Monument d'Absalom

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Monument d'Absalom
Le monument d'Absalom dans la vallée du Cédron
Le monument d'Absalom dans la vallée du Cédron
Localisation
Pays Drapeau d’Israël Israël
Coordonnées 31° 46′ 38″ N 35° 14′ 21″ E / 31.777276, 35.23909831° 46′ 38″ Nord 35° 14′ 21″ Est / 31.777276, 35.239098

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Monument d'Absalom
Monument d'Absalom
La chambre funéraire (photographie du XIXe siècle). Photo de gauche : le kokh, un arcosolium et le bas-relief au plafond. Photo de droite : l'entrée originale de la tombe avec le kokh en dessous

Le monument d'Absalom ou tombe d'Absalom, en hébreu יד אבשלום (Yad Avshalom), est un monument funéraire datant de la période du Second Temple situé dans la vallée du Cédron à Jérusalem, en face du Mont du Temple et au pied du cimetière juif du mont des Oliviers.

Description[modifier | modifier le code]

Le monument mesure 7 m sur 6,8 m et 20 m de haut. Les archéologues le datent du Ier siècle. La partie basse est taillée dans le rocher. Elle est décorée des colonnes ioniennes et d'une frise dorique surmontée d'une corniche égyptienne. Elle abrite une petite pièce avec deux arcosolia destinés à recevoir les corps des défunts. Le plafond de la chambre funéraire est décorée d'un bas-relief carré représentant un cercle avec une étoile au centre. La partie supérieure du monument est maçonnée. Elle sert de nefesh pour la tombe située en-dessous, et peut-être aussi pour la tombe, dite grotte de Josaphat, dont l'entrée est située derrière[1]. L'accès à la tombe d'Absalom se faisait par une entrée dans le mur est. Elle ouvre sur une série de marches qui descendent dans la chambre. Sous l'escalier, une niche funéraire, un kokh, a semble-t-il été creusée plus tard. À l'époque byzantine, la tombe a été utilisée comme habitation par des moines. Des ouvertures supplémentaires ont été percées sur les quatre côtés de la façade de manière à ventiler et à donner de la lumière. La paroi extérieure du kokh a elle-même été enlevée pour le transformer en ouverture[2]

Attribution[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de monuments de Jérusalem, celui-ci est attribué à un personnage biblique, en l'occurrence Absalom, le fils du roi David. Cette attribution repose sur un passage du livre de Samuel :

« Or, Absalom s'était, de son vivant, fait ériger un monument dans la Vallée du Roi, disant: « C'est pour perpétuer mon nom, puisque je n'ai pas de fils »; et il appela de son nom le monument, qui fut appelé Yad Avshalom, nom qu'il porte encore »

— 2 Samuel 18,18

Absalom aurait en fait vécu dix siècles avant la construction du monument actuel.

Inscription[modifier | modifier le code]

En 2003, une inscription qui figure sur ce monument a pu être déchiffrée par les archéologues. Cette inscription mentionne le nom de Zacharie et aurait été ajoutée à l'époque byzantine[3]. Dans la tradition chrétienne, Zacharie est le père de Jean le Baptiste et est tué dans le Temple. Mais l'inscription semble plutôt dater du Ve que du IVe siècle.

Curieusement, c'est le monument voisin, un monolithe coiffé d'une pyramide, qui est appelé Tombe de Zacharie, lui-même attribué à un autre Zacharie biblique, Zacharie fils du Grand Prêtre Yéhoyadah, mort assassiné sous le roi Joas (IXe siècle av. J.-C.). En fait, au IVe siècle, il était encore bien connu comme la Tombe de Zacharie fils de Yéhoyadah. On le voit par exemple dans l'apocryphe Vitae prophetarum[4]. Comme les deux personnages ont les mêmes caractéristiques (ils sont tous deux considérés comme prêtres ou même grands prêtres, et tous deux martyrs dans le temple, pour le premier selon le récit de II Chroniques, 24, pour le second selon le Protévangile de Jacques), il était tentant de rapprocher leur mémorial l'un de l'autre.

D'autre part, vers la fin du Ve siècle, des reliques du Zacharie du Nouveau Testament, qui viennent peut-être du monolithe conchoïdal monument d'Absalom[5], sont déposées dans le monolithe pyramidal de la Tombe traditionnelle « de Zacharie », en même temps que des reliques de Jacques (celles-ci provenant peut-être de la stèle de Jacques connue au IIe siècle dans les ruines du sanctuaire hérodien[6]) et de Siméon, le successeur de Jacques selon la liste des évêques de Jérusalem à l'époque ancienne[7]. Le nom de Siméon a pu être rapproché du grand prêtre du IIe siècle avant notre ère selon le Siracide, puisque les Vitae prophetarum situent la "tombe des prêtres" également de ce côté.

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hachlili 2005, p. 32
  2. Zias et Puech 2005, p. 159.
  3. Jewish Yad Avshalom revealed as a Christian shrine from Byzantine era Haaretz; Revue biblique, 2003, p. 321-355 et 2004, p. 563-577
  4. A.M. Schwemer, Studien zu den frühjüdischen Prophetenlegenden Vitæ Prophetarum (2 vol.), Tübingen, 1995-1996
  5. Mais cette appellation est médiévale, elle n'est guère attestée dans l'Antiquité.
  6. Selon Hégésippe cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, livre II, ch. 23, §18
  7. Voir le récit de l'invention de ces reliques dans S. Verhelst, L’Apocalypse de Zacharie, Siméon et Jacques, Revue biblique, 105 (1998), 81-104

Bibliographie[modifier | modifier le code]