyon sous x en 1954. Il est adopté par les Ferradou[1],[2], une famille de Grenoble, ville où il va grandir. Enfant, il souffre de déséquilibres psychologiques : des années plus tard il sera diagnostiqué bipolaire. Son père adoptif meurt quand il a dix ans et les conflits avec sa mère adoptive deviennent incessants. Il est placé en pensionnats où il est battu par des prêtres. Incapable de s'adapter au système scolaire il quitte l'école en fin de troisième sans aucune formation et sa vie devient chaotique. Service militaire catastrophique, différents petits boulots, voyages et errances dont deux années en Californie. Il réalise à Pasadena une centaine de dessins, tous détruits. Au cours de cette période d'une quinzaine d'années il se marie et divorce deux fois. Un enfant naît de son premier mariage ; schizophrène, il se suicide jeune[3],[4],[5].

Affaire du faux Picasso[modifier | modifier le code]

En 1988, Yves Ferradou, à court d'argent, réalise une gouache dans le goût de Picasso qu'il signe du nom du maître. Il fabrique un certificat d'authenticité et vieillit les deux documents. Il gage alors le tableau au Crédit municipal de Grenoble, duquel il obtient une somme importante. Un an plus tard, le faux est découvert et la Justice s'en mêle : Ferradou est placé en détention provisoire[6],[7],[8]. Sa caution payée, il est libéré après trente deux jours d'incarcération. En 1990 il est finalement condamné par la Cour d'appel de Grenoble à un an de prison avec sursis[9].

Débuts[modifier | modifier le code]

Libéré, Yves Ferradou décide de faire ce qu'il a toujours aimé : peindre. Pour ne pas peindre sous le nom de Ferradou il choisit de s'appeler D'Anglefort, nom d'une arrière-grand-mère. Autodidacte, il peint ce qui lui vient à l'esprit. Il part s'installer en Guadeloupe où il peint assez peu et vit dans des conditions difficiles. Il y reste dix ans et rentre en France en 2003 avec son fils Nelson. En 2011 il trouve un style assez personnel mais il ne montre plus son travail à personne depuis longtemps[10],[11],[12].

En 2013 une passionnée d'art, Magali Chevalier, tombe par hasard sur une série de dessins et souhaite qu'ils soient montrés à Jean-David Mermod, collectionneur et galeriste à Lausanne[13]. Ce dernier découvre et apprécie le travail d'Yves d'Anglefort et organise sa première exposition personnelle en 2014[14]. Toujours grâce à Jean-David Mermod, ses dessins intègrent la Collection de l'art brut à Lausanne[15],[16], puis la Collection ABCD [17] de Bruno Decharme à Paris[18]. D'autres expositions suivront. En 2019, l'association Yves d'Anglefort fait don de son tableau Plan pour retrouver dans le port les petites filles qui étaient kidnappées, qui est ajouté aux collections permanentes du LaM, le musée d'arts moderne, contemporain et brut de Lille[19].

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • Outsider International Art Fair, New York, avec la Galerie du Marché,
  • Outsider International Art Fair, Paris, avec la Galerie du Marché,
  • Magasin des horizons, Grenoble, à l'ancien Musée de Peinture,
  • Galerie du Marché, Lausanne, « Brut de Brut », du au
  • Tokyo Art Fair, Tokyo, avec la Galerie Atsuko Barouh, du 20 au
  • Galerie Gartenflügel, Vaduz, Art Brut 2nd Generation, du au
  • Young Art Taïpei, Taipei, Taïwan, avec la Galerie Atsuko Barouh, du 24 au
  • Salon d'automne, Paris, Grand Palais, du 15 au
  • Outsider International Art Fair, Paris, Galerie du Marché, du 22 au
  • UNICEF, I.N.S.E.E.C, Paris, Patio de l'Opéra, du 8 au
  • 43rd ARTEX, New York, , Tokyo,
  • Galerie du Marché, Lausanne, Brut de brut
  • Galerie du Marché, Lausanne, Art-chitecture II -
  • Trott'Art, Grenoble, 24-

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie du Marché, Lausanne, du au [20]
  • Musée Visionnaire, Zurich, du au
  • Galerie Atsuko Barouh, Tokyo, du au
  • Gallery Shimazu, Fukuoka, Kyushu, du au
  • Galerie Dettinger-Mayer, Lyon,
  • Galerie Raku-Art, Winterthur, au
  • Galerie du Moineau Écarlate, Paris, au

Collections publiques et privées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr + de) Sylvie Gallin-Lambert, Yves D'Anglefort, Un aperçu de son œuvre, Einblick in ein Werk, Zürich, Paris, 2017 (ISBN 978-3-033-06339-6) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Who's Who in France, 1955-1956, p. 624.
  2. Pierre Frappat, Grenoble le mythe blessé, 1979, Editions Alain Moreau, p. 160
  3. « Consultation personnes — d'Anglefort », sur museris.lausanne.ch (consulté le ).
  4. Le Dauphiné Libéré du 29 mars 2015, p. 9.
  5. Vivre à Grenoble no 13, hiver 2018-2019, p. 120.
  6. (en-US) David Olmos, « ARTS : Man Charged With Forging Picassos », sur latimes.com, Los Angeles Times, (consulté le ).
  7. Le Dauphiné Libéré des 13, 14 et 15 décembre 1988.
  8. Le Progrès de Lyon des 13 et 14 décembre 1988.
  9. Le Dauphiné Libéré des 2, 16 et 17 février 1990.
  10. (fr + de) Sylvie Gallin-Lambert, Yves D'Anglefort, Un aperçu de son œuvre / Einblick in ein Werk, Zürich, Paris, , p. 74-88.
  11. « Anglefort (d'), Yves », sur abcd-artbrut.net (consulté le ).
  12. Céline Delavaux et Éric Gauthier, « Yves D’Anglefort : fantaisies politiques », sur artbrut.me, Galerie du Moineau Écarlate, (consulté le ).
  13. Véronique Dalmaz, « Yves d’Anglefort, maître de l’Art Brut », sur francetvinfo.fr, France Télévisions, (consulté le ).
  14. « Galerie du marché », sur galeriedumarche.ch (consulté le )
  15. « Collections des musées », sur Site officiel de la Ville de Lausanne (consulté le )
  16. France 3 Alpes, « Habitant de Meylan (Isère), Yves d'Anglefort expose au Musée de l'Art Brut de Lausanne, en Suisse » [vidéo], sur francetvinfo.fr, France 3, (consulté le ).
  17. « Anglefort (d'), Yves », sur abcd Art Brut, (consulté le )
  18. « Meylan - L’artiste isérois expose dans les plus prestigieuses galeries et musées. Yves D’Anglefort, l’art brut comme exutoire », sur www.ledauphine.com (consulté le )
  19. « no 121 Plan pour retrouver dans le port les petites filles qui étaient kidnappées — 2014 », sur musee-lam.fr (consulté le ).
  20. « Les bons plans d’Anglefort », sur animulavagula.hautetfort.com, (consulté le ).
  21. France 3 Alpes, « Habitant de Meylan (Isère), Yves d'Anglefort expose au Musée de l'Art Brut de Lausanne, en Suisse », sur francetvinfo.fr, France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]