Yule

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Yule (homonymie) et Jul.
Yule
1832
1832

Observé par Scandinaves, peuples germaniques
Type Fête païenne, fête religieuse et culturelle

Yule est une fête du solstice d'hiver occidentale pré-chrétienne, l'ancêtre de Noël chez certains peuples germaniques. Suivant la même logique de syncrétisme que pour les Saturnales et le Dies Natalis Solis Invicti, Yule a été associée aux fêtes de Noël dans les pays nordiques depuis la christianisation des peuples germaniques.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Yule est la forme anglaise utilisée pour désigner la période de Noël chez les peuples germaniques, elle correspond à celle utilisée en vieux norrois à savoir Jól, dont sont issus Jól en islandais, Jul en danois, norvégien et suédois et qui signifient tous « Noël ». D'autres peuples ont emprunté cette appellation aux Germains, à savoir les Finlandais, d'où le finnois Joulu ou les Estoniens sous la forme Jõulu.

Il existe une racine commune du terme dont la forme initiale en germanique commun est mal établie, s'il en existe une, en tout cas, on la retrouve aussi dans les langues du groupe germanique occidental avec le vieil anglais ġeol « jour de Noël », plus anciennement ġe(h)ol / ġeo(h)ol, ainsi que ġeola désignant au pluriel les jours autour de Noël[1]. Il existait en vieil anglais un dérivé ġiuli, terme se référant à nos mois de décembre et de janvier. En revanche, les autres langues du rameau occidental ont perdu le terme, en effet l'allemand Jul (surtout utilisé dans le composé Julfest et Julklapp) est un emprunt au bas allemand, dont le néerlandais jul « fête de Noël », et il procède ultimement du scandinave[2]. On trouve également trace de cette racine en gotique, dans l'expression fruma jiuleis « novembre »[3]. Le mot Jol apparaît en vieux norrois dans des textes écrits autour de l'an 900, par exemple dans un poème d'hommage à Harald aux beaux cheveux où un personnage parle de « boire à Jol ». Jol était le nom de la fête de la mi-hiver ou Jólablót, dont on discute encore pour savoir si elle avait lieu à l'occasion du solstice d'hiver ou à la mi-janvier[4].

Le blót était l'invocation des dieux à but propitiatoire, et on faisait alors des sacrifices pour appeler la bénédiction des dieux sur les récoltes à venir. Le dieu attaché à Jol était Jólner, l'un des nombreux noms d'Odin.

Certains linguistes et lexicographes attribuent au mot français joli, qui n'a aucune correspondance en latin et dans les autres langues romanes, une origine scandinave par l'intermédiaire du normand, à savoir le vieux norrois jol + suffixe français -if, d'où le dérivé enjoliver (cf. aisif « agréable » sur aise). En effet, le terme apparait pour la première fois vers 1140 dans l'expression estre jolif de femmes « être porté à l'amour sensuel », dans l’Estoire des Engleis de l'écrivain anglo-normand Geoffroy Gaimar, puis un peu plus tard chez Chrétien de Troyes avec le sens de « gai »[5]. L'anglais jolly est issu du français.

Mythe[modifier | modifier le code]

La fête s'observe en commémorant la mort du "Holly King" (Roi de houx) qui meurt tué par son successeur le "Oak King" (Roi de chêne). Ce sont tous deux des dieux-arbres. On retrouve aujourd'hui à Noël les couronnes de gui, une idée reprise par le christianisme. Il existait la couronne horizontale, d'origine scandinave ou germanique, qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d'allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Rouge le plus souvent, les couleurs des bougies variaient cependant selon les régions. Les symboles de Noël sont inspirés de cette fête (sapins, gui, houx et cadeaux…).

Yule et la mythologie scandinave[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie nordique, Yule est le moment de l'année où Heimdall (de son trône situé au pôle Nord) accompagné des Æesirs (l’'Ansuzgardaraiwo) revient visiter ses enfants, les descendants de Jarl. Ils visitent ainsi chaque foyer pour récompenser ceux qui ont bien agi durant l'année, et laissent un présent dans leur chaussette. Ceux ayant mal agi voyaient à l'aube leur chaussette emplie de cendres. Yule est aussi une fête où les gens de leur côté, et les dieux du leur, se rencontrent pour partager un repas, raconter des histoires, festoyer et chanter. Le Yule est célébré chaque année le 21 décembre.

Célébration[modifier | modifier le code]

[réf. nécessaire]

Fête de Iulz[modifier | modifier le code]

La fête de Iulz fait partie du rituel SS, se déroulant durant le solstice d'hiver. Cette célébration est destinée à supplanter la fête de Noël et est pensée par Heinrich Himmler, son promoteur, comme une occasion de se livrer à une sorte de culte des ancêtres[6].

Himmler, créateur de cette fête, règle son déroulement de manière précise[6]. Ainsi, il propose un rituel très précis, marqué par l'allumage de douze bougies, rythmé par la prononciation d'un "mot de lumière" par le desservant, mot auquel les assistants, des SS accompagnés de leur épouse ou de leur fiancée, doivent répondre "votre lumière Brillera"[6]. De même, il se propose, pour accentuer la rupture avec le christianisme, de faire composer des chants nazis par de jeunes auteurs membres de la SS[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. T. F. Hoad, English Etymology, Oxford University Press, 1993 (ISBN 0-19-283098-8), p. 550b.
  2. Duden, Das Herkunftwörterbuch, Band 7, Duden Verlag. p. 316a.
  3. T. F. Hoad, op. cit.
  4. Mattias Axelsson Hölls midvinterblotet vid vintersolståndet?
  5. Site du CNTRL ; étymologie de joli [1]
  6. a, b et c Peter Longerich, Himmler, p. 285
  7. Peter Longerich, Himmler, p. 286

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Peter Longerich, Heinrich Himmler. Biographie, München (Siedler) 2008, Trad. française, Himmler. L'éclosion quotidienne d'un monstre ordinaire, éditions Héloise d'Ormesson, Paris, 2010, ISBN 978-2-35087-137-0
  • (fr) Démons et merveilles, Édouard Brasey, Chêne, 2006. (ISBN 2842776682)
  • (fr) L'Encyclopédie du merveilleux, T3 : Des peuples de l'ombre, Édouard Brasey, Le Pré aux Clercs, 2006.

Articles connexes[modifier | modifier le code]