Yahne Le Toumelin

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Yahne Le Toumelin
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Yahne Le Toumelin, née le à Paris, est une artiste peintre française associée depuis la fin des années 1950 au surréalisme puis à l'art abstrait.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Née le 27 juillet 1923 à Paris, Yahne Le Toumelin grandit au Croisic, en Loire-Atlantique, aux côtés de son frère, Jacques-Yves Le Toumelin. À l’âge de 10 ans, elle s’initie au dessin et réalise ses premières peintures à l’huile.

Admise à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1940, elle préfère intégrer l'Académie de la Grande Chaumière. Après trois années d’étude passée à l'Académie de la Grande Chaumière, Yahne intègre l’Atelier d’André Lhote où elle rencontre Henri Cartier-Bresson[1].

En 1942, Yahne rencontre Georges Gurdjieff chez qui elle fait la connaissance de René Daumal, Lanza Del Vasto et Luc Dietrich[2].

Vie avec Jean-François Revel[modifier | modifier le code]

Chargée par Pierre Schaeffer et Jacques Copeau de réaliser des présentations radiophoniques d’œuvres artistiques au Studio d’essai de la RTF, Yahne Le Toumelin fait la connaissance de Jean-François Revel qui la demande en mariage à l'été 1945. En 1946 nait Matthieu Ricard.

Aux côtés de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Boris Vian, Orson Welles, Jean Cocteau et Juliette Gréco, Yahne Le Toumelin apparaît en 1947 dans Le Désordre à vingt ans[3],[4] de Jacques Baratier qui peint un tableau de la faune hétéroclite de Saint-Germain-des-Prés au lendemain de la guerre.

De 1947 à 1948, le couple part s’installer à Tlemcen[5] en Algérie où Jean-François Revel est nommé professeur.

En 1948, naît Ève Ricard.

De 1950 à 1952, Yahne Le Toumelin part s'installer à Mexico où Jean-François Revel est nommé professeur à l’Institut français d'Amérique latine (IFAL)[6].

À Mexico, Yahne se lie d’amitié avec Leonora Carrington qui deviendra « sa complice de toujours (…) et suivra, elle aussi, un parcours absolument décalé »[7].

En 1951, Yahne Le Toumelin réalise une fresque géométrique de 60 m2 pour l’Institut français d’Amérique latine et peint des affiches de films pour le premier ciné-club du Mexique[8] où viennent Benjamin Peret, Luis Bunuel, Frida Kahlo, Diego Rivera ou Mario Vargas Llosa.

En 1952, Yahne Le Toumelin et Jean-François Revel se séparent.

Le Surréalisme et André Breton[modifier | modifier le code]

En 1955, André Breton présente Yahne Le Toumelin dans sa galerie, A l’Étoile scellée.

De retour à Paris en 1956, Yahne Le Toumelin rencontre l’artiste Georges Mathieu et se lie d’amitié avec Pierre Soulages, et Zao Wou-Ki.

En 1957, Yahne Le Toumelin expose plus de 100 tableaux à la Galerie Orsay et participe à l’édition du catalogue préfacé par André Breton.

André Breton rend hommage à l'œuvre de Yanne Le Toumelin dans Le Surréalisme et la Peinture publié par André Breton chez Gallimard en 1965[9].

En 1959, Yahne Le Toumelin intègre la Galerie René Drouin.

En 1961, Yahne Le Toumelin expose dans une sélection intitulée « Essai pour la peinture de demain » présentée par René Drouin[10] et Ileana Sonnabend à la Galerie Marcelle Dupuis.

Bouddhisme et spiritualité[modifier | modifier le code]

Le 16e karmapa, assis, avec Freda Bedi, au monastère de Rumtek au Sikkim

En 1967, Yahne Le Toumelin ouvre le Centre d’Expression, une galerie située à Paris et présentée par André Fermigier dans une critique intitulée Trois raisons pour[11]. Quelques mois plus tard, Yahne part en Inde, se convertit au bouddhisme tibétain et prend les vœux de nonne du 16e karmapa au Sikkim.

En mai 1968, Yahne Le Toumelin organise une démonstration intitulée La Révolution du cœur[12].

En 1969, Maurice Béjart demande à Yahne Le Toumelin de composer une fresque de 300 m2 et les costumes pour Les Vainqueurs.

Installée à Darjeeling, en Inde, Yahne cesse de peindre de 1969 à 1975. En 1985, l'artiste s’installe en Dordogne et entre en retraite bouddhique au Centre de Chanteloube[13] à Saint-Léon-sur-Vézère et cesse de peindre pendant cette période qui dure 3 ans, 3 mois et 3 jours.

En 1989, Yahne Le Toumelin réalise le Voile du Radeau de la Méduse pour les décors d'Hommage à la Révolution de Maurice Béjart au Grand Palais, à Paris.

Depuis 2000, Yahne Le Toumelin peint dans son atelier installé en Dordogne.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Du surréalisme à l'abstraction lyrique, Yahne Le Toumelin a couvert plusieurs courants artistiques à travers son œuvre.

Salons et expositions

  • De 1957 à 1959 - Salon Comparaisons, Musée d’art moderne de la Ville de Paris
  • 1958 - Salon Grands et Jeunes d’aujourd’hui, Grand Palais
  • 1961 - Exposition « Essai pour la peinture de demain », René Drouin et Illiena Sonnabend
  • De 1962 à 1964 - Salon de Mai , Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
  • De 1961 à 1967 - Salon des Surindépendants , Musée d’art moderne de la Ville de Paris
  • 1966 - Rencontres d'Octobre, Musée des Beaux-Arts de Nantes
  • De 1966 à 1969 - Salon d'Art Sacré, Musée d’art moderne de la Ville de Paris
  • 1967 - Salon des Artistes Français, Musée d’art moderne de la Ville de Paris
  • 1979 - FIAC, Grand Palais
  • 1980 - Rétrospective Yahne Le Toumelin (1939-1979), Maison de la Culture de Rennes
  • 1996 - Exposition - Hommage à la Visitation, Maison de la Culture de Périgueux
  • 1999 - Exposition - Linden Museum, Stuttgart
  • 2016 - Rétrospective Yahne Le Toumelin, Espace Mabry, Bordeaux

Publication[modifier | modifier le code]

  • « Le Piéton de Paris », Critique d’art, Le Nouvel Observateur, 1952
  • {Collectif} - Cahier Luc Dietrich, Cahier douze sous la direction de Frédéric Richaud, 1998
  • Lumière, rire du ciel, Yahne Le Toumelin, Éditions Pauvert, 2001
  • Lumière, rire du ciel, Yahne Le Toumelin, Éditions de la Martinière, 2016

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Breton, Le Surréalisme et de la Peinture, Paris, Gallimard, 1965.
  • XXe siècle – Nouvelle série – XXXVIe Année – n° 42 – juin 1974.
  • René Passeron, Les femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place, 1999.
  • Henri Behar, Les pensées d'André Breton : guide alphabétique, Centre de recherches sur le Surréalisme, Paris, CNRS/L'Âge d'Homme, 2000.
  • René Passeron, L’histoire du surréalisme, Pierre Terrail, 2001.
  • Stéphane Arguillere, Matière vivante. Regard sur le peintre Yahne Le Toumelin, Paris, Pauvert, 2001.
  • Stephen Harris, The Art of Losing Oneself wthout Getting Lost, Surrealism Center, Manchester University-Tate Modern, 2004.
  • Keith Aspley, Historical Dictionary of Surrealism, 2010.
  • Yahne Le Toumelin, rire du ciel, Paris, La Martinière, 2016.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le Désordre à vingt ans de Jacques Baratier - France / 1947 / 18 min
  • Le bon plaisir et renseignement généreux d’Henri Cartier-Bresson, INA (Radio France Culture - réf. HD3248 - 17 min 05 s : Yahne Le Toumelin, peintre)
  • Documentaire de Violaine Dejoie-Robin sur Yhane le Toumelin pour l’émission Estivales - France 3 Bretagne, 1992
  • Émission sur Yahne Le Toumelin, Affaires de Femmes - France 3 Aquitaine, 1995
  • Émission avec Yahne Le Toumelin, C'est à vous, France 5, 4 novembre 2016[14]

Site[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le bon plaisir et renseignement généreux d’Henri CARTIER-BRESSON, INA (Radio France Culture - réf. HD3248 - 17 min 05 s : Yahne Le TOUMELIN, peintre) voir en ligne
  2. {Collectif}, Cahier Luc Dietrich, Cahier douze sous la direction de Frédéric Richaud, (ISBN 978-2-86853-304-3)
  3. « Le Désordre à vingt ans »
  4. « Le désordre a vingt ans de Jacques Baratier »
  5. « Fonds Jean-François Revel de la Bibliothèque nationale de France »
  6. « Réponse au discours de réception de Jean-François Revel à l'Académie Française »
  7. « L'abstraction lyrique »
  8. « Réponse au discours de réception de Jean-François Revel | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 30 octobre 2016)
  9. André Breton, Le Surréalisme et la peinture, Gallimard, (lire en ligne)
  10. Benezit, Dictionnaire des Artistes, Oxford
  11. André Fermigier, « Trois raisons pour », Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)
  12. Emission : Art actualité / Collection : RTF / ORTF / N° de notice : CAF94056059 Durée : 13 min 46 s, site=Ina.fr|date=18 février 1968
  13. Emmanuelle Pirat, (ENTRETIEN) Matthieu Ricard : Science de la méditation, CFDT, 10 février 2017
  14. « Vidéo - C à vous - La méditation de mère en fils - C à vous - 04/11/2016 - 04-11-2016 », sur France5 (consulté le 12 février 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]