Yugur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Famille Yugur à Lanzhou, capitale du Gansu

Les Yugur (également écrit Yugu) (chinois : 裕固族 ; pinyin : Yúgù zú) sont un groupe ethnique. Ils constituent l'un des 56 groupes ethniques officiellement identifiés par la République populaire de Chine, avec une population de près de 14 000 individus[1].

Description[modifier | modifier le code]

Grottes du Temple Mati (马蹄寺石窟群), situé sur le Xian autonome yugur de Sunan 肃南裕固族自治县, sùnán yùgùzú zìzhìxiàn

Les Yugur sont des descendants des Ouïghours et des Mongols, originaires de la rivière Erhun à l'époque de la dynastie Tang (618907). Fuyant les tempêtes de neige et les attaques des Kirghizes, ils ont émigré vers la fin du IXe siècle dans le Xian autonome yugur de Sunan, le district de Ganzhou et le district de Liangzhou, tous trois situés dans la province de Gansu en Chine[2].

Langues[modifier | modifier le code]

Les Yugur parlent trois langues en raison de leurs diverses origines : environ 4 600 parlent le yugur occidental une langue turque à l'ouest du xian autonome, environ 2 800 parlent le yugur oriental, une langue mongole à l'est du xian autonome et un dialecte du mandarin à Huangnibao. La langue vernaculaire des Yugur est donc également le mandarin[2]. La langue yugur a conservé de nombreux archaïsmes du ouïghour du IXe siècle[3],[4]. Un très petit nombre de Yugur parlent le tibétain. Ils utilisent principalement le mandarin pour leurs intercommunications. Les langues yugur ne sont plus écrites aujourd'hui, bien qu'elles aient utilisé jusqu'à la fin de XIXe siècle une écriture verticale tirée de l'écriture ouïghoure[5], dont est dérivée l'écriture « mongol bičig ».

Religion[modifier | modifier le code]

Sous domination tibétaine à l'époque de l'expansion de l'Empire tibétain (629877), ils se sont convertis du manichéisme à la branche tibétaine du bouddhisme vajrayāna (véhicule du diamant). Cette religion est encore pratiquée dans les communautés Yugur à ce jour[2]. Les Yugur sont donc une exception parmi les peuples descendant des Turcs, car, contrairement à la majorité de ces peuplades, ils ne se sont pas convertis à l'Islam.

Rites et fêtes[modifier | modifier le code]

Cérémonie de mariage[modifier | modifier le code]

Dans la tradition yugur, Lors d'un mariage la futur femme et les proches membres de sa famille commencent par monter à cheval. Ils vont rejoindre le futur mari et les hommes de sa famille qui attendent sur une table en direction du Sud, à l’abri du vent. Ils accueillent la famille de la mariée avec de la nourriture et des boissons, puis repartent ensemble, à cheval, vers le lieu ou la mère du futur marié les attends pour la cérémonie du mariage. Une conque est soufflée. Une rangée de personne attend avec des khadag de couleur blanche. La belle mère guide alors la nouvelle mariée dans l'utilisation du thé au lait qui sera offert aux convives[6].

Études sur les Yugurs[modifier | modifier le code]

Asar (Tentes) utilisées par les Mongols[7] et les Yugurs[8],[9],[10] près du lac Qinghai.

En 1911, Sergey Efimovich Malov (en), spécialiste des cultures turques, étudie ce groupe dans la gorge de Wenshu, à Jiuquan (酒泉), dans l'actuel Gansu.

L'étude des Yugur s'appelle la Yugurologie (裕固学, yúgù xué), une lettre d'information sur le centre de développement de la culture yugur est publié par 巴战龙, bā zhànlóng) via blog.sina.com.cn [11]

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de la République populaire de Chine de 2000, 13 747 Yugur vivent en Chine. Ils se répartissent de la façon suivante[12] :

et le restant dans les autres provinces de Chine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 13 719 exactement selon le recensement de 2000 : (en)(zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48.
  2. a, b et c (en) « The Yugur ethnic minority » (consulté le 11 décembre 2013).
  3. (en) Studies on Turkish and Turkic Languages: Proceedings of the Ninth International Conference on Turkish Linguistics, Harrassowitz,‎ , 430-431 p. (ISBN 978-3447042932, lire en ligne).
  4. (en) Lars Johanson, Éva Csató, The Turkic languages, Taylor & Francis,‎ (ISBN 0-415-08200-5, lire en ligne), p. 397.
  5. (en) Dru C. Gladney, Dislocating China: reflections on Muslims, minorities and other subaltern subjects, C. Hurst & Co. Publishers,‎ (ISBN 1-85065-324-0, lire en ligne), p. 212.
  6. (zh) « 【原】奇特的马背婚礼 »,‎
  7. (en) Barabara Gordon et Linnet Kestrel, « More than yurts: Tents of the himalayas »
  8. (zh) « 嘉峪关周边有哪些好玩的地方呢?——张掖 », iflying.com
  9. (zh) « 裕固人家 »
  10. (zh) « 裕固风情 »
  11. (zh) « 裕固学研究通讯 - Yugurology Research Newsletter (YRN) »
  12. (zh) « 中国2000年人口普查资料 » (consulté le 22 mars 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :