Yves Franchet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le ton de cet article ou de cette section est trop lyrique ou dithyrambique. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date)

Modifiez l'article pour adopter un ton neutre et encyclopédique (c’est à dire ?) ou discutez-en.

Yves Franchet
Naissance (77 ans)
Paris (France)
Domicile France
Nationalité Drapeau de France Français
Champs statistique
Institutions École polytechnique, ENSAE

Yves Franchet, né le à Paris, est un statisticien français. Après 22 ans au service du développement des statistiques et politiques économiques et sociales dans les pays du Tiers-Monde, il sera pendant seize ans directeur-général d’Eurostat dont il fera un des plus grands organismes de la statistique mondiale.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Yves Franchet est diplômé de l’École polytechnique de Paris et de l’École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE), il a poursuivi des études à l’université de Paris.

De 1965 à 1968 il est chef du département économique et statistique de l’Union douanière et économique d’Afrique centrale (UDEAC) à Brazzaville, République du Congo, puis, de 1968 à 1974, économiste à la Banque mondiale à Washington.

De 1974 à 1977, il devient responsable des programmes de coopération technique de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). De 1977 à 1980, et est à la fois directeur de l’ENSAE et directeur du Centre européen de formation des statisticiens économistes des pays en voie de développement (CESD) où Lamine Diop lui succédera.

De 1980 à 1983 il est nommé directeur adjoint du siège européen de la Banque mondiale à Paris, puis, de 1983 à 1987, vice-président et contrôleur de la Banque interaméricaine de développement à Washington.

En 1987, il est nommé directeur-général d'Eurostat, le bras statistique de la Commission européenne. Pendant seize ans au poste de directeur-général, il donnera une impulsion remarquable à la coordination et au développement de la statistique européenne. Le personnel d’Eurostat passera ainsi de 347 en 1987 à 640 en 2002, sans compter le très grand nombre d’experts travaillant sous contrat. Il fera d’Eurostat un des principaux organismes disséminateurs de statistiques et donnera un élan décisif à de nombreux domaines, anciens et nouveaux, de la statistique en Europe. Il contribuera aussi fortement au développement de programmes européens de coopération technique dans le domaine statistique[1].

En 2003, au moment même où Eurostat fêtait ses cinquante ans d’existence, il sera l’objet d’une campagne de calomnies, d'insinuations et d’accusations infâmantes. Ni la Commission européenne, ni le Parlement européen, ni l’OLAF, ni de nombreux médias ne sortiront grandis de ce lynchage[2].

Le 8 juillet 2008, le tribunal de première instance des communautés européennes (troisième chambre) condamnera la Commission européenne à verser à MM. Yves Franchet et Daniel Byk (son adjoint) la somme de 56 000 euros en réparation du préjudice matériel et moral subi du fait des fautes commises par la Commission et l’OLAF dans le cadre des enquêtes concernant l’affaire « Eurostat » et demandait la réhabilitation de ces deux hauts fonctionnaires. Le tribunal accusait la Commission d’avoir violé ses propres règlements, d’avoir émis un communiqué de presse qui violait le principe de la présomption d’innocence en ayant pu « accréditer l’idée que les requérants pouvaient être coupables ou, à tout le moins, suspectés des malversations » et d’avoir « décidé de l’ouverture des procédures disciplinaires […] alors que les enquêtes de l’office européen de lutte antifraude (OLAF), portant sur les mêmes faits, n’étaient pas encore clôturées ». Il accusait Romano Prodi d’avoir prononcé le 25 septembre 2013 un discours « reflétant le sentiment que les requérants sont coupables des malversations ». Enfin, le tribunal accusait l’OLAF d’avoir organisé des fuites à destination de la presse permettant de salir la réputation d’Yves Franchet et de Daniel Byk[3]. Ni la Commission ni Romano Prodi, ni Neil Kinnock, ni les médias ne se sont excusés[4].

Une procédure engagée au Luxembourg aboutissait à un non-lieu en octobre 2009. Pour le député européen Robert Goebbels, la mise à pied de Franchet et de ses collègues n’avait qu’un but de «fusibles pour un "scandale" monté de toutes pièces» par Romano Prodi «craignant un vote de censure du Parlement européen». En juillet 2011, il demandait à la Commission Européenne un suivi des procédures encore en cours depuis 2003 à Paris et au Luxembourg. La Commission argua qu’elle attendait la clôture de la procédure engagée au Luxembourg[5]. Enfin, suite à l’arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne du 13 mai 2014 sur le « droit à l'oubli »[6], les moteurs de recherche tels que Google ont dû supprimer les résultats de recherche « inadéquats, pas ou plus pertinents, ou excessifs » incluant le nom d’Yves Franchet.

Yves Franchet est président du bureau exécutif et membre du conseil d’administration de PEKEA (Political and Ethical Knowledge in Economic Activities), qui a pour objet de « qualifier le projet de construire un savoir politique et éthique sur les activités économiques »[7].

Publications[modifier | modifier le code]

  • « Issues for official statistics in Europe, a political environment », ISI Florence, août 1993
  • « Rôle de la statistique dans l’intégration européenne », Vienne, septembre 1994
  • « Eurostat approach to quality » (avec W. Grünewald), OCDE, The statistics Newsletter, no 8, mars 2002

Notes[modifier | modifier le code]

  1. De Michelis, Alberto et Chantraine, Alain, Memoirs of Eurostat. Fifty Years Serving Europe ou [1], European Communities, 2003, 221 pp. (ISBN 92-894-5114-9)
  2. Voir, entre autres, Volle, Michel « Eurostat : une « affaire » peut en cacher une autre », 20 janvier 2004
  3. « Arrêt du tribunal de première instance du 8 juillet 2008 – Franchet et Byk/Commission », Journal officiel de l’Union européenne, 15 août 2008, C 209/44 & 45.
  4. Clarisse, Yves et Quatremer, Jean Les maîtres de l’Europe, Grasset et Fasquelle, 2005, 419 pp. (ISBN 978-2246637219), (pp. 112 et suivantes) ; Quatremer, Jean La Commission et l'Office de lutte antifraude ont violé les droits de l'homme. Libération, Blogs, Coulisses de Bruxelles, 15 juillet 2008, mise à jour : 16 février 2015.
  5. « Suite de « l’affaire Eurostat ». La commission décidera après la procédure pénale », L’essentiel online, 11 juillet 2011.
  6. Cour de justice de l'Union européenne Arrêt de la Cour (grande chambre), 13 mai 2014.
  7. PEKEA « Appel pour créer un club de gouvernements locaux ».

Liens externes[modifier | modifier le code]