Yo La Tengo

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Yo La Tengo
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Yo La Tengo en concert en 2010. De gauche à droite : McNew, Hubley, Kaplan

Informations générales
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Rock indépendant
Années actives Depuis 1984
Labels Matador
Site officiel yolatengo.com
Composition du groupe
Membres Georgia Hubley, Ira Kaplan, James McNew
Anciens membres Dave Schramm, Stephan Wichnewski, Dave Rick, Mike Lewis

Yo La Tengo est un groupe de rock indépendant américain formé en 1984 à Hoboken, New Jersey, par Ira Kaplan et Georgia Hubley. La musique du groupe est très variée, passant d'un rock noisy à une pop sophistiquée, de l'expérimental à la country... Yo La Tengo est un des groupes majeurs du label Matador (leurs albums sont d'ailleurs publiés sur ce label depuis 1993).

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et premiers albums (1984-1989)[modifier | modifier le code]

Yo La Tengo se forme en 1984 à Hoboken, New Jersey, à l'initiative des époux Georgia Hubley et Ira Kaplan[1]. Leur premier concert a lieu le 2 décembre 1984[2]. Le groupe publie son premier single The River Of Water en 1985[1]. La face B est une reprise du titre A House Is Not A Motel du groupe Love[1]. Les reprises deviendront une constante dans le répertoire de Yo La Tengo[1].

Complété de Dave Schramm à la deuxième guitare et Dave Rick à la basse, le groupe enregistre un premier album avec l'aide de Clint Conley, bassiste de Mission of Burma [3]. Intitulé Ride the Tiger, l'album est publié en 1986 sur Coyote Records[1]. Deux albums suivent sur ce même label : New Wave Hot Dogs en 1987 et President Yo La Tengo en 1989[1].

La parenthèse Fakebook puis la transition May I Sing With Me (1990-1991)[modifier | modifier le code]

En 1990, Yo La Tengo publie Fakebook sur le label Bar/None Records[1]. Cet album dénote au sein de la discographie du groupe car il contient une majorité de reprises au style pop-folk acoustique[4]. Kaplan explique[4] :

« Au départ, tout est de la faute de Stephan Wichnewski, notre bassiste. Il n’arrêtait pas de faire la navette entre New York et l’Europe. Avec Georgia, il a bien fallu qu’on s’adapte (...). Alors on a appris toutes ces reprises et on les a jouées comme ça, avec juste une guitare acoustique et une voix. C’est comme ça que Fakebook a vu le jour, presque par accident. »

Le bassiste James McNew, ici en 2010.

La formation du groupe se stabilise en 1991 avec l'arrivée de James McNew, 14e bassiste à intégrer Yo La Tengo[3],[2]. McNew participe en partie à l'enregistrement du parfois très électrifié et abrasif May I Sing With Me, album publié en 1992 sur le label Alias Records[1],[4],[5]. Deux titres de cet album figurent dans la bande son du film Simple Men du réalisateur Hal Hartley[1].

Matador Records et les années 1990[modifier | modifier le code]

Yo La Tengo signe sur Matador Records en 1993 et publie son sixième album intitulé Painful[5],[1]. Ce dernier marque un grand pas en avant pour le groupe qui s’impose comme une des figures majeures du rock indépendant américain des années 1990[1]. C’est d’ailleurs cet album que le groupe choisit de rééditer en 2014 pour célébrer ses trente ans de carrière[6]. Selon Kaplan, Painful marque le véritable départ de Yo La Tengo[6], et caractérise le son du groupe, à savoir « le contraste et l’équilibre entre des morceaux très électriques et saturés et des ballades plus calmes et douces »[3]. L’album marque également le début d’une collaboration à long terme avec le producteur Roger Moutenot[3].

Electr-O-Pura suit en 1995, album enregistré en 3 semaines à Nashville, dans le Tennessee[5]. En 1996, le label Matador publie la double compilation de raretés Genius + Love = Yo La Tengo[4]. La même année, le groupe interprète le rôle du Velvet Underground dans le film I Shot Andy Warhol[6].

Publié en 1997, le très varié I Can Hear the Heart Beating as One est souvent considéré comme l’album le plus abouti de Yo La Tengo[2]. Le magazine Pitchfork Media l’a notamment classé 25e des 100 meilleurs albums des années 1990[7].

En 1998, le groupe publie l'album Strange But True en collaboration avec Jad Fair d'Half Japanese[8]. L'album rassemble 22 improvisations très brèves, inspirées par les titres des tabloïds[8].

Années 2000[modifier | modifier le code]

Le début des années 2000 voit Yo La Tengo publier deux albums très calmes et introspectifs : And Then Nothing Turned Itself Inside-Out en 2000[3], et Summer Sun en 2003[9],[10]. Le nouveau local de répétition du groupe a un impact direct sur ses compositions : « Dans cette salle, toutes les chansons bruyantes résonnaient de manière complètement merdique alors que dès que nous baissions d’intensité, cela devenait super. »[3]

Ira Kaplan sur scène en 2010. Les parties bruitistes et expérimentales sont une constante dans la musique de Yo La Tengo.

Une compilation best of de 42 titres, intitulée Prisoners Of Love, est publiée en 2005[11].

Les deux albums qui suivent (I Am Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass en 2006, Popular Songs en 2009) marquent un retour à un rock plus frontal[3]. Le titre Pass The Hatchet, I Think I'm Goodkind et sa ligne de basse répétitive est devenu un classique des concerts du groupe, où il atteint parfois les vingt minutes, et fait la part belle aux larsens et expérimentations bruitistes[2].

En 2009, c’est sous le nom de Condo Fucks que Yo La Tengo publie Fuckbook, un album de reprises (The Troggs, Slade, The Kinks, Richard Hell, etc.)[12].

Au cours des années 2000, le groupe s'investit également dans la musique de film. En 2002, The Sounds of the Sounds of Science illustre une série de courts métrages du réalisateur français Jean Painlevé[13]. En 2008, la compilation They Shoot, We Score rassemble les bandes originales des films Old Joy, Junebug, Shortbus, et Game 6[14]. En 2009, ils signent la musique du film Adventureland : Un job d'été à éviter.

Années 2010[modifier | modifier le code]

En 2013, Yo La Tengo publie son 13e album, Fade, produit par John McEntire du groupe Tortoise[15]. Il obtient un très bon accueil critique, avec un score moyen de 82/100, sur la base de 45 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Metacritic[16].

En 2014, Yo La Tengo fête ses 30 ans de carrière avec une réédition de l'album Painful, agrémentée d'un disque d'inédits et de titres rares[12].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

EP et singles[modifier | modifier le code]

  • The River of Water/A House Is Not A Motel (Egon Records, 1985)
  • The Asparagus Song/For the Turnstiles (Coyote Records, 1987)
  • That Is Yo La Tengo (City Slang, 1991)
  • Upside Down (Alias, 1992)
  • Shaker (Matador, 1993)
  • From A Motel 6 (Matador, 1994)
  • Tom Courtenay (Matador, 1995)
  • Camp Yo La Tengo (Matador, 1995)
  • Autumn Sweater (Matador, 1997)
  • Blue-Green Arrow (Earworm, 1997)
  • Little Honda (Matador, 1997)
  • Rocket #9 (Planet, 1997)
  • Sugarcube (Matador, 1997)
  • You Can Have It All (Matador, 2000)
  • Saturday (Matador, 2000)
  • Nuclear War (Matador, 2002)
  • Merry Christmas From Yo La Tengo (Egon, 2002)
  • Today is the Day (Matador, 2003)

Compilations et autres albums[modifier | modifier le code]

  • 1996 : Genius + Love = Yo La Tengo (compilation de raretés) - Matador
  • 1996 : New Wave Hot Dogs/President Yo La Tengo/The Asparagus Song (compilation d'albums) - Matador
  • 1998 : Strange But True (album avec Jad Fair) - Matador
  • 2002 : The Sounds of the Sounds of Science (bande originale) - Egon
  • 2004 : Prisoners of Love: A Smattering of Scintillating Senescent Songs: 1985-2003 (compilation best-of) - Matador
  • 2004 : V.O.T.E. (album avec Chris Stamey) - Yep Roc Records
  • 2006 : Yo La Tengo Is Murdering the Classics (compilation de titres enregistrés pour 8 marathons radio WFMU) - Egon
  • 2008 : They Shoot, We Score - collection de bande originale de 4 films : Old Joy (2006), Junebug (2005), Game 6 (2005) et Shortbus (2006)
  • 2009 : Adventureland (bande originale du film Adventureland : Un job d'été à éviter) - Matador
  • 2009 : Fuckbook (album de reprises sous le nom Condo Fucks) - Matador

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) « Yo La Tengo: Depths of Devotion », sur Exclaim!,‎ 1er mars 2000 (consulté le 21 juillet 2015).
  2. a, b, c et d (en) Kayla Reed, « Navigating through 30 years of Yo La Tengo », sur The A.V. Club,‎ 1er décembre 2014 (consulté le 20 juillet 2014).
  3. a, b, c, d, e, f et g Matthieu Grunfeld, « Discographie commentée - 30/01/13 de Yo La Tengo », sur Magic,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  4. a, b, c et d Gilles Dupuy, « Critique d’album : Yo La Tengo - I Can Hear the Heart Beating as One », sur Les Inrockuptibles,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  5. a, b et c Lydie Barbarian, « Emblème rock arty US en tournée, nouveau disque à la clef. Les jeux naïfs de Yo La Tengo. », sur Libération,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  6. a, b et c (en) Sasha Frere-Jones, « Hoboken Heroes, a thirtieth birthday for Yo La Tengo, at Town Hall », sur The New Yorker,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  7. (en) « Top 100 Albums of the 1990s », sur Pitchfork Media,‎ (consulté le 21 juillet 2015).
  8. a et b (en) Bill Meyer, « JAD FAIR & YO LA TENGO », sur Chicago Reader,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  9. Thomas Bartel, « Yo La Tengo : Summer Sun, chronique d’album », sur Magic,‎ 2003 (consulté le 22 juillet 2015).
  10. Géraldine Sarratia, « Critique d’album : Yo La Tengo - Summer Sun », sur Les Inrockuptibles,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  11. Arnaud Viviant, « Critique d’album : Yo La Tengo - Prisoners Of Love », sur Les Inrockuptibles,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  12. a et b (en) « Condo Fucks : Fuckbook », sur Pitchfork Media,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  13. (en) « Yo La Tengo : The Sounds of the Sounds of Science », sur Pitchfork Media,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  14. (en) « Yo La Tengo : They Shoot, We Score », sur Pitchfork Media,‎ (consulté le 22 juillet 2015).
  15. Thomas Bartel, « Yo La Tengo : Fade, chronique d’album », sur Magic,‎ 2013 (consulté le 22 juillet 2015).
  16. (en) « Fade », Metacritic (consulté le 22 juillet 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]