William Moulton Marston

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William Moulton Marston
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William Moulton Marston (à droite) testant son détecteur de mensonge en 1922.

Alias
Charles Moulton
Naissance
Saugus (Massachusetts)
Décès (à 53 ans)
Rye (New York)
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Profession
psychologue, écrivain, scénariste, professeur d'université
Formation
Distinctions
Comic Book Hall of Fame 2006
Famille
Elizabeth Holloway Marston (1893-1993) (femme)
Olive Byrne (partenaire)
Pete et Olive Ann (enfants avec Elizabeth)
Byrne et Donn (enfants de Byrne et Elizabeth)

Compléments

William Moulton Marston, né le à Saugus (Massachusetts) et mort le à Rye (New York), est un psychologue, inventeur et écrivain américain.

Féministe et scénariste de comics, il est notamment connu comme créateur de la super-héroïne Wonder Woman en 1941.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après un diplôme de Bachelor of Arts en 1915 et un diplôme en droit en 1918, William Moulton Marston est diplômé d'un doctorat en psychologie à l'université Harvard en 1921[1].

En 1911, commençant à étudier à Harvard, il vend des scénarios de film. En 1915, il gagne un concours national universitaire de scénario, ce qui donne naissance au film Jack Kennard, Coward. En 1916, il a pour tuteur de premier cycle le psychologue Hugo Münsterberg, qui écrit une théorie psychologique du cinéma ; notoirement anti-féministe, il inspirera le Doctor Psycho (en), ennemi de Wonder Woman[2].

C'est un partisan du polyamour avec sa femme Elizabeth Holloway Marston et Olive Byrne (nièce de Margaret Sanger[2]). Il a deux enfants avec Elizabeth et deux avec Olive[3].

En 1922, il est le créateur du test de pression sanguine systolique, qui amena à la création du détecteur de mensonge[1]. Il use de son invention dans des procès mais aussi dans une publicité pour les rasoirs Gilette, qui seraient sans mentir les meilleurs[1]. Il est aussi à l'origine d'une théorie du comportement humain nommé Dispositif d'Ingénierie Socio-Cognitive, plus connu sous le nom de DISC (Dominance, Influence, Steadiness, Compliance)[4]. Il est convaincu que les femmes sont plus honnêtes et plus fiables que les hommes et peuvent travailler avec plus de rapidité et de précision ; son test de pression sanguine le conforte dans cette idée[réf. nécessaire]. Alors que les femmes n'ont pas le droit de faire partie de jurys populaires dans 31 États, il mène en 1925 avec son épouse (diplômée de l'université de Boston), des expériences pour démontrer que les femmes jurées sont plus fiables que les jurés masculins. Arrêté pour une affaire de fraude dont les accusations seront finalement abandonnées, il est renvoyé de l'université où il travaille, enchaînant ensuite plusieurs universités (université Tufts, American University ou encore université Columbia) en raison de sa vie conjugale qui fait scandale[2].

En 1926, alors qu'il comprend que sa carrière universitaire est finie, il tente de percer dans le cinéma, faisant des expériences avec Olive Byrne dans un théâtre de New York : menottant des participantes volontaires devant regarder un film afin de mesurer leur niveau d'excitation, il conclut que les brunes sont plus aisément excitées que les blondes ; son contrat universitaire à Columbia n'est après ça pas renouvelé. En 1928, il publie Emotions of Normal People, livre dans lequel il affirme que beaucoup d'éléments liés aux vies affective et sexuelle et considérés comme anormaux dépendant en réalité du système nerveux. La même année, il est embauché comme psychologue par les studios Universal. Il fait des expériences, comme par exemple couper la scène finale d'un film aux spectateurs pour mesurer la frustration du public. En 1929, il publie avec Walter B. Pitkin (en), professeur à l'école de journalisme de Columbia, The Art of Sound Pictures, manuel d'écriture de scénarios expliquant notamment comment éviter la censure dans chaque État du pays, où la législation varie. Les deux hommes créent ensuite la société de production Equitable Pictures, travaillant sur un premier film qui présenterait une femme économiquement et érotiquement indépendante, mais la crise de 1929 précipite sa fermeture[2].

À la fin des années 1930, il écrit plusieurs articles pour la revue Family Circle dont un Don't laugh at the comics attire l'attention de Max Gaines. Ce dernier, après avoir inventé le format du comic book et aidé Jerry Siegel et Joe Shuster à présenter leur personnage de Superman à l'éditeur DC Comics, est devenu éditeur lui-même. Gaines engage Marston en tant que conseiller éditorial. En 1941, Marston présente à Sheldon Mayer, responsable éditorial de All-American Publications, le concept d'une super-héroïne qui serait une « alternative à toute la violence masculine » présente dans les comics de l'époque (et pour répondre aux critiques accusant Superman comme un héros fasciste). Le personnage est nommé Suprema the Wonder Woman mais Mayer préfère ne garder que la seconde partie du nom, Wonder Woman[5]. Max Gaines et Jack Liebowitz directeurs de All-American Publications publient les premières aventures de l'amazone dans All Star Comics #8, dessiné par H. G. Peter, Sheldon Mayer sera l'éditeur[6]. Pour créer son personnage, il s'inspire également du mouvement féministe, qui a une époque croyait que les Amazone avaient réellement existé ; par ailleurs, son épouse Elizabeth était elle-même féministe. Il dote le personnage d'un lasso magique forçant les captifs à dire la vérité. On peut y voir un parallèle avec le détecteur de mensonge dont il favorisera la création. En 1943, il écrit un épisode de Wonder Woman où elle finit par devenir présidente des États-Unis[2].

Il meurt en 1947 d'un cancer de la peau. Sa veuve tente alors de se faire embaucher par DC Comics, en vain. L'héroïne sort alors de ce côté féministe pour jouer des rôles, hors son côté héroïne, de baby-sitter, de mannequin ou d'actrice. En 1948, Elizabeth Holloway rejoint une compagnie d'assurance et Olive Byrne une clinique[2].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(en) Psychologie
  • Emotions of Normal People, 1999 - (1928), (Taylor & Francis Ltd)
  • Walter B. Pitkin & William M. Marston, The Art of Sound Pictures, 1930, New York: Appleton.
  • Integrative Psychology: A Study of Unit Response (avec C. Daly King, et Elizabeth Holloway Marston), 1931
  • Venus with us; a tale of the Caesar, 1932 New York: Sears.
  • You can be popular, 1936 New York: Home Institute.
  • Try living, 1937, New York : Crowell.
  • The lie detector test, 1938 New York: Smith.
  • March on! Facing life with courage, 1941 New York: Doubleday, Doran.
  • F.F. Proctor, vaudeville pioneer (with J.H. Feller), 1943 New York: Smith.
Articles magazines / Journaux

Note : source Wikipédia anglais

Comics[modifier | modifier le code]

Autres médias[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Hanley 2014, p. 11
  2. a, b, c, d, e et f Jill Lepore, « La chienne de garde de l'Amérique », Vanity Fair n°20, février 2015, pages 116-125 et 164.
  3. Hanley 2014, p. 12
  4. Patrice Fabart, « Le DISC », dans Stéphanie Brouard et Fabrice Daverio, Les outils du développement personnel pour manager : Méthodes, modèles, repères, Paris, Eyrolles, (ISBN 978-2-212-54713-9), p. 55-56
  5. Hanley 2014, p. 13
  6. Lamb, Marguerite. (Fall 2001) "Who Was Wonder Woman?" Bostonia. Retrieved from the Internet Archive on December 8, 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Tim Hanley, Wonder Woman Unbound : The Curious History of the World's Most Famous Heroine, Chicago, Chicago Review Press, , 320 p. (ISBN 978-1-61374-909-8).

Liens externes[modifier | modifier le code]