Yard mégalithique

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Le Yard mégalithique est une unité de mesure de 2,72 pieds impériaux, soit 82,9 cm, précise à 0,003 pieds près (~1mm)[1],[2], qui aurait été utilisée par les « peuples mégalithiques », des îles Britanniques et de Bretagne.

Historique[modifier | modifier le code]

Cette mesure a été évalué pour la première fois par le mathématicien R. Kerviller au 19ème siècle.[3]

Son existence a été ensuite proposée par Alexander Thom, un professeur écossais[4] qui a passé plusieurs décennies à étudier à l'aide d'un théodolite les cromlechs de Grande-Bretagne et de Bretagne armoricaine. Ses mesures révèlent que les cercle de pierre (cromlech) sont dimensionnés pour mesurer un nombre entier d'une unité qu'il appela le Yard Mégalithique. A. Thom n'est pas le premier à avoir émis l'hypothèse d'une unité de mesures « mégalithique » mais les méthodes de recherche de Thom ont relancé l'intérêt pour des interprétations astronomiques des monuments préhistoriques. D'autres relevés systématiques furent réalisés par l'Ecossais Miln, l'allemand Schuchardt et l'Autrichien Mondrijan. [3] L'ensemble de ses relevés donnant des résultats du même ordre, et reposant sur la définition statistique d'une unité de mesure en raison de l'impossibilité de déterminer le centre géométrique des pierres.

Les travaux du Professeur A Thom furent publiés en 1955 après validation par le Journal of the Royal Statistical Society.[5]

Discussion autour du yard mégalithique[modifier | modifier le code]

Cette hypothèse est difficile à envisager pour la communauté scientifique qui ne reconnaît pas la possibilité d'une unité de mesure d'une telle précision répandue et propre à cette époque. Toutefois, l'existence d'un peuple nomade à l'origine des mégalithes explique simplement l'usage d'une même unité de mesure en divers endroit. Le fait qu'on ne retrouve pas de trace d'habitation à la hauteur des travaux engagés à Carnac par exemple, plaide en faveur d'un peuple nomade.

Karlene Jones-Bley affirme que la précision au 1/10ème de millimètre d'un Yard mégalithique universel n'est pas envisageable. Le niveau de précision à 0,1 mm près n'est pas possible au regard des résultats statistiques. Cet argument n’exclut pas l'idée d'une unité de mesure un peu moins précise tel que le propose A Thom.

Les conclusions de Thom ne font toujours pas consensus au sein de celle-ci en raison de la difficulté à déterminer avec précision le centre des pierres pour les mesures réalisées par le professeur Thom[6]. Pourtant, compte tenu du très grand nombre de mesure, il est possible d'intégrer une marge d'erreur suffisante pour trancher ou non sur la question. C'est ce que fit le statisticien D.G Kendall en 1974 de l'université de Cambridge, donnant pour conclusion qu'il y a 99 chances sur 100 que le yard mégalithique ait existé.[7] En 1983, L Gérardin contesta le modèle de Kendall.[8]. Il convient de préciser que ni Kendall, ni Gérardin n'étudièrent les relevés du professeur A Thom et son fils sur le site mégalithique majeur de Carnac, où ce dernier a relevé que l'écart entre les files du Menec Ouest et du Kermario est un nombre entier de 8,10, 12 ou 14 yards mégalithique.

Nouvelles recherches[modifier | modifier le code]

Alors que les statisticiens et historiens ne parviennent pas à se mettre d'accord sur l'existence du Yard mégalithique, d'autres méthodes de recherche voient le jour depuis l'avènement des logiciels d'exploration par satellites. Un chercheur indépendant, Howard Crowhurst, affirme que le yard mégalithique aurait été employé entre autres dans les alignements de Kermario. Sa méthode utilise d'autres outils et principes que ceux du professeur Thom. Il montre que des monuments mégalithiques majeurs seraient implantés au sol avec des distances et azimut mettant en évidence l'usage du Yard et de la Toise mégalithique, avec une très grande précision[9]. La distance des observations étant plus grande, les marges d'erreur liées à la taille des pierres seraient rendues négligeables par ces observations.

L'usage répandu d'un système de mesures (moins précises) fondées sur le corps humain reste l'hypothèse généralement envisagée par les historiens archéologues[10].

Autres informations externes[modifier | modifier le code]

Le yard mégalithique, l'étalon oublié de la terre.

Les lignes d'or, Sylvain Tristan, 2014, Ed Le Temps Présent.

Rapport sur le projet des Alignements de Carnac, Jean Pierre Mohen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexander Thom, New Scientist, Reed Business Information, , 690– p. (ISSN 0262-4079, lire en ligne)
  2. Barbara Ann Kipfer, Encyclopedic dictionary of archaeology, Springer, , 344– p. (ISBN 978-0-306-46158-3, lire en ligne)
  3. a et b Jean Pierre Mohen, Les alignements de Carnac, Temple Néolithique, Edition du Patrimoine, Centre des Monuments Nationaux (ISBN 978-2-85822-384-8), p 54-55
  4. Thom, Alexander. Megalithic Sites in Britain. Oxford : OUP, 1967
  5. (en) A Thom, « A Statistical Examination of the Megalithic Sites in Britain », Journal of the Royal Statistical Society.,‎ , p. Vol. 118, No. 3,pp. 275-295 (lire en ligne)
  6. (en) Clive Ruggles, Ancient Astronomy: An Encyclopedia of Cosmologies and Myth, ABC-CLIO, Inc, (ISBN 1-85109-477-6) p. 327.
  7. (en) D.G Kendall, « Unting Quanta », Phil. Trans. R. Soc. Londres,‎ , p. 231-266
  8. L Gérardin, « Une des premières unités métrologiques du yard mégalithique à des "enjambées" », Archéométrie,‎ , p. 27-36 (lire en ligne)
  9. Howard Crowhurst, La science des anciens, Tome 2 : Carnac, le Manio, epistemea, , 120 p. (ISBN 9-791-092-168-693), Page 42 à 47
  10. Ruggles 2005, p. 426.