Yves Guérin-Sérac

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Yves Guérin-Sérac
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Biographie
Naissance
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Activité

Yves Guillou, plus connu sous le nom de Yves Guérin-Sérac (alias Jean-Robert de Guernadec, alias Ralf), né le 2 décembre 1926 à Ploubezre (Côtes d'Armor), est un militant catholique anti-communiste français, animateur de la fausse agence de presse Aginter Press, hébergé par le Portugal de Salazar.

Ex-officier de l'armée française, il avait pris part à la guerre d'Indochine (1945-54), la guerre de Corée (1950-53) et la guerre d'Algérie (1954-62). Yves Guérin-Sérac était aussi membre de la 11e Demi-Brigade parachutiste de choc (« 11e choc »), bras armé du service action du SDECE[1]. Après les accords d'Évian de mars 1962, il fuit en Espagne franquiste, où Franco l'engage pour combattre l'opposition. Il partit ensuite pour le Portugal de Salazar.

Officier dans l'armée française (1947-1962)[modifier | modifier le code]

Du 24 novembre 1947 au 14 février 1948, Yves Guérin-Sérac débute son service militaire comme élève-officier à l'école militaire de Cherchell (Algérie) puis il suit le cours d'officier de réserve à l'EAABC de Saumur du 23 février 1948 au 26 mai 1948. Il est promu au grade d'aspirant le 1er juin de la même année.

Il est nommé chef de peloton au 2e RSA (Régiment de spahis algériens) à compter du 31 mai 1948. Promu sous-lieutenant de réserve le 1er décembre 1949, il se porte volontaire quelques mois plus tard pour combattre en Corée.

La guerre de Corée[modifier | modifier le code]

Devenu officier de réserve en situation d'activité à partir du 25 août 1951, il arrive en Corée le 26 décembre 1951. Il est nommé le 4 janvier 1952 à la tête de la 3e section de la 3e compagnie du Bataillon français de Corée.

Il est cité à l'ordre du corps d'armée et décoré de la Croix de Guerre des Théâtres d'opérations extérieures pour sa bravoure lors des combats de janvier et février 1952.

Il est blessé par des éclats de grenade lors des combats du 24 avril 1952 ce qui lui vaut une seconde citation à l'ordre du corps d'armée.

Il est de nouveau cité à l'ordre de la division pour son action lors des combats de juillet et août 1952. C'est sa troisième citation. À la même occasion, il est décoré de la Silver Star américaine.

Du 6 au 10 octobre 1952, le bataillon français participe à la bataille pour défendre Arrow Head Hill, ce qu'il fait au prix de lourdes pertes. Pour sa bravoure lors de cette action, Guérin-Sérac est décoré de la Bronze Star américaine. Pour les mêmes faits, il reçoit également une quatrième citation à l'ordre de l'armée (une palme).

Guérin-Sérac est promu lieutenant le 16 octobre 1952, avant d'être blessé une seconde fois par des éclats d'obus de mortier le 20 octobre 1952.

Après la fin de la guerre de Corée en juillet 1953, il est rapatrié en France et promu lieutenant d'active le 25 septembre 1953. Breveté parachutiste à Pau en septembre 1953 au sein de la 1ère compagnie du 18e RIPC (Régiment d'infanterie parachutiste de choc), il est muté peu après à la 1ère compagnie du 1er BPC (Bataillon de parachutistes coloniaux) et se retrouve en opération en Indochine.

La guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Le 1er BPC participe à l'opération Castor. Toutefois, la compagnie de Guérin-Sérac sera la seule du bataillon qui ne sautera pas sur la cuvette de Dien Bien Phu durant le siège.

Rentré en France après la fin de la guerre d'Indochine en juillet 1954, Yves Guérin-Sérac prend en janvier 1955 le commandement de la 1ère compagnie du 1er BCP.

La guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Promu capitaine le 1er avril 1959, Yves Guérin-Sérac est alors en poste à Calvi (Corse), toujours au 1er BPC, lequel fait partie de la 11e DBPC (Demi-Brigade Parachutiste de Choc). Celle-ci envoie en Algérie un groupement de marche dont fait partie Guérin-Sérac. Ce dernier est décoré en avril 1961 pour ses actions contre les rebelles du FLN : il reçoit la Croix de la valeur militaire avec citation à l'ordre de la division.

L'OAS[modifier | modifier le code]

En 1962, dénonçant la politique du général de Gaulle qui donne l'indépendance à l'Algérie, Yves Guérin-Sérac quitte l'armée et entre dans la clandestinité au sein de l'OAS. C'est à cette époque qu'il prend son surnom de Guérin-Sérac.

Après l'échec de l'OAS, Guérin-Sérac choisit de continuer la lutte et s'envole pour l'Espagne puis le Portugal.

Portugal[modifier | modifier le code]

Au Portugal, Yves Guérin-Sérac se lie avec des fugitifs de l'OAS, tandis que le pétainiste Jacques Ploncard d'Assac l'introduisait à la PIDE, les services secrets de Salazar. Yves Guérin-Sérac est ensuite recruté comme instructeur pour la Légion portugaise et pour les unités contre-insurrectionnelles de l'armée portugaise[2].

En 1965 il érige la fausse agence de presse Aginter Press, organisation d'extrême droite basée à Lisbonne et qui a pour but de lutter contre le communisme. Aginter Press organise des camps d'entraînement dans lesquels elle enseigne aux mercenaires et aux terroristes un cours de trois semaines sur les techniques d'action secrète: terrorisme à la bombe, assassinat silencieux, techniques de subversion, communication clandestine et infiltration et guerre coloniale.

Aginter Press s'active également dans la stratégie de la tension en Italie. Le 31 janvier 1968, Guérin-Sérac rencontre ainsi Pino Rauti, alors dirigeant du groupuscule néo-fasciste Centro Studi Ordine Nuovo — Pino Rauti rentre l'année suivante au sein de son parti d'origine, le MSI (Mouvement social italien)[3].

Lutte anti-communiste[modifier | modifier le code]

Tout comme le Cubain anti-castriste Luis Posada Carriles, Yves Guérin-Sérac conçoit la lutte anti-communiste à l'échelle de la planète: "Lors de cette période nous avons systématiquement établi des contacts proches avec des groupes partageant notre idéologie [like-minded groups] émergeant en Italie, en Belgique, en Allemagne, en Espagne ou au Portugal, afin de former la base [kernel] d'une véritable Ligue Occidentale de Lutte contre le Marxisme [Western League of Struggle against Marxism]."[4]

Après 1974[modifier | modifier le code]

À la suite de la « révolution des œillets », Yves Guérin-Sérac se réfugie en Espagne franquiste. Il croise alors, pendant les funérailles de Franco, le 20 novembre 1975 à Madrid, l'Italien Stefano Delle Chiaie[5].

Après la mort de Franco en 1975, on ignore ce que Yves Guérin-Sérac est devenu.

Décorations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. D. Ganser (2005), Operation Gladio and Terrorism in Western Europe, London, Franck Cass, 2005, p.116 La fiabilité de cette source est cependant discutée : voir (en) The Journal of Intelligence History, Volume 5, Number 1 été 2005.
  2. D. Ganser, p.117
  3. Mort (non-accidentelle) d'un anarchiste, Le Courrier, 3 mai 2005
  4. Stuart Christie, Stefano Delle Chiaie (London, Anarchy Publications, 1984, p.27), cité par D. Ganser, p.117
  5. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.381

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Chairoff, B... comme barbouzes, Éditions Alain Moreau, 1975.(p. 253), ouvrage à manier avec précaution, car l'auteur affabule souvent.
  • Frédéric Laurent, L'orchestre noir , Éditions Stock 1978 (cité à de nombreuses pages)

Articles connexes[modifier | modifier le code]