William James Sidis

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William James Sidis
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William James Sidis en 1914.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 46 ans)
BostonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Mère
Sarah Mandelbaum Sidis (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaines
Religion
Ésotériste (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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William James Sidis, né le à New York et mort le à Boston, est un enfant prodige américain.

Exceptionnellement doué pour les mathématiques et les langues, il fut d'abord renommé pour sa précocité intellectuelle puis pour son excentricité. Il abandonna entièrement les mathématiques au milieu de sa vie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parenté[modifier | modifier le code]

William James Sidis naît de parents juifs émigrants d'Ukraine. Son père, Boris Sidis, avait émigré en 1887 pour échapper à la persécution politique. Sa mère Sarah Mandelbaum et sa famille ont fui les pogroms de 1889[1].

Sarah fréquente l'université de Boston, elle est diplômée de l'école de médecine en 1897. On donne à William le prénom de son parrain, ami et collègue de Boris, le psychologue William James. Boris obtient son diplôme à l'université Harvard, et y enseigne la psychologie. Il est aussi psychiatre et publie de nombreux livres et articles, ouvrant la voie à la psychopathologie.

Éducation[modifier | modifier le code]

Boris est polyglotte et son fils William va aussi l’être très jeune. Le père, avec l'aide de nombreuses personnes, utilise sa « méthode d'éducation » pour son fils. Pour lui, l'école des masses n'est pas adaptée aux enfants. Il préconise l'éveil très précoce par la stimulation de la curiosité naturelle de l'enfant et l'interaction avec des adultes bien formés. Le père Sidis déclare qu'à 10 ans un enfant peut acquérir les mêmes connaissances qu'un élève venant de terminer le lycée. Son père travaillant pour Harvard, il l'intègre très jeune pour suivre des cours avant d'y entrer comme véritable étudiant.

William James Sidis marche à 8 mois, lit le journal New York Times à l'âge d'un an et demi, étudie le latin à 2 ans et peut lire des textes complexes (comme ceux d'Homère à l'âge de 2 ans).

Ses premières années à l'école primaire sont un calvaire. Enfant surdoué avec un QI évalué entre 250 et 300[2], il manifeste peu d'habiletés et d'appétences sociales, et ses seules tentatives d'interactions avec ses camarades consistent à tenter de les instruire sur les orbites planétaires ou sur les différentes phases lunaires, ce qui provoque des attitudes de rejet[3]. Il fréquente le lycée les quelque six semaines qui lui sont nécessaires pour faire le tour du programme, et son père l'en retire finalement après qu'il a eu une forte réaction de rejet en entendant la lecture de certains passages de la Bible[3]. Son père Boris fustige les autorités scolaires pour leur « bourrage de crâne, les méthodes de routines et d’apprentissage par cœur qui, dit-il, ont tendance à la dégénérescence nerveuse et la dépression ».Il étudie, tout comme il pratique oralement et de façon écrite plusieurs langues, dont il cumule les découvertes.

À l'âge de 8 ans, il parle avec facilité huit langues, le français, l'allemand, le russe, le grec, ainsi que le latin, l'hébreu, l'arménien et le turc[3]. À 7 ans, il réussit un examen sur l'anatomie.

Il invente un langage[3], le Vendergood, qu'il présente dans son premier livre The Book of Vendergood, livre qui semble totalement perdu. Mais il reste néanmoins cinq traductions de phrases et le système de numération.

Harvard[modifier | modifier le code]

À l'âge de 8 ans, il réussit l'examen d'entrée à Harvard, mais son jeune âge lui en interdit l'entrée. Il intègre Harvard à 11 ans[4], y est diplômé à l'âge de 15 ans, avec mention, en 1914[3].

Une fois rentré à Harvard, il continue de faire l'objet d'un certain ostracisme : toujours aussi peu doué pour les relations sociales, il y est vu, au mieux, comme un excentrique, au pire comme une phénomène de foire (freak)[3].

Sidis pointe que son fils est un exemple du succès de sa méthode[3]. Il écrit : « À l'âge de 12 ans l'enfant avait une assez bonne compréhension de la philologie comparée et de la mythologie. » « Il est bien versé dans la logique, l'histoire ancienne, l'histoire américaine et a une vision générale de notre politique et précise de notre Constitution. Dans le même temps, il est d'une disposition extrêmement heureuse, débordant d'humour et de plaisir. » L'éducation des deux parents vise plus à mettre en avant les dons exceptionnels de William qu'à lui donner un cadre émotionnel sécurisant[3].

En revanche, William Sidis présente des retards notables pour les gestes de base tels que se nouer les lacets ou s'habiller correctement ; en outre, il n'a jamais pratiqué un sport[3].

Vie adulte[modifier | modifier le code]

Sa vie après Harvard est une série d'incidents malheureux. Il abandonne les mathématiques pour s'orienter vers des études de droit qu'il abandonne à son tour, décide d'enseigner mais est humilié par ses élèves qui se moquent de ses maladresses et incapacités en matière de communication. Il s'engage alors dans des petits métiers d'employé peu qualifié, tout en cachant ses compétences à ses employeurs[3]. Peu attiré par les femmes et la sexualité, mal à l'aise en société, un de ses rares plaisirs est d'être seul pour penser à des choses abstraites, bien qu'il ait totalement rejeté le monde universitaire et les mathématiques[3].

À 24 ans, il écrit un traité sur l'antimatière, à 27 ans un traité de cosmologie prédisant les trous noirs (en avance sur Robert Oppenheimer et son étudiant Hartland Snyder qui ont publié On Continued Gravitational Contraction — « De la contraction gravitationnelle continue » — en [5])[3].

Encensé par la presse durant son enfance pour ses qualités d'enfant prodige, il fait par la suite l'objet de railleries et d'humiliations, portant sur le fait qu'il n'utilise pas son génie précoce[3]. En 1937, il poursuit le New Yorker pour diffamation et intrusion dans sa vie privée[6] après que le journal a publié sur lui un article titré April fool très cruel à son encontre[3]. Il perd toutefois son procès, le juge ayant considéré qu'il avait été un personnage public et qu'il existait dès lors un droit à l'information primant sur la défense de la vie privée[6].

Il meurt en 1944, d'hémorragie intra-cérébrale comme son père vingt et un ans plus tôt, en 1923.

Pour certains auteurs, il présentait les symptômes du syndrome d'Asperger[3],[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Book of Vendergood
  • The Animate and the Inanimate (1925)
  • Notes on the Collection of Transfers
  • The Tribes and the States

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en-US) « A Genius Among Us: The Sad Story of William J. Sidis », Today I Found Out,‎ (lire en ligne, consulté le 16 avril 2018)
  2. Sperling, Abraham Paul (1947). Psychology for the Millions. New York: Frederick Fell. pp. 332–339
  3. a b c d e f g h i j k l m n et o (en) Asperger Syndrome: A Gift Or a Curse?, Viktoria Lyons, Michael Fitzgerald, Nova Publishers, 2005, Chapitre VII (ISBN 9781594543876)
  4. [1]
  5. Rival 1995, p. 89-90.
  6. a et b Raphael Cohen-Almagor, The Scope of Tolerance : Studies on the Costs of Free Expression and Freedom of the Press : Extremism and Democracy, Routledge, , 296 p. (ISBN 978-1-134-24734-9, lire en ligne), p. 50
  7. (en) The Mind of the Mathematician, Michael Fitzgerald, Ioan James, Professor Ioan James, JHU Press, 2007 (ISBN 9780801885877)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]