Willie Soon

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Willie Soon
Nom de naissance Wei-Hock Soon
Naissance
Kangar (Malaisie)
Domaines Physique stellaire
Institutions Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics
Diplôme doctorat
Formation université de Californie du Sud
Directeur de thèse Joseph Kunc

Willie Soon est un astronome et astrophysicien américain, né en 1966 à Kangar en Malaisie. Soon est employé par le Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics. Au cours des années 2000, il s'engage dans les controverses sur le réchauffement climatique, qu'il attribue à l'activité solaire, et critique la position de la communauté scientifique. Des documents, découverts en 2011, démontrent que Soon a reçu 1,2 million de dollars de la part d'entreprises de production d'énergie d'origine fossile, traditionnellement hostiles à la théorie de l'origine humaine du réchauffement climatique, sans l'indiquer dans les articles qu'il a publiés dans des journaux scientifiques. À la date du 23 février 2015, toutefois, les accusateurs de Willie Soon n'avaient pas présenté au public la preuve que les journaux en question avaient une politique de déclaration des conflits d'intérêt à l'époque où Soon y avait publié ses articles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Willie Soon est né à Kangar en Malaisie. Il se rend aux États-Unis afin de poursuivre ses études à l'université de Californie du Sud[1]. Soon y obtient un doctorat en génie aérospatial (aerospace engineering)[2]. Il entre au Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, situé à Cambridge, Massachusetts, en tant que chercheur postdoctoral. Soon, qui travaille notamment avec Sallie Baliunas, est engagé en 1997. À la fin des années 1990, ils sont tous deux chercheurs (senior scientists) à l'institut George C. Marshall (en), un think tank conservateur de Washington[3]. En 2003, Soon publie The Maunder Minimum and the Variable Sun-Earth Connection, un ouvrage écrit avec Steven H. Yaskell et consacré au minimum de Maunder[1].

Willie Soon fait partie des critiques du positionnement de la communauté scientifique sur la question du réchauffement climatique[3],[4]. Il attribue le réchauffement à l'activité solaire et non aux émissions de dioxyde de carbone. Soon publie ses recherches dans des revues scientifiques, donne des conférences et expose son point de vue dans les médias. Il a également été invité à témoigner devant la commission sénatoriale de l'environnement et des travaux publics présidée par James Inhofe[5],[6]. En 2003, Sallie Baliunas et Willie Soon publient un article dans la revue scientifique à comité de lecture Climate Research. Sa méthodologie est critiquée, ce qui déclenche une polémique au terme de laquelle cinq des dix membres du comité d'édition de la revue démissionnent[4],[6].

En 2014, l'institut Heartland, un think tank conservateur soutenant des positions climatosceptiques, lui remet le Courage in Defense of Science Award[4].

Dans le cadre du Freedom of Information Act, l'ONG Greenpeace se procure des documents montrant que les recherches de Soon sont financées par de grands groupes industriels, dont l'American Petroleum Institute, ExxonMobil, Koch Industries et Southern Company. Greenpeace prétend que contrairement aux usages en vigueur dans les publications scientifiques, Soon n'a pas mentionné ces liens. À la date du 23 février 2015, toutefois, les accusateurs de Willie Soon n'avaient pas présenté au public la preuve que les journaux en question avaient une politique de déclaration des conflits d'intérêt à l'époque où Soon y avait publié ses articles[7]. Dans certains cas, les bailleurs de fonds avaient eux-mêmes introduit dans le contrat une clause de non-divulgation[8].

Le 2 mars 2015, le Heartland Institute a publié un communiqué où Soon déclare avoir toujours respecté les obligations de divulgation telles qu'il les comprenait dans son domaine de spécialité et être prêt à respecter des règles plus strictes si elles sont instaurées, en demandant seulement que d'autres auteurs, des deux côtés du débat, soient eux aussi invités à respecter de telles règles[9]. Il estime que la provenance des financements en question n'a pas influé sur les résultats de ses recherches[2],[5],[10].

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • (en) The Maunder Minimum : and the Variable Sun-Earth Connection (en collaboration avec Steven H. Yaskell), World Scientific, , 296 p. (ISBN 9789812382757)

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) « Proxy climatic and environmental changes of the past 1000 years » (en collaboration avec Sallie Baliunas), Climate Research, vol. 23, no 2,‎ , p. 89-110 (ISSN 0936-577X, lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Sunny occupation », The Star,
  2. a et b (en) Justin Gillis, John Schwartz, « Deeper Ties to Corporate Cash for Doubtful Climate Researcher », The New York Times,
  3. a et b (en) Christopher Rowland, « Researcher helps sow climate-change doubt », The Boston Globe,
  4. a, b et c (en) Terrence McCoy, « Things just got very hot for climate deniers’ favorite scientist », The Washington Post,
  5. a et b Stéphane Lauer, « Un climatosceptique de renom démasqué », Le Monde, (inscription nécessaire)
  6. a et b (en) Andrew Revkin (en), « Politics Reasserts Itself in the Debate Over Climate Change and Its Hazards », The New York Times,
  7. David Malakoff, « Smithsonian asks legal watchdog to investigate climate skeptic's disclosure practices », Science Insider, American Association for the Advancement of Science,‎ (lire en ligne) Citation : « One key issue, he (Alcock) says, is what disclosure policies were in place at the journals when Soon submitted papers to them. 'You can’t hold people to present-day policies that weren’t in effect at the time,' he says. Yesterday, ScienceInsider reported that one of the journals involved, Physical Geography, had no formal conflict-of-interest or disclosure policies when Soon submitted one of the questioned papers, although it does now. »
  8. Lawmakers Seek Information on Funding for Climate Change Critics, New York Times, 25 février 2015. Citation : « Charles R. Alcock, director of the Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics, said last week that a contract provision with funders of Dr. Soon’s work that appeared to prohibit disclosure of funding sources 'was a mistake.' 'We will not permit similar wording in future grant agreements,' Dr. Alcock said. »
  9. Justin Gillis, « Climate Change Researcher Offers a Defense of His Practices », sur The New York Times, (consulté en 6 mars 6 2015)
  10. (en) John Vidal, « Climate sceptic Willie Soon received $1m from oil companies, papers show », The Guardian,

Liens externes[modifier | modifier le code]