Yaoya Oshichi

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Yaoya Oshichi
Yaoya Oshichi by Utagawa Kuniteru 1867.jpg

Oshichi par Utagawa Kuniteru, 1867.

Naissance
Décès
Représentation d'Oshichi par Yoshitoshi.

Yaoya Oshichi (八百屋お七, littéralement « marchand de fruits et légumes Oshichi »?) (née vers 1667 et exécutée sur le bûcher à l'âge de 16 ans le [1],[2]) est une jeune adolescente japonaise, fille d'un primeur nommée Tarobei[1], qui résidait dans le quartier de Hongō à Edo au début de l'époque d'Edo. Elle tenta de provoquer un incendie pour retrouver un garçon dont elle était tombée amoureuse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Oshichi est la fille d'un agriculteur nommé Tarobei qui vend ses produits dans la rue. Sa famille gagne le nom de Yaoya (« marchand de fruits et légumes ») en raison du dévouement de son père pour son travail. Elle réside à Edo dans le quartier de Hongō. Cette zone est alors un endroit très animé où des fermiers viennent vendre leurs productions. Oshichi est une jolie jeune fille qui aide sa mère à la maison en confectionnant des vêtements et en effectuant de petites courses. Edo est à l'époque une ville très vulnérable aux incendies, on dénombre pas moins de 96 accidents de ce type durant l'époque d'Edo. En décembre 1682, pendant l'ère Tenna, un grand incendie ravage la ville et beaucoup de familles quittent leurs maisons pour se réfugier dans les temples.

La famille Yaoya trouve refuge au Enjō-ji où Oshichi rencontre un jeune garçon, Ikuta Shōnosuke (ou Saemon), qui y travaille. Durant ce séjour, ils s'amusent ensemble et Oshichi redoute le jour où ils devront se séparer. Elle ressent très vite qu'elle est tombée amoureuse de lui.

Oshichi imagine allumer elle-même un incendie aussi grave que le précédent, ce qui forcerait sa famille à retourner dans le temple où elle pourrait enfin retrouver Ikuta et s'enfuir avec lui. Elle provoque ainsi un incendie mais est très vite attrapée par des habitants de la ville. À l'époque, la peine encourue pour avoir allumé un incendie est d'être brûlé vif sur le bûcher, pour que le coupable ressente le feu qu'il a allumé. Seules les personnes âgées de moins de seize ans peuvent obtenir une grâce mais Oshichi a déjà cet âge.

Le juge connaît son âge mais fait preuve de pitié car Oshichi a l'air si innocente et si effrayée. Il lui demande : « Vous avez quinze ans, n'est-ce-pas ? ». À l'époque, le système des registres familiaux était incomplet et une confirmation de son âge par un bureaucrate était suffisant. Malheureusement, elle répond avoir seize ans. Le juge lui repose alors de nouveau la question en insistant mais Oshichi ne comprend pas l'objectif et répond honnêtement une fois de plus, ne laissant d'autres choix au magistrat que de la condamner au bûcher. Elle est ainsi exécutée au lieu d'exécution de Suzugamori (en)[3].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La tombe d'Oshichi.

Trois ans après sa mort, l'écrivain Ihara Saikaku décrit l'affaire dans son livre Kōshoku Gonin Onna (« Cinq femmes qui aimaient l'amour »). Vingt ans plus tard, le dramaturge Ki no Kaion prend de grandes libertés avec l'histoire et réalise une pièce de bunraku (marionnettes) intitulée Yaoya Ohichi. En 1773, trois dramaturges, Suga Sensuke, Matsuda Wakichi, et Wakatake Fuemi modifie la pièce de Ki no Kaion pour réaliser Date musume koi no higanoko. Dans ces deux versions, Oshichi ne provoque aucun incendie, mais grimpe à une tour de guet durant une nuit enneigée pour faire sonner une cloche d'alarme afin de sauver la vie de son amoureux, qu'elle ne peut pas atteindre à cause du couvre-feu nocturne. La condamnation pour avoir sonné la cloche est alors la mort, un destin auquel Oshichi choisit de faire face. Dans la pièce de marionnettes, Oshichi est représentée non pas comme la fille impétueuse et stupide des chroniques historiques mais comme une personne noble dont le dévouement désintéressé sauve la vie de celui qu'elle aime. D'autres dramaturges antérieurs s'inspirent d'Oshichi pour réaliser des pièces, comme Tamenaga Tarobei avec Junshoku Edo Murasaki et Tsuruya Nanboku avec Katakiuchi Yagura daiko. Plus récemment, elle est un des principaux personnages du manga Kyōjin Kankei (狂人関係?, Folles passions) de Kazuo Kamimura paru en 1973, en compagnie du peintre Hokusai, bien qu'ils n'aient en réalité pas été contemporains[4].

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans le calendrier lunaire japonais, une année est attribuée à un des cinq éléments et à un des douze animaux de l'astrologie chinoise. L'année de naissance d'Oshichi, 1666, est celle du cheval de feu (Hinoe Uma), qui apparaît tous les soixante ans. Depuis cet incident, il est de mauvais présage pour une jeune fille de naître l'année du cheval de feu et au Japon, moins d'enfants naissent pendant ces années (la dernière fut 1966, la prochaine 2026)[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Yaoya Oshichi » (voir la liste des auteurs).

  1. a et b (ja) « 世界恩人巡礼大写真館 » (consulté le 5 juin 2007)
  2. Takei Kyōzō, « The Onnagata in Kabuki: from Kamigata to Edo » [PDF] (consulté le 5 juin 2007), p. 193–197
  3. « Biography of Yaoya Oshichi » [html] (consulté le 23 septembre 2012)
  4. Folles passions Tome 2, Kana, consulté le 5 juillet 2013
  5. Arson, an attractive monk and our vertigo clinic. Irino, Kawase, Miki. Lancet 2007; 370:2126
  6. Japan Focus

Voir aussi[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]