Yekouno Amlak

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Yekouno Amlak, ou Yekuno Amlak, fut roi ou négus d’Éthiopie du jusqu'à sa mort en [1].

Originaire de l'Amhara, il est le fondateur de la dynastie salomonienne, au détriment des rois Zagwé du Lasta.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le prince Yekuno Amlak, originaire de la région de Borou-Miéda, près du lac Haïk, provoque une rébellion dans le Shewa. Le roi Zagwé est pourchassé et tué dans le Gaïnt. Une partie de la population du Lasta s’enfuit dans le Nord où elle forme encore aujourd’hui des groupes séparés. Un nouveau prince Zagwé soulève alors les populations du Chimézana contre Yékouno-Amlak, assisté des moines du Debra-Libanos de Ham. Mais il est vaincu, le couvent est pris et le monastère de Debré Damo reprend le dessus.

Des sources plus tardives mettent en valeur le rôle d'Iyassous-Moa, moine de Debré Damo devenu prieur de Haïk, qui aurait établi une communauté près du monastère Debra-Egziabhér du lac Haïk et guidé l’ambition de Yekuno Amlak, descendant de la dynastie légitime. D’autres récit mettent en scène Takla Haymanot, moine de Debra-Libanos du Choa, ami de Iyassous-Moa, qui aurait fait accepter au roi du Lasta Na'akueto La'ab un pacte cédant le royaume à Yekuno Amlak. Ce dernier aurait accepté de céder un tiers du royaume au monastère de Debra-Libanos, et lui aurait reconnu le droit de désigner l’itchégué, supérieur des communautés monastiques de toute l’Éthiopie, confirmant par là même les prérogatives de l’Église copte d’Alexandrie sur la nomination du métropolite et l’investiture des évêques éthiopiens.

Ces récits tardifs attestent que les descendants du roi du Lasta auraient conservé les prérogatives sur leur province, ce qui sera confirmé en 1779 par le voyageur Bruce, qui rapportera un incident causé par le meurtre d’un roitelet descendant de Lalibela.

Yekouno Amlak fait reconnaître son autorité sur les provinces voisines de l’Amhara où il a installé sa nouvelle capitale Tégoulet.

En 1274, il demande, par l’intermédiaire du souverain du Yémen, un nouvel évêque au sultan du Caire. Ce dernier refuse de lui donner satisfaction au prétexte que le souverain éthiopien fait la guerre aux princes musulmans établis à l’est de son royaume, en particulier au sultan d’Ifat, qui menace la province de Choa.

Son fils Yagbe'a Tseyon lui succède (1285-1294).

Avec les Salomonides s’ouvre une période de croissance rapide de deux siècles pendant lesquels, sous des souverains guerriers et lettrés, l’unité territoriale de l’Éthiopie s’affirme, ses institutions civiles et religieuses se codifient, les arts et la littérature se renouvellent.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le calendrier éthiopien : "10 Sené" et "16 Nehasé", respectivement. A. K. Irvine, "Review: The Different Collections of Nägś Hymns in Ethiopic Literature and Their Contributions." Bulletin of the School of Oriental and African Studies, University of London. School of Oriental and African Studies, 1985.