Winnetou

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Winnetou
Couverture de l'édition originale de Winnetou.
Couverture de l'édition originale de Winnetou.

Origine Indien Apache d'Amérique
Sexe Masculin
Caractéristique Silberbüchse (un fusil, son arme fétiche)
Famille Intschu-tschuna (père)
Nscho-tschi (sœur)
Entourage Old Shatterhand (ami, frère de sang)
Iltschi (cheval)

Créé par Karl May
Interprété par Pierre Brice

Winnetou est un Apache de fiction créé par le romancier allemand Karl May pour un roman publié en 1879 et qui a été développé dans la trilogie Winnetou publiée en 1893[1]. Son frère de sang est Old Shatterhand.

Immensément populaires, ces romans ont inauguré une mode du western en Allemagne[2]. Ils ont fait l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques, télévisées et en bande dessinée[3]. Des spectacles lui ont également été consacrés[4].

Histoire du personnage[modifier | modifier le code]

Winnetou est le fils d'Intschu-tschuna, le chef des Apaches Mescaleros. Il a une sœur qui s'appelle Nsho-tschi. Il a appris à lire et à écrire comme sa sœur par l'intermédiaire de Kleki-Petra, le « père blanc » qui habitait dans leur communauté. Winnetou est un chef très respecté, intelligent et courageux. Il est connu pour manier un « fusil argenté » (avec des clous d'argent) et pour être le frère de sang d'Old Shatterhand.

Au cours du roman Winnetou I, une compagnie ferroviaire prévoit de poser une voie ferrée qui passe sur le territoires des Apaches. Une expédition vient faire des mesures (avec entre autres un jeune ingénieur allemand prénommé Old Shatterhand et Sam Hawkins) et ne tarde pas à entrer en conflit avec les Amérindiens. Old Shatterhand estime que les blancs sont injustes envers les Apaches et il va libérer Winnetou et son père lorsqu'ils seront fait prisonniers. Après cela, Winnetou et Old Shatterhand deviennent amis et « frères de sang ». Il était prévu qu'Old Shatterhand épouse Nsho-tschi, mais elle est tuée en même temps que Kleki-Petra et Intschu-tschuna lorsqu'ils vont chercher de l'or. Winnetou va pourchasser les assasins dans les volumes suivants.

Films[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

  • 1980 : Winnetou, le Mescaléro [Mein Freund Winnetou] Série germano-franco-suisse réalisée par Marcel Camus, en 14 épisodes de 25 minutes et produite par Antenne 2, la WWF de Cologne et la SRG de Berne. L'acteur français Pierre Brice y reprend le rôle de Winnetou.

Polémique[modifier | modifier le code]

En 2022, la télévision allemande ARD annonce qu'elle ne diffusera plus Winnetou. Selon des militants de gauche, elle serait une œuvre raciste. En août, des militants d'extrême gauche s'en sont également pris sur Internet à la maison d'édition allemande Ravensburger, qui voulait rééditer des livres pour enfants avec Winnetou[5]. Après des critiques et des accusations de stéréotypes raciaux et d'appropriation culturelle inappropriée, il a été décidé de retirer les livres et autres matériels du film Der junge Häuptling Winnetou (Le jeune chef Winnetou) de la vente[5]. Cette décision a provoqué des critiques accusant l'éditeur de tomber dans la cancel culture[6]. #Winnetou est devenu un sujet tendance en ligne avec une majorité d'avis furieux contre ce que le tabloïd allemand Bild nomme « l'hystérie éveillée »[7].

Pour Scott Roxborough, qualifier May et son Amérique imaginaire de raciste et d'impérialiste, c'est ignorer à quel point, pour l'époque, Winnetou était radical. Un siècle avant le film western épique de Kevin Costner en 1990, Karl May avait renversé la représentation traditionnelle des « Indiens sauvages » et des « cowboys civilisés », dépeignant les Amérindiens (au moins Winnetou et ses amis) comme les héros, et les colons blancs principalement en tant que méchants. Selon lui, grâce en grande partie à Karl May, les Amérindiens jouissent d'une estime quasi universelle dans la société allemande, même si l'image que l'Allemand moyen se fait des Autochtones n'a que peu de rapport avec la réalité[7]. Dans son livre de 2020 Indianthusiasm, l'historien et spécialiste des études autochtones Hartmut Lutz, critique acerbe de Karl May, admet que les fantasmes d'évasion de l'auteur ont également stimulé l'intérêt pour la culture autochtone et inspiré des générations d'universitaires allemands à découvrir la vérité derrière les contes[7].

Robert Packard, un descendant de la tribu Sioux, juge la décision de l'éditeur de retirer les livres de la vente « excessive ». Il souligne en outre un problème traditionnel des militants woke : ils veulent interdire Winnetou et prétendent représenter les intérêts des minorités, mais ils ont oublié de demander leur avis à celles-ci[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fuchs 1976, p. 702.
  2. Fuchs 1976, p. 702-703.
  3. Fuchs 1976, p. 703.
  4. Marc-Olivier Bherer, « L'Amérindien modèle de la nation allemande », Idées Le Monde, cahier du Monde n°22868, 21 juillet 2018, p. 2.
  5. a b et c (cs) Stanislav Dvořák, Jsem na straně Vinnetoua. Skutečný indián zesměšnil aktivisty, novinky.cz, 29 août 2022
  6. (de) Jan Drees, Ravensburger hat Kritik für „Cancel Culture“ selbst provoziert, deutschlandfunk.de, 24 août 2022
  7. a b et c (en) Scott Roxborough, Publisher's withdrawal of Winnetou books stirs outrage in Germany, dw.com, 24 août 2022

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Wolfgang Fuchs, « Winnetou », dans Maurice Horn (dir.), The World Encyclopedia of Comics, New York, Chelsea House, , 785 p. (ISBN 0877540306), p. 702-703.
  • (en) Nicole Perry, Karl May's Winnetou : The image of the German Indian, the representation of North American First Nations from an Orientalist perspective [« Winnetou de Karl May : L'image de l'Indien allemand, la représentation des premières nations nord-américaines d'un point de vue orientaliste »] (Mémoire de master), Université McGill, (lire en ligne).

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