William Farr

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant la médecine image illustrant le Royaume-Uni
Cet article est une ébauche concernant la médecine et le Royaume-Uni.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

William Farr
William Farr

William Farr (né le à Kenley dans le Shropshire et décédé le à Londres) est un médecin épidémiologiste et statisticien anglais.

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Aîné d'un laboureur pauvre, John Farr, et de sa femme Catherine, William Farr put faire des études grâce à l'aide économique puis à l'héritage de John Pryce qui l'adopta plus ou moins officieusement. Il devint docteur en 1832.

Il se maria une première fois en 1833 avec une Miss Langford, mais son épouse décéda d'une tuberculose en 1837 sans que le couple n'ait eu d'enfants. Il se remaria en 1842 avec Mary Elizabeth Whittal avec qui il eut huit enfants (cinq survivants jusqu'à l'âge adulte), dont Florence Farr.

Carrière[modifier | modifier le code]

Au cours d'un séjour à Paris, William Farr a était l’un des élèves de Pierre-Charles Alexandre Louis dont les travaux publiés en 1835 constituent la genèse mondialement reconnue de l’épidémiologie clinique comparative[1]. Dès lors William Farr s’intéressa aux statistiques médicales.

En 1837, il est nommé au tout nouveau General Register Office d’Angleterre et du Pays de Galles, chargé d'établir l'état civil britannique. Il y est chargé de compiler les statistiques de mortalité. Il y fera toute sa carrière comme Superintendant du département des statistiques.

Fondateur de la Surveillance Épidémiologique (Europe) aussi dite en Santé Publique (États-Unis)[modifier | modifier le code]

William Farr sut d'abord imposer le besoin d’une nosologie commune adoptée par tous les médecins afin de pouvoir comparer des diagnostics et des causes de décès comparables. Dès son premier rapport annuel il se justifiait ainsi « La nomenclature a autant d’importance dans ce département des enquêtes, que les poids et mesures dans les sciences physiques, et elle devrait être mise en œuvre sans délai »[2]. Sa classification en causes épidémiques, sporadiques et externes des morbidités a servit de base aux classifications modernes des maladies et causes de décès.

Son deuxième grand apport à la surveillance fut d’imposer l’exigence du recueil du dénominateur[2]. Sans dénominateur, c’est-à-dire sans effectif exposé auquel rapporter les cas, il n’y a que statistiques sanitaires. Avec un dénominateur on calcule des taux, on les compare, on conclue et on peut agir. Avec William Farr on entre dans l’ère de la surveillance épidémiologique.

William Farr compare les taux de mortalité entre années et entre régions. En comparant les taux de mortalité des différentes communautés il décrit ainsi des variations du simple au double de la mortalité infantile dans les zones insalubres et introduit le concept de mortalité évitable[2], évitable grâce au progrès social et à l’adoption générale des mesures d’hygiène.

Mais c’est pendant les trois épidémies londoniennes de choléra entre 1848 et 1867 que son travail incarne l’apport de la surveillance au contrôle des maladies[3]. L’histoire a retenu le nom de John Snow, son disciple, qui a montré le rôle de la fontaine publique de Broad Street dans l’épidémie au sud de Londres pendant l'épidémie de 1854[4]. Mais J. Snow utilisait en partie des données collectées par W. Farr, lequel 6 ans auparavant, dès l’émergence de 1848, avait publié un tableau hebdomadaire des cas de décès attribués au choléra répartis, non pas par quartier, mais par réseau d’adduction d’eau, où il apparaissait déjà que les taux de mortalité les plus élevés étaient déplorés dans les quartiers dont l’approvisionnement en eau était le plus pollué par la Tamise[2]. À cette occasion il avait déjà interpellé les sociétés concessionnaires pour qu’elles accélèrent les investissements en cours[2].

Ainsi W. Farr a su concentrer ses efforts sur la mise en place d’une stratégie de collecte de données pertinentes, leur fusion, leur analyse et la diffusion des résultats aux autorités et au grand public. Il est reconnu comme le fondateur du concept moderne de surveillance épidémiologique[5].

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

 William Farr a été fait Compagnon de l'Ordre du Bain en 1880.

Le nom de William Farr figure parmi les 23 noms de pionniers de la santé publique qui constituent depuis 1926 la frise en façade de la London School of Hygiene & Tropical Medicine[6] sur la Keppel Street de Londres[7].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Farr William : Vital statistics: a memorial volume of selections from the reports and writings with a biographical sketch; Royal sanitary institute, London; Humphreys, Noel A., ed. https://archive.org/details/vitalstatistics00britgoog

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Charles Alexandre Louis, Recherches sur les effets de la saignée dans quelques maladies inflammatoires, et sur l’action de l’émétique et des vésicatoires dans la pneumonie., Paris, Librairie de l’Académie royale de médecine, ed. JB Ballière,
  2. a, b, c, d et e (en) Alexandre Langmuir, « William Farr : founder of modern concepts of surveillance. », International Journal of Epidemiology,‎ , p. 13-18
  3. (en) « William Farr », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  4. (en) John Snow, On the Mode of Communication of Cholera. 2nd ed., London, Churchill,
  5. (en) Stephen B. Thacker, « Public Health Surveillance in the United States », Epidemiologic Reviews,‎ , p. 164-190
  6. (en) « London School of Hygiene & Tropical Medicine », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « Behind the Frieze » (consulté le 20 avril 2017)