Yona Friedman

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Yona Friedman, né le 5 juin 1923 (91 ans) à Budapest, est un architecte et sociologue français d'origine hongroise.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Yona Friedman débute ses études à l'institut de technologie de Budapest en 1943 et les poursuit en 1945 à Haïfa, alors en Palestine mandataire, jusqu’à son diplôme en 1948.

Ses premières réalisations sont faites sur le territoire d’Israël entre 1949 et 1957.

Après avoir fréquenté Paris pendant une décennie, il s'y installe en 1957. Il est naturalisé français en 1966 et achète un appartement-atelier à Paris en 1968, dans lequel il habite toujours.

Concepts architecturaux et urbains[modifier | modifier le code]

Concepts[modifier | modifier le code]

Yona Friedman est un « architecte de papier » aux conceptions futuristes. Sa production en plans, maquettes (dont certaines sont à échelle 1:1 et peuvent être visitées) et autres moyens de communications (bande dessinée…) font l’objet d’expositions artistiques ; de ce point de vue, il est plus considéré comme un artiste que comme un architecte, pour une production de pièces d’un « art qui est porteur de message ».

Historique[modifier | modifier le code]

En 1948, Yona Friedman expérimente en Israël la conception de l’habitat qui n’est pas un objet livré à l’habitant mais qui répond aux nouveaux schémas d’une organisation sociale nouvelle de cet État naissant.

Dès 1953, il s’intéresse aux structures spatiales en trames cubiques, et rapidement ses projets 1960 proposent des mégapoles hors sol répondant au problème de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale puis à celui de la démographie galopante. Ces villes spatiales seraient constituées de structures de cellules d’habitat mobile qui suivraient l’habitant dans ses pérégrinations en s’accrochant sur une infrastructure porteuse mise à sa disposition, qui fournit les fluides et a des dispositifs pour circuler.

Yona Friedman pose des principes d'auto-planification[1] à partir des années 1970 en rupture avec le rôle dévolu traditionnellement à l’architecte : celui-ci n’est plus le concepteur/organisateur mais il est un consultant fournissant des connaissances en écologie.

Les conurbations et la notion d’espace parcouru et de temps pris en déplacement l’amènent à la ville continent, ruban urbain aéré « transparent » mince mais continu, un « réseau » qui, étant élevé au-dessus du sol à une hauteur de plus de 10 étages, libère le terrain que ce soit pour les besoins de l’agriculture, pour s'affranchir des contraintes naturelles (un projet présenté traversait La Manche), ou pour bâtir une strate moderne d'habitat sur des cités historiques.

Puis Yona Friedman conceptualise le respect de l’espace personnel intime dans les mégapoles par l’idée de la ville privée, devenue une sorte de quartier virtuel, une restriction selon lui au sens mathématique mais ni topographique ni sociale, obtenue par le codage-décodage effectif par l’affectif personnel de l’individu qui filtre dans le « réseau » l’espace réel qui de son côté « malaxe » de fait toutes les disparités réelles[2].

La démarche est systémique, l’architecture n’est pas une esthétique de la construction, et l’architecte est un conseiller du collectif des utilisateurs, il reste cependant un acteur principal[3], même s'il n'est plus celui qui veut laisser son empreinte pour la postérité[4].

Certaines caractéristiques des propositions initiales de Yona Friedman se sont retrouvées, par exemple, dans l’urbanisme et l'architecture des grands ensembles d’habitat populaire de la période high-tech 1970 : ce sont la notion du sol « libéré » et les circulations spécialisées, plus la mixité sociale initialement prévue dans certaines réalisations. (Mais qui sont en fait des urbanisations et architecture fonctionnelles[5].) Cette théorie universelle est fondée sur une analyse systémique qui s’est voulue affinée au cours du temps avec une écoute sur place des acteurs des différentes sociétés : Yona Friedman passe du système des planchers et cloisons amovibles de sa première structure vers 1950 (système ayant inspiré les Japonais à partir de leur propre concept de cloisonnement de l’habitat) au système qui fait usage des matériaux locaux tels que les déchets industriels ou le bambou vers 2000, soit des matériaux constitutifs par leur disponibilité sur place du choix d'un système constructif « abordable par tous ».

Yona Friedman ne se considère cependant pas comme utopiste. En effet, ses projets, qui sont présentés à des concours internationaux importants, reposent sur des techniques connues. Par ailleurs, ses enseignements ont eu des retombées pratiques sur l’urbanisme publiquement prôné par des instances dont l'objet est la régulation[6]. Enfin, certains de ses projets ont effectivement été construits ; ainsi, ses principes d’auto-planification ont été appliqués au lycée Bergson d’Angers).

Travaux[modifier | modifier le code]

Conférences, enseignement[modifier | modifier le code]

Groupes de travail[modifier | modifier le code]

Dessin animé[modifier | modifier le code]

En 2011, il coréalise, avec François Narboux, une série d'animation Le Petit Bestiaire de Yona Friedman (20 × 40 s), d'après son recueil de dessins Le Petit Bestiaire[7]. La musique est signée par Sylvestre Perrusson.

La parole est donnée à une vingtaine d’animaux domestiques – chien, chat, cochon, vache – et à d’autres, plus exotiques, comme le dromadaire et même la licorne. Un oratorio animalier dans lequel chaque animal à son propre caractère musical interprété par la voix d’Arte — Doris Streibl (allemand) et Sylvestre Perrusson (voix française). Le Petit Bestiaire fantastique est une œuvre à la fois philosophique et naturaliste, composée d’une série de courts dessins animés empreints de poésie et d’humour. À la manière des bestiaires des XVe et XVIe siècles, les animaux sont doués de parole et en profitent pour philosopher.

Expositions[modifier | modifier le code]

Livre d'artiste[modifier | modifier le code]

  • 1001 nuits + 1 jour, Bruxelles, mfc-michèle didier[8], 2014. Édition limitée à 75 exemplaires numérotés et signés et 25 épreuves d'artiste.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Architecture mobile, Paris-Tournai, Casterman, 1958, 1970
  • Pour une architecture scientifique, Paris, Belfond, 1971
  • Comment vivre entre les autres sans être esclave et sans être chef, Paris, Pauvert, 1974
  • Les Pictogrammes de la genèse, Paris, 1975
  • Comment habiter la terre, Paris 1976
  • Où commence la ville, Paris, 1980
  • Alternatives énergétiques ou la civilisation paysanne modernisée, St Jean de Braye, Dangles, 1982
  • L'Univers erratique - Et si les lois de la nature ne suivaient aucune loi, Paris, Presses universitaires de France, coll. Science, histoire et société, 1994
  • Théorie et images, Paris, Institut français d'architecture, 2000
  • Utopies réalisables[12], Paris, L'Éclat, 2000
  • L'Architecture de survie. Une philosophie de la pauvreté (1978), Paris, L'Éclat, 2003
  • Vous avez un chien. C'est lui qui vous a choisi (en collaboration avec Balkis), Paris, L'Éclat, 2004
  • Pro domo, Barcelone, Actar, 2006
  • Manuels. Volume I, édition Cneai[10] ; partenaires : Capc Musée d'art contemporain, Bordeaux, Bordeaux, Arc-en-rêve, centre d'architecture ; deux autres volumes sont en cours de parution
  • Dessins & maquettes – 1945-2010, Dijon, Les Presses du réel, 2010
  • Alternatives énergétiques, plaidoyer pour une Autosuffisance Locale , Paris, Dangles, 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir les revendications de « 68 ».
  2. Ces concepts de Yona Friedman sont bien reçus aux États-Unis qui étudient les mégapoles se développant sur leur continent.
  3. Une philosophie où la logique est le « Progrès » dans la mutation de l'« espace - Monde ».
  4. Comme dans le scientisme.
  5. Le modèle économique des projets de Yona Friedman n’est pas celui d’un promoteur ou d’un État réel, c’est-à-dire lié à la politique et au droit, mais celui d’un architecte futuriste se positionnant en prospective.
  6. Entre autres Unesco au niveau mondial, plus des instances régionales ou fédératives.
  7. Production : Première Heure ; diffusion : Arte, ZDF.
  8. a et b Voir mfc-michèle didier.
  9. Voir sur cneai.com.
  10. a, b, c, d, e, f et g Cneai, Centre National Édition Art Image
  11. Galerie Chert.
  12. Consulter la version lyber (1975).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]