XVe siècle en Lorraine

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Cette page concerne les événements qui se sont produits au quinzième siècle en Lorraine.

Éléments contextuels[modifier | modifier le code]

  • Les chevaux de l'élevage messin étaient exportés vers l'Italie; d'autres marchands les vendaient aux foires de Champagne... Le commerce des chevaux et autres bestiaux resta, jusqu'au XVe siècle, le négoce le plus profitable[1].

Événements[modifier | modifier le code]

  • Construction de la forge du Hollé, à Longwy-Bas (hameau de Senelle) à la fin du XVe siècle.

Années 1400[modifier | modifier le code]

  • 1404, mai : Jeanne d'Aigremont est élue abbesse de Remiremont, elle administrera l'abbaye avec habileté. Lors du grand schisme, elle prend position en faveur de la papauté d'Avignon
  • 1405 à 1406 : révolte des gens de métiers à Metz, refusant l'oppression d'une réglementation sévère. Le soulèvement aboutit à la création éphémère de la « commune »[2].

Années 1410[modifier | modifier le code]

Jeanne d’Arc la Lorraine
Maison natale de Jeanne d'Arc à Domrémy (Vosges).

Années 1420[modifier | modifier le code]

René d'Anjou
  • 1420 : René d'Anjou épouse la fille et héritière de Charles II de Lorraine.
  • 1428 à 1429 : guerre de la hottée de pommes, entre seigneurs lorrains, qui se déroula dans le Pays messin.
  • 1428 :
    • C'est dans ce milieu, dans ce bailliage de Chaumont en Champagne , dans la châtellenie de Vaucouleurs, qu'un matin des premiers jours de mai se produisit la révélation de Jeanne[4]
    • Jeanne d'Arc rallie à sa cause le sire de Baudricourt.
  • 1429 :
    • Mars : Jeanne d'Arc se rend à Chinon trouver le roi.
    • René de Bar se joint à l'armée de Jeanne d'Arc avec 3000 Lorrains et Barisiens.
    • Jeanne d'Arc libère Orléans.
    • 2 juin : Charles VII concède à Jeanne d'Arc ses armoiries[5].
    • Et, le 23 juillet 1429, un mercredi, sur la fin de l'après-midi, alors que la brume commence à couvrir la vallée de son manteau grisaille, Jeanne quitte la forteresse par la porte de France, accompagnée de six cavaliers, dont tris seigneurs barrois : Jean de Nouillonpont, Bertrand de Poulangy et Jean de Dieulouard... [6]

Années 1430[modifier | modifier le code]

  • 1430 : Jeanne d'Arc est faite prisonnière à Compiègne.
  • 1431 :
    • Charles II meurt sans héritier mâle.
    • 2 juillet : la Bataille de Bulgnéville s'est déroulée à 20 kilomètres au sud-est de Neufchâteau. Il s'agit d'une bataille pour la succession à la tête du duché de Lorraine après la mort de Charles II. Elle oppose d'une part René d'Anjou, duc consort de Lorraine et de Bar par sa femme Isabelle, futur roi de Naples, allié aux Français, et d'autre part le comte Antoine de Vaudémont, neveu de Charles II, compétiteur de René d'Anjou à la tête du duché de Lorraine et partisan de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, allié aux Anglais.
    • René d'Anjou fait le siège du château de Vaudémont.
    • Début de la dynastie des ducs de la maison d'Anjou.
    • 30 mai : Jeanne d'Arc est brulée vive à Rouen. « Va donc, va, advienne que pourra », lui avait crié le sire de Baudricourt, et Jeanne d'Arc s'en fut ainsi, de la pauvre existence qu'elle menait, pastoure, dans le logis qu'on nous montre aujourd'hui, vers de rudes chevauchées, les combats singuliers, pour, quelques mois après, rendre son dernier souffle dans le flamboiement tragique de la place du Vieux-Marché à Rouen.[6]
  • 1433 : traité de Bruxelles René d'Anjou et Antoine de Vaudémont s'engagent à marier leurs enfants Yolande et Ferry.
  • 1436 : lors de la détention du duc René Ier, la ville de Neufchâteau fut donnée en otage pour gage de sa rançon, et fut occupée par une garnison bourguignonne.
  • 1438 : une épidémie de peste fait 20 000 victimes à Metz.

Années 1440[modifier | modifier le code]

Grand sceau d’Épinal annexé à une charte du 10 septembre 1444 par laquelle les quatre gouverneurs d'Épinal et de Rualmesnil ont confirmé la donation de la ville d'Épinal au roi. Sceau de la ville repris sur une médaille de 1966.
  • 1440 : Nancy, capitale du duché de Lorraine et de Bar compte à peu près 4000 habitants[7].
  • 1444 :
    • Charles VII, roi de France essaie de s'emparer de Metz. Le siège de Metz oppose le duc de Bar et de Lorraine René d’Anjou, et son allié le roi de France Charles VII, aux « citains » de la République messine. La guerre de 1444-1445 est sans doute la plus dévastatrice des guerres médiévales qu'ait eues à subir la cité messine[8].
    • 7 septembre : des représentants de la ville d'Épinal profitent du passage du roi Charles VII à Nancy pour lui offrir la soumission de la ville et lui demander en retour sa protection. L'acte de soumission d’Épinal est daté du 7 septembre 1444[9],[10]. Le roi promet de ne jamais aliéner la cité, mais Louis XI cède la place au maréchal de Bourgogne en 1465[11]

Années 1450[modifier | modifier le code]

Années 1460[modifier | modifier le code]

Années 1470[modifier | modifier le code]

La bataille de Nancy par Eugène Delacroix
  • 1473 :
    • Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, traverse la Lorraine pour transférer les restes de son père de Bruges à Dijon, laissant au passage des garnisons à Amance, Charmes, Épinal et Darney. Ses troupes occupent le château de Vaudémont.
    • Début de la dynastie des ducs de la maison de Vaudémont.
    • Désireux d'unifier ses terres, le duc de Bourgogne songe à marier sa fille unique et héritière au duc Nicolas Ier de Lorraine. Le jeune souverain meurt subitement et Louis XI de France est soupçonné de l'avoir fait empoisonné.
    • René II devient comte d'Aumale et baron d'Elbeuf.
    • Nicolas de Montfort, comte de Campobasso, seigneur de Commercy, revend sa seigneurie du Château-Bas au duc de Lorraine René II[12]
    • Le siège de Metz oppose le duc de Lorraine Nicolas d’Anjou aux riches bourgeois de la République messine. Malgré une audacieuse ruse de guerre, les assaillants lorrains n’arrivent pas à prendre Metz et le siège est levé.
  • 1474,
    • 28 janvier : Catherine de Neuchâtel est élue abbesse de Remiremont, elle n'a pas 18 ans, c'est une irrégularité canonique, le pape revient sur sa nomination et Jeanne d'Anglure est nommée abbesse[13].
    • 9 juillet : René II se rallie secrètement au roi de France.
  • 1476 :
    • René II reconquiert son duché.
    • René II devient sire de Joinville.
    • 2 mars : Charles II, allié aux Suisses, combat à leur côté. La coalition défait Charles le Téméraire à Grandson.
    • 22 juin : Charles II, allié aux Suisses, défait les Bourguignons à Morat.
    • 22 août : pendant que le Téméraire tente de reconstituer une armée, la Lorraine se révolte et René II fait son entrée à Nancy.
  • 1478, juin : Louis XI donne à René II quelques droits concernant le duché de Luxembourg ainsi que le comté de Bourgogne[14].

Années 1480[modifier | modifier le code]

René II
  • 1482 : Metz est une des dix premières villes de France où se développent l’imprimerie et la typographie. Les premiers imprimeurs connus sont Jean Colini et Gérard de Villeneuve[15].
  • 1484 :
    • la mort de Louis XI de France permet la réunification des duchés de Lorraine et de Bar. René II fait son entrée à Bar.
    • René II permet l'élevation d'une chapelle et d'un ermitage sur le lieu où des milliers de soldats sont morts lors de la Bataille de Nancy, près du ruisseau de Jarville. L'étendard de René II portait lors de la bataille l'image de l'Annonciation. Le sanctuaire placé sous le vocable de Notre-Dame-de-Bonsecours par le duc est parfois nommé église Notre-Dame de la Victoire, les Lorrains la nommaient « Chapelle des Bourguignons ». La chapelle primitive de Notre-Dame-de-Bonsecours est destinée à remercier la Vierge Marie de la victoire de René II.
    • Henri de Lorraine-Vaudémont devient évêque de Metz.
  • 1485 :
    • René II prend part à la première phase de la Guerre folle, mais se retire prudemment de la coalition des princes dès la paix de Bourges.
    • Quand il devient évident que Jeanne d'Harcourt ne peut lui donner d'héritiers, René II la répudie avec l'aide de son avocat Hugues des Hazards auprès des autorités pontificales à Rome.
  • 1488 : les sujets du roi de Naples se révoltent et offrent la couronne à René II, qui monte une expédition pour prendre possession du royaume, mais le roi Charles VIII le lui interdit, voulant lui-même en faire la conquête (début des guerres d'Italie)

Années 1490[modifier | modifier le code]

  • 1495, 11 mai : L'an de grâce Notre-Seigneur 1495, le onzième jour du mois de mai... le roi des Romains Maximilien d'Autriche se trouvait en la cité de Worms en laquelle il avait convoqué les Electeurs, Princes et autres des États de l'Empire pour traiter plusieurs grandes affaires. Par devant le roi René de Sicile, duc de Lorraine et de Bar... se présenta pour faire son hommage... et fut pris par-dessous les bras par deux Princes et mené devant le roi des Romains, où il se mit à genoux, les mains sur les Saints Evangiles, qui lui furent présentés et lut le serment de fidélité... Cela fait, il fut inféodé par le Seigneur Roi tenant le sceptre en sa main... Cependant le serment fut prononcé « en délaissant la forme générale du serment des Princes, laquelle était trop de plus grande obligation et expression ».René II prête serment de fidélité à l'Emprereur[16].

Naissances[modifier | modifier le code]

Yolande d'Anjou
Jean de Lorraine
  • 1428, 2 novembre à Nancy : Yolande d'Anjou, morte à Nancy le 23 mars 1483, duchesse de Lorraine (1473) et de Bar (1480), fille de René Ier d'Anjou, roi de Naples, duc d'Anjou, de Bar et de Lorraine, comte de Provence, et d'Isabelle, duchesse de Lorraine. Elle a été nommée Yolande en l'honneur de sa grand-mère Yolande d'Aragon.
  • Vers 1450 à Nancy : Mengin Le Clerc, mort en 1510 à Nancy. Important négociant, tabellion-juré de la ville de Nancy, Mengin Le Clerc prend la qualité de gouverneur de Nancy, en 1498-1499. Il est seigneur de nombreux fiefs et laisse un héritage important à ses deux fils. Et comme il est maistre de la monnaie de Nancy, une partie de ses descendants vont être des trésoriers des ducs de Lorraine, puis des rois de France.
  • 1498, le 9 avril à Bar-le-Duc : Jean de Lorraine (mort semble-t-il à Nogent-sur-Vernisson, le 18 mai 1550) est un cardinal français et l'un des favoris les plus intimes du roi François Ier.

Décès[modifier | modifier le code]

Charles le Téméraire
Charles II de Lorraine
  • 1483, 23 mars à Nancy : Yolande d'Anjou, née à Nancy le 2 novembre 1428, duchesse de Lorraine (1473) et de Bar (1480), fille de René Ier d'Anjou, roi de Naples, duc d'Anjou, de Bar et de Lorraine, comte de Provence, et d'Isabelle, duchesse de Lorraine. Elle a été nommée Yolande en l'honneur de sa grand-mère Yolande d'Aragon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Schneider. La ville de Metz, page 215
  2. Guy Cabourdin et Jean-Alain Lesourd - La Lorraine - Publication de la société Lorraine des études locales - Nancy - 1960 - Page 30
  3. https://books.google.fr/books?id=sCFpVREEgbYC&pg=PA169&lpg=PA169&dq=%C3%A9lection+des+abb%C3%A9s+lorrains&source=bl&ots=xHnv3WIL0Q&sig=P5PRsnTXEZ9rBr64od409E9CEQo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjYycbf0q7JAhWINhoKHcEOBMMQ6AEITDAJ#v=onepage&q=%C3%A9lection%20des%20abb%C3%A9s%20lorrains&f=false
  4. Extrait du discours prononcé par M Taton-Vassal, député Maire de Saint Mihiel le 25 août 1029 à l'occasion des fâtes organisées à Vaucouleurs pour commémorer le passage de Jeanne d'Arc dans cette ville )
  5. Léopold Bouchot - Leçons et récits sur l'histoire de la Lorraine - Berger-Levrault - Nancy 1930 - page 46
  6. a et b Extrait du discours prononcé par M Taton-Vassal, député Maire de Saint Mihiel le 25 août 1029 à l'occasion des fêtes organisées à Vaucouleurs pour commémorer le passage de Jeanne d'Arc dans cette ville )
  7. Em. Duvernoy (Les états généraux des duchés de Lorraine et de Bar jusqu'à la majorité de Charles III (1559)) page 63
  8. Alain Girardot : La république messine, in : François-Yves Le Moigne, Histoire de Metz. Privat, 1986 (pp.152,153)
  9. Relation du siège de Metz en 1444, par Charles VII et René d'Anjou, par Louis Félicien J. Caignart de Saulcy, Jean François Huguenin, 1835
  10. « Selon une autre source le 10 septembre (Medieval Institute Library »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  11. Michel Bur, Le château d'Épinal. XIIIe siècle-XVIe siècle, Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris, 2002, p. 22
  12. S. François-Vives, Les seigneurs de Commercy au Moyen Âge (XIe siècle - 1429); Nancy, 1938, p. 2
  13. Bulletin de la société philomatique vosgienne 1891
  14. https://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA405 Lettres patentes de Louis XI, Arras, juin 1478
  15. Guillaume Ferdinand Teissier, Essai philologique sur les commencemens de la typographie à Metz, et sur les imprimeurs de cette ville, 1828. [lire en ligne]. (Téléchargement du livre.
  16. Archives de Meurthe et Moselle : 3F., 128, 1.
  17. Notice d'autorité sur Katalog der Deutschen Nationalbibliothek
  18. Il aurait dû être numéroté Charles Ier de Lorraine, mais, au siècle suivant, les historiographes lorrains, voulant établir la légitimité des ducs de Lorraine et de Guise et les rattacher directement aux carolingiens, inclurent dans la liste des ducs le carolingien Charles († 991), duc de Basse-Lotharingie.
  19. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris (impr. 1973), Les Éditions de Minuit, Tome I, p.483 (colonne de gauche) : « (L'hôtel de Bourgogne au no 20 de la rue Etienne Marcel) appartint donc aux quatre ducs de Valois-Bourgogne ci-après : Philippe le Hardi (1342-1404), Jean sans Peur (1371-1419), Philippe le Bon (1396-1467) et Charles le Téméraire (1433-1477). »
  20. Sa généalogie sur le site Medieval Lands.
  21. Henri Pirenne, Histoire de Belgique, réédition BiblioBazaar, LLC, 2008, [lire en ligne], p. 290.
  22. Philippe Contamine et Geneviève Contamine, Autour de Marguerite d'Écosse : reines, princesses et dames du XVe siècle, H. Champion, 1999, p. 99.
  23. Joseph Calmette, Autour de Louis XI, Éditions de Fontenelle, 1947, p. 138.
  24. Bertrand Schnerb, L'État bourguignon 1363-1477, Paris, Perrin, 1999.
  25. "L'oeuvre principale du premier duc valois (Philippe le Hardi) pendant les dernières années de sa vie fut la conclusion et l'entretien d'un modus vivendi avec l'Angleterre. Il travailla avec persévérance et adresse à réaliser un accord qu'il jugeait aussi utile à la France qu'à l'État burgundo-flamand, dont il servait par là, avec discernement, les intérêts économiques." Les Grands Ducs de Bourgogne, page 86, de Joseph Calmette, chez Albin Michel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]