Xénophyophore

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Xenophyophoroidea

Xenophyophoroidea
Description de cette image, également commentée ci-après
Xénophyophore de la dorsale médio-atlantique, illustrant la taille remarquable de cet organisme unicellulaire[1]. La minéralisation du test recouvrant la membrane plasmique est bien visible.
Classification
Domaine Eukaryota
Division Rhizaria
Embranchement Foraminifera
Classe Monothalamea

Super-famille

Xenophyophoroidea
Tendal, 1972
Xénophyophore de la dorsale médio-atlantique[2].

Les xénophyophores (Xenophyophoroidea ou Xenophyophorea) sont un taxon de foraminifères[3] piézophiles, remarquables par leur taille considérable pour de tels organismes, dont certains, tels Syringammina fragilissima, sont parmi les plus grands organismes unicellulaires connus, pouvant atteindre une vingtaine de centimètres dans leur plus grande dimension.

Description et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Ils peuvent se présenter comme des disques aplatis ou sous des formes tétraédriques, sphéroïdales ou ellipsoïdales froncées. Ils se développent comme une cellule unique formée de centaines de tubes ramifiés et interconnectés formant une structure appelée granellare. Ce granellare contient un cytoplasme riche en cristaux de sulfate de baryum (barytine, BaSO4) et parfois d'autres minéraux[4] et dans lequel se trouvent de très nombreux noyaux distribués aléatoirement. Il sécrète une sorte de ciment organique qui se charge en particules de sédiments, de sable et de matières excrétées (pastilles fécales, appelées stercomes) pour former un test rigide assurant à l'ensemble une résistance mécanique malgré tout assez faible. Le nom de xénophyophore provient de racines grecques pouvant être traduites par « qui porte des corps étrangers ».

Écologie[modifier | modifier le code]

On les trouve en abondance dans les plaines abyssales jusqu'au fond des fosses océaniques, par exemple celle des Mariannes, à plus de 10 000 m de profondeur. Ils seraient particulièrement abondants au large de la Nouvelle-Zélande et au fond des eaux équatoriales de l'océan Pacifique, où ils pourraient représenter l'essentiel de la biomasse[5]. On peut en compter jusqu'à 20 individus par m2, ce qui en fait les organismes dominants de certaines régions abyssales. Ils pourraient jouer un rôle important dans l'écosystème benthique par la bioturbation des sédiments et en hébergeant d'autres organismes : des études on montré que les régions où les xénophyophores dominent présentent trois à quatre fois plus de crustacés, d'échinodermes et de mollusques benthiques que les régions équivalentes dépourvues de xénophyophores ; ils accueillent par ailleurs de nombreux hôtes commensaux tels que des isopodes (par exemple du genre Hebefustis), des siponcles, des polychètes, des nématodes et des copépodes harpaticoïdes (en), dont certains peuvent être hébergés de façon semi-permanente au sein de leur test. Les ophiures semblent également entretenir une relation particulière avec les xénophyophores car on les trouve très souvent à leur contact direct.

Association remarquable d'organismes benthiques des monts sous-marins de la Nouvelle-Angleterre montrant un échiurien, un pennatule, un crinoïde et deux gros xénophyophores (en bas) chacun dans les bras d'une ophiure[6].

Les xénophyophores sont difficiles à étudier en raison de leur très grande fragilité. Les spécimens récoltés sont toujours endommagés et ne peuvent être valablement étudiés en culture. C'est la raison pour laquelle on ne sait que peu de choses sur leur mode de vie. Leur abondance dans tous les océans pourraient en faire des organismes indispensables au maintien de la biodiversité des écosystèmes benthiques.

Les xénophyophores sont des organismes essentiellement détritivores qui s'incrustent dans le sédiment boueux du plancher océanique. Ils sécrètent une substance visqueuse lorsqu'ils s'alimentent, formant un mucus qui peut recouvrir des surfaces importantes dans les zones où les xénophyophores sont abondants. Ils semblent se nourrir de la même façon que les amibes, en émettant des pseudopodes autour des particules à absorber. Leur régime alimentaire pourrait également être riche en bactéries, comme le laisse penser la teneur élevée en lipides de leur cytoplasme[7]. Ils sont généralement épifauniques, mais Occultammina profunda est une espèce de xénophyophore connue pour s'enfoncer 6 cm sous la surface du sédiment.

Conservation[modifier | modifier le code]

En Atlantique Nord-Est, cette famille est indicatrice des écosystèmes marins vulnérables au niveau desquels la pêche de fond est interdite au delà de 400m de profondeur[8].

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Xénophyophore

Selon World Register of Marine Species (27 mars 2017)[9] :


Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) NOAA Photo Library, provenant du site de la NOAA, juillet 2005.
  2. (en) NOAA Photo Library, provenant du site de la NOAA, juillet 2005.
  3. (en) Jan Pawlowski, Maria Holzmann, José Fahrini et Susan L. Richardson, « Small Subunit Ribosomal DNA Suggests that the Xenophyophorean Syringammina corbicula is a Foraminiferan », Journal of Eukaryotic Microbiology, vol. 50, no 6,‎ , p. 483-487 (PMID 14733441, DOI 10.1111/j.1550-7408.2003.tb00275.x, lire en ligne)
  4. (en) N. Rothe, A. J. Gooday et R. B. Pearce, « Intracellular mineral grains in the xenophyophore Nazareammina tenera (Rhizaria, Foraminifera) from the Nazaré Canyon (Portuguese margin, NE Atlantic) », Deep Sea Research Part I: Oceanographic Research Papers, vol. 58, no 12,‎ , p. 1189-1195 (DOI 10.1016/j.dsr.2011.09.003, lire en ligne)
  5. (en) Ole Secher Tendal, « Synoptic checklist and bibliography of the Xenophyophorea (Protista), with a zoogeographical survey of the group », Galathea, vol. 17,‎ , p. 79-102 (lire en ligne)
  6. (en) NOAA Photo Library, provenant du site de la NOAA, mai 2004.
  7. (en) J. Laureillard, L. Mejanelle et Myriam Sibuet, « Use of lipids to study the trophic ecology of deep-sea xenophyophores », Marine Ecology Progress Series, vol. 270,‎ , p. 129-140 (DOI 10.3354/meps270129, lire en ligne)
  8. RÈGLEMENT DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 14 décembre 2016 établissant des conditions spécifiques pour la pêche des stocks d'eau profonde dans l'Atlantique du Nord-Est.
  9. World Register of Marine Species, consulté le 27 mars 2017