Xénobot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Xénobot virtuel et xénobot réel construit à partir de peau de grenouille (en vert) et de muscle cardiaque (en rouge).

Un xénobot, nommé d'après la grenouille africaine à griffes (Xenopus laevis), est un micro-robot auto-réparateur[1].

photographie en couleur d'une grenouille de grande taille, vue de dessus
Xenopus laevis, l'animal éponyme dont les tissus permet la fabrication des xénobots.

Description[modifier | modifier le code]

Un xénobot est une machine biologique[2] de moins d'un millimètre de large[3], suffisamment petite pour voyager à l'intérieur du corps humain[4]. Il peut « marcher » et nager, survivre pendant des semaines sans nourriture et travailler en groupe, guérir seul tout en continuant à travailler[5].

Fabrication[modifier | modifier le code]

Le xénobot est constitué de cellules de peau et de cellules cardiaques, des cellules souches récoltées à partir d'embryons de grenouilles[6]. La sélection des cellules se fait via un algorithme[7], en fonction de leur capacité à créer des "cils"[8], leur permettant de se mouvoir dans les fluides entourant les cellules[9].

Une fonction importante est de pouvoir enregistrer des informations, susceptibles de modifier le comportement et les actions du robot. Des essais avec de l'ARN messager ont été faits pour implémenter avec succès une reconnaissance de la lumière[10].

Applications[modifier | modifier le code]

Les xénobots pourraient être utilisés pour nettoyer les déchets radioactifs, collecter des microplastiques dans les océans.

La taille de 500 micromètres empêchent les xénobots de se mouvoir dans de fins capillaires, mais des tailles plus petites sont possibles et devraient permettre le transport de médicaments dans le corps humain ou l'élimination des plaques d'athérome ou les cellules cancéreuses[9].

Contrairement aux robots mécaniques ils ont une capacité de reconstitution et d'autoréparation[8]. De plus, ils sont supposés pouvoir survivre dans des environnements aqueux sans nutriments supplémentaires pendant des semaines ; les rendant ainsi adaptés pour l'administration interne de médicaments[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Meet the xenobot: world’s first living, self-healing robots created from frog stem cells », WREG.com,
  2. Simon Devos, « Mi-vivants, mi-machines : les biorobots débarquent ! - Science & Vie », sur www.science-et-vie.com, (consulté le 1er mai 2021)
  3. « Les tout premiers robots entièrement construits à partir de cellules vivantes », sur GuruMeditation, (consulté le 1er mai 2021)
  4. (en) Douglas Blackiston, Emma Lederer, Sam Kriegman et Simon Garnier, « A cellular platform for the development of synthetic living machines », Science Robotics, vol. 6, no 52,‎ (ISSN 2470-9476, DOI 10.1126/scirobotics.abf1571, lire en ligne, consulté le 1er mai 2021)
  5. « Scientists created a microscopic robot – and it’s alive », 10NEWS
  6. (en) « Meet Xenobot, an Eerie New Kind of Programmable Organism », Wired,‎ (ISSN 1059-1028, lire en ligne)
  7. Mathilde Rochefort, « Voici les xenobots, les premiers "robots vivants" au monde », sur Siècle Digital, (consulté le 1er mai 2021)
  8. a et b Marcus Dupont-Besnard, « « C’est de l’ADN de grenouille, mais ce ne sont pas des grenouilles » : que sont exactement les xenobots ? », sur Numerama, (consulté le 1er mai 2021)
  9. a et b Nicolas Martin, Karim Si-Tayeb et Simon Garnier, « "Xenobot, le robot cellulaire" - La méthode scientifique », sur France Culture (consulté le 1er mai 2021)
  10. (en) Mike Silver, « Scientists Create the Next Generation of Living Robots », sur Tufts Now, (consulté le 1er mai 2021)
  11. « Scientists have built the world's first living, self-healing robots », CNN

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]