Wolfgang Beltracchi

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Wolfgang Beltracchi
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Wolfgang FischerVoir et modifier les données sur Wikidata
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Wolfgang Beltracchi (prononcé à l'italienne, /bel.tra.ki/[1]), né Wolfgang Fischer le 4 février 1951 à Höxter, est un peintre, sculpteur et faussaire allemand. Il est connu pour avoir écoulé pendant plus de trente ans, avec sa femme, des tableaux de grands maîtres, ce qui a valu aux époux Beltracchi d'être surnommés les « Bonnie and Clyde de l'art » dans les médias[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Wolfgang Fischer est le fils d’un restaurateur de tableaux et peintre d'église et d’une enseignante. Dès son enfance, son père lui apprend l’art de la peinture. Il étudie de 1969 à 1973 à l’académie des beaux-arts d’Aix-la-Chapelle. Ensuite, il abandonne ses études et commence une vie nomade dans toute l’Europe et l’Afrique du Nord en adoptant l’esprit du mouvement contre-culturel hippie qui se développait justement en occident à cette époque. Le mouvement hippie prône l’antiautoritarisme et l’ouverture d’esprit, ce qui correspond à la manière de vivre du peintre.

En 1992 il fait la connaissance de sa femme, Hélène Beltracchi, dont il adopte le nom en 1993 à la faveur de leur mariage.

Pendant des dizaines d’années, Beltracchi peint des toiles de maître certifiées en tant qu’œuvres authentiques par les experts respectifs de chaque peintre. Beaucoup de ses œuvres, célébrées par la presse pour leur exceptionnelle qualité picturale, sont vendues plusieurs millions d'euros lors d’enchères internationales, Hélène Beltracchi s'occupant de leur commercialisation.

En 2010, une analyse de pigments du Tableau rouge avec chevaux (Rotes Bild mit Pferden) à la manière d’Heinrich Campendonk de 1914, révèle un blanc de titane qui n'a été utilisé qu’après 1920. Cette erreur qui provoque la chute des Beltracchi est probablement due à son utilisation d'ustensiles « pollués » sur lesquels il y avait des traces de blanc de titane dans des tubes de blanc de zinc. Wolfgang et Hélène Beltracchi sont arrêtés par la police dans leur résidence de Fribourg (Allemagne), le 27 août 2010.

Pendant le procès, Beltracchi admet qu'il a peint et vendu trois-cents faux tableaux de cent peintres différents et qu'il a commencé ses contrefaçons dès ses études. La plupart de ces tableaux n'ont toujours pas été découverts.

Beltracchi est condamné par la justice allemande à six ans de réclusion[3] pour avoir vendu des centaines de faux d'artistes renommés comme Ernst, Campendonk, Léger et van Dongen. Il est également condamné à rembourser 20 millions d'euros aux acheteurs floués[4],[5],[6],[7].

Les révélations de Beltracchi jettent un doute sur les intervenants du marché de l´art :

« Dans la cave du plaisir de l´art, il a en quelque sorte enlevé les étiquettes des bouteilles et maintenant il oblige tous ceux qui ont la réputation d´experts et de jouisseurs sybarites à une dégustation à l´aveugle. »

— Citation de Burkhard Müller dans Merkur, mai 2015

En 2013, il affirme que le nombre de ses fausses œuvres est bien plus élevé que ce qu'il a déclaré jusqu'alors (pouvant s'élever à plusieurs centaines[8]).

Depuis sa libération en janvier 2015, il s'est installé dans un hôtel particulier du vieux Montpellier et travaille comme artiste libre, peintre (vendant ses tableaux sous son propre nom), sculpteur et auteur, écrivain[2].

La télévision suisse et Beltracchi produisent ensemble le programme Le Maître des faussaires. En 2015 il est nommé pour le prix « Grimme » et l'EBU a couronné le programme comme meilleur format européen.

Publications[modifier | modifier le code]

De Helene et Wolfgang Beltracchi :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noah Charney, Ernst Schöller, The Journal of Art Crime: Spring 2012, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2012 (ISBN 978-1477592410)
  • Stefan Koldehoff, Tobias Timm, Falsche Bilder, Echtes Geld, Galiani, Berlin, 2012 (ISBN 978-3-86971-057-0)
  • Henry Keazor, Tina Öcal (Hrsg.): Der Fall Beltracchi und die Folgen. Interdisziplinäre Fälschungsforschung heute. De Gruyter, Berlin 2014 (ISBN 978-3-11-031589-9)
  • Original bis … Fälschungen zwischen Faszination und Betrug, édité par Boje E. Hans Schmuhl avec Thomas Bauer-Friedrich ; catalogue de l'exposition « Original bis … Fälschungen zwischen Faszination und Betrug »[9] au Moritzburg (de) de Halle, 2014 (ISBN 978-3-86105-084-1), pages 200 à 227
  • Burkhard Müller, « Beltracchi » in : Merkur – Deutsche Zeitschrift für europäisches Denken, mars 2015, S. 5–17, (ISSN 0026-0096)
  • Noah Charney, The Art of Forgery, Phaidon Press, 2015 (ISBN 978-0714867458)
  • Anthony M. Amore, The Art of the Con, St. Martin’s Press, 2015 (ISBN 978-1137279873)
  • Henry Keazor, Täuschend echt! Eine Geschichte der Kunstfälschung, Konrad Theiss, 2015 (ISBN 978-3806230321)
  • Rolf-Bernhard Essig, Gudrun Schury, Schlimme Finger: Eine Kriminalgeschichte der Künste von Villon bis Beltracchi, C.H. Beck Taschenbuch, 2015 (ISBN 978-3406673726)
  • Stefan Koldehoff et Tobias Timm (trad. Stéphanie Lux), L'affaire Beltracchi : enquête sur l'un des plus grands scandales de faux tableaux du siècle et sur ceux qui en ont profité [« Falsche Bilder, echtes Geld : der Fälschercoup des Jahrhunderts und wer alles daran verdiente »], Paris, Jacqueline Chambon, , 244-[5]-[8] p., 23 cm (ISBN 978-2-330-01828-3, notice BnF no FRBNF43607323)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]