Yassin al-Haj Saleh

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Yassin al-Haj Saleh
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Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
ياسين الحاج صالحVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Activités
Conjoint
Samira Khalil (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Parti populaire démocratique syrien (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinction

Yassin al-Haj Saleh (né à Racca en 1961) est un écrivain Syrien et l'un des intellectuels opposants au régime les plus connus. Il écrit sur des sujets politiques, sociaux et culturels reliés à la Syrie et plus globalement sur le monde arabe[1]. Il a été emprisonné 16 années pour sa participation au Parti communiste syrien.

Biographie[modifier | modifier le code]

« Fervent marxiste sous un régime répressif »[2], il a été emprisonné de 1980 à 1996[3],[4] pour sa participation au Parti communiste syrien[5] (devenu depuis 2005 le Parti du peuple démocratique syrien (en)). Sa détention est liée au fait que, contrairement à certains de ses camarades communistes, il milite déjà pour un refus de compromis avec le régime et une voie dissidente démocrate. Ses 14 premières années de détention sont relativement « négociables » : même interrogé et torturé, sa vie n'est pas en danger. Il peut recevoir des visites et des livres. Il affirme : « Les livres m’ont sauvé. J’adore lire et j’ai appris plus en prison qu’à l’université ». Les deux dernières années, ses conditions de détention se détériorent et il passe une seizième année extrêmement dure dans la « terrible prison de Palmyre »[6],[7],[8].

En 2012, il reçoit le Prix du Prince Claus, qui lui est décerné pour rendre « un hommage au peuple syrien et à la révolution syrienne ». Il ne peut aller chercher le prix car il vit à ce moment-là dissimulé en Syrie[9],.

Il vit deux ans caché dans une banlieue de Damas[7], une zone sous contrôle du régime, puis rejoint des zones tenues par les rebelles, d'abord à Douma[7] puis à Raqqa, sa ville de naissance[10]. Son frère est arrêté et détenu à Raqqa par l'État islamique à partir de l'été 2013[11],[note 1]. Son deuxième frère est lui aussi enlevé à Raqqa par l’État islamique[12]. Selon Libération, « à son long défi à la dictature de la famille Al-Assad s’est ajouté le combat contre le nouveau monstre jihadiste »[11]. Fin 2013, il se réfugie en Turquie[3]. En 2017, il vit à Istanbul[13]

Al-Haj Saleh est marié avec Samira Khalil (en), une dissidente communiste portée disparue depuis son enlèvement à Douma, par un « groupe armé salafiste »[11], en décembre 2013 avec trois autres militants[14].

Renommée[modifier | modifier le code]

Selon le politologue franco-libanais Ziad Majed, après sa sortie de prison, Yassin al-Haj Saleh « s'est imposé comme l'un des meilleurs écrivains politiques syriens et arabes »[5]. Un article d'Al-Jazeera de 2014 le présente comme étant « l'un des écrivains et dissidents politiques les plus en vue de la Syrie »[3], et un article de The New Arab (en) en 2017 comme le « principal dissident intellectuel syrien »[2]. Selon Libération en 2016, Yassin al-Haj Saleh « est une figure influente et respectée de l’opposition démocratique syrienne pour son engagement personnel dans l’action politique comme pour ses analyses »[11]. Le JDD le qualifie de « grande figure de l'opposition syrienne »[10], Mediapart de « grande figure intellectuelle de l’opposition syrienne »[12].

Travaux[modifier | modifier le code]

Al-Haj Saleh a publié de nombreux ouvrages et écrit des articles notamment pour le Al-Hayat newspaper, le journal de gauche égyptien Al-Bosla, ou le journal en ligne syrien The Republic. La plupart de ses ouvrages sont écrits en arabe.

  • Syria in the Shadow: Glimpses Inside the Black Box (2009, Dar Jidar);
  • Walking on One Foot (2011, Dar al-Adab, Beirut), une collection de 52 essais sur la Syrie, écrits entre 2006 et 2010;
  • Salvation O Boys: 16 Years in Syrian Prisons (2012, Dar al-Saqi, Beirut); Récits d'une Syrie oubliée : Sortir la mémoire des prisons (2015, Les Prairies Ordinaires)
  • The Myths of the Latters: A Critique of Contemporary Islam and a Critique of its Critique (2012, Dar al-Saqi, Beirut);
  • Deliverance or Destruction? Syria at a Crossroads (2014, Cairo Institute for Human Rights Studies).
  • The Impossible Revolution: Making Sense of the Syrian Tragedy (2017, Hurst Publishers, London). [en anglais]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En juin 2017, son frère est toujours détenu par l'EI. [1]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Filmed Conversations, Haus der Kulturen der Welt, 2008
  2. a et b (en) Emran Feroz, « Meeting Yassin al-Haj Saleh, Syria's leading intellectual dissident », sur alaraby, (consulté le 26 juillet 2019)
  3. a b et c Patrick Keddie, « Syrians in Turkey push for coexistence », sur www.aljazeera.com, (consulté le 18 juillet 2019)
  4. « Syrian writer in hiding unable to collect award », sur web.archive.org, Lebanon news - NOW Lebanon, (consulté le 18 juillet 2019)
  5. a et b Ziad Majed, Syrie, la révolution orpheline, Actes Sud Littérature, (ISBN 9782330115722, lire en ligne)
  6. « Yassin Al-Haj Saleh, voix libre de la Syrie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 2 août 2019)
  7. a b et c Yassin Al Haj Saleh, « Se réapproprier la politique : rencontre avec une figure de la révolution syrienne, Yassin Al-Haj Saleh », Contretemps, (consulté le 2 août 2019)
  8. Pierre Puchot, « C'était la prison de Palmyre », sur Mediapart, (consulté le 2 août 2019)
  9. « Syrian writer in hiding unable to collect award », (consulté le 8 septembre 2012)
  10. a et b Le JDD, « Yassin Al-Haj Saleh : "J'avais 20 ans quand Assad m'a jeté en prison" », sur lejdd.fr, (consulté le 2 août 2019)
  11. a b c et d « Yassin al-Haj Saleh : «La Syrie ne s’est pas démocratisée, c’est le monde qui s’est syrianisé» », sur Libération.fr, (consulté le 28 juillet 2019)
  12. a et b La Rédaction De Mediapart, « L'insultant sultan syrien », sur Mediapart, (consulté le 2 août 2019)
  13. (en) Emran Feroz, « Meeting Yassin al-Haj Saleh, Syria's leading intellectual dissident », alaraby,‎ (lire en ligne, consulté le 6 mars 2018)
  14. Samira, Razan, and the multi-faceted struggles against tyranny

Liens externes[modifier | modifier le code]