William Chester Minor

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William Chester Minor
Naissance

Ceylan
Décès
Nationalité
Formation

William Chester Minor, né en 1834 et décédé en 1920, est un chirurgien américain qui a été un des contributeurs bénévoles les plus importants de l'Oxford English Dictionary pendant ses années d'internement dans un asile psychiatrique britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Photographie du bâtiment central de l'asile américain, datant de la Guerre de Sécession, aujourd'hui abandonné.
Bâtiment central de l'asile américain, datant de la Guerre de Sécession, aujourd'hui abandonné.

Minor est né en juin 1834[1] sur l'île de Ceylan (Sri Lanka) dans une famille nombreuse dont les parents étaient des missionnaires américains (congrégationnistes) originaires de Nouvelle-Angleterre.

Il fut renvoyé aux États-Unis à l'âge de 14 ans ; il fit ses études de médecine à l'université de Yale et obtint son diplôme en 1863.

Il s'engagea dans la guerre de Sécession, comme chirurgien, avec le grade de capitaine[2], mais fut nerveusement affecté par les atrocités commises dans les deux camps.

En 1868, il fut interné dans l'hôpital Sainte-Élizabeth à Washington D.C..

En 1871, il s'embarqua pour un tour culturel en Europe et s'installa à Londres. Mais sa santé continua de s'aggraver et son comportement paranoïaque[3] aboutit, le 17 février 1872, à l'assassinat d'un ouvrier anglais, père de famille nombreuse. Il fut alors interné dans l'asile de Broadmoor (Crowthorne, Berkshire), pendant trente ans.

Comme il recevait une pension importante de l'armée américaine, il put bénéficier de quartiers relativement confortables et se constituer une bibliothèque personnelle. La veuve de l'homme dont il était meurtrier, lui aurait rendu visite à plusieurs reprises et l'aurait approvisionné régulièrement en livres. Mais cette information, donnée par Winchester dans son récit, n'est pas corroborée par le dépouillement des archives de l'asile de Broadmoor[4].

L'asile de Broadmoor en 1867, Illustrated London News.

Il entendit parler des appels à contribution de James Murray, l'éditeur de l’Oxford English Dictionary : il s'agissait de relever l'ensemble des mots de la langue anglaise à partir d'une liste d'auteurs et d'ouvrages. Il utilisa son temps libre à parcourir les ouvrages selon les directives reçues, et lui envoya des fiches pendant plus de vingt ans[5]. Il contribua ainsi à son élaboration[6].

En janvier 1891, le Dr. James Murray rendit visite en personne à ce contributeur inhabituel très assidu, au point d'être reconnu comme le second plus important fournisseur en entrées pour le dictionnaire. Comme le remarque P.-C. Cathelineau : « cette intelligence du signifiant, cette facilité et cette rigueur ne sont sans doute pas sans rapport avec le cas de certains surdoués dont, curieusement, l’aisance par rapport au symbolique signe la psychose, mais peut donner sa place au sinthome »[6].

Mais sa santé mentale se détériora en 1902, il se mutila et fut renvoyé aux États-Unis dans son premier hôpital psychiatrique et mourut en mars 1920[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références

  1. a et b (en) Berkshire Record Office, « William Chester Minor », sur berkshirerecordoffice.org.uk (consulté le 6 décembre 2015).
  2. (en) Oxford English Dictionary (OED), « Notice William Chester Minor (1835-1920) », sur public.oed.com (consulté le 6 décembre 2015).
  3. Marcel Turbiaux, « À travers les livres », Bulletin de psychologie, no 2007/2 (no 488),‎ , p. 181 (DOI 10.3917/bupsy.488.0181, lire en ligne).
  4. Voir Broadmoor Revealed: Some patient stories "William Chester Minor",(biography), Berkshire, UK: Record office, document(PDF).
  5. Marie-Éva de Villers, Profession lexicographe, Presses de l'Université de Montréal (PUM), , 70 p. (ISBN 2760620042), p. 45.
  6. a et b Pierre-Christophe Cathelineau, « Le fou et le professeur », Journal français de psychiatrie, no 2003/1 (no 18),‎ , p. 22 (ISSN 1260-5999, lire en ligne).

Autres sources