Xiuhcoatl

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Représentation du serpent Xiuhcoatl (British Museum)[1].
Représentation de Xiuhcoatl (Musée national d'anthropologie de Mexico).
Le dieu Huitzilopochtli brandissant le xiuhcoatl (codex Borbonicus, p.34).

Xiuhcoatl (nom nahuatl signifiant littéralement « serpent de turquoise », « serpent d'herbe »[2], « serpent bleu »[2], « serpent de l'an »[2], c'est-à-dire de manière figurée « serpent de feu »[3],[4]) est, dans la mythologie aztèque, à la fois l'esprit du dieu Xiuhtecuhtli, une de ses incarnations[5], son esprit gardien[6] ou un de ses attributs (pouvant être représenté sur son dos[7], ou sur celui de Tezcatlipoca[8]) et une arme utilisée à sa naissance par le dieu Huitzilopochtli pour tuer sa sœur, la déesse Coyolxauhqui[4],[9], et ses frères, les Huitznahua[10].

Bernardino de Sahagún décrit l'arme de Huitzilopochtli comme suit : «Uitzilopochtli ordonna à un nommé Tochancalqui de mettre le feu à un serpent fabriqué en bois de pin appelé Xiuhcoatl. Celui-ci l'alluma et ce fut avec cela que Coyolchauhqui fut blessée et mourut, mise en pièces.»[11]. Le mythe était réactualisé chaque année lors de la fête de l'Érection des Bannières (Panquetzalitzli en nahuatl) : un prêtre descendait les marches du temple de Huitzilopochtli en tenant en main un xiuhcoatl en papier, auquel il mettait le feu. Il le plongeait ensuite dans un cuauhxicalli contenant des papiers sacrificiels représentant les victimes[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stone figure of Xiuhcoatl, site du British Museum.
  2. a, b et c Cecilio Agustín Robelo, Diccionario de Mitología Nahua, México, Imprenta del Museo Nacional de Arqueología, Historia y Etnología,‎ 1905
  3. Jacques Soustelle, L'Art du Mexique ancien, Arthaud, 1966, p.23 : « serpent de turquoise (c'est-à-dire : de feu) »,
  4. a et b Karl Taube, Aztec and Maya myths, British Museum Press,‎ 1993 (ISBN 029278130X) : « Coatlicue gives birth to Huitzilopochtli fully armed. Wielding his burning weapon, lnown as the Xiuhcoatl or Turquoise Serpent, he slays Coyolxauhqui and, cut to pieces, her body tumbles to the base of Coatepec ».
  5. Elizabeth Hill Boone, Cycles of time and meaning in the Mexican books of fate, p.209 : « Xiuhtecuhtli, here enveloped in the body of the fire serpent Xiuhcoatl ».
  6. Emmanuel Handy, Le chamanisme et les arts précolombiens, p.137.
  7. Manuel Aguilar-Moreno, Handbook to life in the Aztec world, p.152.
  8. Cecelia F. Klein, « The Ideology of Autosacrifice at the Templo Mayor », in The Aztec Templo Mayor: a symposium at Dumbarton Oaks, page 342 : « The Xiuhcoatl, as stated earlier, often appears on the back of Tezcatlipoca and was the chief attribute of Xiuhtecuhtli ».
  9. Manuel Aguilar-Moreno, Handbook to life in the Aztec world, p.195 : « According to the myth of the birth of Huitzilopochtli, the Aztec patron god used the xiuhcoatl (plural, xiuhcocoah), which means "fire serpent," as a weapon to decapitate his sister Coyolxauhqui ».
  10. (en) Diego Durán (trad. Doris Heyden), The history of the Indies of New Spain, University of Oklahoma Press,‎ 1994 (ISBN 9780806126494), p.191.
  11. F. Bernardino de Sahagún, Histoire générale des choses de la Nouvelle-Espagne, traduit de l'espagnol par D. Jourdanet et R. Siméon, Éditions La Découverte, Paris, 1991, p. 92
  12. Michel Graulich, Le sacrifice humain chez les Aztèques, Paris, Fayard, 2005, p. 110