Wonder (entreprise)

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Pile Wonder plaque émaillée publicitaire vers 1930.

Wonder est une entreprise française de piles électriques créée en 1914[1] et rachetée en 1988 par l’entreprise américaine Ralston (Ralston-Purina). La marque disparaît en France, une petite production résiduelle sous le nom d'origine se poursuit à destination de l’Afrique et des DOM-TOM.

La marque appartient à la société Energizer France[2]

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

En 1914, Estelle Courtecuisse, antiquaire à Paris, rue Marcadet, crée une petite entreprise de fabrication de piles électriques salines. Elle la baptise Wonder sous l’influence de l’anglomanie créée par la présence des troupes britanniques sur le sol français lors du conflit mondial. L’entreprise connaît une croissance continue jusqu’en 1970 en restant sous le contrôle de la famille Courtecuisse. Le berceau historique de l’entreprise est situé rue des Rosiers à Saint-Ouen-sur-Seine.

L'âge d’or[modifier | modifier le code]

Pile de type BA9 fabriquée par Wonder à Saint-Ouen pour l'armée française. Ce modèle est similaire au modèle civil 3(L)R12 de 4,5 V.

Fournissant l’armée britannique durant la Première Guerre mondiale, puis l’armée française, la société répond à une demande de piles en hausse constante et qui augmente encore avec l’apparition du transistor dans les années 1950. Des usines sont créées à Louviers, Vernon, Lisieux et Pontchâteau.

En 1966, Wonder détient plus de 37 % du marché des piles loin devant deux autres sociétés françaises, Leclanché et Mazda.

Durant le mouvement social de 1968, de larges grèves paralysent la production. L'usine Wonder de Saint-Ouen devient alors célèbre par une vidéo montrant la détermination d'une ouvrière à ne pas stopper la grève alors que des leaders syndicaux CGT l'incitent à reprendre le travail[3]. Durant cette journée du , l'ouvrière qualifie l'usine de « taule », dénonce les sabotages des votes et les conditions de travail.

Difficultés et arrivée de Bernard Tapie[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, la pile alcaline révolutionne le marché et les marques étrangères s’imposent sur le marché français. Wonder ne réussit pas sa reconversion.

En 1984, Bernard Tapie rachète l’entreprise qui connaît de graves difficultés[4]. Il entreprend une profonde restructuration de l’entreprise, ferme des usines et licencie environ 600 salariés: En quelques mois, l’action Wonder rebondit de 560 %.

Bernard Tapie, qui veut retrouver la première place en Europe, rachète la société Saft-Mazda en s'alliant à Francis Bouygues. Le département « piles militaires » est immediatement cédé à Leclanché. Une campagne de publicité est confiée à Jacques Séguéla pour relancer les ventes[5], Séguéla n'hésitera pas à mettre en scène le charismatique Tapie en lui faisant parodier le personnage du lapin automate de la campagne de publicité de la marque Duracell, avec le slogan « Wonder, la pile qui ne s’use que si l’on s’en sert » puis seul avec une pile dans le dos et le slogan « Je marche à la Wonder »[6].

Malgré cette relance, la société Wonder ne se redresse pas assez pour un avenir durable.

Liquidation[modifier | modifier le code]

En 1986, l’usine de Saint-Ouen est fermée. En 1988, Bernard Tapie revend Saft-Mazda-Wonder à l’américain Ralston Energy Systems, qui cherche à implanter en France sa marque Energizer. En 1994, l’activité cesse dans la dernière usine Wonder à Louviers.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

Le slogan « Wonder, la pile qui ne s’use que si l’on s’en sert » est évoqué dans le 346e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens, ainsi que dans le film de Coluche Le Maître d'école.

Films[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

L’essentiel des informations de l’article provient du site Artmag.com[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le catalogue 1964 mentionne le cinquantenaire de l'entreprise.
  2. Consultation du registre INPI le 6 juin 2019 ; adresse : Energizer Group France, société par actions simplifiée, 6 rue Émile-Pathé à Chatou.
  3. a et b [vidéo] Disponible sur YouTube
  4. « Les piles Wonder ne sont plus vendues qu'en Afrique », Journal du net,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Séguéla en six campagnes » « Copie archivée » (version du 8 novembre 2018 sur l'Internet Archive), Journal de Genève, 21 décembre 1997.
  6. Voir sur dailymotion.com
  7. Artmag.com