Yves Jeanneret

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Yves Jeanneret (né le à Bry-sur-Marne et mort le à Bry-sur-Marne[1]) est un enseignant-chercheur français spécialisé en sciences de l'information et de la communication. Il est professeur émérite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure (promotion 1972)[2], Yves Jeanneret passe l'agrégation de lettres classiques ainsi qu'un doctorat en littérature et civilisation française consacré à l'œuvre de Romain Rolland (Université Paris III, 1982). Il obtient son habilitation à diriger des recherches à l'Université Paris VII en 1996.

Yves Jeanneret commence sa carrière comme professeur de lettres au collège et au lycée. Il entre ensuite dans l'enseignement supérieur, d'abord comme maître de conférences puis comme professeur. Il enseigne successivement à l'École nationale supérieure des télécommunications, à l'Université Lille-III, à l'Université d'Avignon, puis à l'École des hautes études en sciences de l'information et de la communication - Celsa.

Il dirige des équipes de recherche (GRIPIC au CELSA, UMR LaLIC à l'Université Paris-Sorbonne) et assure la responsabilité de masters (« Stratégie du développement culturel » à l'Université d'Avignon) et de chaires (« Innovation dans la communication et les médias » au CELSA).

Il occupe également des positions éditoriales : co-rédacteur en chef de Communication et langages (Necplus) avec Emmanuël Souchier ; membre du Comité éditorial de Culture et musées ; membre du Comité scientifique de Études de communication ; directeur de la collection « Communication, médiation et construits sociaux » chez Hermes-Lavoisier.

À partir de 2010, il participe à l'émergence de « La nouvelle école française de la pensée de la trace »[1] en publiant l'évolution de sa recherche sur ce sujet dans chacun des quatre premiers volumes de la série L'Homme-trace[3] édité par le CNRS et en contribuant à la dynamique du Laboratory On Human Trace Complex Systems Digital Campus Unesco (en) dans lequel il oriente progressivement ses recherches sur l'analyse des traces du social médiatisées[4].

Travaux[modifier | modifier le code]

Les objets de recherche d’Yves Jeanneret sont assez variés (la critique littéraire, la vulgarisation des sciences, les écrits d’écran, les lieux de la culture, etc.) mais lui permettent tous, selon des angles et des modalités différents, de questionner la manière dont le pouvoir-faire communicationnel façonne les sociétés. La question centrale du parcours d’Yves Jeanneret porte sur les conditions (sémiotiques mais aussi socio-politiques et économiques) par lesquelles certaines idées, certains objets, certaines pratiques acquièrent une vie sociale. Cette vie sociale des êtres culturels, Yves Jeanneret l’analyse à partir du concept de trivialité. La trivialité permet d’envisager les appropriations successives des objets, des idées comme des enrichissements possibles. Mais la trivialité, appareillée et instrumentalisée, est aussi un des lieux privilégiés pour analyser les logiques de pouvoir de notre monde contemporain[réf. souhaitée]. A partir de 2010, il participe au programme d'anthropologie de la communication L'Homme-trace[5] en soulignant qu'étant donné que "la trace, réalité d'évidence paraît échapper à tout effort pour la circonscrire en tant que concept", il travaillerait sur " ses usages en discours en tant qu'opérations produisant et occultant des savoirs"[6].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Critique de la trivialité : les médiations de la communication, enjeu de pouvoir, Éditions Non Standard, , 784 p. (ISBN 978-2-9542852-5-2)
  • Where is Mona Lisa? et autres lieux de la culture, Paris, Le Cavalier Bleu, coll. « Lieux de... », , 175 p. (ISBN 978-2-84670-346-8). Compte rendu dans Les Clionautes, 2011, par Xavier Leroux
  • Penser la trivialité. Volume 1, La vie triviale des êtres culturels, Paris, Lavoisier & Hermes-sciences, coll. « Communication, médiation et construits sociaux », , 267 p. (ISBN 978-2-7462-1878-9). Compte-rendu dans Nouveaux actes sémiotiques, 2009, par Véronique Madelon
  • Lire, écrire, récrire : objets, signes et pratiques des médias informatisés, avec Emmanuël Souchier et Joëlle Le Marec (dir.), Paris, Bibliothèque publique d’information, 2003, 349 p.
  • Y a-t-il (vraiment) des technologies de l'information?, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Savoirs mieux », , 134 p. (ISBN 2-85939-632-2) 2e éd. : 2007
  • L'affaire Sokal, ou la querelle des impostures, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Science, histoire et société », , 274 p. (ISBN 2-13-049607-5) 2e éd. : 1999. Compte-rendu dans L'homme nº157, 2001 par Christian Ghasarian et par Bernadette Lizet
  • Hermès au carrefour. Éléments d’analyse littéraire de la culture triviale, Paris, Université de Paris VII, mémoire pour l'Habilitation à diriger des recherches sous la direction d'Anne-Marie Christin, , 269 p.
  • Écrire la science. Formes et enjeux de la vulgarisation, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Science, histoire et société », , 398 p. (ISBN 2-13-046185-9)
  • Conversations racontées : Mme de Lafayette, Stendhal, Flaubert, Proust, Paris, Quintette, coll. « Expliquer les textes », , 80 p. (ISBN 2-86850-032-3)
  • Un demi-siècle de réception critique de l'œuvre de Romain Rolland en France, 1898-1945, Paris, Université de Paris III, Thèse de 3e cycle en Littérature française sous la direction de Roger Fayolle, , 585 p.
  • Le Théâtre de la révolution de Romain Rolland. Dramaturgie révolutionnaire ou dramaturgie utopique, Paris, ÉNS, mémoire de recherche sous la direction de Roger Fayolle, , 91 p.

Textes en ligne[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Hommage à Yves Jeanneret », sur celsa.fr,
  2. « L'annuaire | a-Ulm | Jeanneret Yves », sur www.archicubes.ens.fr (consulté le 29 mai 2020)
  3. Béatrice Galinon-Mélénec, « L'Homme-trace »
  4. Yves Jeanneret, La fabrique de la trace, Londres, ISTE,
  5. « Béatrice Galinon-Mélénec - Auteur », sur CNRS Editions (consulté le 31 mai 2020)
  6. Yves Jeanneret, « Complexité de la notion de trace », L'Homme trace. Perspectives anthropologiques des traces contemporaines (Galinon-Mélénec B. dir.), n°1, CNRS éditions,‎ , p. 59-86.

Liens externes[modifier | modifier le code]