Yves Navarre

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Yves Navarre
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Yves Navarre (à gauche) avec Jean Le Bitoux, 1981.

Naissance
Condom (Drapeau de la France France)
Décès (à 53 ans)
Paris (Drapeau de la France France)
Activité principale
Écrivain
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

Yves Navarre, né le à Condom et mort le à Paris, est un écrivain français, cofondateur en 1976, avec Marie Cardinal, du Syndicat des écrivains de langue française.

Yves Navarre, dont un des thèmes principaux de l'œuvre est l'homosexualité, disait vouloir défendre une sensualité plutôt qu'une sexualité.

Il a obtenu le prix Goncourt pour Le Jardin d'acclimatation en 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études d'espagnol, d'anglais et de lettres modernes à l'Université de Lille, Yves Navarre est diplômé de l'École des hautes études commerciales du Nord (EDHEC), promotion 1964. Durant les premières années de sa vie professionnelle, Yves Navarre travaille dans la publicité comme concepteur-rédacteur, notamment à Publicis. Il devient même directeur de création chez BBDO (1969-1971) ; il y engage un jeune rédacteur qui fera son chemin, Thierry Ardisson.

Navarre commence à publier en 1971, initiant une prolifique carrière avec Lady Black, dont le personnage principal se travestit à l'occasion (c'est Jean-Louis Bory qui recommande son manuscrit à Flammarion).

Les Loukoums, histoire d'une maladie frappant certaines personnes vivant à New York, le fait connaître en 1973.

Il enchaîne alors les parutions, souvent autour du thème de l'amour entre deux hommes (Le Petit Galopin de nos corps, 1977 ; Portrait de Julien devant la fenêtre, 1979).

Il s'essaie également au théâtre avec des pièces comme Il pleut, si on tuait papa-maman, Dialogue de sourdes, La Guerre des piscines, Lucienne de Carpentras (où l’on retrouve l’un des personnages principaux des Loukoums, Lucy Balfour) ou encore Les Dernières Clientes.

Son roman Le Jardin d'acclimatation, histoire d'un jeune homme de bonne famille envoyé à l'internement et à la lobotomie parce qu'homosexuel, reçoit le prix Goncourt en 1980 (le prix couronne en fait l'ensemble de son œuvre). Quelques années plus tard, une autre distinction littéraire, le prix 30 millions d'amis, récompense son roman Une vie de chat (Albin Michel, 1986).

Navarre devient le porte-parole de François Mitterrand pour les homosexuels en 1981 et 1989, mais il se sent incompris comme romancier et snobé par le milieu littéraire parisien.

Il part donc vivre, de 1990 à 1993, à Montréal (Québec). Il y situe son roman Ce sont amis que vent emporte (1991), dans lequel un couple d'artistes (Roch et David, l'un sculpteur, l'autre danseur) luttent contre le sida.

Réalisant bientôt que le Canada n'est pas la « terre promise » qu'il espérait, l'écrivain rentre à Paris et y retrouve les problèmes qui l'avaient incité à s'expatrier. Accablé de soucis (entre autres, financiers, car ses droits d'auteur, depuis longtemps sa seule ressource, sont devenus très modestes), complètement déprimé, il se suicide aux barbituriques le 24 janvier 1994. Le titre d'un dernier recueil de nouvelles (publié à titre posthume, en 2006), Avant que tout me devienne insupportable résume bien l'état d'esprit dans lequel il a commis son geste.

Il avait écrit, dans Biographie, qu'il sortirait « de la gueule du loup par la gorge du loup ». Il présumait de ses forces.

Le fonds d'archives d'Yves Navarre est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Lady Black, Flammarion, 1971.
  • Evolène, Flammarion, 1972.
  • Les Loukoums, Flammarion, 1973.
  • Le Cœur qui cogne, Flammarion, 1974.
  • Killer, Flammarion, 1975.
  • Plum Parade : vingt-quatre heures de la vie d'un mini-cirque, Flammarion, 1975.
  • Niagarak, Grasset, 1976.
  • Le Petit Galopin de nos corps, (publié en 1977 chez Robert Laffont), récemment réédité avec une préface de Serge Hefez, coll. « Classiques H&O poche », Béziers : H&O, 2005. 10,8 x 17,8 cm. 256 pages. (ISBN 2-845-47109-2)
  • Kurwenal ou la Part des êtres, Robert Laffont, 1977.
  • Je vis où je m'attache, Robert Laffont, 1978.
  • Portrait de Julien devant sa fenêtre, Robert Laffont, 1979 ; H&O, 2006.
  • Le Temps voulu, Flammarion, 1979.
  • Le Jardin d'acclimatation, Flammarion, 1980.
  • Biographie, Flammarion, 1981 (la première de couverture précisant qu'il s'agit d'un roman).
  • Romances sans paroles, Flammarion, 1982.
  • Premières Pages, Flammarion, 1983.
  • L'Espérance de beaux voyages, 1 : Été/automne, Flammarion, 1984.
  • L'Espérance de beaux voyages, 2 : Hiver/printemps, Flammarion, 1984.
  • Phénix, le paysage regarde, illustré par Jean Dieuzaide et Lucien Clergue, P. Montel, 1984.
  • Louise, Flammarion, 1985.
  • Une vie de chat, Albin Michel, 1986 - rééd. 2013.
  • Fête des mères, Albin Michel, 1987.
  • Romans, un roman, Albin Michel, 1988.
  • Hôtel Styx, Albin Michel, 1989.
  • Douce France, Québec, Leméac, 1990.
  • La Terrasse des audiences au moment de l'adieu, Montréal, Leméac, 1990.
  • Ce sont amis que vent emporte, Flammarion, 1991.
  • La Vie dans l'âme, carnets, Montréal, Le Jour / VLB, 1992.
  • Poudre d'or, Flammarion, 1993.
  • Dernier dimanche avant la fin du siècle, Flammarion, 1994.
  • La Ville Atlantique, Leméac/Actes Sud, 1996.
  • Dialogue de sourdes, Nice, La Traverse, 1999.
  • La Dame du fond de la cour, Leméac/Actes Sud, 2000.
  • Avant que tout me devienne insupportable, H&O, 2006.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • Un condamné à vivre s'est échappé, textes, entretiens et poèmes, avec Pierre Salducci, Hull [Québec], Vents d'Ouest, 1997.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • À corps perdu, film canado-suisse sorti en 1988, inspiré du roman de Navarre, Kurwenal (1977)

Citations[modifier | modifier le code]

« La tendresse tue. L'absence de tendresse assassine. »

« Toute création vraie est un suicide que personne ne regarde. »

— Ce sont amis que vent emporte

« Je sortirai de la gueule du loup par la gorge du loup. »

— Biographie

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fonds Yves Navarre (MSS250) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).