Yanick Lahens

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Yanick Lahens
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Yanick Lahens, née le à Port-au-Prince en Haïti, est une écrivaine haïtienne, lauréate de l'édition 2014 du prix Femina pour son roman Bain de lune. Elle est titulaire de la chaire "Mondes Francophones" au Collège de France et a prononcé sa leçon inaugurale intitulée« Urgence(s) d’écrire, rêve(s) d’habiter » le . Son livre de roman Douces Déroutes et Bèbè Gòlgota de Pierre Michel Chéry étaient à l'honneur à la 6ème édition de Marathon du Livre en 2019 à Petit-Goâve[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Elle grandit à Port-au-Prince au sein d’une famille élargie, cohabitant entre autres avec son arrière-grand-mère et sa grand-mère qu’elle considère comme la garante, dans la maison, d’une culture venue de la province[2].

La transmission de la culture traditionnelle haïtienne est un élément central de son éducation familiale et ce à une époque où elle était décriée par les classes dominantes. Sa mère, cuisinière et pâtissière, a contribué à la revalorisation de la cuisine paysanne haïtienne en lui donnant ses lettres de noblesse dans les sphères bourgeoises et d’élites du pays[2].

L’apprentissage de la danse haïtienne a grandement ancré son sentiment d’appartenance à une culture traditionnelle qui imprégnera son œuvre par la suite[2].

C’est auprès de sa grand-mère qu’elle apprend à lire[2].

Elle grandit sous le régime dictatorial de Duvalier[3]. Sa famille a brièvement hébergé un dissident politique. Elle a alors 4 ans. Elle garde un souvenir marquant de toute cette période.

Paris[modifier | modifier le code]

Elle s’installe à Paris à l’âge de 15 ans[2]. Elle y poursuivra ses études supérieures en Lettres à l’université Paris-Sorbonne. En 1976, elle soutient son mémoire de maîtrise, « Lecture d’une œuvre de Fernand Hibbert : Les Thazar », dont elle publiera un morceau dans la revue haïtienne Conjonction[4].

Son expérience parisienne marque un tournant décisif dans son engagement culturel, social et politique. Elle y découvre que des pans entiers de l’Histoire de la France avec Haïti sont passés sous silence et qu’il n’y a aucune étude sur la Révolution Haïtienne[2]. Sa surprise s’étend également au domaine universitaire des littératures francophones dont Haïti est alors la grande absente. Cela sera le point de départ d’un travail et d’un engagement mis au service d’une Histoire décentralisée. Elle souhaite « décoloniser le savoir »[5]. A la francophonie elle oppose une conception plurielle des mondes francophones.[5]

Engagement social et culturel en Haïti[modifier | modifier le code]

Après ses années parisiennes, elle s'installe en Haïti où elle enseigne à l’École normale supérieure jusqu'en 1995[6],[7] ; Dans le cadre de l’Institut pédagogique national, elle participe à l’élaboration de la réforme qui introduira le créole dans le système éducatif haïtien[8].

Elle a contribué au lancement de la revue haïtienne Chemins critiques.

En 1996-1997 elle a fait partie du cabinet du ministre de la culture haïtien, Raoul Peck[8].

Très impliquée dans la vie associative d'Haïti, elle est cofondatrice de l'Association des écrivains haïtiens[9] (depuis supprimée) qui lutte contre l’illettrisme en organisant des événements autour de la littérature dans les écoles haïtiennes.

En 2008 elle a créé la fondation « Action pour le changement » qui a notamment permis la construction de quatre bibliothèques et propose différents types de formations telles que des ateliers audiovisuels. [8]

Elle a également collaboré avec la fondation « Culture et Création » qui a fondé une bibliothèque à Saint-Louis-du-Nord[10]

Elle est présente lors du séisme de 2010[11],[12] et en témoigne, notamment dans son ouvrage Failles publié la même année.

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Les figures féminines tiennent une place majeure dans ses romans.[2]

Toute sa production littéraire tend à dresser un portrait d’Haïti qu’elle saisit en y faisant dialoguer la grande Histoire et la petite histoire[5].

Son œuvre recèle une dimension socio-spatiale importante[2]. Haïti en est le point d’ancrage et la multitude d’espaces explorés dans ses romans et essais, recoupe les différentes strates sociales de la société haïtienne.

Les personnages étrangers dans sa littérature lui permettent également de caractériser les enjeux des relations Nord - Sud dont elle dit qu’Haïti est un centre et une matrice[13].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix Millepages, pour son roman Couleur de l'aube, 2008.
  • Prix RFO 2009, pour son roman Couleur de l'aube.
  • Prix Littéraire Richelieu de la Francophonie 2009, pour son roman Couleur de l'aube[14]
  • Elle obtient le prix Fémina en 2014 pour Bain de lune[15].
  • Elle obtient le prix Carbet des lycéens pour Guillaume et Nathalie en 2014
  • Son livre Douces Déroutes a été à l’honneur à la 6e édition de Marathon du Livre à Petit-Goâve, en 2019[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « La 6e édition du Marathon du livre à Petit-Goâve ce week-end », sur Le Nouvelliste (consulté le 16 janvier 2020)
  2. a b c d e f g et h émission "A voix nue", France Culture, avec Elise Gruau, Novembre 2019
  3. JSTOR, “Haitian Literature After Duvalier: An Interview With Yanick Lahens”, Clarisse Zimra, The Johns Hopkins University Press, 1993
  4. Lahens, Yanick Jean-Pierre. « Le paraître féminin, sa structure, sa stratégie, dans le roman de Fernand Hibbert : “Les Thazar” ». Conjonction, no  136‑137 (février 1978): 45‑55.
  5. a b et c émission « La Grande table culture », France Culture, avec Olivia Gesbert, Mars 2020
  6. « Yanick Lahens — internationales literaturfestival berlin », sur Internationales literaturfestival berlin (consulté le 17 janvier 2013)
  7. Yanick Lahens sur le site de l'Université de la Ville de New York.
  8. a b et c OpenEdition Books, « LITTÉRATURE HAÏTIENNE : URGENCE(S) D’ÉCRIRE, RÊVE(S) D’HABITER  | Yanick Lahens », Antoine Compagnon, Collège de France, 2019, Introduction
  9. « Lahens Yanick », sur Étonnants-Voyageurs (consulté le 17 janvier 2013)
  10. John Smith Sanon, « Deux bougies pour la Bibliothèque Yanick Lahens », sur Le Nouvelliste, (consulté le 17 janvier 2013)
  11. Yanick Lahens, « Haïti ou La santé du malheur », sur www.liberation.fr, (consulté le 17 janvier 2013)
  12. « Haïti un an après le séisme : les écrivains témoignent », sur ARTE, (consulté le 17 janvier 2013)
  13. OpenEdition Lectures « Yanick Lahens, Littérature haïtienne. Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2020, mis en ligne le 16 janvier 2020
  14. « Yanick Lahens », sur prix-litteraires.net (consulté le 17 janvier 2013)
  15. « Le prix Femina attribué à Yanick Lahens », sur Le Soir, (consulté le 3 novembre 2014)
  16. Jérôme Goude, Le Matricule des Anges, n° 099, janvier 2009, « La Couleur de l’aube - Yanick Lahens », sur Le Matricule des Anges (consulté le 17 janvier 2013)
  17. Guylaine Massoutre, « Sortir de l'impasse avec Yanick Lahens », sur Le Devoir, (consulté le 17 janvier 2013)
  18. Marianne Payot, « Bain de lune à Haïti avec Yanick Lahens », sur lexpress.fr, (consulté le 3 novembre 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]