Yamal LNG

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Yamal LNG
logo de Yamal LNG

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Open joint-stock company (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Siège social 25A Khudi-Seroko St.
Yar-Sale (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Drapeau de Russie Russie
Activité Gaz naturelVoir et modifier les données sur Wikidata
Produits Gaz naturel liquéfiéVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.yamalspg.ruVoir et modifier les données sur Wikidata
Chiffre d’affaires 13 764 427 000 rouble russe ()[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Résultat net -68 396 057 000 rouble russe ()[2]Voir et modifier les données sur Wikidata

Yamal LNG est une compagnie russe de production de gaz, créée pour participer au développement du champ gazier de Tambey-Sud (en), au nord-est de la péninsule de Yamal, et en particulier la construction de la station de production de gaz naturel liquéfié. Le montant de l'investissement pour réaliser le projet est estimé à 27 milliards de dollars[3]. Elle a été fondée le 7 avril 2005, et son siège se trouve à Yar-Sale. Le nom complet de la compagnie en russe est Открытое акционерное общество « Ямал СПГ ».

Propriétaires[modifier | modifier le code]

La société Yamal LNG est détenue à 50,1 % par Novatek, à 20 % par Total, à 20 % par une filiale de China National Petroleum Corporation (CNPC) et à 9,9 % par le Silk Road Fund, le fonds d'investissement du gouvernement chinois[4],[5].

En 2010, Total n'avait pas encore de part dans l'entreprise, mais 25,1 % des actions étaient détenues par la compagnie chypriote Varix Enterprises, filiale de Gazprombank[6],[7],[8].

Historique[modifier | modifier le code]

En juin 2013, Novatek et CNPC ont signé un accord de coopération pour le projet Yamal LNG au Forum Économique International de Saint-Pétersbourg. L'accord contenait un contrat à long terme de livraison à la Chine d'un minimum de 3 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an.

En septembre 2013, Novatek et CNPC ont signé un accord d'entrée de CNPC dans la compagnie Yamal LNG par achat de 20 % des parts.

En novembre 2013, les médias ont informé que Novatek prévoyait de ne garder qu'une part minime dans le projet (10 %), les actions devant être partagées entre un consortium japonais et des compagnies indiennes[9].

En décembre 2013, Total a acquis 20 % des parts de Yamal LNG[10].

En janvier 2014, Novatek a vendu 20 % des parts de Yamal LNG à CNODC, une filiale de CNPC[11]. Le montant de la transaction est confidentiel, mais selon les médias, les tractations de septembre 2013 prévoyaient un montant d'un milliard de dollars[9].

La même année l'entreprise recevait l'accord des autochtones pour s'installer. Des chemins traversant les installations ont d'ailleurs été prévus pour la migration des rennes, et par conséquent celle des Nénètses[12].

Le 8 décembre 2017, le terminal gazier est inauguré par Vladimir Poutine et Patrick Pouyanné PDG de Total[13].

Activités[modifier | modifier le code]

Schéma explicatif des exportations gazières russes.

Le projet Yamal LNG prévoit la construction d'une station de production de gaz naturel liquéfié d'une capacité de 16,5 millions de tonnes par an sur le champ gazier de Tambey-Sud. Les ressources de ce champ gazier sont estimées à 907 milliards de mètres cubes. La première unité de production a commencée à fonctionner en décembre 2017, et le second en juillet 2018; le dernier devrait être mis en service en 2019[14]. Le projet s'accompagne de la production de 16 méthaniers brise-glaces d'une capacité de transport de 170 000 m3[15].

La réalisation du projet suppose la création d'infrastructures de transport, y compris un port et un aéroport à proximité du village de Sabetta, ainsi qu'une base de transbordement dans le port belge de Zeebruges pour la livraison de gaz aux pays de la zone Asie-Pacifique pendant la période de gel du passage du Nord-Est[16]. Engie a également négocié un contrat d'un million de tonnes de GNL par an, qui doivent être livrées à Montoir[17]. Un méthanier sera chargé toutes les 38 h et l'accès sera assuré par 6 brise-glaces[10].

La totalité de la production est destinée au marché européen (46 %) et asiatique (54 %)[18].

Investissement principaux[modifier | modifier le code]

L'entreprise responsable de la construction des infrastructures d'extraction est Yamgaz SNC, un consortium de Technip et JGC Corporation (en)[3], dans le cadre du contrat signé avec Offshore Oil Engineering pour l'installation d'équipements d'extraction de gaz, d'une valeur d'1,6 milliard de dollars ; de même, une commande de turbocompresseurs a été passée à General Electric pour 600 millions de dollars. Les équipements de la station électrique Technopromexport (en) ont été achetés à Siemens. Les méthaniers (15) seront construits sur les chantiers navals DSME en Corée du Sud. 4 armateurs opéreront ces navires: Teekay (6), Dynagas (5), Mitsui OSK Lines (3) et Sovcomflot (1)[réf. nécessaire]. L'entreprise chargée de forer les puits est Investgeoservice ; son contrat prévoit le forage de plus de 100 puits « clés en main » entre 2013 et 2021. En 2015, trois engins de forage de type Arktika, d'une capacité de levage de 400 tonnes, étaient déjà en fonctionnement sur le site sous la direction des compagnies Investgeoservice et d'Ouralmash.

Difficultés techniques du projet[modifier | modifier le code]

Le cargo de classe brise-glace Kapitan Danilkin partant de Sabetta, où il livre le matériel depuis Mourmansk pour le chantier de Yamal LNG[19].

Les difficultés techniques auxquelles se confronte le projet sont le froid extrême et l'éloignement du site. Les constructions doivent être réalisées sur pilotis à cause du permafrost[20]. Les bateaux devront rejoindre le site par un itinéraire encore inexploré, accessible seulement par des brise-glaces (l'Arktika est construit en partie dans ce but) 9 mois par an. Une autre difficulté est la faible luminosité pendant toute une partie de l'année.

Sanctions des États-Unis[modifier | modifier le code]

Si le projet a dans un premier temps su échapper aux sanctions occidentales à l'encontre de la Russie[21], de nouvelles sanctions prises par les États-Unis en août 2015 font peser une menace sérieuse pour son financement. En effet, contrairement aux prévisions, qui faisaient redouter une interdiction du transfert de technologies pétrolières[22], les États-Unis ont ciblé les investissements dans le projet, interdisant tout prêt à Novatek et sanctionnant Gennady Timchenko, co-directeur du projet. Novatek recherche de nouvelles sources de financement ; la construction continue cependant sur le site du champ gazier[23]. Faces aux difficultés financières dues aux sanctions, Novatek devrait avoir recours à une cession de parts de Yamal LNG au Fond de la Route de la Soie (en)[24] ; Total cherche de son côté des fonds auprès de banques japonaises[25] ; la situation semble toutefois stagner[26].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « https://disclosure.1prime.ru/portal/default.aspx?emId=7709602713 »
  2. « https://disclosure.1prime.ru/portal/default.aspx?emId=7709602713 »
  3. a et b (ru)Nous ne savons pas et nous n'apprenons pas, expert.ru, 7 juillet 2014.
  4. « YAMAL LNG, LE GAZ QUI VIENT DU FROID », sur total.com (consulté le 11 aout 2018)
  5. (en) « About the project », sur yamallng.ru (consulté le 11 aout 2018)
  6. (ru)Novatek a reçu une option d'achat de 25,1 % de Yamal LNG jusqu'au 1er juin 2012, RIA novosti, 24 mars 2011.
  7. (ru)Novatek : Total a terminé la procédure d'entrée dans le projet Yamal LNG, Forbes.ru, 16 août 2011.
  8. (ru)Total a terminé la procédure d'entrée dans le projet Yamal LNG, RusEnergy, 17 août 2011.
  9. a et b (ru)Novatek pourrait intégrer dans le projet Yamal LNG encore deux partenaires, Vedomosti, 28 novembre 2013.
  10. a et b Total lance un gigantesque projet gazier dans le grand nord russe, Le Monde, 19 décembre 2013.
  11. (ru)Novatek a conclu un accord pour vendre 20 % des parts de Yamal LNG à CNPC, ITAR-TASS, 14 janvier 2014.
  12. (en) « Social Respponsibility », sur yamallng.ru (consulté le 11 aout 2018)
  13. Yamal, le projet gazier géant de Total dans l’Arctique, "La Croix", 8 décembre 2017.
  14. « Total en avance sur le planning pour le 2e train de GNL à Yamal », sur fr.reuters.com, (consulté le 11 aout 2018)
  15. (fr)Concevoir des méthaniers brise-glace, Exploration-Production Total, 18 juin 2018.
  16. (ru)Le projet géant de gaz de Yamal étend la période de navigation. Il obtient une base en Europe, znak, 7 avril 2014.
  17. Montoir va transborder du GNL en provenance de Yamal LNG, Mer et Marine, 4 juin 2015.
  18. « le projet yamal lng met la pression sur le monde du gaz », sur ouest-france.fr, (consulté le 11 aout 2018)
  19. (en)Yamal LNG et la Compagnie Maritime de Mourmansk ont signé un contrat de livraisons par cargo pour le port de Sabetta, Port News, 7 avril 2014.
  20. (fr)Les fondations sur permafrost de Yamal LNG, Exploration-Production Total, 16 juin 2018.
  21. Comment la Russie contourne les sanctions pour forer en Arctique, le Huffington Post, 12 août 2014.
  22. Yamal LNG: le projet menacé par d'éventuelles sanctions US, Spoutnik, 19 juin 2014.
  23. (en)Les sanctions égratignent le projet massif de gaz dans l'Arctique Russe, The Wall Street Journal, 27 août 2015.
  24. (en)Sberbank déclare qu'elle se prononcera sur les termes de l'accord pour Yamal LNG en fin de mois, Reuters, 8 septembre 2015.
  25. (en)Total négocie le financement de Yamal LNG auprès de banques japonaises, Oil & Gaz, 8 octobre 2015.
  26. (en)Le financement de Yamal LNG stagne, Reuters via Oil & Gaz, 20 octobre 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]