Youenn Drezen

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Youenn Drezen
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Yves Le Drézen, né le à Pont-l'Abbé et mort le 15 février 1972[1] à Lorient, dit Youenn Drezen de son patronyme breton, alias Corentin Cariou ou encore Tin Gariou, est un journaliste et écrivain de langue bretonne et française[2].

Origine[modifier | modifier le code]

Il est né dans une famille modeste, son père était couvreur. Entre 1906 et 1911, il fréquente l'école Saint-Gabriel à Pont-l'Abbé[3]. Son père décède en 1911, laissant huit enfants à élever par sa jeune veuve. Remarqué par les pères missionnaires du Sacré-Cœur de Picpus, il part pour leur collège de Hondarribia (Fontarrabie) au Pays basque espagnol. En septembre 1916 il rejoint le séminaire de Miranda de Ebro en Castille ou il se lie d'amitié avec Jakez Riou et Jakez Kerrien. Tout en menant des études théologiques, littéraires et scientifiques, ces exilés redécouvrent la langue bretonne à l'instigation du Père Müller le supérieur du couvent qui les prépare ainsi à la prédication dans leur milieu d'origine[4]. Persuadé de n'avoir pas la vocation missionnaire, Drezen revient en Bretagne en 1917 (ultérieurement, sa nouvelle Sizhun ar Breur Arturo évoquera de façon romancée son renoncement à la vocation[5]). Employé chez un marchand de vin du Guilvinec, il se réapproprie sa langue maternelle. En 1920, il rencontre, à l'occasion de son service militaire à Rennes dans le 505e régiment de chars, les jeunes responsables de l'Union de la Jeunesse Bretonne (Unvaniez Yaouankiz Breiz). Ce groupe régionaliste dirigé par Maurice (Morvan) Marchal (20 ans) devient clairement nationaliste quand le tandem Olier Mordrel (Olivier Mordrelle) et François Debeauvais lui succède en 1922. Drezen adhère brièvement à ce groupuscule autonomiste jusqu'en 1922[6]. Rentré à Pont-l'Abbé au printemps 1922, il devient photographe au studio Pierre. Il délaisse le terrain de la politique[7] pour s'investir dans une coopérative pour diffuser les livres catholiques en breton, Emgleo sant Ildut, (Entente de Saint Ildut)[8].

Journaliste[modifier | modifier le code]

Sa carrière de journaliste débute en 1924, il entre à la rédaction brestoise de l'hebdomadaire bilingue Le Courrier du Finistère. Le rédacteur en chef Corentin le Nours lui fait clairement comprendre qu'il lui faut prendre des distances avec le mouvement autonomiste[9]. Son ami Jakez Riou le rejoignit en 1928 ou ils firent tandem dans la rédaction des articles en breton. L'essentiel de ces articles relate les grands évènements de la vie religieuse dans le Finistère. Drezen cependant signe plusieurs articles sur la vie internationale. États-Unis, Pologne, Allemagne, Russie ou il dénonce les massacres des paysans par Staline[10]. En 1931, congédié[11], il passe à la presse quotidienne en rejoignant la rédaction de Vannes de l'Ouest-Journal[12] journal républicain qui venait d'être créé pour concurrencer L'Ouest-Éclair[13]. Correspondant local du journal, Il écrit uniquement en français sur des sujets très divers. Le Journal arrête sa publication en novembre 1936. Youenn Drezen est licencié et se consacre à l'écriture en breton.

Parallèlement, il donne des traductions et des textes littéraires à Gwalarn, l'emblématique revue littéraire bretonnante fondée par Roparz Hémon dont le premier numéro paraît en mars 1925[14] et dont il fut un collaborateur fidèle pendant près de vingt ans. Dans les années trente, il diversifie ses collaborations littéraires : Il publie dans La Bretagne Fédérale, dans Ar Falz, dans SAV trois périodiques de gauche. Il marque sa solidarité avec les Républicains espagnols en traduisant Iru Gudari de l'écrivain basque Manuel de la Sota[15]. Démobilisé en 1940, il écrit des chroniques littéraires ou politiques[16] dans le journal du parti national breton L'Heure Bretonne, dans La Bretagne et dans Arvor, hebdomadaire qu'il dirige en 1943-1944. Il crée plusieurs pièces radiophoniques comiques pour la radio bilingue Radio Rennes-Bretagne. Après la guerre, il tient un café à Nantes. Il revient au journalisme en 1961 à Lorient au quotidien La Liberté du Morbihan. Retraité en 1964, il décède le . Il repose au cimetière de Pont-l'Abbé.

Écrivain[modifier | modifier le code]

L’œuvre littéraire de Youenn Drezen est marquée par plusieurs étapes. Dès 1921, il écrit « J’ai dans l’idée de devenir un écrivain dans ma langue nationale »[17]. Il s’exerce dans un premier temps à la traduction : il publie une nouvelle de l’américain Hawthorne dans le premier numéro de Gwalarn[18], une revue créée en 1925 qui veut ouvrir la littérature bretonne sur le monde. Il traduit ensuite l’Irlandais Synge, le Grec Eschyle, la Britannique B.Potter, l’Espagnol Calderón, le Néerlandais G.T. Rotman (nl), le Juif-Yougoslave Isak Samokovlija, le basque Manuel de la Sota.

C’est en 1932 qu’il publie ses premières œuvres. Un long poème Kan da Gornog (Chant à l’occident), qui raconte l’épopée d’un guerrier celte antique et surtout An Dour en-dro d’an inizi (L’eau autour des îles), une histoire d’amour dans le golfe du Morbihan ou pour la première fois est abordé le thème des relations charnelles entre garçon et fille, ce qui est une révolution dans les lettres bretonnes qui se démarquent ainsi du poids de l’église[19].

En 1936, il publie le premier chapitre de son roman social Itron Varia Garmez (Notre dame des Carmes) qui paraitra en 1941. Sur fond des grêves des années 1930 à Pont l’Abbé, il raconte la soif d’absolu d’un jeune sculpteur qui veut créer son œuvre maitresse une statue dédiée à la Sainte patronne du lieu. Ce roman lui vaut l’appréciation d’ « écrivain prolétarien » par Marcel Cachin, secrétaire général du PCF[20], son nom « sera bientôt sur les lêvres de tous les prolétaires bretons reconnaissants » peut on lire dans War Sao, l’organe des Bretons émancipés de Paris[21].

Ce virage à gauche de Drezen est dû aux liens tissés avec le mouvement laïque Ar Falz et l’école artistique des Seiz Breur, notamment René-Yves Creston qui illustre son premier roman. C’est avec Creston que Drezen crée une maison d’édition «Skrid ha skeudenn» (Texte et illustration) dans le but d’éditer de beaux livres illustrés par des artistes de renoms mais aussi pour dynamiser l’édition bretonne.

La publication du roman Itron Varia Garmez est retardé par le décès de Jakez Riou, véritable frère de Drezen en littérature. Il lui consacre un numéro entier de Gwalarn et un long poème Nosvezh arkuz war beg an enezenn (Nuit de veille à la pointe de l'île) . De son côté René-Yves Creston qui vient d'intégrer le Musée de l'Homme à Paris, accaparé par son travail tarde à livrer les illustrations de cette œuvre majeure de l'écrivain. Interné en février 1941 pour son appartenance au réseau de Résistance du Musée de l'homme[22], il est libéré peu avant la sortie du livre en août 1941. Le roman sera traduit en français par l’auteur et publié chez Denoël en 1943. Drezen se consacre à ses chroniques journalistiques pendant la guerre et publie peu de textes littéraires.

En 1947 il publie cinq pièces de théâtres créées pour la radio pendant la guerre sous le titre Youenn vras hag e leue et il signe une nouvelle considérée comme son chef-d’œuvre Sizhun ar Breur Arturo (La semaine du frère Arthur)[23] ou il raconte les émois d’un jeune moine qui perd sa vocation à la vue d’une jeune femme qui vient prier dans la chapelle dont il a la charge.

Youenn Drezen termine son cycle littéraire par l’édition de Skol Louarn Veig Trebern (L’école buissonnière de Veig Trebern)[24] en 1972, l’année de sa disparition. Ce dernier roman est comparé par sa verve et sa truculence aux aventures de Tom Sawyer[25]. Préfacé par Pierre-Jakez Hélias, il est publié en français sous le titre L'école du Renard en 1986[26].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Youenn Drezen a choisi de vivre de sa plume pendant la deuxième guerre mondiale. Comme la plupart des écrivains et journalistes qui ont fait ce choix, il fait l’objet de polémiques. Youenn Drezen a écrit environ 300 chroniques pendant la guerre, 90 % d’entre elles sont consacrées à l’actualité littéraire et artistique. Le reste concerne le vécu de la guerre et comportent des analyses contestables et parfois des « propos dérangeants[27] » qui montrent une certaine porosité à la propagande du régime de Vichy.

Trois idées forces guident Youenn Drezen pendant la guerre: le pacifisme, la défense de la langue bretonne et son nationalisme breton.

1 Le pacifisme

  • refus de la guerre: "La guerre a toujours été pour moi le pire et le plus aveugle des fléaux que Dieu fait subir aux hommes"[28]
  • Refus du nazisme: "Je ne portais pas dans mon cœur, je ne dirai pas les Allemands que je ne connaissais pas, mais leur gouvernement nazi"[29]
  • indignation devant les bombardements sur les civils: par les Allemands dans la bataille de France[30], par les Anglais à Brest[31], par les Américains à Nantes[32].
  • Reconstruire l’harmonie entre les peuples[33]

2 La Défense de la langue bretonne

  • Priorité: sauver la langue bretonne. "Il n'y a qu'une chose qui compte c'est sauver la langue bretonne"[34]
  • Continuer à travailler pour la langue bretonne malgré la présence des Allemands[35]
  • Campagne pour que la radio en langue bretonne soit entendue en Basse-Bretagne[36]
  • Défense du breton à l’école contre le gouvernement de Vichy[37]

3. Le nationalisme breton

  • L’éloge du P.N.B. son employeur[38]
  • La cause de la défaite française[39]
  • Contre le nationalisme français (hb 16 août 1941)
  • La doctrine du «Ni Hon Unan» (Nous tous seul)[40]
  • Le poids de la propagande antisémite de Vichy:

Sur ce dernier point, Drezen a fait l’objet d’une campagne virulente de Françoise Morvan[41]. On trouve 5 références au mot «juif» dans les quelques 300 chroniques de Drezen:

  • Les Juifs de radio Londres[42] (16 aout 1941)
  • On voit un notaire qui tient tête aux malfaiteurs profiteurs - Grecs, Russes, Juifs ou Français dégénérés.[43]
  • Churchill va être traité de menteur, par certains Gaulistes, qui comme Abraham, croient au-delà de toute espérances.[44]
  • Il ne faut pas faire comme les Juifs, émigrés dans beaucoup de pays, et profitant de ci de là de la richesse des autres[45]
  • Petit à petit, la place des Français est prise… avec des contrats de travail par les Polonais, les Italiens, les Espagnols, les Arméniens, les bicots d’Algérie et les Juifs bien sur. Ce n’est pas qu’ils soient trop nombreux mais ils sont rusés.[46]

Ces citations montrent bien que la propagande anti juive de Vichy relayées par tous les journaux de l’époque[47] est bien rentrée dans les esprits. Ces phrases sont inacceptables et condamnables.

Ces dérapages vont à l’encontre d’autres positionnements de Drezen: En 1932 il traduit la nouvelle «Les cheveux de Myriam»[48] de l’écrivain juif de Sarajevo Isaac Samokovlia ; dans ses papiers on trouve l’ébauche d’un article sur l’histoire de Bretagne où il déplore la persécution des Juifs au Moyen Âge[49]. Chacun jugera donc du positionnement de Drezen en la matière.

En août 1944, Drezen reste à Rennes après la libération. Il est interrogé deux fois par des officiers FFI, sans suite[50]. Témoin des exactions de jeunes FFI contre les femmes accusées de collaboration, trainées dans la rue, rasées, faisant l’objet de violences sexuelles, il écrit une lettre au commissaire Le Gorgeu ou il dénonce cette «parodie de justice populaire[51]».

Drezen est incarcéré le 6 septembre, le temps d’une enquête qui conclut : « Le Drezen, romancier, ami des légendes a sans doute exagéré […] il se peut cependant que quelques hommes de garde, agissant de leur propre initiative et contrairement à la discipline aient fréquenté quelques-unes de ces femmes durant leur séjour dans les caves[52] ».

Drezen voit le juge d’instruction en décembre. Le , il fait l'objet d'une « libération immédiate avec éloignement de Rennes », sans qu’aucune charge de collaboration ne soit retenu contre lui. Youenn Drezen, n'est cité dans aucune liste noire d'écrivains collaborateurs pendant la guerre[53].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Youenn Drezen s'installe à Nantes en 1945 pour y tenir le Café des Halles. Il renoue rapidement aves ses amis d'Ar Falz, Armand Keravel et PierreJakez Hélias qui font jouer ses pièces de théâtres dans les stages. Il les publie en 1947 sous le titre Youenn Vras hag e leue[54] ( Le Grand Youenn et son veau). Il traduit en français le recueil de nouvelles de son grand ami Jakez Riou, Geotenn ar Werc'hez (L'herbe de la Vierge[55]), l'occasion de lui rendre hommage 10 ans après son décès.

Il publie dans la revue Al Liamm Sizhun ar breur Arturo (La semaine du Frère Arthur) qui raconte de façon très fine comment il a perdu la vocation religieuse à la vue d'une femme qui venait prier au couvent ou il était novice. Il commence un roman Rozenn ar Gelveneg[56] qu'il ne finira pas car son travail lui demande trop de temps. Dans les années cinquante sa santé se dégrade. Il passe de longues années au sanatorium de Carquefou avant de reprendre le métier de journaliste en 1961 à La Liberté du Morbihan. Retraité en 1965, il finit son roman Skol Louarn Veig Trebern (L'école buissonnière de Veig Trebern) qui raconte de façon truculente ses aventures de gamins à Pont l'Abbé. Le roman est publié l'année de son décès en 1972. Pour Francis Favereau, "ce récit des aventures extrascolaires d'un enfant de huit ans, à la Tom Sawyer, dans l'univers besogneux, mais pittoresque de Pont-l'Abbé d'avant 1914, est son chef-d'œuvre d'après-guerre".

Constamment réédité, Youenn Drezen est considéré comme l'un des écrivains bretons qui a su le mieux conjuguer le breton populaire et le breton littéraire. « Il a su nous léguer par brassées des bouquets de fleurs de son jardin immortel » assure son compatriote bigouden Yann Guillamot[57]

La polémique survenue en 2020 à Pont-l'Abbé[modifier | modifier le code]

La rue Youenn-Drezen de Pont-l'Abbé a été débaptisée en 2020, le maire Stéphane le Doaré estimant que ses engagements dans le nationalisme breton pendant l'Occupation, justifiait cette décision. Yves Canevet, conseiller d'opposition estimant lui qu' « il est dangereux de juger de ce qui s’est fait à une époque avec les critères d’une autre »[58]. Le fils de Youenn Drezen a protesté, parlant d'une "campagne de dénigrement"[59]. La rue a été renommée "rue Arnaud-Beltrame"[60].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

  • An Dour en-dro d'an Inizi (L'Eau autour des îles, nouvelle), couverture en trichromie par Xavier de Langlais ; Brest, Gwalarn (no 43), mae 1932, 45 p.
    • rééditions : An Dour an-dro d'an Inizi ; Brest, Al Liamm, 1970 & 2022, illustré par Robert Damilot.
    • traduit en français par l'auteur : L'Eau autour des îles, illustrations Robert Damilot, Lannion, An Alarc'h, 2022.
  • Itron Varia Garmez (Notre-Dame des Carmes), illustré par René-Yves Creston ; La Baule, Skrid ha Skeudenn, 1941.
    • rééditions : Itron Varia Garmez ; Brest, Al Liamm, 1977 ; Landeda, Aber, 2012.
      • Traduit en français par l'auteur : Notre Dame Bigoudenn, préface de Jean Merrien ; P., Denoël, 1943. Ce roman fait une peinture ironique et sans concession de Pont-l'Abbé et de ses habitants.
      • réédition : Paris, Denoël (collection Relire), 1977, 227 p. (avec préface de Pierre-Jakez Hélias).& La Rochelle, La délivrance, 2002.
  • Sizhun ar Breur Arturo (La Semaine du frère Arthur), nouvelle ; Brest, Al Liamm, 1971 et 1990 ; éditions An Alarc'h, 2011.
    • Traduit en espagnol ; La semana de fray Arturo, Lannion, An Alarc'h, 2016
    • Traduit en anglais ; A week in the life of brother Arturo, Lannion, An Alarc'h, 2017
    • Traduit en gallo ; La semaene ao frere Arturo, Olepei, 2020.
  • Skol Louarn Veig Trebern (L'École buissonnière du petit Hervé Trebern), roman en trois volumes, préface de P.J. Hélias ; Al Liamm, 1972-1974. Ce roman conte les aventures à la Tom Sawyer d'un gamin de Pont l'Abbé qui sèche l'école pendant un mois.
    • Traduit en français par l'auteur et Pierre-Jakez Hélias : L'École du Renard ; Paris, éd. Jean Picollec, 1986. & La Rochelle, La Découvrance, 2006.
  • Pellgent Loc'h Laoual, recueil de nouvelles, Al Liamm, 2020, 136p, (ISBN 978-2-7368-0146-5)

Poésies[modifier | modifier le code]

  • Kan da Gornog, illustré par René-Yves Creston ; Skrid ha Skeudenn, 1932.
  • Nozvez Arkuz e beg an enezenn Gwalarn No 121, 1938

Théâtre[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Ar skarbouklenn vras, (La grande escarboucle) de Nathaniel Hawthorne ; Brest, Gwalarn no 1&3, 1925.
  • War varc'h d'ar mor, ( Riders to the sea) de J.M. Synge; Brest, Gwalarn (Levraoueg Gwalarn, 2), 1926, 23 p. (tiré à part de Gwalarn 7).
  • Prinsezig en dour, (Prinsesje Sterremuur) de G.H. Rotman, trad. en collab. avec R. Hemon; Brest, Gwalarn, 1927.
  • Prometheus ereet - Ar Bersed, ( Prométhée enchainé et Les Perses) de Aesc'hulos (Eschyle); Brest, Gwalarn, 1928; Mouladurioù Hor Yezh, 2000 (illustrations de G. Robin et R.Y. Creston).
  • Per ar c'honikl, (The tale of Peter Rabbit) ; de Beatrix Potter; Brest, Levriou ar Vugale - Gwalarn (Levraoueg Gwalarn, niv. 11), 1928, 32 p., ill. (imprimé à Saumur sur les presses de l'École émancipée).
  • Nijadenn an Aotrou skanvig, de G.H. Rotman; Brest, Gwalarn, 1929.
  • Nouchka, de Borislav Stankovitch, Bretagne fédérale, No 12,1933.
  • Blev Myriam de Issak Samokovlia, Bretagne fédérale, No 14, 1933.
  • Iru Gudari, pièce de théâtre de Manuel de la Sota, Breiz Atao No 298, 1938.
  • An draoñienn hep heol, de J.M. Synge In War-du ar pal, n°. 2, 1938.
  • Lommig, de Xavier Haas (traduit du français); Brest, Skridoù Breizh, 1942.
  • Aotrou maer Zalamea, pièce de théâtre de Calderón, Gwalarn, No 152-153, 1942.
  • L'Herbe de la Vierge, de Jakez Riou ; nouvelles traduites du breton; Nantes, Aux Portes du large, 1947 (comporte une importante préface de Drezen).
  • Kavell ar c'hazh (Le Berceau du chat) de Walter Scott, Al Liamm No 32-33, 1952
  • Tristidigezh ar brezel, (La Tristesse de la guerre) de Momtchilo Nostassievitch, Al Liamm, No 51,1955. An erv kentañ, (Le Premier Sillon), Milovan Chichitch, Al Liamm, No 53,1955

Chroniques[modifier | modifier le code]

  • Youenn Drezen, kelaouenner (Chroniques de Arvor) ; éd. Hor Yezh, 1986.
  • Youenn Drezen, kelaouenner (Chroniques de Gwalarn) ; éd. Hor Yezh, 1986.
  • Youenn Drezen, kelaouenner (Chroniques de l'Heure bretonne I) ; éd. Hor Yezh, 1989.
  • Youenn Drezen, kelaouenner (Chroniques de L'Heure bretonne II) ; éd. Hor Yezh, 1991.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abeozen, Istor lennegezh vrezhonek an amzer-vreman; Brest, Al Liamm, 1957.
  • Francis Favereau, Anthologie de la littérature bretonne au XXe siècle, T.2 ; Morlaix, éd. Skol Vreizh, 2004. (ISBN 2911447948).
  • Lukian Raoul, Geriadur ar skrivagnerien ha yezhourien; Brest, Al Liamm, 1992.
  • Bernard Le Nail, Dictionnaire des romanciers de Bretagne; Spézet, éd. Keltia Graphic, 1999.
  • Nicole Le Dimna, Palimpsestes franco-bretons : l'autotraduction de Youenn Drezen; P., L'Harmattan, 2005 (contient des textes inédits).
  • Yves Le Berre, Qu'est-ce que la littérature bretonne ? Essais de critique littéraire, XVe –  XXe siècle ; Presses universitaires de Rennes, 2006.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Jakez Helias, Paotr Pont 'n Abad Youenn Drezen, (Y.D. le gars de Pont l'Abbé.) émission Breiz o veva, FR3 Bretagne, 27/04/1972
  • Per ar Flao, Youenn Drezen, l'écrivain bigouden, émission Breiz o veva, 22/02/1975
  • Marie Kermarrec, Youenn Drezen, 1899-1972. Images animées ; Rennes, France 3 Ouest et Brest, Kalanna, 2000 (cassette vidéo de 26 min, en breton et français sous titré)[61].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ouest-France, 17 février 1972
  2. Il portait témoignage du dedans, ayant pu s'identifier, à force de sympathie et d'observation, au petit peuple des faubourgs de Pont-L'Abbé, la fière, la frondeuse, l'irréductible capitale du Pays bigouden. Il était de ce peuple et s'est gardé de jamais en sortir malgré une existence aux multiples avatars et une étonnante culture, préface de P.J. Hélias à Notre-Dame Bigoudenn, 1977
  3. Robert Baud, Les cent ans d'un établissement scolaire bigouden l'école Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes, 1894-1994, Édition : Pont-L'Abbé : Saint-Gabriel-Notre-Dame des Carmes , 1995, p. 246.
  4. (br) Bernez Rouz, « Drezen, Riou, Kerrien : hadenn ar yezh o kellidan e Bro Spagn », Al Liamm, N°437,‎ , p.65 (lire en ligne).
  5. « Sizhun ar breur Arturo », (consulté le ).
  6. Notre ami Youen Drézen, de Pont l’Abbé, qui depuis qu’il a adhéré au G.N.B. (Groupement nationaliste breton) s’est imposé à la sympathie de ses camarades par son dévouement à la cause nationale, sa connaissance de la doctrine et de la langue bretonne ainsi que par son activité de propagandiste fait désormais partie du comité directeur.in Breiz Atao, 15 février 1922, p. 161.
  7. "Pell diouz an daoulagad, pell diouz ar galon ! Ket gwir Youenn ? Mon cher vieux, on n'a pas souvent de tes nouvelles, c'est très mal" (Loin des yeux, loin du cœur, n'est ce pas Youenn ? Mon cher vieux, on n'a pas souvent de tes nouvelles, c'est très mal). Lettre d'O. Mordrel à Youenn Drezen, cité dans E-koun Youenn Drezen, op cit, p. 237.
  8. (br) Jorj Abhervé-Gwegen, « Youenn Drezen hag Emgleo Sant ildut », E Koun Youenn Drezen,‎ .
  9. "On nous dit que vous avez des accointances avec des groupes séparatistes comme celui de Breiz Atao. Nous ne pouvons approuver ni toutes leurs idées, ni leurs méthodes" Lettre de C. Le Nours à Y. Drezen, 8/02/1924. Jil Penneg, Drezen, kazetenner e Le Courrier du Finistère, in E Koun Youenn Drezen, éd. Al Lanv, 2022, p. 91
  10. "Mistri ar Rusi, enebourien ar beizanted" (Les maîtres de la Russie, ennemis des paysans), in Le Courrier du Finistère, 29/03/1930.
  11. "Riou et moi, nous quittons "Le Courrier", moi puisque j'ai été fichu à la porte, Riou par solidarité". Lettre de Y. Drezen à Joseph Ollivier, citée par Jil Penneg, Drezen, kazetenner e Le Courrier du Finistère, in E Koun Youenn Drezen, éd. Al Lanv, 2022, p. 95.
  12. « L'Ouest-journal », sur Presse Locale Ancienne (consulté le )
  13. Bernard Le Nail, L'almanach de la Bretagne, Jacques Marseille - Larousse, (ISBN 2-03-575106-3).
  14. Les colonnes de Gwalarn sont ouvertes à toutes les plumes sans distinction de parti. L'adhésion à Gwalarn n'implique pas l'adhésion au nationalisme breton. La littérature peut être mise au service de la politique, mais elle n'en dépend pas essentiellement. Il y aura place dans notre revue littéraire pour l'idée bretonne ; il y aura place pour un art libre vis-à-vis de toute doctrine. Nous concevons aussi qu'on puisse le faire par pur sentiment esthétique. Manifeste de Gwalarn, 1925
  15. Publié dans Breiz Atao, journal du P.N.B. à partir du No 298 en 1938. Réédition en 2017 aux éditions Al Lanv.
  16. Francis Favereau (trad. du breton), Anthologie de la littérature bretonne du XXe siècle., Morlaix, Skol Vreizh, , 576 p. (ISBN 2-911447-94-8), p. 380-405
  17. (br) Bernez Rouz, Drezen, Riou, Kerrien, Hadenn ar yezh o kellidañ e Bro Spagn (Drezen, Riou, Kerrien, la graine de la langue germe en Espagne), in "E koun Youenn Drezen", Quimper, Al Lanv, , 400 p. (ISBN 978-2-916745-49-7), p.34
  18. (br) Youenn Drezen, « Ar skarbouklenn vras (The great carbuncle 1837) », Gwalarn (1925-1944),‎ , pp6-7 (lire en ligne)
  19. 'Enni hardiegezh mat ken ar brezel ha tostañ tra bepred e brezhoneg ouzh an tri S benniget eus a vremañ (sea, sex and sun)". ( Beaucoup d'audace avant guerre car il traite des trois S bien connu aujourd'hui : sea, sex and sun. F. Favereau, Anthologie de la littérature bretonne du XXe siècle, op.cit. p. 390.
  20. Francis Favereau, Anthologie de la littérature bretonne au XXe siècle, op.cit., p. 387
  21. Gabriel Jaffrès, « Défense de la culture », War sao,‎ , P.4 (lire en ligne)
  22. "J'avais sur la conscience un acte de résistance, L'établissement des plans de défense de St Nazaire". Interrogatoire des gendarmes de Janzé (35), 1944, Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine, 213W172.
  23. La nouvelle a connu 4 rééditions chez Al Liamm (1949-1972,1990, 2011) et trois traductions, 'Anglais, Espagnol et Gallo).
  24. Bernez Rouz, « 1972 : Skol louarn Veig trebern, le paradis perdu du Bigouden Youenn Drezen »,
  25. Francis Favereau, Anthologie de la littérature bretonne au XXe siècle, T.2. op.cit., p. 389
  26. Youenn Drezen, L'école du renard, Paris, Picollec, , 470 p. (ISBN 978-2864770763)
  27. Francis Favereau, Anthologie de la littérature bretonne au XXe siècle, Morlaix, Skol Vreizh, , pp 386-387
  28. (br) Y.Drezen, « Tri bloaz zo, 24 mezheven 1940 (Il y a trois ans, le 24 juin 1940) », l'Heure bretonne,‎ , P.1 (lire en ligne)
  29. (br) Y. Drezen, « Tri bloaz zo, 24 mezeven 1940 (Il y a trois ans, le 24 juin 1940) », L'Heure bretonne,‎ , p.1 (lire en ligne)
  30. "Les avions allemands fonçaient sur nous tels des éperviers en nous bombardant, tandis que les balles de mitrailleuses pleuvaient comme de la grêle. Autour de nous, les corps déchiquetés des soldats, civils, femmes et enfants… ». L'Heure bretonne, 17/05/1941, p. 4
  31. "Plus de 3 000 maisons ont été détruites...des hôpitaux, des églises, des hôtels. Ont été tués ou blessés par leurs bombes jetées n'importe où, des civils, hommes, femmes, enfants par centaines. De quoi être fier c'est sur !" L'heure bretonne, 28 février 1942, p. 1
  32. "Les gens qui quittaient Nantes, des tombes rapidement construites tellement il y avait de victimes, un cimetière de maisons éventrées au centre ville, un désert de pierres fumantes, des ruines partout, 1 687 personnes tuées et 100 000 sur les routes" Arvor 10 octobre 1943, p. 4
  33. " La paix nourrit la paix et mieux vaut s'entendre que de se battre" L'heure Bretonne, 27 juin 1943, p. 2
  34. (br) Y.Drezen, « Amzer zo (On a le temps) », L'Heure bretonne,‎ , P.1 (lire en ligne)
  35. "On entend des Bretons dirent : "Nous ne ferons rien pour le breton tant que "ceux là" seront là". S'ils attendent leur salut de la France, de l'Angleterre, de l'Amérique, des Soviétiques ou des Allemands, Quelle erreur ! (br) Y.Drezen, « Gribouilh », L'Heure bretonne,‎ , p.1 (lire en ligne)
  36. (br) Tin gariou (Pseudo. Y. Drezen), « Aman, Roazon Breiz !, met ne glever ket (Ici Rennes-Bretagne, oui, mais on n'entend rien). », L'heure bretonne,‎ , P.1 (lire en ligne)
  37. (br) Y. Drezen, « Emgann ar brezoneg (La bataille du breton) », L'Heure bretonne,‎ , P4 (lire en ligne)
  38. "Les dirigeants du PNB ont mis de l'ordre dans le parti. Écoutons leurs recommandations, suivons leurs avis, obéissons leur. L'unité fait la force ! L'heure bretonne, 17/01/1942, p. 1
  39. " Ayant perdu la guerre, alors que leur pays était occupé par leurs ennemis, qu’ont-ils fait ? ... Au lieu de chercher à relever l’échine et regarder par exemple s’il y avait moyen de s’entendre avec leurs ennemis, ou même collaborer avec eux, ils se sont recroquevillé sur eux-mêmes, boudant, et peu à peu influencé par la propagande de la radio, ils ont oublié leur race jusqu’à se changer d’abord en Anglais, puis en Américains et, voilà peu, en Russes ». (Kollet ganto (Ar C’hallaoued) o brezel, ha dalc’het o bro a-bez gant o enebourien, petra o deus graet ?... Pell eus klask an tu da adsevel o c’hein, gwelout da skouer ha tro a oa d’en em glevout gant o enebourien, pe zoken labourat evito o unan, skluchet o deus en o bern, mouzet, ha pep a damm gant skoazell ar radio, hag al lonka karotez ar vourdou, o deus tec’het gouenn betek trei da genta da Saozon, da c’houde da Amerikaned ha, nebeut a zo da Rused). L'heure bretonne, 19/02/1943
  40. "A la fin de la plus meurtrière des guerres qu'on n'ait jamais vu, les seuls pays qui resteront en vie seront ceux qui ont lutté" L'heure bretonne 19/02/1943
  41. Françoise Morvan, « L'antisémitisme de Youenn Drezen » (consulté le )
  42. "Mais les femmes, elles, et les morveux, ne savaient que faire pour montrer leur soumission aux Juifs de « radio-Londres ». L'heure Bretonne, 16/08/1941
  43. (br) Tin Gariou (Y. Drezen), « France la doulce », L'heure bretonne,‎ , p.1 (lire en ligne). L'auteur de France la Doulce, Paul Morand, antisémite notoire a été reçu à l'Académie française en 1968
  44. (br) Y.Drezen, « Scharnhorst, Gneisenau hag all pe an tud dall », L'heure bretonne,‎ , P.1 (lire en ligne)
  45. "Arabat ober e-giz ar Yuzevien, divroet e kement bro, hag o sunañ du-mañ-du-hont ar pep gwellañ eus danvez ar re all". L'heure bretonne 4 avril 1943
  46. (br) Y. Drezen, « Gall ? forzh piv ! (Français ? N'importe qui !) », L'heure bretonne,‎ , p.1 (lire en ligne)
  47. Georges Cadiou, La presse bretonne dans la collaboration, Fouesnant, Yoran-embanner, 2ème trimestre 2022, 226p (ISBN 9782367850474), pp 69-74, "Un antisémitisme présent dès l'été 1940"
  48. (br) Y. Drezen, « Bleo Myriam (Les cheveux de Myriam) », La Bretagne fédérale,‎ , p.3 (lire en ligne)
  49. Bernez Rouz, E koun Youenn Drezen, op.cit. p. 287
  50. "Cette enquête normale, nécessaire même en égard d’une partie de l’opinion publique portée par une équivoque fâcheuse à confondre activité bretonne avec collaboration avec les ennemis de la France a conclu à notre bonne foi" in(br) Bernez Rouz, E koun Youenn Drezen (En souvenir de Y. Drezen), Quimper, Al Lanv, , 400 p. (ISBN 978-2-916745-49-7), p.300
  51. "Cette parodie de la justice populaire commence à écœurer l’homme de la rue et l’on entend dire couramment que les méthodes FFI, calquées sur celles honnies de la milice Darnan88 est en train de retirer à ceux là que l’on a accueilli comme les soldats d’une France miraculeusement ressuscitée, l’immense sympathie qui les environnait. Ce n’est pas cette justice ?!? qu’on n’attendait d’eux ni ces moeurs renouvelées du bas Empire. » Cité par Bernez rouz, E koun Youenn Drezen, p.301.
  52. E koun Youenn Drezen, op.cit. p. 301-302
  53. Henri Thyssens, « Listes noires » (consulté le )
  54. (br) Youenn Drezen, Youenn vras hag e leue, Skrid ha skeudenn, , 165 p. (lire en ligne)
  55. Jakez Riou, L'herbe de la Vierge, Nantes, Aux portes du large, , 216 p.
  56. Deux chapitres seulement sont publiés dans Al Liamm en 1955. E tal ar feunteun ( devant la fontaine)No 46 et Porzh ar Gelveneg ( Le port du Guilvinec) (No 57).
  57. "Legadet en deus deomp a-vriadoù torkadoù en o bleunv e liorzh zivarvel" Yann Guillamot, Youenn Drezen dastumer en e amzer ( Y.D., collecteur en son temps) in E koun Youenn Drezen, op.cit.p. 365
  58. Yves Canévet, conseiller municipal (extrait d'interview), « Nom de rue à Pont-l’Abbé : la mairie remplace l'auteur Youenn Drezen par le gendarme Arnaud Beltrame », sur http://www.ouest-france.fr,
  59. Ludovic le Signor, « Youenn Drezen fils défend son père, l'écrivain », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  60. Anaëlle Berre, « Lors d'un hommage solennel, la rue Colonel-Arnaud Beltrame a été inaugurée », Ouest-France, 21 septenbre 2022 (consulté le ).
  61. (br) « Film skrid, Youenn Drezen gant Mari Kermarrec, (Script du fiulm de Mari Kermarrec) » (consulté le )