Wladimir d'Ormesson

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Wladimir d'Ormesson
Fonctions
Ambassadeur de France près le Saint-Siège
-
Ambassadeur de France au Chili (d)
à partir de
Ambassadeur de France en Argentine
à partir de
Ambassadeur de France près le Saint-Siège
mai -
Président
Office de radiodiffusion télévision française
Biographie
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Distinctions

Le comte Wladimir Lefèvre d'Ormesson, né le à Saint-Pétersbourg et mort le au château d'Ormesson à Ormesson-sur-Marne, est un écrivain, journaliste et diplomate français, qui exerça notamment au Vatican, mais aussi en Argentine et au Chili.

Il fut également président de l'ORTF et membre de l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Famille Le Fèvre d'Ormesson.

Fils du comte Olivier d'Ormesson (1849-1923) et de Marguerite du Breuil-Hélion de La Guéronnière (1854-1916), Wladimir d’Ormesson est issu d’une famille de la noblesse française. Il naît le 2 août 1888 à Saint-Pétersbourg où son père est diplomate. Son frère, André d'Ormesson fut également diplomate. Il est l'oncle de Jean d'Ormesson qui dit de lui : « C'était un homme très beau, assez grand, tout à fait irrésistible. Ce n'était pas un diplomate de carrière mais un autodidacte. Sa chance a été Lyautey […]. Il a occupé de grands postes diplomatiques[1] ».

Il passe les vingt premières années de sa vie à voyager au gré des affectations de son père[2]. Il épouse en 1913 à Paris, Concepción de Malo (1888-1966). Six enfants naissent de ce mariage.

En 1914, il est mobilisé et combat sur le front. Blessé en 1916 en Alsace, il sert ensuite comme officier d’ordonnance du maréchal Lyautey, au Maroc - qu'il avait connu à Paris au printemps 1911 chez la comtesse Roger de Barbentane, amie de sa mère.

Après la guerre, il se lance dans le journalisme, particulièrement dans le domaine des relations internationales qui lui est familier, collaborant à partir de juin 1934 au Figaro « rénové par Pierre Brisson » selon son expression et à la Revue des deux Mondes.

Un célèbre sobriquet.

Vers 1935, comme il le rappelle avec détachement dans ses souvenirs, il fut suspecté d'être « vendu » tour à tour à l'Italie fasciste et à l'Allemagne hitlérienne, et devint une cible de deux presses opposées idéologiquement, étant qualifié par le journal Le Populaire de « pédicure de Mussolini », par l'Action française, de « perroquet du quai d'Orsay », ou encore, par Léon Daudet, de « degré zéro », d'où son expression : « il fait dix degrés au-dessous (ou au-dessus) de Wladimir d'Endormesson »...

En 1964, Wladimir d’Ormesson fut appelé par le général de Gaulle à la présidence de l’Office de la radiodiffusion et de la télévision française (ORTF) en préférence à Francois Mauriac jugé trop « exalté » pour le poste.

Il se retire ensuite peu à peu de la vie publique et s'éteint le 15 septembre 1973 au château d'Ormesson.

Ambassadeur de France[modifier | modifier le code]

Sa carrière diplomatique commence en mai 1940, quand Paul Reynaud le nomme ambassadeur auprès du Saint-Siège, afin d'obtenir du Pape Pie XII qu'il convainque Benito Mussolini de ne pas déclarer la guerre à la France. Il arrive cependant trop tard à Rome. Wladimir d'Ormesson est rappelé en octobre par le gouvernement de Vichy, qui envoie Léon Bérard lui succéder.

Wladimir d'Ormesson est radié des cadres en février 1941, et jusqu'en 1942, il collabore au Figaro replié à Lyon avant d'entrer dans la clandestinité. Il est en effet traqué comme son directeur Pierre Brisson par la Gestapo, à laquelle il put échapper grâce à un préfet « jouant double jeu » (ce qui lui valut d'être arrêté), et par la Milice de Lyon, qui le condamna à mort par contumace.

En 1945, Charles de Gaulle l'envoie comme ambassadeur en Argentine, où il reste trois ans. En novembre 1946 il représente par ailleurs la France au Chili pour la prise de pouvoir du président Gabriel González Videla. En 1948, il est à nouveau nommé ambassadeur de France près le Saint-Siège, où il restera jusqu'en 1956, année de son élection à l'Académie française. Il défend alors les courants modérés voire libéraux de l'Église, en particulier français (Maritain, Gabriel Marcel, Georges Bernanos, Teilhard de Chardin) contre l'« offensive intégriste », incarnée par exemple par la diffusion auprès de la Curie des livres de l'abbé argentin Julio Meinvielle contre Maritain[3].

Wladimir d'Ormesson a publié un récit de ses ambassades[4].

Écrivain[modifier | modifier le code]

Il est l'auteur de nombreux ouvrages, surtout des essais (Dans la nuit européenne, La Confiance de l’Allemagne, Qu’est-ce qu’un Français ?, La Première Mission de la France aux États-Unis, Portraits d’hier et d’aujourd’hui, La Grande Crise mondiale de 1857, La Révolution allemande, Vue cavalière de l’Europe, L’Éternel Problème allemand, La Ville éternelle, Mission à Rome, Auprès de Lyautey - dont il détenait 500 lettres datées de 1911 à 1934 - mais aussi des poèmes (Les Jets d'eau) et un roman (La Préface d'une vie).

Il est élu le 3 mai 1956 à l'Académie française, au fauteuil de Paul Claudel.

Décorations[modifier | modifier le code]

Il était grand-croix de la Légion d'honneur, grand-croix de l'ordre national du Mérite, titulaire de la croix de guerre 1914-1918, grand-croix de l'ordre de Pie IX, du Mérite du Chili, du Polonia Restituta, du Cèdre du Liban, et de l'ordre souverain de Malte.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Jets d'eau (1913), poème qu'il récita en 1911 devant Lyautey qui lui en demanda une copie ;
  • La Préface d'une vie, 1919 ;
  • Nos illusions sur l'Europe centrale , 1922 ;
  • Dans la nuit européenne, 1923 ;
  • Les résultats de la politique de la Ruhr, 1924 ;
  • Portraits d’hier et d’aujourd’hui, 1927 ;
  • La Première Mission de la France aux États-Unis, 1928 ;
  • La Confiance de l’Allemagne ?, 1929 ;
  • Enfances diplomatique, souvenirs, 1931 ;
  • La Grande Crise mondiale de 1857, 1932 ;
  • La Révolution allemande, 1934 ;
  • Qu’est-ce qu’un Français ? : Essai de psychologie politique : Clemenceau, Poincaré, Briand, Paris, Édition SPES, 1934 ;
  • Vue cavalière de l’Europe, 1936 ;
  • L’Éternel Problème allemand, 1945 ;
  • La Ville éternelle, 1956 ;
  • Mission à Rome, 1957 ;
  • La Ville et les Champs, 1958 ;
  • Les Vraies Confidences (Plon, 1962) ;
  • Auprès de Lyautey, 1963 ;
  • Présence du Général de Gaulle, 1971 ;
  • Les Propos, 1973.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean d'ormesson, Garçon de quoi écrire, 1989, p. 142.
  2. Wladimir d'Ormesson, Enfances diplomatiques, Paris, Hachette, , 256 p.
  3. Charles Andras, Bernard Hubert (1996), Jacques Maritain en Europe : la réception de sa pensée, p. 44.
  4. Wladimir d'Ormesson, De Saint-Pétersbourg à Rome, Paris, Plon, , 345 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Liliana Senesi, La missione a Roma di Wladimir d'Ormesson. Un ambasciatore francese in Vaticano (maggio-ottobre 1940), Milan, Giuffrè, , 378 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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